Juste une nuit... - Un baiser au clair de lune

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Juste une nuit…, Maya Banks

Pour Pippa comme pour Cameron Hollingsworth, le contrat était clair. Ni l’un ni l’autre ne souhaitait s’engager dans une relation amoureuse, mais le désir entre eux était si fort, si brûlant, qu’il leur était impossible de ne pas y succomber. Seulement voilà, Pippa fait bientôt deux découvertes qui risquent de bouleverser sa vie à jamais : bien malgré elle, elle s’est éprise de Cameron, qui ne lui a jamais rien promis d’autre que des ébats torrides. Et, surtout, elle est enceinte…

Un baiser au clair de lune, Crystal Green

Lorsqu’il croise le regard de Violet Osborne, à la faveur du clair de lune, Davis sent la colère le gagner – et le désir fondre sur lui. Ainsi, elle est de retour à St Valentine, celle qui lui a préféré sa carrière, et l’a quitté, sans un regard en arrière. Il pensait avoir tourné la page, et pourtant, la revoir fait immédiatement ressurgir la passion qu’elle suscitait en lui, alors même que tout les séparait déjà, autrefois… Alors, Davis prend une décision : même si Violet projette déjà de repartir, il ne la laissera pas faire. Car il est hors de question qu’elle lui échappe une seconde fois…
Publié le : mardi 1 janvier 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280297035
Nombre de pages : 432
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Pippa n’aurait pas dû se sentir aussi stressée. Elle était une professionnelle accomplie, après tout. Pourtant, organiser cette réception pour la pendaison de crémaillère de son amie Ashley Carter la mettait dans tous ses états. Il fallait qu’elle se calme, et vite. Certes, elle n’ignorait pas que les revenus mensuels de l’ensemble des convives devaient égaler le montant de la dette nationale. Mais il en fallait davantage pour l’impressionner. Elle était habituée à évoluer dans des milieux aisés. Non, le problème venait plutôt du fait qu’elle était sur le point d’ouvrir sa pâtisserie et son service de restauration à domicile. Et qu’elle concevait cette réception comme un moyen de se faire connaître et d’acquérir une bonne réputation. Voilà pourquoi il était si important à ses yeux que tout soit absolument parfait. Accoudée au plan de travail de l’immense cuisine d’Ashley, elle se mit à rééchir à ce qui lui restait à faire. Rien. Tout était prêt. Mais où étaient donc les serveurs ? Alors même qu’elle était en train de se poser cette question, la porte s’ouvrit sur un garçon qui ne devait pas avoir plus de vingt ans. — Où est votre uniforme ? grommela-t-elle, stupéfaite. Il la regarda d’un œil éteint.
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Agacée par sa désinvolture, elle soupira. — Chemise blanche ? Pantalon noir ? Chaussures bien cirées ? Et, de préférence, cheveux bien coiffés ? Il ouvrit la bouche, la referma et ïnit par dire : — Désolé, madame Laingley. Je suis remplaçant. Je pensais que vous me prêteriez les habits. — C’est la première fois que vous faites ce travail ? lui demanda-t-elle, soudain prise de panique. — Ouais, marmonna-t-il. C’est un copain qui m’a dit que ça payait bien. Il ne pouvait pas venir, alors il m’a demandé de prendre sa place. Sentant la colère bouillir en elle, elle inspira profon-dément. Parfait. Elle ne pourrait même pas compter sur un véritable professionnel. Un petit imbécile avait décidé de lui faire faux bond et de se faire remplacer par l’un de ses amis. Lequel, de toute évidence, allait se révéler incapable de gérer la situation. Ce qui signiïait qu’elle allait devoir l’aider en participant au service. Elle qui aurait tant aimé se reposer, un verre de vin à la main, et discuter avec les ïlles de la nouvelle maison d’Ashley… Exaspérée, elle attrapa le garçon par le bras et le tira vers l’escalier. — Venez. On va vous trouver des vêtements plus convenables. L’air incrédule, il se laissa traîner jusqu’à la chambre d’Ashley et Devon. Une fois dans la pièce, Pippa se mit à fouiller dans le dressing de Devon et ïnit par trouver une tenue appropriée. — Déshabillez-vous, ordonna-t-elle. Les joues du jeune homme devinrent écarlates. Et ce fut à ce moment-là qu’elle entendit quelqu’un se racler la gorge. Ils n’étaient pas seuls.
