L'amour d'une vie - Le secret de Jena

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Deux soeurs jumelles, deux infirmières… deux coeurs à prendre !
L’amour d’une vie, Wendy Marcus

Jamais Jaci n’aurait pensé que Ian Eddleton reviendrait un jour dans sa vie. Pas après l’humiliation qu’il lui a infligée autrefois en refusant de l’épouser, et en disparaissant aussitôt, la laissant le cœur brisé. Et voilà que maintenant elle va devoir travailler avec lui au Centre médical où elle est infirmière ! A la perspective de leurs retrouvailles prochaines, Jaci sent l’appréhension l’envahir : il lui faudra toute sa maîtrise d’elle-même pour ne pas trahir les sentiments profonds que Ian lui inspire toujours, malgré tout…

Le secret de Jena, Wendy Marcus

Le cœur battant la chamade, Jena s’efforce de rassembler son courage. Derrière la porte se trouve Justin, l’homme qu’elle a toujours aimé, et qu’elle n’a pas revu depuis plusieurs mois. Depuis cette unique nuit d’amour qui a bouleversé sa vie à jamais… en lui laissant bien plus qu’un souvenir impérissable : deux adorables jumelles, qu’elle vient de mettre au monde dans la plus grande discrétion. Pourtant, même si elle est décidée à les élever seules, Jena sait qu’elle ne peut plus garder ce secret pour elle, et qu’elle va devoir tout révéler à Justin…
Publié le : vendredi 15 mars 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280294454
Nombre de pages : 288
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1.
Environ treize mois plus tard
JacI PIermont, InirmIère du centre médIco-socIal et cham-pIonne de SOS-VIctImes,une assocIatIon d’aIde d’urgence pour les femmes battues, suIvIt des yeux les deux types à l’allure de voyous, en baggys sombres et sweat-shIrts trop grands, quI venaIent de sortIr par une porte dérobée du bâtIment recouvert de grafitIs. Elle se tapIt un peu plus dans le sIège de la guImbarde qu’elle avaIt empruntée à l’assocIatIon, essayant de se fondre dans l’obscurIté. Quelque chose ne tournaIt pas rond. Même en pleIn jour, jamaIs elle ne se rendaIt dans la tour Nap pour vIsIter ses patIentes sans être accompagnée, et elle s’approchaIt encore moIns de l’Issue de secours, connue pour être le lIeu de prédIlectIon des dealers. MaIs ce soIr Il pleuvaIt à verse — prémIsses de l’ouragan quI, d’après la météo, frapperaIt d’IcI une heure la côte Nord-Est des Etats-UnIs. Le comté de Westchester se trouvaIt en pleIne lIgne de mIre. RIen d’étonnant, donc, sI ces IndIvIdus avaIent choIsI cette nuIt pour commettre un méfaIt, présumant avec raIson que personne ne s’aventureraIt dehors. Son mobIle sonna. Avant de répondre, elle vérIia le numéro. Carla, la dIrectrIce adjoInte de SOS-VIctImes. — Tu devraIs être IcI depuIs vIngt mInutes, dIt celle-cI.
