L'enfant de l'amour - Mariage surprise pour Lola

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L’enfant de l’amour, Raye Morgan
Janis est sous le choc : l’homme qu’elle aime, Mykal, vient d’être victime d’un accident. Il n’a plus aucun souvenir d’elle, ni même de leur mariage. Janis décide alors de tout faire pour l’aider à retrouver la mémoire. Car non seulement elle est folle amoureuse de lui, et elle est convaincue qu’au fond de lui, Mykal ne l’a pas oubliée… mais, surtout, elle porte son enfant…

Mariage surprise pour Lola, Nicola Marsh
Animer un enterrement de vie de jeune fille pendant tout une semaine ? Quelle aubaine, pour Lola, qui a bien besoin de renflouer ses finances. D’autant que Chase Etheridge, qui l’a embauchée pour cette mission, est tout à fait charmant… pour ne pas dire irrésistible. Mais il faut qu’elle se reprenne : on ne tombe pas amoureuse de son patron ! Même s’il vous lance des regards troublants…
Publié le : lundi 15 avril 2013
Lecture(s) : 30
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280295222
Nombre de pages : 288
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— Regarde. Mykal Marten entrouvrit tout doucement ses mains jointes. Dans cet écrin se trouvait le papillon le plus beau que Janis avait jamais vu. Lorsqu’il prit son envol, déployant ses ailes roses pailletées d’argent, elle fut encore plus impressionnée. — J’espère que tu ne l’as pas blessé, dit-elle. Il la regarda, surpris. — Jamais je ne lui aurais fait le moindre mal, répondit-il d’une voix basse, chargée d’émotion. Je voulais seulement te le montrer. Il est magniîque, si délicat… Puis il ajouta, si bas qu’elle dut tendre l’oreille : — Il me fait penser à toi. Le cœur battant à tout rompre, elle se tourna vers lui et se perdit dans le bleu de ses yeux. — Oh ! Mykal… Disait-il vrai ? Pouvait-elle le croire ? Il y avait eu tant de mensonges dans sa vie… Soudain, elle se sentit inîniment heureuse. Levant les yeux, elle observa le papillon qui virevoltait au-dessus d’eux, scintillant sous les rayons du soleil. Ils suivirent avec attention ses gracieuses évolutions, jusqu’à ce qu’il disparaisse. Puis Mykal se rapprocha d’elle et lui passa le bras autour des épaules pour la serrer contre lui.
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— Ce papillon représente mon cœur, dit-elle dans un murmure. Tu lui as rendu la liberté. Je n’aurais jamais imaginé que la vie puisse être aussi belle. — Moi non plus, Janis. Jusqu’à ce que je te rencontre, j’ignorais ce qu’était l’amour. Il scella ces mots d’un baiser, d’abord tendre, puis fougueux. — Promets-moi que nous ne le laisserons jamais îler entre nos doigts, comme tant d’autres le font, dit-il. Que ce moment restera à jamais gravé dans nos mémoires. — Je le promets. Je te promets même que notre amour deviendra plus fort au îl du temps.
