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Indécente

De
320 pages
Tout Londres est en émoi : deux libertins notoires, le duc de Rothay et son ami lord Manderville se sont défiés dans un pari scandaleux où chacun se prétend meilleur amant que l’autre. Qui pourra les départager ? Une mystérieuse dame se propose et leur donne rendez-vous. Stupeur ! Il s’agit de Caroline Wynn, une jeune veuve réputée froide et prude. Déçue par l’amour charnel, elle a décidé de tenter une dernière expérience avant de se détourner définitivement des hommes. Rothay a une semaine pour éveiller cette femme à la volupté. Et il fait si bien qu’au bout du temps imparti il n’est plus très sûr de vouloir la partager…
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Indécente
EMMA WILDES
Indécente
Traduit de l’anglais (ÈtatsUnis) par Catherine Berthet
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Titre original AN INDECENT PROPOSITION Éditeur original Signet Eclipse, published by New American Library, a division of Penguin Group (USA) Inc., New York
Katherine Smith, 2009 Pour la traduction française Éditions J’ai lu, 2012
Prologue
Courses dAscot, 1812
Les chevaux dévalèrent la pente, déclenchant dans la foule des cris d’encouragement, et quelques minutes plus tard Nicholas Manning, sixième duc de Rothay, remporta à nouveau la victoire grâce à son superbe éta-lon noir. À vrai dire, ses chevaux de course avaient raflé tous les prix de la journée. Personne ne s’en étonnait. L’homme avait un don avec les chevaux, cela ne fai-sait aucun doute. Et à en croire les rumeurs, il était encore plus doué avec les femmes. On n’avait aucun mal à le croire. Caroline Wynn le regarda fendre la foule pour regagner sa loge privée, armé de son légendaire sourire. Le duc possédait une beauté très particulière. Grand, athlétique, le teint mat et les traits purs, il affichait une éclatante virilité. Il gra-vit les quelques marches qui menaient à sa loge avec une élégance naturelle, vraisemblablement pressé de célébrer ses victoires. Il était vêtu d’une jaquette bleu foncé, d’un pantalon de daim, et de bottes de cuir. Ses cheveux d’un noir de jais contrastaient avec la blan-cheur immaculée de sa cravate. — Rothay a l’air content de lui, murmura Melinda Cassat, en agitant vigoureusement son éventail.
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Ses petites boucles brunes et serrées tressautaient à chaque mouvement de son poignet. Les fauteuils de ces dames se trouvaient à l’abri du soleil sous un auvent de toile rayée. Mais il n’y avait pas un souffle d’air ; le ciel était d’un bleu clair et lumineux. — C’est normal, il a gagné, répondit Caroline, qui éprouva un léger trouble quand le duc disparut dans sa loge. — Et il n’a même pas besoin de cet argent, il est riche comme Crésus ! Melinda fit la moue et repoussa une mèche qui lui chatouillait la nuque. — Naturellement, parier sur des chevaux de course est un passe-temps honorable comparé à certaines pra-tiques. Tu as entendu parler de ses escapades ? Persuadée que la rougeur de ses joues serait mise sur le compte de la chaleur, Caroline mentit sans hésiter. — Non. De quoi veux-tu parler ? Melinda adorait les cancans, et cette question était pour elle une véritable aubaine. Elle se pencha en avant et prit un air de conspirateur. — Eh bien, à ce qu’il paraît… du moins c’est ce que l’on chuchote, notre cher duc et son meilleur ami, lord Manderville qui, comme tu le sais, a hérité de la réputa-tion libertine de son père, auraient fait un pari incroya-ble : gagnera celui qui est le meilleur amant d’Angleterre. — Vraiment ? fit Caroline en feignant une totale indifférence. Son amie en revanche semblait surexcitée. — Tu ne trouves pas cela extraordinaire ? — Es-tu certaine de ce que tu avances ? Ma chère, nous sommes à Londres et ces hommes appartiennent à la haute aristocratie. Il ne faut pas prendre comme parole d’évangile tout ce que l’on dit. Tu sais aussi bien que moi que ces rumeurs se révèlent souvent fausses, ou que les faits sont grandement exagérés. 8
— Oui, mais apparemment ils ne nient pas. Le pari est enregistré chez White, et quantité de gentlemen ont déjà misé sur leur favori. Ces deux-là ont toujours flirté avec le scandale, mais cette fois ils se surpassent ! Les jockeys enfourchaient leur monture pour la der-nière course. — Comment peut-on prétendre apporter une preuve dans un pari aussi absurde ? répliqua Caroline. Et quel arbitre pourra déterminer lequel des deux est le meil-leur amant ? Tout est affaire de subjectivité dans ce domaine. — Ma chère, c’est bien là l’aspect le plus scandaleux. Ils ont besoin d’un critique impartial. Toute la bonne société se demande qui sera cette personne. — C’est un peu bizarre, tu ne crois pas ? Il faudrait qu’une femme accepte d’avoir des rapports intimes avec… ces deux hommes ? Seigneur ! Melinda ne cacha pas son amusement. — Ta réaction ne m’étonne pas, tu es une fille pudi-bonde. Étrange ou pas, ce contrat dépasse largement les bornes, même pour deux gredins comme eux. Les paris portent actuellement sur le temps qu’ils mettront à trouver quelqu’un qui accepte d’évaluer leur potentiel, si tu vois ce que je veux dire. C’est follement dépravé, mais deux des plus beaux hommes d’Angleterre vont faire tout leur possible pour donner du plaisir à leur partenaire. Tu imagines ce qui attend l’heureuse élue qui acceptera d’entrer dans le jeu ? Caroline était bien consciente d’être considérée comme une femme froide et distante, mais s’entendre accuser de pudibonderie l’avait blessée. — Je ne suis pas une vieille fille marquée par les années. Je comprends fort bien qu’une femme suc-combe à un homme beau et charmant. Ces deux jeunes gens sont des séducteurs éprouvés. — En effet, et je n’ai jamais laissé entendre que tu étais vieille. Bien au contraire. Tu passes juste pour 9
quelqu’un d’inaccessible, Caroline, ajouta Melinda avec un soupir. Tu te protèges depuis ton mariage et la mort d’Edward, mais il est temps que tu penses un peu à toi. Tu es jeune et belle et si tu voulais tu aurais la moitié de Londres à tes pieds, ma chérie. — Merci. — C’est la vérité. Les hommes feraient la queue devant ta porte avec des fleurs et des poèmes d’amour. Tu n’as aucune raison de rester prostrée dans la solitude. — Je ne désire pas me remarier. Caroline était sincère. Un mariage lui avait suffi, on ne l’y reprendrait plus. — Tous les hommes ne sont pas comme Edward. Caroline regarda distraitement les chevaux prendre place sur la ligne du départ. Le coup de feu retentit et les magnifiques bêtes bondirent en avant. Elle espérait en effet que tous les hommes n’étaient pas comme son mari, car un certain duc libertin n’allait pas tarder à prendre connaissance de son message.