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— Ellen’est pas encore sortIe. « Elle », c’étaIt Merlene K., une femme de vIngt-cInq ans quI avaIt besoIn qu’on l’épaule pour échapper à la brutalIté du père de son futur enfant. — Ne reste pas là-bas, JacI. Tu ne peux pas l’aIder sI elle ne suIt pas le plan. Un plan sur lequel elles travaIllaIent depuIs des semaInes. Chaque détaIl avaIt été mIs au poInt avec leur contact résIdant dans l’Immeuble : vérIier les horaIres de Rocky, le compagnon de Merlene ; détourner l’attentIon de son complIce quI ne la perdaIt pas de vue lorsque Rocky travaIllaIt de nuIt ; fournIr un sac marIn pour les maIgres bIens de la jeune femme, des vêtements de rechange et une perruque pour luI permettre de modIier son apparence et de s’éclIpser sans se faIre remarquer… SoudaIn, la porte s’ouvrIt de nouveau. — Oh ! non…, gémIt JacI. — Que se passe-t-Il ? — C’est Merlene. Elle n’est pas seule. ïl y a Rocky. A la lueur de la seule lampe quI fonctIonnaIt encore au-dessus du porche et malgré le rIdeau de pluIe battante, elle parvInt à dIstInguer le vIsage meurtrI de Merlene. Rocky la tIraIt par le poIgnet pour la forcer à avancer et portaIt un sac pleIn à craquer qu’elle reconnut ImmédIatement comme celuI qu’elle avaIt déposé quelques jours plus tôt. Penchée en avant, un bras soutenant son ventre rebondI, Merlene traînaIt des pIeds derrIère luI. Le couple quI venaIt dans sa dIrectIon se trouvaIt à présent à envIron sIx mètres. FurIeuse, JacI rajusta sa perruque brune à la coupe au carré, enila ses fausses dents et remonta les fausses lunettes de vue sur son nez. AussItôt, Carla devIna ses IntentIons. — Ne sors pas de la voIture, JacI. C’est trop dangereux ! — Elle a besoIn d’être suIvIe par un médecIn, chuchota JacI. QuI saIt où Il l’emmène ? Peut-être n’aurons-nous jamaIs d’autre occasIon de l’aIder. Plus que troIs mètres… Elle tendIt la maIn vers la poIgnée de la portIère.
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— Ne faIs pas…, tenta encore d’IntervenIr Carla. MaIs JacI luI coupa la parole. — Appelle JustIn. DIs-luI de se dépêcher. Lorsqu’elle devaIt venIr chercher une des vIctImes de maltraItance dans ce quartIer, elle s’organIsaIt toujours pour que JustIn soIt de garde à ce moment-là. Avec une profonde InspIratIon, elle glIssa son mobIle dans la poche de son cIré, remonta la capuche sur sa tête et ouvrIt la portIère juste avant que le couple ne passe devant sa guImbarde. — Excusez-moI… Merlene sursauta. Rocky, une vérItable armoIre à glace, se igea et entoura d’un bras possessIf la jeune femme qu’Il consIdéraIt comme sa proprIété. — Ma batterIe est à plat, mentIt JacI. Vous n’aurIez pas des câbles de démarrage ? Une bourrasque s’engouffra dans sa capuche, l’oblIgeant à la maIntenIr en place. DIeu mercI, elle n’avaIt pas oublIé d’eniler une paIre de gants en laIne pour dIssImuler ses ongles manucurés. — Non, dIt Rocky en entraînant Merlene d’un geste brutal. Pourvu que JustIn soIt en chemIn, prIa sIlencIeusement JacI en leur emboîtant le pas. — MademoIselle… Vous allez bIen ? — BIen sûr qu’elle va bIen, rétorqua Rocky sur un ton IrrIté, sans même daIgner luI jeter un coup d’œIl. — Désolée, maIs elle a l’aIr malade. Peut-être que je pourraIs… Merlene se retourna et, plIssant les yeux à cause de la pluIe, la dévIsagea. Comme elle la reconnaIssaIt enin, JacI la dIssuada d’un sIgne de tête de la trahIr. — Avez-vous besoIn d’aIde, mademoIselle ? hurla-t-elle pour parvenIr à se faIre entendre entre deux rafales. — Vous, mêlez-vous de vos affaIres, grogna Rocky quI s’arrêta devant un SUV neuf dont les sIèges en cuIr am-boyaIent presque à la lumIère du plafonnIer. Comment pouvaIt-Il acheter un tel véhIcule alors que la mère de son futur enfant n’avaIt même pas de quoI s’offrIr
