L'amour par petite annonce 

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Mary, en Louisiane, découvre l’annonce de Travis dans une gazette du Montana : Cherche épouse pour s’occuper de trois enfants. Doit savoir cuisiner, coudre et chanter. Vivra dans un ranch. Elle répond : Je suis excellente cuisinière, fais mes propres robes et suis soprano à l’église. Je ne connais pas grand-chose du bétail mais ne souffre pas du rhume des foins. Et c’est ainsi qu’elle se retrouve à l’autre bout de l’Amérique. Fuir sa solitude et se sentir utile, voilà ce qui motive la timide Mary. Travis, lui, s’acharne à conserver la garde des enfants de son frère qui vient de mourir. Tâche trop lourde pour un fermier célibataire ! Ce sera un mariage de pures convenances, pas question d’amour entre ces deux êtres si différents. Car n’est-ce pas pure folie que d’imaginer trouver l’amour par petite annonce ?
Publié le : mardi 8 juillet 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782290075746
Nombre de pages : 321
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Debbie Macomber
Elle est américaine et vit avec son mari l’été dans l’État de Washington et l’hiver en Floride. Avec plus de 170 millions d’exemplaires de ses romans vendus, Debbie Macomber est aujourd’hui l’une des romancières de littérature féminine les plus populaires du monde. Régulièrement Nº 1 sur les listes de best-sellers des prestigieux journaux américains, elle est connue et appréciée pour son talent à créer des personnages irrésistibles évoluant au sein d’histoires chaleureuses où règnent l’amour, l’amitié, l’humour et le partage. Elle a reçu de nombreux prix, dont le prestigieux RITA et le RT Book Reviews Awards.
L’amour par petite annonce
DEBBIE MACOMBER
L’amour par petite annonce
R O M A N
Traduit de l’anglais (ÉtatsUnis) par Pascale Haas
Titre original MORNING COMES SOFTLY Éditeur original HarperPaperbacks, A division ofHarperCollinsPublishers, New York
Debbie Macomber, 1993 Pour la traduction française Éditions J’ai lu, 1995
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— Ce n’est pas une gouvernante qu’il vous faut, mon-sieur Thompson, c’est une femme ! Ces mots firent à Travis l’effet d’une bombe. Il enfonça rageusement son Stetson sur sa tête, et l’ombre du chapeau vint souligner la ligne anguleuse de ses traits. Il avait pâli sous son teint buriné. Depuis les obsèques de son frère et de sa belle-sœur, il y avait de cela deux mois, il n’avait pratiquement pas mis un pied hors du ranch depuis qu’il s’était retrouvé tuteur de leurs trois enfants. C’était comme s’il avait dû tirer un trait sur trente-six années de vie de fermier et se résigner à devenir mère de famille à temps complet ! Il avait l’impression de ne rien faire d’autre que la cuisine, la lessive et lire des histoires à l’heure d’aller au lit. De plus, à en croire la petite Beth Ann, âgée de cinq ans, et les deux garçons, Jim et Scotty, il ne faisait rien comme il fallait. — Maman te gronderait si elle t’entendait dire les cinq lettres, claironnait Beth Ann chaque fois qu’il lais-sait échapper un gros mot. L’enfant s’adressait à lui comme si, d’une seconde à l’autre, sa mère allait surgir de sa tombe pour le 7
réprimander. En fait, c’était certainement ce qu’elle aurait fait, si elle l’avait pu. — À la place, maman disait « yaourt », continuait la petite Beth Ann aux yeux d’un bleu pâle, si doux. Les mêmes yeux que Janice… Tout dans cette petite fille rappelait à Travis sa belle-sœur : sa silhouette menue, ses cheveux blonds et épais, son rire adorable. tout comme sa façon de rapprocher les sourcils en signe de désapprobation. Son regard extraordinaire-ment expressif disait des milliers de choses sans profé-rer un seul son. Janice aussi avait possédé ce don de couper court à toute dispute et de le réduire au silence comme aucune autre personne ne l’avait jamais fait. Travis dévisagea Beth Ann et son cœur flancha. Bon sang, comme Janice lui manquait ! Pratiquement autant que Lee. — Ta mère disait « yaourt » ? demanda Travis, incrédule. Jim hocha la tête. — Maman disait que « yaourt », c’était bien mieux que « merde ». — Je trouve que « yaourt » est un joli mot, renchérit Beth Ann. Scotty, qui avait huit ans, s’empressa d’apporter des précisions. — Quand l’un de nous faisait quelque chose qu’il ne fallait pas, maman disait qu’il s’était salement mis dans le yaourt. Ce qui, manifestement, tiendrait lieu une fois pour toutes d’explication, pensa Travis. Sa façon de parler n’était d’ailleurs que la partie visi-ble d’un gigantesque iceberg, il s’en était très vite rendu compte. Au bout d’une semaine, il avait découvert qu’en lavant les vêtements de la petite fille et ceux des gar-çons en même temps, il avait failli abîmer la garde-robe de cette demoiselle. Pourtant, il ne voyait guère de 8
différence. Bon, d’accord, Beth Ann s’était retrouvée avec une robe rose, alors qu’autrefois elle avait été blan-che. Évidemment, c’était la robe qu’elle mettait pour aller à l’église le dimanche, mais ça aurait pu être pire. Quant à l’église, c’était une autre histoire. En général, Travis assistait à la messe quand l’envie lui en prenait – ce qui, il l’admettait volontiers, ne lui arrivait guère plus d’une fois par an, et encore. Mais à présent, on semblait s’attendre à ce qu’il fasse acte de présence tous les dimanches, accompagné des trois enfants sagement alignés en rang. Or, rassembler un troupeau d’une cen-taine de têtes lui paraissait nettement moins compli-qué que de faire arriver ces trois gamins proprement habillés et à l’heure à l’église. Élever ses enfants dans la crainte de Dieu était ce que Janice aurait souhaité, lui avait assuré Clara Morgan lors de sa toute première visite, qui devint par la suite hebdomadaire. Que le Seigneur le préserve des conseils des vieilles femmes… Cependant, Dieu avait cessé d’écouter les prières de Travis depuis longtemps déjà. Peut-être bien parce qu’il jurait à tout bout de champ… C’était la veille que les choses avaient vraiment dépassé les bornes. Travis faisait pourtant de son mieux. Il avait quasiment abandonné la direction du ranch à ses employés pour s’occuper des enfants de Janice et de Lee. Désormais, il passait sa vie entre des assistantes sociales, les vieilles bigotes de la paroisse et trois enfants consumés de chagrin. Il avait reçu le coup de grâce quelques jours plus tôt, en rentrant avec sa camionnette remplie de provisions. Les garçons, Jim et Scotty, l’avaient aidé à transporter les paquets. — Tu n’as pas encore acheté des repas de régime sur-gelés, j’espère ? demanda Jim tout en tirant un énorme 9
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