Inévitablement

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Quel serait donc le prix à payer pour oser être vrai dans notre société tant influencée par les lois, les préjugés et les marques reçues, quasi indélébiles ?

« Tu descendais les marches pour te rendre dans ce lieu remarquable et je les montais. Une vitre transparente séparait les escaliers roulants, nous empêchant un contact direct. Prises dans le flot des visiteurs, nos regards ne se quittaient plus et sans s'être échangés un seul mot de ce qui nous arrivait, nous étions comme deux aimants qui n'attendent que le moment d'être réunis. Une fascination soudaine et inexplicable s'emparait de nous et une envie irrésistible d'être ensemble venait perturber le cours de notre petite vie tranquille... »

Quand l'inévitable vous arrive, comment faut-il y faire face ?


Publié le : vendredi 31 juillet 2015
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EAN13 : 9782332969255
Nombre de pages : 174
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ISBN numérique : 978-2-332-96923-1
© Edilivre, 2015
Préface
C’est à mes fils bien aimés, à leur père devenu mon ami, à mes deux sœurs, à ma nièce que je considère comme ma fille et qui m’a soutenue et encouragée à écrire mon autobiographie ainsi qu’à tous mes proches que je voudrais dédier ce livre. Proches, certainement ! Mais à quel point ?
Qui suis-je ? Qui sommes-nous ?
Pourquoi cette envie de m’ouvrir, de mettre au jour les différentes facettes de ma personnalité et de partager mes expériences de vie ? C’est ce que tu vas découvrir dans les pages qui vont suivre et qui j’espère t’aideront à mieux me comprendre. Comprendre, n’est-ce pas aimer sans juger ?
Si tu te sens capable de m’aimer telle que je suis, lance-toi dans la lecture de mon livre.
Si tu ne te sens pas prêt, referme-le.
Du fond du cœur Téti
Chapitre 1
Suis-je en train de rêver ou de lire un roman d’amour ?
Nous venions de faire des projets de sortie pour nos 25 ans de mariage en automne prochain. En rentrant de mon cours du soir, comme souvent, je retrouve le lit à côté de moi vide. Cette fois, je n’en peux plus. Suivant mon instinct, je saute dans mon auto et me dirige vers le village voisin où logent mes doutes depuis quelque temps. C’est le début de l’aire du téléphone mobile et je n’ai aucune idée comment cela fonctionne. L’autre jour en cherchant un document oublié dans la voiture de mon mari, j’ai malencontreusement pressé une touche sur son portable et j’ai surpris une voix féminine. Je l’ai identifiée de suite puisque je la connais depuis mon plus jeune âge ! Dans la nuit noire et froide de janvier, je fonce sans réfléchir. Je crois savoir où elle habite. Je ne me trompe pas. La voiture de mon chéri est parquée devant l’immeuble. Sur le chemin du retour, je tremble de tous mes membres et je crois que le ciel va me tomber dessus.
Ma tête est prête à éclater inondée par les images qui défilent pêle-mêle : Notre première rencontre avec ce jeune homme de 19 ans à peine, ne parlant pas un mot de la langue de Rousseau et laissant son canton natal pour venir apprendre le français… Notre mariage en grande pompe dans la calèche nous conduisant vers l’église à travers forêts et coteaux embellis par les couleurs automnales…
La naissance de nos deux fils qui nous unissent pour l’éternité… Comment vais-je l’accueillir lorsqu’il franchira le seuil de notre maison ? Saurais-je me taire ou vais-je exploser comme parfois par le passé ?
Tour du lac à vélo
Une longue file de plus de vingt cyclistes amateurs que nous sommes longe le pied du Jura. Nous nous connaissons à peine. Nous pédalons au beau milieu des champs de blé doré par un soleil de plomb avant de regagner les rives du lac.