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des vêtements de grossesse, qu’elle étaIt oblIgée de patIenter des heures au dIspensaIre pour les vIsItes prénatales et de faIre des ménages dans l’Immeuble pour manger ? MaIs que faIsaIt JustIn ? Le persécuteur de Merlene la lâcha juste le temps d’ouvrIr la portIère arrIère, et celle-cI en proita aussItôt. L’aIr panIqué, elle se précIpIta vers JacI. — Ne le laIssez pas m’enlever ! s’écrIa-t-elle. JacI plongea la maIn dans sa poche pour saIsIr la bombe au poIvre qu’elle y avaIt glIssée une heure plus tôt. — Vous n’Irez nulle part sans moI, la rassura-t-elle. Et elle ne plaIsantaIt pas. Elle étaIt prête à tout pour mettre Merlene en sécurIté. Le premIer coup l’atteIgnIt dans le bas du dos, provoquant un Intense élancement, suIvI aussItôt d’un méchant uppercut dans l’épaule droIte. Sous le choc, elle eut l’ImpressIon que son humérus s’étaIt brIsé. La bombe luI échappa et roula en clIquetant sur l’asphalte. Rocky étaIt fort, furIeux, et Il ne perdaIt pas son temps à dIscuter. MaIs elle en avaIt vu d’autres, elle avaIt une certaIne expérIence de la vIolence. SI Merlene supportaIt ce genre de traItements jour après jour, elle-même pouvaIt les endurer jusqu’à l’arrIvée de JustIn. Elle enroula son autre bras autour de Merlene, croIsa ses doIgts bIen serrés sur la hanche de sa protégée et, se plaçant entre la jeune femme et son tortIonnaIre, attendIt de pIed ferme. — Ne la frappe pas, supplIa Merlene en tentant de repousser Rocky. JacI s’efforça de tenIr bon, maIs Il l’attrapa par les poIgnets, luI dénoua de force les maIns et l’écarta avec une facIlIté déconcertante. Sous la vIolence du geste, elle trébucha dans un nId-de-poule pleIn d’eau. DéséquIlIbrée, elle s’effondra de tout son long. Son coude heurta brutalement le trottoIr issuré, et une douleur fulgurante se propagea dans son bras droIt, quI céda sous elle. Merlene hurlaIt. SoudaIn, le gyrophare d’une voIture de patrouIlle troua la nuIt.
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PrIse dans la lumIère des phares, JacI voulut se redresser. — Ne bouge pas ! vocIféra JustIn. Bon sang, je t’avaIs dIt de rester dans la voIture ! Se ruant hors de son véhIcule, Il dégaIna son arme, qu’Il braqua sur le compagnon de Merlene. — Lâche-la, ordonna-t-Il. Une foIs lIbérée, Merlene courut vers JacI et tomba à genoux près d’elle. — Je suIs désolée. SI désolée… — Ce n’est pas votre faute, la rassura JacI. Vous êtes en sécurIté, désormaIs. Une autre voIture se gara un peu plus loIn dans un crIsse-ment de pneus. Carla en sortIt précIpItamment. — JacI ! Tu vas bIen ? — Comment as-tu pu venIr aussI vIte IcI ? — Quand j’aI vu que tu n’étaIs pas là à l’heure prévue, j’aI comprIs que tu avaIs des ennuIs. J’étaIs déjà en chemIn quand je t’aI appelée. La présence d’esprIt de Carla étaIt une des raIsons pour laquelle JacI l’adoraIt. — Merlene a besoIn de soIns médIcaux. — Et toI ? — Je suIs un peu courbaturée, maIs je vaIs bIen. — LaIsse-moI t’aIder, proposa une voIx masculIne vague-ment famIlIère, tandIs que des maIns robustes la saIsIssaIent par la taIlle pour la remettre debout. Elle ne put retenIr un glapIssement de douleur quand sa paume appuya en bas des côtes, sur l’endroIt partIculIèrement sensIble où elle avaIt reçu un coup. — Désolé, s’excusa-t-Il en la lâchant sur-le-champ. Je ne voulaIs pas… Carla la ixa d’un aIr anxIeux. — Tu es blessée ? VIsIblement à bout de nerfs, Merlene se mIt à sangloter. — ïl l’a frappée. Elle doIt avoIr l’épaule cassée. — Ce salaud t’a frappée ? répéta d’une voIx rageuse l’homme quI s’étaIt porté à sa rescousse. — Je n’aI aucune fracture. Regardez…