Plus fort au Il du temps. Les mots qu’elle avait prononcés résonnaient, ironiques, dans son esprit. Malgré ses efforts pour les chasser, ils revenaient, lancinants. Il y avait eu un avant. Il y aurait désormais un après. Comment marquait-on la în d’une histoire d’amour ? On ne la célébrait pas. On essayait de survivre. Elle se trouvait à présent devant la maison familiale de Mykal, prête à tourner la page. A tirer un trait sur ce qu’ils avaient été l’un pour l’autre à peine quelques mois plus tôt. Changeant d’un geste nerveux son sac d’épaule, elle s’agrippa à la grille en fer forgé qui, plantée au-dessus du mur en pierres, protégeait la maison des intrus — ce qu’elle était. A cause de la guerre. Tout le monde rejetait la faute sur la guerre. Elle-même l’avait utilisée pour expliquer son mariage avec Mykal, un homme qu’elle connaissait depuis moins de deux mois. Leur union, passionnelle, intense, n’avait duré que quelques semaines. Un semestre à peine s’était
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écoulé entre leur rencontre et la séparation. Pourtant, elle avait l’impression d’avoir passé une vie entière à ses côtés. A cause de la guerre. L’existence d’une génération entière de jeunes Ambriens avait basculé. Chacun avait réagi à l’instinct. Elle s’était portée volontaire pour travailler au service des renseignements militaires et avait suivi un entraï-nement assez rude. Mykal en avait fait autant de son côté. Lorsqu’ils s’étaient rencontrés, à la în du conit, ils formaient un couple si parfait, si assorti, qu’elle avait du mal à croire qu’il ait grandi dans cette… demeure. On ne pouvait pas simplement qualiîer de « maison » une aussi superbe bâtisse. Seuls des gens riches, très riches même, pouvaient y habiter. Mykal et elle n’avaient quasiment jamais parlé de leurs origines. Comment aurait-elle pu deviner que, comme elle, il cachait les siennes ? Mais leurs moti-vations étaient forcément différentes : sa famille à elle faisait partie du crime organisé. Elle n’abordait ce sujet familial pour le moins délicat qu’avec son frère Rolo. Face au portail de la grande maison où, lui avait-on dit, Mykal vivait, elle essayait de rassembler le courage nécessaire pour sonner à la porte et demander à le voir. Mais avec chaque seconde qui passait son cœur battait un peu plus fort, ses jambes devenaient un peu plus faibles. Elle avait peur. Très peur. Elle devait surtout se méîer des tours que son cœur, ce traïtre, pouvait lui jouer. Allait-elle cette fois encore le laisser régenter son existence ? Serait-elle capable de conserver toute sa froideur, son amertume, lorsqu’elle se retrouverait sous le beau regard bleu ? Il le fallait. Elle n’était désormais plus seule en jeu, elle ne pouvait pas se permettre de suivre les élans
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de son cœur. Ces deux mois passés dans un camp de prisonniers lui avaient appris une chose : il était temps de cesser de rêver, il fallait affronter la réalité. Celui qu’elle avait pris pour l’homme de sa vie l’avait livrée aux services secrets de la police. Elle leva les yeux vers la clochette du portail. Qu’allait-elle dire au majordome ? Elle devait entrer coûte que coûte. Voir Mykal une dernière fois. Mykal. Dès qu’elle pensait à lui, son cœur s’emballait. Il fallait pourtant qu’elle parvienne à le contrôler. Elle avait besoin de la signature de Mykal au bas de certains documents. Ensuite, chacun pourrait poursuivre sa route sans un regard en arrière. Ses mains se mirent à trembler. Réussirait-elle à s’acquitter de sa mission ? Elle n’avait pas le choix. La rue était déserte. Dans la lumière qui baissait, elle distinguait des amas de neige grisâtre au bord des trottoirs. Le voyage avait été long, pénible. Elle l’avait fait aussi vite que possible aîn d’arriver avant la tombée de la nuit. — Et maintenant ? ît-elle tout bas, se parlant à elle-même. Supposons qu’on me dise que les visites sont impossibles à cette heure ? Que faire ? Un esclandre ? Une sirène retentit, la faisant sursauter. Une ambu-lance apparut au coin de la rue. Son premier réexe fut de se réfugier derrière un buisson. Le véhicule venait , elle en était certaine. Conîrmant son intuition, les battants du portail s’ouvrirent. Elle comprit sur-le-champ que cette arrivée était une chance inespérée. L’ambulance avait-elle été appelée pour une urgence ou ramenait-elle un patient ? Dans un cas comme dans l’autre, c’était l’occasion rêvée pour pénétrer dans les lieux sans se faire remarquer. Aussi naturellement que possible, elle serra son sac
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contre elle. Puis, tout en veillant à rester hors du champ des rétroviseurs, elle entra dans la propriété en même temps que le véhicule. Elle se félicitait de ne pas s’être changée. Son tailleur marine, l’uniforme du camp de prisonniers, lui permettrait de se faire passer pour un membre de l’équipe soignante si quelqu’un s’étonnait de sa présence. Voilà qui lui laissait une chance de trouver Mykal avant d’être repérée. L’ambulance ralentit encore pour se garer devant le perron. Un serviteur avait ouvert les doubles portes de la maison, et descendait l’escalier. Janis, elle les monta, espérant passer inaperçue. La porte arrière de l’ambu-lance s’était ouverte, et un inîrmier lançait des ordres. Elle allait franchir le seuil de la maison quand une voix retentit derrière elle. — Hé ! Elle se îgea un instant, puis pivota sur ses talons pour se tourner vers l’ambulance L’inîrmier qui s’était adressé à elle se tenait debout à côté de la portière. — Mademoiselle, s’il vous plaït, vous voulez bien vous assurer que le patient est attendu ? Profondément soulagée, elle sourit. — Bien sûr. — Merci. L’ambulance était donc là pour raccompagner un patient. Une demeure de cette taille devait abriter de nombreuses personnes. Elle n’eut que quelques pas à faire pour entrer dans le hall élégant, au fond duquel trônait un majestueux escalier de bois. Mais elle n’était pas là pour admirer la décoration intérieure. Il fallait trouver Mykal dans les plus brefs délais — ce qui ne s’annonçait pas simple, vu les dimensions de la maison. Elle en était là de ses réexions lorsqu’une autre voix retentit derrière elle.