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— Je devrais peut-être revenir plus tard. Au son de cette voix grave et suave, elle ferma les yeux, morte de honte. Elle devait désormais être aussi rouge que le garçon. Prenant son courage à deux mains, elle se retourna lentement. Cam Hollingsworth, nonchalamment adossé à la porte, arborait un air particulièrement amusé. — J’ignorais que tu les prenais au berceau, Pippa. Encore ! Mais comment était-ce possible ? Elle était une femme d’affaires intelligente, sociable et sûre d’elle. Elle gérait toute seule son entreprise, ne demandait jamais rien à personne et se laissait rarement intimider. Et pourtant, chaque fois qu’elle croisait Cam, l’ami de Devon, elle se rendait complètement ridicule. Mais il était hors de question qu’elle laisse la situation tourner à l’humiliation. Luttant pour recouvrer son sang-froid, elle se dirigea vers Cam d’un pas déterminé et lui jeta au visage le pantalon et la chemise. — Fais-le rentrer là-dedans. Je veux qu’il soit en bas dans deux minutes. A sa grande satisfaction, il écarquilla les yeux, l’air franchement surpris. Elle l’avait pris au dépourvu. — Qu’est-ce qui se passe ? Ce ne sont pas les vêtements de Dev ? s’enquit-il en fronçant les sourcils. — J’ai besoin d’un serveur, lui répondit-elle sèchement. Et je n’ai que lui sous la main. Je ne peux pas laisser tomber Ashley, et toi non plus. Alors secoue-toi un peu. Sans prendre le temps d’observer sa réaction, elle quitta la chambre en claquant la porte et descendit l’escalier au pas de course. Une fois dans la cuisine, elle entreprit de remplir les plateaux, tout en se lamentant sur son sort. Elle avait demandé trois serveurs. Et voilà qu’elle se retrouvait
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avec un lycéen crasseux qui avait besoin d’argent de poche. Quelle poisse ! Un instant plus tard, le jeune homme en question réapparut dans la cuisine. A la grande surprise de Pippa, il semblait métamorphosé. Son pantalon et sa chemise étaient un peu trop larges pour sa silhouette frêle, mais il avait l’air présentable. Un peu soulagée, elle lui mit un plateau de tarte-lettes au homard entre les mains et le poussa vers le salon, où Ashley était en train de bavarder avec ses convives. Puis elle retourna vers le plan de travail et se mit à remplir des verres de vin et de champagne. — Besoin d’un coup de main ? Elle sursauta, et faillit renverser la bouteille qu’elle avait à la main. — Pardon ? Cam hocha lentement la tête. — Tu m’as l’air d’avoir besoin d’aide. Je ne vois pas comment tu pourrais gérer ça toute seule. Je me demande bien pourquoi Ashley t’a laissée t’occuper de cette réception. De toute sa vie, elle n’avait jamais entendu proposition plus humiliante, et formulée de manière si irritante. — Je ne voudrais pas que tu salisses tes jolies mains. Et, pour ton information, je maîtrise parfaitement la situation. Si les serveurs ne sont pas venus, ce n’est pas ma faute. Et puis, sans vouloir me vanter, je dois dire que les amuse-bouches sont absolument délicieux. Ce qu’il me faut, simplement, c’est un moyen sûr et efïcace de les faire atterrir dans les mains des invités. — Je ne comprends pas pourquoi tu te montres aussi désagréable, au lieu d’accepter mon aide, dit-il d’une voix dure. Elle fronça les sourcils. Mais pourquoi donc cet
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homme était-il si splendide ? N’aurait-il pas pu être laid ? Gras ? Ou encore chauve ? Pourquoi se sentait-elle incapable d’accomplir les actions les plus simples quand elle se retrouvait face à lui ? — Tu es l’invité d’Ashley, ïnit-elle par répondre d’un ton ferme. Et puis, de toute façon, ce n’est pas ton truc. Tu es habitué à être servi, pas à servir les autres. — Je ne vois pas comment tu pourrais savoir ce qui est mon truc ou ce qui ne l’est pas, dit-il en s’emparant de l’un des plateaux. Ne trouvant rien à répondre, elle dut se contenter de le regarder quitter la cuisine, le plateau entre les mains. Cameron Hollingsworth était renfermé, sombre et arrogant, complètement différent de son type d’homme. Mais il y avait quelque chose en lui qui le rendait particulièrement attirant à ses yeux. Elle l’avait rencontré plusieurs fois depuis qu’Ashley s’était ïancée à Devon Carter. Cameron et Devon étaient amis et associés dans la chaîne d’hôtels et de complexes de luxe qu’ils avaient montée ensemble. En qualité de meilleure amie d’Ashley, elle s’était souvent retrouvée invitée aux mêmes soirées que Cameron. Au mariage d’Ashley, on le lui avait même attribué comme cavalier. Mais il s’était toujours montré parfaitement indifférent à son égard. Lasse, elle soupira. Oui, c’était cela qui l’irritait le plus : Cam était un homme on ne peut plus séduisant, et il ne semblait pas s’intéresser le moins du monde à elle. Peut-être n’était-elle tout simplement pas son genre ? Le problème, c’était qu’elle ignorait quel était son genre. Elle ne l’avait jamais vu avec une femme. Soit il était extrêmement secret, soit il n’avait pas de vie sexuelle.