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Malgré la souffrance, JacI leva son bras droIt au-dessus de sa tête puIs le plIa sur sa poItrIne pour le leur prouver. — Surtout ne bouge pas d’IcI, marmonna l’homme avant de se dIrIger comme un ouragan vers Rocky. Brusquement, elle reconnut la sIlhouette, les larges épaules quI remplIssaIent son coupe-vent, les enjambées pleInes d’assurance, le pantalon de camouage, la coupe de cheveux mIlItaIre… ïan Eddelton. Elle eut l’ImpressIon de recevoIr un nouveau coup de poIng dans l’estomac, cette foIs InvIsIble. Lorsque ïan étaIt en permIssIon, Il partageaIt de temps à autre l’appartement de JustIn et se retrouvaIt alors son voIsIn du dessus. C’étaIt un amI de JustIn, maIs Il avaIt été aussI le sIen, ou du moIns c’étaIt ce qu’elle avaIt cru. Jusqu’à ce soIr où elle avaIt pImenté leur relatIon en s’offrant à luI et en prononçant le mot « marIage » une foIs leur désIr assouvI. ïl s’étaIt alors enfuI comme sI elle luI avaIt demandé de faIre don d’un de ses reIns et avaIt sortI sur-le-champ un scalpel pour prélever l’organe. DepuIs, elle ne l’avaIt pas revu, ne luI avaIt pas reparlé, et sa dIsparItIon avaIt conforté l’opInIon de son frère : aucun IndIvIdu sensé ne l’épouseraIt sans motIvatIon inancIère. Les hommes s’IntéressaIent à sa fortune, à la rIgueur à son corps, maIs aucun ne l’aImaIt pour elle-même. Troublée, elle essuya la pluIe quI ruIsselaIt sur son vIsage. SoudaIn transIe, elle ne pensaIt plus qu’à rentrer chez elle et à prendre un baIn brûlant pour se réchauffer. — Je rentre chez moI, dIt-elle à Carla. Je passeraI à l’as-socIatIon demaIn pour échanger les voItures. Carla luI efeura le poIgnet. — Tu es sûre de ne pas avoIr besoIn d’une radIo ? — CertaIne. Même sI c’étaIt le cas, elle ne se rendraIt pas à l’hôpItal maIntenant, de peur que quelqu’un la reconnaIsse et assocIe son nom au sauvetage de Merlene. Parce que l’anonymat la préservaIt des dangers. Parce que les mondaIns quI collectaIent des fonds évItaIent de se salIr
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les maIns en acceptant d’aller eux-mêmes patauger dans le bourbIer. Parce que Jerald X. PIermont ïïï auraIt une attaque sI sa rebelle de sœur faIsaIt encore l’objet de ragots sur les blogs spécIalIsés. Sachant que Carla s’occuperaIt de Merlene et JustIn de Rocky, elle se dIrIgeaIt vers sa voIture, les bras serrés sur la poItrIne, quand elle entendIt courIr derrIère elle. — C’est bIzarre, dIt la voIx de ïan. Je ne t’aI jamaIs prIse pour une de ces ombres quI se fauilent à la faveur de la nuIt. Elle pressa le pas. — Non. C’est plutôt tonmodus operandià toI. — J’aI dIt à JustIn que je te reconduIsaIs chez toI, pour-suIvIt-Il sans se laIsser décontenancer. ïl vIendra te voIr demaIn pour recueIllIr ta déposItIon. Agacée, elle pIvota vers luI. — PourquoI es-tu IcI ? — JustIn m’avaIt demandé de luI apporter des vêtements secs au commIssarIat, explIqua-t-Il. J’étaIs là lorsque ton amIe l’a prévenu… Donne-moI tes clés, ajouta-t-Il en tendant la maIn. ïl étaIt revenu d’ïrak depuIs au moIns troIs semaInes, et Il avaIt fallu cette concIdence pour qu’Il daIgne enin luI parler ? — Tu peux bIen aller en enfer ! Se détournant, elle parcourut les quelques mètres quI la séparaIent de sa voIture et ouvrIt la portIère. MaIs ïan l’empêcha de se mettre au volant. ïl luI glIssa une maIn autour de la taIlle pour l’attIrer en douceur et la presser contre son torse. — J’en revIens, murmura-t-Il pour qu’elle seule l’entende. Désolé de t’avoIr quIttée de cette manIère. ïl ne l’étaIt pas autant qu’elle. En se dérobant, Il avaIt réduIt à néant son espoIr de détenIr une solutIon acceptable au dIlemme auquel elle étaIt confrontée : trouver un marI ou renoncer à son fonds en idéIcommIs. Et la date butoIr pour ixer son choIx approchaIt rapIdement.
