L'émeraude des ténèbres

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Série Les seigneurs de l'ombre, tome 3

Eclairée par les rayons de lune rouges et jaunes qui filtrent à travers les ténèbres, elle erre à la recherche des siens.
Pour retrouver sa sœur, sa mère et sa grand-mère, prisonnières des guerriers immortels, Danika Ford est prête à tout, y compris à frayer avec ces créatures inquiétantes. Car elle a parmi elles un allié, un homme qui, au péril de sa vie, lui a déjà permis d’échapper à ce monde obscur et terrifiant : Reyes. Un guerrier taciturne et envoûtant, prince des seigneurs de l’ombre, dont l’image n’a cessé de hanter ses jours et ses nuits. Pourra-t-il de nouveau lui venir en aide ? Hélas, rien n’est moins sûr, car en cherchant désespérément l’occasion de délivrer les siens, Danika, traquée de toutes parts, comprend que pour y parvenir, il lui faudra trahir Reyes, renonçant pour toujours au rêve qu’il avait fait naître en elle.

A propos de l'auteur :

On ne présente plus Gena Showalter tant ses romans l’ont rendue célèbre dans le monde entier. Chacun de ses livres est un best-seller – et sa série « Les seigneurs de l’ombre » ne fait pas exception à la règle. Ses sagas sont souvent comparées par ses fans à celles de Sherrilyn Kenyon et Kresley Cole, cette dernière la considérant comme « une référence absolue dans le genre paranormal et fantastique ».

« Les seigneurs de l’ombre » :

