Inévitable tentation - Un inoubliable chirurgien - Un remarquable diagnostic

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Inévitable tentation, Scarlet Wilson

Lorsqu’elle fait la connaissance de son nouveau patron, le Dr Gabriel Russo, Francesca a l’étrange impression de l’avoir déjà rencontré… Mais oui ! Le séduisant médecin dont sa meilleure amie était follement amoureuse, et qui lui a brisé le cœur, c’est lui ! Ce playboy se croit probablement irrésistible, avec ses airs ténébreux et son regard de braise… Alors, peu importe qu’il soit son supérieur : Francesca ne résiste pas à l’envie d’aller lui dire son fait – loin d’imaginer le tour inattendu que va prendre cette confrontation…

Un inoubliable chirurgien, Fiona McArthur

Stefano. Revoir ce séduisant chirurgien ici, sur ce bateau de croisière où elle s’est engagée comme médecin, est un véritable choc pour Kristina… La vision de l’homme qui lui a brisé le cœur, cinq mois plus tôt, fait aussitôt remonter en elle des souvenirs douloureux. Partagée entre la colère et son attirance pour lui, elle préfère s’esquiver lorsqu’il fait mine de l’aborder. Oui, moins elle le verra, mieux son cœur s’en portera. Sauf qu’à mesure que les jours passent, elle se rend bientôt compte que Stefano, lui, semble n’avoir qu’une idée en tête : la reconquérir…

Un remarquable diagnostic, Lucy Clark
Publié le : mercredi 15 mai 2013
Lecture(s) : 20
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280294584
Nombre de pages : 416
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— Au secours ! Debout dans la île des employés qui attendaient d’embar-quer à bord duSilver Whisper, Gabriel chercha d’où venait le cri. En vain. Personne ne semblait en danger autour de lui ni parmi la foule des matelots qui s’affairaient à acheminer chariots de bagages et caisses d’aliments frais dans la soute du paquebot de croisière. — Au secours ! entendit-il de nouveau. Cette fois, il ne lui fallut que quelques secondespour localiser le cri. Il venait du bout du quai. Laissant tomber son sac, il se fraya un chemin vers l’endroit où convergeaient les regards : le visage blême, la poitrine haletante, une femme se tenait au bord du ponton et pointait un doigt tremblant vers l’eau. Gabriel suivit des yeux la direction qu’elle indiquait et vit un enfant, un adolescent, qui se débattait dans les vagues. Sans doute venait-il de tomber à l’eau, mais la houle, puis-sante dans cette zone de la lagune qui se jetait dans la mer, entraïnait déjà le garçon vers la digue. Sans rééchir, Gabriel plongea dans les eaux sombres et se mit à nager vers lui. Entre deux brasses, il entendit les membres d’équipage crier quelque chose en italien. Malgré son crawl puissant, Gabriel ne progressait pas vite, la faute à sa lourde veste de parade et ses chaussures qui le tiraient vers le bas. Son bel uniforme blanc ne s’en remettrait pas. L’enfant était en train de se noyer sous ses yeux, émergeant
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de temps en temps pour être entraïné de plus belle par le fond. Gabriel redoubla d’énergie. Il venait d’arriver à la hauteur de l’adolescent quand celui-ci, happé par les vagues, disparut de nouveau. Gabriel emplit ses poumons d’air et plongea la tête sous l’eau, étonné de voir que le radieux soleil italien ne perçait pratiquement pas ces eaux troubles. Venise était connue pour la saleté de ses canaux et le débarcadère des bateaux de croisière se situait à l’embouchure, près de l’Adriatique, là où il y avait sufîsamment de tirant d’eau pour les paquebots. Bien que la lagune fût un peu moins polluée ici qu’autour de la place Saint-Marc, elle ne ressemblait en rien à l’image qu’en donnaient les cartes postales. Gabriel sentit ses doigts frôler quelque chose qu’il essaya d’attraper. En vain. Le découragement s’empara de lui. Il reît surface, prit une gorgée d’air puis essaya de plonger tout en frottant ses talons l’un contre l’autre pour se débarrasser de ses chaus-sures — un mouvement qu’il n’avait aucun mal à accomplir chez lui, confortablement installé dans son canapé, mais qui nécessitait autrement plus d’efforts ici. Enîn, ses chaussures de cuir faites sur mesure s’enfoncèrent dans les abysses et il fut à même