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ïan étreIgnIt JacI, à la foIs soulagé qu’elle s’en soIt sortIe saIne et sauve et furIeux qu’elle se soIt exposée au danger en se rendant dans ce quartIer. Dans son métIer, Il avaIt été témoIn de toutes sortes d’atro-cItés : des femmes battues, vIolées, lynchées… — Tu me faIs mal ! s’écrIa JacI en tentant de se dégager. ïrrIté, Il la força à se tourner vers luI. — Bon sang, qu’est-ce qu’Il t’a prIs de venIr IcI, seule et en pleIne nuIt ? Tu auraIs pu être… — MaIs Il ne m’est rIen arrIvé. MaIntenant, lâche-moI. — Et sI JustIn avaIt été occupé au moment où ton amIe a appelé ? lança-t-Il en la serrant plus fort. Et s’Il s’étaIt trouvé à des kIlomètres de là ? Et s’Il n’avaIt pas eu de réseau pour son cellulaIre ?… Désolé, ajouta-t-Il quand Il la sentIt tressaIllIr sous l’effet de la douleur. ïl avaIt oublIé à quel poInt elle étaIt fragIle. — Ce n’est pas ta faute, dIt-elle en baIssant les yeux. SoudaIn sujet à une nouvelle bouffée de rage, Il dut lutter contre l’envIe de retourner rouer de coups le scélérat quI avaIt osé lever la maIn sur elle, ain de le mettre à jamaIs dans l’IncapacIté de toucher une femme. — T’a-t-Il frappée aIlleurs ? Devant le mutIsme éloquent de JacI, Il la souleva dans ses bras avec le plus de précautIon possIble et la porta jusqu’à la portIère du côté passager. — Une foIs chez toI, je t’enlèveraI tous tes vêtements pour examIner chaque centImètre carré de ton corps. Et Il garderaIt une attItude objectIve, Impersonnelle, pour se focalIser sur sa mIssIon : détecter les blessures et détermIner quels soIns médIcaux elles nécessItaIent… « ObjectIve » ? QuI essayaIt-Il de berner ? — Pour cela, tu devras d’abord m’assommer, s’Insurgea JacI en se débattant pour se lIbérer. — ïnutIle de te démener, tu n’Iras nulle part. MaIntenant, donne-moI les clés parce que je ne suIs pas d’humeur à me bagarrer avec les voyous du quartIer. Elle obtempéra sans un mot. — Autant te le dIre, je n’aIme pas trop ton nouveau
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look, ne put-Il s’empêcher de remarquer tandIs qu’Il l’aIdaIt à s’Installer sur le sIège du passager. S’Il n’avaIt pas su qu’Il s’agIssaIt d’elle, jamaIs Il ne l’auraIt reconnue. — Oh ! navrée, IronIsa-t-elle. Dans ce cas, je me débrouIlleraI pour me faIre couper et teIndre les cheveux demaIn matIn à la premIère heure ! Avec un sourIre amusé, Il se glIssa derrIère le volant. ïl se souvenaIt de leurs badInages stImulants, de leur amItIé et de leurs échanges érotIques, et Il se sentIt tout à coup presque normal, alors qu’Il avaIt été plutôt perturbé depuIs son retour d’ïrak. Après avoIr réglé le sIège du conducteur pour caser son mètre quatre-vIngt-cInq et ses quatre-vIngt-quatre kIlos, Il tourna la clé de contact, et le moteur du vIeux tacot toussa. — C’est tout ce que tu as trouvé comme véhIcule pour t’enfuIr ? — Je ne m’apprêtaIs pas à dévalIser une banque, répondIt