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— Oui ? En quoi puis-je vous aider ? Elle se raidit, et, la gorge nouée, ît lentement volte-face. Un homme en costume la îxait. Elle se passa la langue sur les lèvres. Le temps pressait. Elle devait justiîer sa présence de manière crédible. Ce ne serait évidemment pas facile, car elle venait de pénétrer dans un univers qui lui était inconnu, et dans des circonstances pour le moins particulières. Par chance, son entraïnement au service des renseignements militaires lui avait appris à rester maïtresse de la situation quelles que soient les circonstances. — Je suis venue avec l’ambulance, dit-elle. Elle accompagna ces mots d’un geste de la tête vers le perron, au pied duquel s’était garé le véhicule. Au moins, on ne pourrait pas l’accuser d’avoir menti. Comme elle regardait par-dessus son épaule, elle vit les inîrmiers sortir un brancard. Plissant les yeux, elle remarqua la silhouette qui y était étendue. C’était celle d’un homme, et il avait quelque chose de familier. Son cœur cessa de battre, tout devint noir autour d’elle. Mykal était blessé. L’amour qu’elle lui portait et qu’elle s’efforçait de refouler la submergea soudain. En un instant, la colère, la douleur, le terrible sentiment de trahison disparurent. Mykal était blessé. Tout la poussait à aller vers lui. Mais c’était impossible. Elle le vit bouger la tête, et même acquiescer à la remarque d’un inîrmier. Aussitôt, elle éprouva un profond soulagement. Du moins n’était-il pas dans le coma. Mais de quoi souffrait-il ? Avait-il été blessé ? Etait-il malade ? Si aucun indice ne lui permettait de jauger la situation, un plan se dessinait déjà de façon très nette dans son esprit. Elle allait se faire passer pour un membre de l’équipe soignante auprès des gens de la maison, et pour
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un membre du personnel auprès de l’équipe soignante. Bien entendu, elle prétendrait ne pas connaïtre Mykal. Tant qu’elle n’aurait pas eu de tête-à-tête avec lui, elle veillerait à ce que nul ne devine qui elle était, ou ne puisse soupçonner l’objet de sa visite. Ordre avait peut-être été donné de lui interdire l’accès à la demeure. La partie ne serait pas facile, car elle devrait aussi rester hors de portée de vue de Mykal. S’il posait les yeux sur elle… Il ne lui avait pas fallu plus de quelques secondes pour élaborer les grandes lignes de ce plan. Durant l’entraïnement, on leur avait enseigné comment s’in-îltrer dans des lieux défendus. Les formateurs avaient insisté sur l’importance de faire passer leur présence pour parfaitement naturelle. — Vous voulez bien me conduire jusqu’à la chambre réservée au patient, je vous prie ? dit-elle avec aplomb. Je voudrais m’assurer qu’elle est aménagée pour ses besoins. L’homme hésita, et elle crut déceler une ombre de méîance dans son regard. Il se garda cependant de toute remarque. Elle eut même droit à un sourire accompagné d’un signe de tête. Il la guida vers le fond du couloir. — Nous avons décidé de préparer la chambre d’amis du rez-de-chaussée. Cela lui évitera de monter à l’étage, où se trouve sa chambre habituelle. Sans un mot, elle le suivit jusqu’à la chambre en question. Pourquoi Mykal se trouvait-il dans l’incapacité d’emprunter l’escalier ? Se déplacerait-il en fauteuil roulant ? Etait-il possible qu’il soit paralysé ? L’imaginer privé de sa liberté de mouvements lui brisait le cœur. La pièce était vaste — bien plus grande et agréable que tous les appartements qu’elle avait habités dans sa vie — et dotée d’une luxueuse salle de bains.