Un sentier ombragé que nous allons emprunter pour les prochains 20 kilomètres, nous offre un autre spectacle tout aussi idyllique et propice aux contacts et aux échanges humains que j’apprécie tant. L’ambiance est à la bonne humeur : une anecdote avec celui-ci, une banalité avec cet autre, un fou rire avec celle-ci, ces deux-là font la course et dépassent la troupe ! Je fais un brin de causette et m’attarde un peu plus longtemps avec Pierre qui m’attire par son charme et sa douceur. De tout temps, j’ai pris l’habitude de lire mon horoscope dans le quotidien du matin. Cela m’amuse et j’y crois que s’il est bon ! Si les prédictions ne me conviennent pas, je referme le journal aussitôt ! Notre discussion tourne autour des astres. Pour me rendre importante à ses yeux, je commence à parler du Bélier et de ses caractéristiques que n’importe quel ignare connaît ! Bien m’en prend ! Pierre, sur un ton très discret me dit qu’il est astrologue ! J’en prends plein la figure, je me sens toute petite et prise à mon propre piège de vouloir trop en remontrer ! Ce que j’ignorais à ce moment-là, c’est que ma vie allait prendre un nouveau tournant. Notre sortie se poursuit toujours au fil de l’eau. Après le gros effort fourni, nous nous offrons le retour en bateau sur le lac au soleil couchant. Pierre m’invite à passer la soirée auprès de lui. L’endroit est insolite. Il a planté sa tente pour quelques jours sur un terrain vague proche du lac. À la lueur d’une bougie et assis par terre, il m’explique comment naît un horoscope. Il me l’esquisse à la main car à cette époque les ordinateurs portables n’en étaient qu’à leurs balbutiements.
Il me demande la date et mon lieu de naissance, ainsi que l’heure précise de mon arrivée sur notre terre. D’après ces indications, il relie les planètes entre elles et le dessin de mon horoscope personnel prend forme. Il l’interprète très grossièrement mais juste assez pour éveiller en moi une immense curiosité qui ne me lâchera pas et me donnera envie d’en savoir beaucoup plus ! Je rentre chez moi passablement ébranlée. La lune pénètre dans ma chambre et éclaire mon lit. Je reste là étendue sans sommeil faisant le bilan de cette incroyable journée et rêvant les yeux ouverts.
Mon goût pour la ferme
Je n’ai jamais été du genre petite fille qui aime jouer à la poupée. Je détestais porter des jupes et encore moins des collants car ils étaient tricotés à la main et ils me piquaient.
Lorsque, rarement le dimanche, on sortait manger au restaurant, je devais me plier et me tenir bien sage et si par malheur je renversais mon verre, j’avais une peur bleue des remontrances de mes parents. Je n’attendais que le moment de rentrer afin de pouvoir mettre mes habits de garçon manqué ! J’aimais accompagner mon papa vétérinaire. Il allait de ferme en ferme soigner surtout le gros bétail et assez vite j’ai pu mettre la main à la pâte. Je tenais par exemple, la queue des vaches lorsqu’il enfonçait son bras pour aider le petit veau à naître ou j’osais lui tendre les instruments lors d’opérations. Mon papa a connu sa femme pendant la seconde guerre mondiale dans l’Oberland bernois alors qu’il était en planque dans la ferme de ses futurs beaux-parents. Une fois la famille fondée, nous nous rendions là pour les fêtes.
A la montagne Chaque été, c’était la montée à l’alpage avec chien, chats, cochons, poules, âne et cheval, veaux et vaches. J’ai passé mes vacances là-haut sur la montagne, sans électricité, sans chauffage et sans confort. J’adorais mon parrain qui, lorsque je traversais l’écurie pour aller dans la cuisine me giclait à la figure le lait frais sortant du pis de la vache. L’étable des génisses se situait à une heure de marche tout en haut de l’alpage et chaque matin à l’aube je partais avec lui pour les nourrir et les abreuver. La descente se faisait en quelques minutes tant nous dévalions la pente raide à toute vitesse. Mon parrain toujours m’emmenait poser des clôtures près des pierriers abruptes. Il m’apprenait à faire des ballots de foin, des fagots de bois pour faire démarrer le feu dans le fourneau et il me montrait comment faire le beurre et le fromage. Mais il y a quelque chose que je ne comprenais pas !
Chaque fois que l’occasion se présentait, il touchait ma poitrine naissante, la massait et cela me faisait mal. Il cherchait à m’embrasser et souvent il ne s’arrêtait que lorsqu’il était surpris par la présence imprévue de ma tante ou de ma grand-mère qui passaient par là.
En plaine Dans mon village, je me rendais les mercredis après-midi chez le paysan habitant non loin de chez moi. Je l’aidais dans toutes sortes de tâches adaptées à mon âge et à ma force. Je plantais les patates et plus tard, je les récoltais, je faisais les foins à la fourche, je trayais les vaches, je nettoyais les écuries. J’avais juste neuf ans et je conduisais déjà le tracteur pendant que les hommes chargeaient les bottes de paille sur le char. Je me souviens avec nostalgie de la pause des quatre heures, de la corbeille en osier remplie d’un copieux goûter et de thé chaud ! Mais là aussi, il y a quelque chose que je ne comprenais pas ! Tout a commencé dans l’écurie entre deux vaches lorsque le fils de la fermière, déjà adulte lui, m’a demandé de l’embrasser. Je lui ai donné un bisou mais il m’en a réclamé un « vrai ». Je ne comprenais pas ce qu’il voulait et lorsqu’il a enfilé sa langue dans ma bouche, je comprenais encore moins ce qui m’arrivait.