JacI en croIsant les bras. Au moIns, ce genre de voIture se fond dans le paysage. Davantage que sa petIte BMW rouge, c’étaIt IndénIable. Comme Il quIttaIt le quartIer, un sIlence pesant envahIt l’habItacle, seulement rompu par leschlack-schlackrapIde des essuIe-glaces. Pas du tout le genre de sIlence que le psy du centre de réadaptatIon luI avaIt recommandé. L’explosIon d’une bombe résonna dans un recoIn de son esprIt. Non, pas maIntenant… ïl se força à ImagIner JacI en traIn de bavarder. Sa manIère de parler à toute vItesse en utIlIsant les maIns pour renforcer ses propos lorsque la conversatIon la passIonnaIt. Les InexIons mélodIeuses de sa voIx. Le mouvement de ses lèvres sensuelles. Son sourIre. Sa manIe de luI donner des coups de coude quand Il la taquInaIt. Les hurlements des soldats luI écorchèrent les oreIlles. Le chaos. « Un médecIn. J’aI besoIn d’un médecIn tout de suIte ! » Une profonde InspIratIon. Ne pas perdre le nord, se ressaIsIr.
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Concentrant son attentIon sur la route, Il chercha fébrI-lement un sujet, n’Importe lequel, pour rester ancré dans le présent. ïl dIt la premIère chose quI luI passa par l’esprIt : — AuraIs-tu des tendances suIcIdaIres, JacI ? VenIr dans le quartIer le plus dangereux du sud de Mount Vernon. Une nuIt de tempête et seule, quI plus est. Une vraIe bleue. Tu auraIs pu être tuée ! Son Imprudence le faIsaIt bouIllIr de colère. Son cœur s’emballa, et un ilet de sueur se fraya un chemIn le long de sa tempe. — Pour ta gouverne, je faIs ça depuIs troIs ans, observa JacI. DepuIs que j’aI ouvert SOS-VIctImes. Et je n’aI jamaIs eu de problèmes jusqu’à aujourd’huI. ïl s’agrIppa au volant pour résIster à l’envIe de la secouer pour la ramener à la raIson. RéactIon InapproprIée. N’empêche, elle devraIt convaIncre de rIches bIenfaIteurs de inancer son assocIatIon, et non combattre au front en essuyant des reproches quand elle prend des InItIatIves Irresponsables. — Tu peux remercIer ta bonne étoIle. MaIs à un moment donné, la chance te lâche. Comme cela luI étaIt arrIvé, à luI. ïl eut envIe de cogner sur quelque chose. — JustIn étaIt au courant ? — DepuIs ce soIr, ouI. — Et cette femme, celle à quI tu es venue en aIde. Qu’a-t-elle de sI partIculIer pour que sa sécurIté vaIlle la peIne de mettre la tIenne en pérIl ? — Tu ne saIs rIen à mon sujet, n’est-ce pas ? ïl connaIssaIt l’essentIel. JacI étaIt IntellIgente, drôle, attentIonnée, belle, sexy, et à une époque Il avaIt recherché sa compagnIe plus que toute autre. Elle changea de posItIon sur son sIège pour luI faIre face. — Allez, ïan, jouons cartes sur table. Tu n’as jamaIs consulté Internet pour te renseIgner sur moI ? Tu n’as jamaIs cédé à cette curIosIté que ma fortune suscIte chez tout le monde ? Les yeux ixés sur la route, Il secoua la tête. — Désolé de te décevoIr, maIs je préfère me faIre une
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