L'amant de l'aube

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Frissonnante de désir, Sara s’approche du lit. Il est là, il l’attend et elle sait qu’elle va vivre entre ses bras le rêve le plus délicieux, le plus troublant qui soit… Pourtant, ce soir, le visiteur de ses songes ne se contente pas de l’aimer. Avant de la quitter, il lui donne rendez-vous dans la maison de son enfance. Cette demeure maudite qu’elle a désertée depuis des années, et dans laquelle ses parents ont été assassinés…

A propos de l’auteur :

Que l’action se déroule dans l’ancienne Egypte ou au cœur d’un futur apocalyptique, les livres de Vivi Anna appartiennent tous au même genre : celui de la littérature fantastique. Sensuels et intenses, ses romans mettent en scène des héroïnes passionnées et indépendantes et des hommes sombres et forts.
Publié le : dimanche 1 mars 2015
Lecture(s) : 8
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280338240
Nombre de pages : 70
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1

Un léger courant d’air faisait onduler doucement les fins rideaux rouges qui entouraient l’immense lit à baldaquin qui trônait au centre de la pièce. Sara le sentait glisser sur sa peau nue comme une caresse. Lentement, elle s’approcha du lit.

C’était toujours le même lit, toujours la même pièce.

Toujours le même rêve.

Les battements de son cœur se firent plus précipités dans sa poitrine tandis qu’un désir incoercible montait en elle. Car elle savait déjà qu’il était là, allongé sur le lit, attendant patiemment sa venue. Il serait toujours là pour elle. Il le lui avait promis.

Même en plein jour, lorsqu’elle était pleinement consciente et éveillée, il lui suffisait de penser à lui et à leurs rencontres nocturnes pour sentir monter en elle une douce chaleur, une joie secrète qui lui permettait de surmonter n’importe quelle épreuve.

A présent, elle pouvait deviner sa silhouette à travers les fins voilages qui entouraient le lit à baldaquin, délimitant ce monde qui n’appartenait qu’à eux et où ils se rencontraient, à mi-chemin entre le rêve et la réalité.

Chaque nuit, il l’attendait là. Etendu sur le drap écarlate, les bras croisés derrière la nuque. Elle demeurait là, immobile, les yeux rivés sur cet homme qui n’existait pas et qui jouait pourtant un rôle si important dans son existence.

Il avait la beauté d’un ange, avec ses longs cheveux d’un blanc immaculé, sa peau d’albâtre et son corps magnifique. Peut-être était-ce un ange, d’ailleurs. Elle n’avait jamais osé lui poser la question.

Au fond, cela n’avait pas d’importance.

Ce qui la fascinait le plus, chez lui, c’était son regard. Ses yeux étaient d’un bleu si clair qu’elle craignait parfois de s’y noyer. Il suffisait qu’ils se posent sur elle pour qu’elle se sente fondre.

— Je t’attendais, Sara, lui dit-il.

Sa voix était légèrement chantante, douce et cristalline. Sans qu’elle sache vraiment pourquoi, elle lui rappelait ce petit ruisseau auprès duquel elle allait souvent jouer lorsqu’elle était enfant. Il coulait non loin de la maison de ses parents et évoquait pour elle une période de paix et de bonheur à jamais révolue.

Sara s’assit à côté de lui sur le matelas, et il se redressa pour la serrer tendrement contre lui. Elle s’abandonna à la douceur de cette étreinte, et la chaleur qui émanait de lui se répandit lentement en elle, attisant son désir.

Chaque fois qu’il la touchait, elle avait l’impression que tout le reste disparaissait, que plus rien n’avait d’importance en dehors de ces moments de communion pure et parfaite. Il était son alpha et son oméga, l’homme idéal qui n’existait que pour elle.

— Je suis là, murmura-t-elle.

Elle se pencha vers lui pour l’embrasser, et il plongea les mains dans ses longs cheveux auburn pour l’attirer plus près encore. Enlacés, ils roulèrent sur le grand lit. Peu à peu, la tendresse céda place à l’ardeur, et leurs corps s’enflammèrent sous l’effet de l’envie qu’ils avaient l’un de l’autre.

Sara sentit alors monter en elle un mélange grisant de désir et de joie. Il se répandit en elle, la submergeant entièrement.

Il posa alors sa main sur sa joue et s’écarta légèrement pour la regarder droit dans les yeux. L’expression de son regard trahissait une certaine gravité.

— Il est temps, Sara, lui dit-il.

— Temps ? répéta-t-elle d’une voix rêveuse.

— Tu as fui trop longtemps.

Sara se figea brusquement, comprenant qu’elle n’aimerait probablement pas ce qu’il s’apprêtait à lui dire.

— Je sais que ce sera douloureux pour toi, mais il faut que tu rentres, déclara-t-il posément.

— Je ne peux pas !

— Tu le peux et tu le dois, objecta-t-il. Le voile qui sépare nos deux mondes s’amenuise de jour en jour. Il sera bientôt si fin que je pourrai le franchir. Il faut que tu rentres à la maison.

Les yeux de Sara se remplirent brusquement de larmes. Elle avait toujours su que ce moment viendrait. La première fois qu’il lui était apparu en rêve, il l’avait avertie qu’un jour il lui demanderait quelque chose qu’elle devrait lui accorder.

Si elle avait su alors qu’il s’agirait de cela, elle l’aurait peut-être repoussé. Mais il était trop tard à présent.

— Est-ce que tu seras là ? lui demanda-t-elle.

— Bien sûr, mon amour. Je ne suis jamais parti…

2

— Tu es sûre d’être prête, Sara ?

Sara Vandermeer se détourna de la fenêtre qui offrait une vue imprenable sur la ville et se tourna vers Thomas Brady, l’homme qui était à la fois son oncle adoptif et son avocat. Il était assis derrière son bureau et jouait nerveusement avec son stylo plume, comme chaque fois qu’il abordait un sujet sensible.

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