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Et si c’était le cas, elle avait bien envie de bouleverser son univers. Ne serait-ce que pour une nuit. S’apercevant tout à coup qu’elle avait perdu bien assez de temps à penser à lui, elle attrapa un plateau et, prenant une profonde inspiration, se dirigea vers le séjour. Un grand sourire aux lèvres, elle traversa la pièce, et fut soulagée de constater que la plupart des convives avaient un verre à la main. Cam avait fait du bon travail. — Pippa, mais qu’est-ce que tu fais ? sifa tout à coup Ashley. Surprise, elle se retourna vivement. Son amie la dévisageait, l’air consterné. — Ash ! Alors, comment ça se passe ? Tous tes invités sont arrivés ? — Tu peux me dire pourquoi tu te comportes comme une employée ? Comment se fait-il que ce soit toi et Cam qui serviez les boissons et les amuse-bouches ? Et qui est ce gamin qui porte les vêtements de Devon ? — Ne t’énerve pas, Ash. Ce n’est pas bon pour le bébé. Ashley croisa les bras sur son ventre arrondi et lui jeta un regard furibond. — Pippa, si je t’ai demandé d’organiser cette soirée, c’était pour t’aider à te faire connaître. Je veux que ma meilleure amie soit à mon côté en ce grand jour. Pas qu’elle me serve ! Elle soupira et tendit à Ashley l’un des délicieux petits-fours qui se trouvaient sur le plateau. — Ecoute, les serveurs m’ont fait faux bond. Tout ce qu’il te reste, c’est moi, le gamin qui porte les vêtements de ton mari et le beau gosse qui me fait chavirer le cœur, là-bas.
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— Cam ? ït Ashley, manifestement sidérée. Tu es en train de parler de Cam ? — De qui veux-tu que je parle ? Tournant son regard vers lui, elle ajouta, d’une voix plus basse : — Comme j’aimerais pouvoir l’embrasser… Ashley gloussa, puis se mit à dévisager Cam d’un œil curieux. — Arrête de le regarder comme ça, ït Pippa. Tant que tu y es, tu n’as qu’à crier à tout le monde qu’on est en train de parler de lui. — Alors, répondit Ashley, un vague sourire aux lèvres, comment t’y es-tu prise pour obtenir son aide ? Tu as joué de ton charme ? — Pas du tout. C’est lui qui s’est proposé tout seul. Je me suis d’ailleurs montrée assez impolie avec lui. — Toi ? Impolie ? répéta son amie en ricanant. Bon, il faut que je retourne à mes invités. Mais, sérieusement, Pippa, cette réception a beau être importante à mes yeux, je n’ai aucune envie de voir ma meilleure amie y jouer les serveuses. Pose-moi ce plateau et viens prendre un verre avec nous. Pippa observa la salle, bondée d’importants clients potentiels. Ashley lui avait donné une chance, et elle n’avait pas l’intention de la laisser passer. — On en reparlera plus tard, Ash. J’ai une réputa-tion à me faire. Et tes invités ont l’air morts de faim. Avant que son amie n’ait eu le temps de répondre, elle s’était remise à déambuler au milieu des convives, le plateau à la main, et un large sourire aux lèvres.