Mon enfance Je suis issue d’une famille très conforme, plutôt aisée et attachant de l’importance aux bonnes manières. D’un père colonel à l’armée et d’une mère protestante faisant partie du conseil paroissial, il s’agissait de marcher droit ce que ma sœur aînée a respecté. Distinguée, toujours bien mise et brillante à l’école, elle aurait pu faire une grande carrière. Finalement elle a choisi le métier d’enseignante comme maman. Profitant de sa troisième position dans la famille, ma sœur cadette, la préférée de papa, a réussi à s’émanciper plus rapidement. J’étais ainsi prise en sandwich entre les deux ce qui ne semblait pas me déranger. Suivant mes envies et mes besoins, je m’entourais de l’une ou de l’autre. J’accompagnais ma grande sœur dans ses activités intellectuelles ou je passais mon temps libre avec ma petite sœur. Ce que j’affectionnais le plus, c’était de me distinguer, de sortir du lot de n’importe quelle façon. Pour cela, j’ai réussi à développer une palette remplie de trucs pour attirer l’attention des autres et pour arriver à mes fins ! Pourquoi un tel comportement ? Pourquoi une telle soif de reconnaissance ? Aujourd’hui encore je cherche des réponses !
Le temps de l’école
Ma mère ne sachant pas un mot de français à son arrivée en terre romande, nous ne parlions que le suisse allemand à la maison. À partir de l’école enfantine et aux contacts des autres enfants, je me suis familiarisée avec la langue francophone. Plus le temps passait et moins j’appréciais que ma bonne maman me parle en suisse
allemand hors du foyer. Cela me gênait terriblement ! Je garde un excellent souvenir de mes cinq années de primaire dans mon village natal. Mis à part mes premiers mois de scolarité, je n’étais pas une petite fille modèle. Sage oui, mais toujours prête à faire une farce ou une bêtise en veillant bien sûr de ne pas me faire attraper ! Je ne manifestais pas un grand intérêt pour les cours et souvent je trouvais le temps long. Adepte de la loi du moindre effort, je faisais le minimum. Il fallait que le sujet me passionne pour que je me donne et que je ne voie pas le temps passer. Cela était assez rare ! J’attendais avec impatience la récréation pour aller me défouler. J’étais quasi toujours la première à bondir hors de la salle de classe, habitude que j’ai gardée et que je pratique aujourd’hui encore avec mes propres élèves que je laisse toujours sortir lorsque la cloche sonne ! Mes notes étaient « top », sauf en « écriture » et en « ordre et soin », et cela ne plaisait pas à maman. Je ne me donnais pas assez de peine à ses yeux. D’ailleurs, tant que j’ai vécu sous le toit familial, elle a énormément souffert de mon désordre ! Malgré cela de classe en classe, je réussissais à être le rayon de soleil ou le chouchou de mes professeurs !
A partir de 11 ans, j’ai choisi l’option pré gymnasiale avec le latin, langue indispensable pour les études que je devais faire pour exercer le même métier que papa. Les plus favorisés dont je faisais partie suivaient les cours dans un collège de la ville voisine. Je m’y rendais en tram (deux aller et retour de 20 minutes chacun par jour) rempli d’écoliers, d’apprentis, d’ouvriers, d’hommes d’affaires, assis serrés sur de longues banquettes en bois, les uns face aux autres ou debout le long des couloirs. A force de se côtoyer si souvent, je connaissais, les horaires, les habitudes et les manies de presque tout un chacun. Je me royaumais dans ce bain de foule quotidien, terrain propice où je pouvais faire « pas comme tout le monde », m’éclater à volonté et me rendre « soi-disant intéressante » ! Bien élevée, je respectais par contre, les « grandes personnes » comme on les nommait alors. Je leur cédais ma place assise ou les écoutais attentivement lorsqu’elles avaient envie de raconter leurs petites histoires ou soucis. Il m’arrivait aussi de faire le trajet tout devant à côté du conducteur qui me laissait parfois les commandes (une sorte de poignée qu’il fallait actionner et tourner) pour quelques instants. C’était l’époque où l’on pouvait sauter sur les trams alors qu’ils étaient en marche et comme je n’aimais pas me lever le matin, j’ai souvent profité de cet avantage un peu risqué et pas trop autorisé ! N’ayant que rarement pas fait mes devoirs, j’utilisais le laps de temps du trajet pour apprendre les nouvelles matières, rédiger des compositions que je détestais ou répéter à toute vitesse mes mots de vocabulaire anglais ou latin. Je garde plein de souvenirs, voire de la nostalgie de ces déplacements en tram qui se sont prolongés durant toutes mes études.