Prologue : La porte du destin
Tome 1 : La citadelle des ténèbres
Tome 2 : La rose des ténèbres
Tome 3 : L'émeraude des ténèbres
Tome 4 : Le piège des ténèbres
Tome 5 : Le guerrier des ténèbres
Tome 6 : Le papillon des ténèbres
Tome 7 : Le gardien du silence
Tome 8 : Le cercle fatal
Tome 9 : La passion captive
Tome 10 : L’oracle des ténèbres
Publié le : lundi 1 juillet 2013
Lecture(s) : 30
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280305419
Nombre de pages : 448
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A Kemmie Tolbert, femme admirable dont je partage la passion pour les livres.
1
Reyes s’était avancé au bord du toit, à six étages du sol, pour se pencher sur le vide. Au-dessus du château, des rayons de lune rouges et jaunes filtraient à travers les nuages, traînées de sang mêlées de fils d’or, trouées de lumière perçant les ténèbres, fraîches blessures zébrant l’immensité noire et veloutée du ciel. Il baissa les yeux vers le trou sombre et lugubre au-dessous de lui, vers cette terre si désireuse de l’engloutir.Des milliers d’années et j’en suis encore là… Une bourrasque glacée ébouriffa ses cheveux et chatouilla sa poitrine nue, caressant au passage le papillon haï perché sur son cou, et réveillant du même coup le souvenir du sang qu’il avait répandu — celui de son compagnon. Chaque fois qu’une mèche de ses cheveux effleurait ne fût-ce qu’une aile de l’insecte maudit, Reyes avait la sensation qu’on remuait un tison dans la plaie de sa culpabilité. Il était venu tant de fois ici, en souhaitant l’impossible. Il avait tant prié pour l’absolution, pour que les dieux le soulagent de ce tourment quotidien et le délivrent de la créature qui le causait. Pour être libéré de ce besoin de se mutiler, aussi pénible qu’humiliant. Mais les dieux n’avaient jamais répondu à ses prières et n’y répondraient jamais. Il était un monstre et resterait un monstre. De guerrier immortel au service des dieux grecs, il était devenu un Seigneur de l’Ombre, possédé par l’un des démons autrefois enfermés dans Dimouniak. Un Seigneur marqué par le déshonneur et le mépris, voué à une existence misérable pour l’éternité. Il serra les dents. Dimouniak, la boîte de Pandore, avait causé sa chute. Lui et ses compagnons avaient eu tort de l’ouvrir. Pour empêcher les démons qu’elle contenait de dévaster la terre, les dieux les avaient condamnés à devenir leurs gardiens. Reyes était le gardien de la Douleur. Saute…,supplia Douleur. Reyes s’efforça de résister au murmure tentateur de son compagnon de tous les instants, noire entité qui le poussait du côté du mal, force surnaturelle contre laquelle il devait lutter encore et toujours, à chaque instant de sa chienne d’existence. Saute. — Non, pas tout de suite. Il voulait profiter encore de ces quelques secondes d’anticipation, imaginer l’instant où ses os se briseraient en touchant le sol. L’image le fit sourire d’aise. Les débris d’os, tranchants comme des lames de rasoir, viendraient se ficher dans ses organes tuméfiés par le choc, lesquels crèveraient comme des ballons remplis d’eau. L’enveloppe de sa peau serait impuissante à contenir l’excès de liquide et il sombrerait dans le néant auquel il aspirait tant. Mais le répit ne serait que provisoire. Le sourire s’effaça de ses lèvres. Il ne lui faudrait que quelques jours — quelques heures, s’il jouait de malchance — pour cicatriser et récupérer. Et ensuite il se réveillerait, entier, indemne, avec cette voix insistante qui lui ordonnait de se mutiler. Et tout recommencerait. Mais en attendant… En attendant que ses fractures se referment et que ses os se remettent en place, en attendant que ses organes reprennent leurs fonctions et rétablissent leurs interactions, en attendant que le sang coule de nouveau dans ses veines, il serait au paradis. Son paradis. Baigné par le plus doux et le plus puissant des plaisirs, noyé dans les délices de la douleur — les seuls qu’il connaisse désormais. A l’intérieur de lui, le démon ronronnerait de contentement et de bien-être, grisé par cette sensation indicible. Et lui, Reyes, aurait enfin la paix. Mais pour un temps seulement. Juste pour un temps. — Je sais, je sais…, marmonna-t-il pour lui-même. Inutile de me rappeler que ma paix ne sera que passagère.
Il ne voulait pas songer, pour l’instant, à cette perspective déprimante. Le temps vous échappait, quand vous aviez l’éternité devant vous. Une année filait aussi vite qu’une simple journée, une journée ne durait pas plus d’une minute… Et, en même temps, elle n’avait pas de fin… Les Seigneurs de l’Ombre vivaient dans le paradoxe. Celui-ci n’était pas le plus terrible. Saute, reprit Douleur, cette fois d’un ton suppliant.Saute donc. — Du calme, tu sais bien que je vais sauter, protesta Reyes. Je te demande simplement quelques secondes. Il jeta de nouveau un regard vers le bas. A la lueur de ce sanglant clair de lune, au milieu des flaques d’eau frissonnant sous le vent, les rochers déchiquetés semblaient lui faire de l’œil. Le brouillard élevait lentement vers lui des doigts fantomatiques qui l’incitaient à s’approcher, encore, encore un peu — délicieuse invitation. — Ne sois pas si pressé, murmura-t-il à l’intention du démon. Une fois que j’aurai sauté, il n’y aura plus rien à attendre. Saute !grogna Douleur d’un ton impatient, le ton d’un enfant qui fait un caprice.
TITRE ORIGINAL :THE DARKEST PLEASURE Traduction française :BARBARA VERSINI ® HARLEQUIN est une marque déposée par le Groupe Harlequin ® NOCTURNE est une marque déposée par Harlequin S.A. Réalisation graphique couverture : E. COURTECUISSE (Harlequin S.A.) © 2008, Gena Showalter. © 2010, 2013, Harlequin S.A. ISBN 978-2-2803-0541-9
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Ce roman a déjà été publié en juillet 2010 83-85, boulevard Vincent-Auriol, 75646 PARIS CEDEX 13. Service Lectrices — Tél. : 01 45 82 47 47 www.harlequin.fr
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