de basculer sous l’eau, les mains tendues pour tâtonner le plus loin possible autour de lui. Cette fois, quand il sentit quelque chose cogner contre sa main, il referma les doigts autour et remonta en battant les jambes en ciseau. Lorsqu’ils jaillirent à la surface, le rescapé, en proie à la panique, agita bras et jambes dans tous les sens et lui donna un uppercut bien involontaire. Gabriel grimaça de douleur. Mais le coup de poing eut le mérite de lui remettre les idées en place et de lui rappeler que la femme du quai s’était exprimée en anglais. — Du calme ! cria-t-il au garçon. Laisse-toi faire. Le soleil l’aveuglait. Gabriel distinguait vaguement le quai et les silhouettes qui lui criaient quelque chose qu’il n’entendait
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pas à cette distance. La force du courant marin l’avait entraïné au bout de la jetée sans qu’il s’en rende compte. Au loin, la quille du paquebot étincelait au soleil. Dire qu’il avait été au pied de la passerelle d’embarquement tout à l’heure ! Le bras enroulé autour du torse du garçon, il entreprit de le remorquer dans les règles de l’art. Pas facile. Le garçon continuait à se débattre et la violence des vagues achevait de lui compliquer la tâche. Ses muscles souffraient, il avait de plus en plus de mal à garder leurs deux têtes hors de l’eau. Comment allait-il les ramener près du ponton ? Chaque fois qu’une vague s’abattait sur eux, l’adolescent toussait à s’en s’étouffer. Comme Gabriel le remontait une énième fois sur sa poitrine, il distingua une ombre dans l’eau. Tout ce qu’il connaissait des sauvetages en mer, c’était par le biais de la télévision où l’on montrait des surveillants de baignade fendant les ots en un crawl athlétique, vous retournant le noyé sur le dos et le ramenant sur la plage en deux temps trois mouvements. Un jeu d’enfant, encore facilité par les bouées, planches et autres gilets de sauvetage. Ici, nulle bouée en vue ni balise à laquelle s’accrocher. Gabriel sentait ses forces le lâcher. Qu’est-ce qui lui avait pris de plonger tête baissée dans ce chenal ? Un médecin de paquebot de croisière exerçait son métier dans des conditions agréables, il n’était pas censé mourir avant que le bateau lève l’ancre. Il aurait dû écouter son intuition qui lui avait soufé dès le départ que ce travail était une mauvaise idée. Un pédiatre n’avait rien à faire en tant que généraliste à bord d’un paquebot. Mais sa famille passait avant tout. Il avait pris le premier emploi qu’il avait trouvé pour se rapprocher de Venise, tout en restant sufîsamment loin des siens pour ne pas attirer l’attention des médias. L’état de santé de son père s’aggravait et la pression pour que Gabriel participe à l’entreprise familiale — ce qu’il s’était toujours refusé à faire jusqu’à présent — allait en s’accentuant, de sorte qu’il ne lui était plus possible d’habiter au bout du
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monde, à quatorze heures d’avion. L’idéal aurait été de pouvoir exercer dans sa spécialité, mais aucun poste de pédiatre n’avait été vacant dans les établissements médicaux de la région. Pour décrocher un emploi correspondant à ses compétences, il aurait dû s’y prendre six mois à l’avance et il s’était donc résigné à accepter cet intérim qui était mieux que rien. A condition de ne pas mourir avant d’avoir commencé. Entre deux vagues, il vit un petit bateau contourner le paquebot pour avancer vers eux à une allure d’escargot. Il sentait qu’il ne tiendrait plus longtemps. Ses muscles étaient au point de rupture, ses bras devenaient lourds comme du plomb. Les silhouettes sur le quai continuaient à lancer leurs vociférations inintelligibles. L’ombre réapparut, menaçante. Tournant la tête dans un ultime effort, Gabriel comprit qu’elle était projetée par le mur de briques de la digue. Le courant les emmenait droit vers lui. Etant donné qu’il tenait l’adolescent par le torse, il ne pourrait même pas lever les mains pour se protéger la tête au moment de l’impact. Les vagues les ballottèrent de plus belle. Dans quelques secondes, ils se fracasseraient contre le mur. Sa dernière pensée fut pour sa famille. Il aurait été d’un bien piètre soutien pour eux. Puis tout s’obscurcit.