Learning by doing
Il faut savoir qu’à cette époque, l’éducation sexuelle était taboue. Il n’y avait pas de télévision dans chaque foyer, ni tous les médias d’aujourd’hui, ce qui n’est pas forcément un mal ! Mes premières expériences ressemblent sans doute à celles de tout un chacun. Elles n’ont rien d’extraordinaire, ni de brutal mais je me demande parfois quelle influence elles ont exercée sur ma vie sexuelle. Très jeune, j’ai joué au docteur avec la fille du voisin de quatre ans mon aînée. Elle m’emmenait au pied de la colline boisée jouxtant notre maison, déballait la trousse de médecin. Je m’amusais à l’ausculter au stéthoscope mais très vite elle s’en lassait et s’appropriait mes mains qui devaient se mouvoir au milieu de sa touffe noire. Je n’avais jamais vu de poils dans cette zone puisque j’étais trop petite pour en avoir déjà ! Parfois elle s’extasiait ou poussait des cris ! Pourquoi avais-je peur d’être vue ? Était-ce peut-être tout de même des pratiques pas trop conformes ? A l’école primaire, mon chemin pour atteindre le collège était assez long. Je le faisais régulièrement avec la fille du ramoneur habitant non loin de chez moi. Cependant pour regagner sa maison, elle devait encore marcher seule dix bonnes minutes. Une amitié intense s’était développée et nous ne faisions plus un pas l’une sans l’autre. Ayant déjà une fibre pour écrire, sachant tout juste lire, il m’arrivait souvent de lui laisser un message que j’allais déposer sous un caillou dans une faille de l’immense mur de pierres bordant la route qu’elle parcourait sans moi. Cette cachette aura son importance comme je l’ai appris bien des années plus tard. Les après-midi de congé, nous les passions ensemble à jouer, à faire les folles, à rire, à grimper aux arbres…
Le plus souvent, je me rendais chez elle. Entre deux jeux adaptés à notre âge (entre 6 et 9 ans), j’ai mis long à comprendre le plaisir qu’elle avait à m’apprendre à m’accrocher à la porte ! Nous montions au premier étage de la ravissante petite maison nichée au milieu des vignes. Là se trouvaient deux chambres inoccupées et bien évidemment… une porte pour chacune. Quelle gymnastique il fallait faire pour se cramponner à la poignée, les jambes recroquevillées pour qu’elles ne touchent pas terre et ensuite se trémousser contre le flanc de la porte. Elle me disait que cela lui procure des sensations agréables. Comme je ne sentais rien du tout, je rentrais chez moi et disparaissais au galetas où je m’entraînais. Là aussi, j’avais une peur bleue d’être surprise et j’entends encore ma chère mère me demandant ce que je pouvais bien chercher dans un endroit si particulier !
Vacances d’été
La profession de mon papa ne lui laissait que peu de temps libre pour sa famille. Il travaillait tous les jours y compris les dimanches. Ses journées duraient jusqu’au soir tard. Même en pleine nuit, je l’entendais se lever et partir avec sa VW coccinelle lorsqu’un animal malade réclamait ses soins. En juillet, il s’accordait un mois de vacances. C’était sacré ! Nous partions les cinq à la montagne dans une vieille demeure héritée des grands-parents paternels et partagée avec la famille des sœurs de mon papa. Chaque été nous n’attendions que ce moment des retrouvailles avec nos cousins et cousines. Inutile de détailler tous les inoubliables souvenirs. Nos distractions d’alors n’avaient rien à voir avec celles de maintenant. On vivait dans le plaisir d’être ensemble, de jouer avec les moyens du bord, de se baigner, de marcher, de chanter et de discuter. J’étais la préférée de l’aîné des cousins. Mes oncles et tantes se faisaient un plaisir de le relever. J’étais flattée bien sûr mais ils ne savaient pas tout. Comme mon cousin sentait des choses dans sa culotte, j’étais celle qu’il invitait dans sa chambre. Cette fois, c’était la découverte du sexe mâle. Rien de spectaculaire à cela surtout qu’il ne me touchait pas et qu’il n’avait besoin que de ma main pour lui faire grandir son petit pénis d’où ne sortait encore que de l’air chaud ! Là de nouveau, je repartais avec un sentiment bizarre et j’avais l’impression d’être l’unique à partager cette étrange intimité !
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