— Tu as perdu la tête ? Surpris, Cameron se retourna. Devon était en train
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de l’observer, l’air horriïé. Avec un sourire, il reposa son plateau vide sur une desserte. — Ce n’est pas la première fois qu’on me pose la question, ce soir. — Tu joues les serveurs ? lui demanda Devon, toujours aussi médusé. — Pippa avait besoin d’aide, répondit-il en haussant les épaules. Elle m’a semblé sur le point de craquer. J’ai juste pensé que ça pourrait rendre service à Ashley. Devon le dévisagea pendant un long moment. — C’est vraiment n’importe quoi. Il ne releva pas. Son regard venait de tomber sur Pippa, en train de fendre la foule. Pippa, qui se déplaçait avec une grâce inoue. Elle était splendide. Complètement fascinante. Captivé, il suivit sa progression dans la pièce. Elle avançait en souriant et en saluant les invités. Et, tout à coup, elle éclata de rire. Comme il regrettait d’être trop loin pour entendre le joli son de sa voix ! Cela faisait des mois qu’il l’observait. Elle avait attiré son attention dès la première fois où il l’avait aperçue. Il lui avait fallu attendre un peu pour faire sa connaissance. En effet, ils n’avaient été ofïciellement présentés qu’à la troisième soirée à laquelle ils avaient assisté ensemble. Et, à ce moment-là, il s’était comporté avec elle comme il se comportait avec la plupart des gens. En faisant preuve d’une politesse cordiale. D’un désintérêt feint. Mais il était en réalité on ne peut plus intéressé. Elle ne s’en était pas aperçue, mais il l’avait immé-diatement repérée. Comme un prédateur repère sa proie. Il l’avait observée et avait patiemment attendu ce moment. Le moment opportun. Le moment qui lui permettrait de la posséder enïn et de se perdre au contact de sa peau satinée.
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Il pouvait presque sentir ses cheveux noirs glisser sous ses doigts et se répandre en cascade autour de leurs deux corps mêlés. Son buste splendide chevau-chant le sien, sa tête rejetée en arrière… Remarquant que son corps avait immédiatement réagi à son fantasme, il marmonna un juron. Il était à une pendaison de crémaillère. Le genre d’événement censé évoquer des images de couples heureux, de bébés, de chiots… Et non des scènes sensuelles et passionnées, qui seraient à coup sûr censurées à la télévision. Il était certain qu’elle était aussi attirée par lui qu’il ne l’était par elle. Souvent, quand elle pensait qu’il ne faisait pas attention, elle ïxait son regard sur lui et ses yeux brillaient d’un éclat torride. Il appréciait ces instants de sincérité. Car, le reste du temps, elle avait plutôt tendance à se cacher derrière une façade froide et arrogante. Mais il était absolument sûr que, au fond d’elle, elle était douce, passionnée et sensuelle à l’extrême. Oui, et il n’avait qu’une envie : caresser les courbes voluptueuses de son corps et lui tirer de sourds gémissements de plaisir. — Cam ? Hé ho ? Il y a quelqu’un ? Surpris, il cligna des yeux et s’aperçut que Devon était toujours là. — Tu sais que tu es vraiment pathétique, de la suivre comme ça, dans toute la pièce, ït son ami en secouant la tête. — Je ne vois pas de quoi tu parles. — Ne joue pas à ça avec moi. Si tu veux mon avis, tu devrais y aller franchement. — Mais c’est bien ce que j’ai l’intention de faire. Devon lui sourit et tourna les talons. Mais il s’aperçut à peine de son départ. Il était bien trop occupé à regarder Pippa. Le plateau qu’elle portait était désormais vide.
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Les sourcils légèrement froncés, elle était en train de balayer la pièce du regard, à la recherche de quelque chose. Il ït de même. Le garçon avait disparu… Comme elle se dirigeait vers la cuisine, il lui emboîta le pas, emportant avec lui le plateau vide qu’il avait posé quelques instants plus tôt. Il la retrouva dans la cuisine, en train de marmonner des jurons qui auraient fait rougir un charretier. Il sourit quand elle menaça de botter les fesses de tout serveur qui oserait se présenter devant elle ce soir-là. — Où est le gamin ? demanda-t-il. Elle sursauta, manquant de renverser le plateau qu’elle était en train de remplir. — Voudrais-tu cesser de faire ça ? ït-elle en se tournant vers lui. Levant les mains en signe de reddition, il ït un pas en arrière. — Il s’est sauvé ! hurla-t-elle. Il n’a même pas rendu les vêtements de Devon. Mais comment est-ce que je vais faire pour les rembourser ? Rien que la chemise vaut certainement plus cher que ce que je vais toucher ce soir. Instinctivement, il posa sa main sur son bras. Et aussitôt, il sentit sa respiration s’accélérer. Sa peau, ferme, avait la douceur du satin. — Je suis sûr que Devon a des tas de chemises blanches et de pantalons noirs, murmura-t-il. C’est un type très ordonné. Et pas très fantaisiste, si tu vois ce que je veux dire. — Je ne suis pas d’accord, contesta-t-elle ferme-ment. Il a une garde-robe très variée. Casual. Casual chic. Mais toujours très casual. — Pour tout dire, répondit-il en haussant les épaules, je n’ai jamais mis les pieds dans son dressing.
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