Francesca s’ennuyait à mourir. Un sourire de façade aux lèvres, elle saluait les passa-gers à l’entrée du terminal d’embarquement. Son uniforme empesé d’inîrmière lui faisait l’effet d’un carcan. C’était la seule chose qu’elle détestait vraiment dans son travail. Et ses collègues partageaient son opinion. Chaque fois que le capitaine ordonnait qu’un membre de l’équipe médicale fasse partie du comité d’accueil, ils tiraient à la courte paille pour désigner l’« heureux » élu. Le capitaine voulait ainsi rendre le personnel médical plus « accessible », mais faire le pied de grue devant un drapeau aux
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couleurs duSilver Whisperreprésentait pour Francesca une perte de temps. Une discussion s’imposait avec la hiérarchie. Dès que les passagers arrivaient dans le terminal, les animateurs les prenaient en main et leur distribuaient le pro-gramme des réjouissances avec maints prospectus détaillant les différentes escales. Rongeant son frein, Francesca obser-vait le spectacle devant sa bannière argentée. La journée promettait d’être longue. Au bout d’une heure, elle n’en pouvait plus. Un coup d’œil à la ronde lui indiqua que le capitaine et ses seconds avaient regagné la cabine de pilotage après avoir fait acte de présence. Bref, si elle s’absentait quelques minutes, personne ne le remarquerait. Elle sourit — pour la première fois de la matinée sans se forcer — et s’éclipsa par la porte de derrière. Par un petit escalier, elle descendit sur le quai. Comme elle passait au milieu des matelots qui chargeaient valises et ravitaillement à bord, elle cocha mentalement ceux qui n’avaient pas encore passé la visite médicale obligatoire. Il allait falloir les rappeler à l’ordre. D’énormes caisses de nourriture étaient acheminées sur une passerelle en direction de la cambuse. Francesca n’en revenait pas de la quantité de produits frais qu’on embarquait à chaque port. Elle se promena sur le quai en saluant les matelots qu’elle connaissait. Le soleil caressait sa peau. Comme tous les jours, elle avait appliqué de l’écran total, mais sa peau de brune brûlait rarement, même en pleine mer, et le soleil ne faisait qu’accentuer l’éclat de son teint. En principe, c’était la belle vie. Travailler sur un bateau de croisière lui avait paru un rêve, une alternative idéale à l’hôpital, et une occasion d’utiliser toutes les compétences qu’elle avait acquises en cardiologie puis aux urgences en conservant de surcroït son statut de cadre inîrmier. Le tout dans un environnement calme et sûr, dénué de toutes les agressions inhérentes au milieu hospitalier. Mais les journées de douze heures et les nuits de garde
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commençaient à l’épuiser. Heureusement, l’équipe autour d’elle était soudée et solidaire. Grâce au soutien de ses collègues, Francesca avait petit à petit repris conîance en elle et en son instinct d’inîrmière. Après une expérience douloureuse, un bateau était l’endroit idéal pour redémarrer de zéro, même si l’on s’y ennuyait parfois un peu. Au départ, elle était censée y effectuer un intérim en atten-dant de recevoir son visa pour aller travailler en Australie, mais les deux mois de délai annoncés pour la délivrance du précieux document s’étaient transformés en trois puis quatre — une éternité pour elle qui rêvait de déployer ses ailes et de construire enîn sa vie. Et d’échapper aux souvenirs. Soudain, elle prit conscience de l’agitation autour d’elle. Il se passait quelque chose. — Mademoiselle, on a besoin de vous là-bas ! lui lança alors un quartier-maïtre. Elle pressa le pas dans la direction indiquée — le bout du quai où une petite foule était attroupée au bord du ponton, le regard tourné vers le chenal. L’adrénaline commençait à monter dans ses veines. Cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait eu à gérer une situation d’urgence. Retrouverait-elle ses réexes ? Elle avait effectué son internat en cardiologie où la prise en charge d’arrêts car-diaques et d’infarctus avait constitué son quotidien, puis elle avait demandé à être mutée aux urgences pour parfaire ses compétences. Et vite appris à s’attendre à tout, là-bas — enfants en bas âge ayant fourré des billes dans leur nez ou leurs oreilles, drogués en manque, accidentés de la route, femmes enceintes, personnes sans domicile îxe, diabétiques, victimes de maltraitances… Chaque jour réservait son lot de surprises, avec un seul dénominateur commun, le stress et le risque qu’elle et ses collègues encouraient au contact de certains patients marginaux. Rien de tel sur leSilver Whisperoù l’on ne croisait que des gens bien sous tous rapports, des vacanciers souriants et détendus, sauf lorsqu’ils souffraient du mal de mer. Le travail de Francesca consistait principalement à distribuer
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antinaupathiques et antihistaminiques ou à soigner les coups de soleil. Même si les patients ne manquaient pas, l’intérêt du travail était des plus limité et chaque jour ressemblait au précédent, perpétuant la routine dans toute sa splendeur. Mais peut-être les choses allaient-elles enîn s’animer un peu ? Arrivée au bord du quai, elle aperçut les deux silhouettes ballottées par les vagues. Quand elle vit qu’il y avait un enfant, elle sentit son estomac se nouer. Oh non, pas un enfant blessé. Un bateau à moteur s’approcha d’eux. — Ce n’est pas trop tôt ! hurla quelqu’un dans la foule. Non sans angoisse, Francesca regarda les hautes vagues entraïner les nageurs vers la digue. Bien qu’ils fussent à des dizaines de mètres d’elle, elle avait l’impression d’entendre le bruit que faisaient leurs crânes en se fracassant contre le mur de briques. Après d’interminables manœuvres, le bateau s’arrêta enîn près de’eux. Les matelots hissèrent l’enfant sur le pont puis essayèrent de repêcher l’homme qui avait disparu dans les vagues. L’un des sauveteurs sauta à l’eau. Allaient-ils le retrouver ? Oui ! Mais sa joie s’évanouit en voyant la veste à brandebourgs et le pantalon blancs du noyé. Un uniforme d’ofîcier. Les matelots sortirent son corps inerte des ots puis mirent le cap vers le quai. Elle traversa la foule pour s’approcher d’un membre de l’équipage du paquebot. — Montez au centre médical dire au Dr Marsh de m’en-voyer un chariot de réanimation et de l’aide. Le matelot hocha la tête et partit en courant. A quelques mètres d’elle, Francesca remarqua une femme qui pleurait. — Ça ne va pas ? lui demanda-t-elle. — Mon îls, Ryan. Il courait sur le quai, a glissé et est tombé dans l’eau. J’ai eu si peur ! Il n’y avait rien que je puisse lui lancer pour qu’il s’y accroche, ajouta-t-elle avec un geste
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désespéré à la ronde. Aucune bouée de sauvetage. Il sait à peine nager, quelques brasses en piscine, c’est tout. — Qui est l’homme ? demanda Francesca tout en redou-tant la réponse. — Je n’en ai aucune idée. Il a surgi de nulle part et a plongé à l’eau. Ryan a été emporté par les vagues et son sauveteur a dû plonger à plusieurs reprises avant de le retrouver. Sans lui, mon îls serait mort ! ajouta la femme d’une voix tremblante. Francesca passa le bras autour de ses épaules. — Calmez-vous, il est sauvé maintenant. Sans doute souffrira-t-il d’hypothermie. Malgré le soleil, l’eau du port est glaciale. Quel âge a-t-il ? — Treize ans. Selon la gravité de l’hypothermie, il faudrait lui administrer des médicaments ou le mettre sous perfusion, la dose médi-camenteuse dépendant du poids. Par expérience, Francesca savait que la dernière chose dont se souvenaient des parents en détresse était le poids de leur enfant. Mais cela ne coûtait rien de poser la question. — Combien pèse-t-il ? La femme secoua la tête. Tant pis, Francesca ferait au mieux. Avec un peu de chance, le reste de l’équipe serait arrivé d’ici là. Pitié. Qu’elle n’ait pas à réanimer un enfant. Aux urgences, elle avait dû pratiquer ces gestes en quelques occasions dont le souvenir l’avait ensuite hantée pendant longtemps. Le bateau à moteur se rapprochait. Francesca reconnut à son bord des hommes d’équipage du paquebot qui avaient dû réquisitionner l’embarcation d’un pêcheur. La peur au ventre, elle regarda l’adolescent au visage livide et aux cheveux dégoulinants, grelottant sous la couverture qui lui recouvrait les épaules. L’ofîcier, lui, était allongé au sol, toujours inerte, ce qui n’augurait rien de bon. L’un des sauveteurs se penchait sur lui, de sorte que Francesca ne pouvait voir clairement ce qui se passait. Dès que le bateau glissa le long du quai, elle sauta à bord
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et prit quelques secondes pour examiner Ryan. Il ne semblait pas blessé, respirait normalement et son pouls était fort. — Hissez-le sur le quai, ordonna-t-elle. L’un de nos médecins va venir évaluer son état. Puis elle écarta les matelots pour parvenir à l’homme couché au sol. Elle l’observa. Trois galons dorés ornaient les épaulettes. Il s’agissait d’un ofîcier cadre, mais son visage ne lui disait rien. Peut-être ne faisait-il pas partie de l’équipage duSilver Whisper? Avec la poussée d’adrénaline, tous les gestes qu’elle croyait avoir oubliés revinrent. Elle s’agenouilla près de l’homme et baissa les yeux au niveau de sa poitrine. Voyant que celle-ci ne se soulevait pas, elle palpa l’artère carotide. Et ne sentit aucun pouls. Pourtant, rien n’obstruait les voies aériennes. Sans hésiter, elle prit une profonde inspiration, posa sa bouche sur celle de l’ofîcier inconscient et expulsa l’air dans sa gorge. Aîn de vériîer si la poitrine se soulevait, elle écarta brutalement les pans de la veste, ce qui ît rouler les boutons dorés au sol. Sous la veste, apparut un T-shirt blanc qu’elle ne prit pas la peine de déchirer puisque les muscles de la poitrine se dessinaient clairement dessous. Posant ses mains sur le sternum, elle commença le massage cardiaque en comptant les compressions tout en s’efforçant de se rappeler ce qu’elle avait appris aux urgences en matière de soins à prodiguer aux victimes de noyade — un domaine où elle avait peu d’expérience. Aussi étrange que cela paraisse, les vacanciers en croisière ne se baignaient jamais dans la mer et elle n’avait pas eu à soigner un seul rescapé de la noyade depuis qu’elle travaillait à bord duSilver Whisper. Si le cerveau n’avait pas été privé d’oxygène trop longtemps, il y avait de l’espoir, même si le patient ne montrait aucun signe de vie. Parfois, les journaux relataient des histoires miraculeuses d’enfants retirés de lacs gelés et qu’on parvenait à réanimer. Bien que la peau de l’homme fût froide, il n’était pas en hypothermie. C’était déjà ça.
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Sans se laisser distraire par les cris autour d’elle, elle se mit à alterner compressions thoraciques et bouche-à-bouche. Puis le bateau tangua tandis que quelqu’un sautait à bord. Une seconde plus tard, des pieds chaussés de noir apparurent à côté d’elle. Le soulagement l’envahit. David Marsh était là. — Passez-moi le déîbrillateur, la bouteille d’oxygène et le masque, ordonna David à ses assistants restés sur le quai. Francesca poursuivit le massage cardiaque. Les muscles de ses bras lui faisaient mal, mais ce n’était pas le moment de faiblir. David était parfaitement capable de tout organiser seul. Vingt-deux, vingt-trois, vingt-quatre… Allez, reviens à toi. Sans doute était-il italien, avec ces cheveux bruns et ce teint mat. Et elle n’avait pu s’empêcher non plus de remarquer les longs cils, les traits réguliers, le menton volontaire, le corps musclé. Debout, cet homme avait probablement îère allure. David entreprit de remonter le T-shirt du noyé. — Il porte notre uniforme, mais je ne le connais pas. Qui peut-il bien être ? Elle secoua la tête. — Aucune idée. Quelque chose me dit que je ne l’aurais pas oublié si je l’avais croisé sur le pont. Le médecin posa les électrodes sur l’athlétique torse hâlé et mit le déîbrillateur en marche. Francesca vit soudain les muscles abdominaux de leur patient se contracter. — Attendez ! cria-t-elle à David. Elle retint son soufe pendant quelques secondes. Le spasme se reproduisit, plus net encore, puis soudain, l’homme se mit à tousser et à rendre des litres d’eau. En quelques secondes, le pont du petit bateau fut inondé. Francesca tourna le rescapé sur le côté, en position latérale de sécurité. L’écran du moniteur s’alluma, afîchant un rythme cardiaque syncopé. La respiration était laborieuse. Francesca mit en place le masque relié à la bouteille d’oxygène tandis que David îxait un oxymètre de pouls au bout de l’index de l’inconnu. Elle se pencha pour faire écran entre lui et le soleil, et accessoirement la foule des badauds.
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