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— Ce sera parfait, dit-elle, avec une sérénité toute feinte. Des bruits de voix retentirent, provenant de l’extérieur. — Ne vous sentez pas obligé de rester avec moi, lança-t-elle. L’équipe soignante a sans doute besoin de vos services. — Bien sûr. Il lui lança un regard dubitatif avant de se résoudre à quitter les lieux. Lorsqu’il fut parti, elle poussa un long soupir et se laissa tomber sur le lit. La tête entre les mains, elle essaya de faire le point. La situation était des plus invraisemblables, beaucoup plus complexe que toutes celles auxquelles elle avait été confrontée lorsqu’elle était agent secret. C’était sans doute presque risible, vu de l’extérieur. Mais bien sûr elle n’avait aucune envie de rire. Il fallait qu’elle trouve le moyen de se ménager un tête-à-tête avec Mykal, ce qui n’allait pas être simple. Elle ferma les yeux, serrant les paupières. Tout lui avait paru si évident, au départ. Guidée par la colère qui bouillonnait en elle depuis des semaines, elle avait décidé de le revoir pour lui dire en face, et froidement, ce qu’elle avait sur le cœur. Comment aurait-elle pu imaginer le scénario qui l’attendait ? Mykal n’avait jamais été blessé auparavant. Ils avaient souvent travaillé en binôme, sur des missions délicates, et c’était à croire qu’il était intouchable. Une sorte de magie s’opérait autour de lui. Rien ni personne ne lui résistait. Elle avait du mal à imaginer que ces règles-là aient changé. Les bruits de voix se rapprochèrent, et elle se leva d’un bond. Quelques secondes plus tard, l’équipe soignante arrivait avec le brancard. Elle recula vers le fond de la pièce aîn d’éviter d’être dans le champ de vision de
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Mykal. Par chance, aucun membre du personnel ne les avait accompagnés, ce qui lui épargnait — pour le moment du moins — une situation ingérable. Comment, en effet, jongler entre les deux rôles qu’elle avait décidé de jouer pour expliquer sa présence dans la maison ? Concentrés sur leur tâche, les inîrmiers la saluèrent d’un bref signe de tête en entrant dans la pièce. Redoutant le spectacle qui l’attendait, elle évita de poser le regard sur Mykal. S’il était aussi diminué qu’elle le craignait, elle risquait de ne pas réussir à contrôler sa réaction, de se trahir. Elle aviserait plus tard. Si toutefois il y avait un « plus tard ». Ce fut alors qu’il s’adressa à elle. — Hé, vous là-bas ! Pourriez-vous m’apporter un verre d’eau ? La voix était rêche, tendue. De toute évidence, il souffrait. Leurs regards se croisèrent. Un instant à peine, juste avant qu’il ne ferme les yeux. — Bien sûr, dit-elle avec difîculté. Son cœur cognait si fort contre sa poitrine ! Les autres pouvaient-ils l’entendre ? Mykal ne l’avait apparemment pas reconnue. Tel un automate, elle se dirigea vers la porte, îxant le visage qu’elle avait tant de fois caressé, embrassé. Qu’elle avait tant aimé. Un visage toujours aussi beau, en dépit de la douleur qui marquait ses traits. Elle quitta la chambre à la hâte, soulagée de se retrouver seule. Une fois dans le couloir, elle prit plusieurs courtes inspirations et laissa ses pas la guider vers l’endroit où, présumait-elle, se trouvait la cuisine. Alors qu’elle en approchait, elle vit un homme adossé au comptoir qui buvait au goulot d’une bouteille. Il s’agissait manifes-tement d’alcool. Dès que le domestique l’aperçut, il s’empressa de dissimuler la bouteille et d’adopter une attitude aussi digne que possible.
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Elle sourit devant son air contrit. Cette situation, bien qu’imprévue, la mettait en position de force et lui redonnait conîance en elle. Elle signiîa d’un geste à l’homme que cet écart de conduite ne la concernait pas. — Nous sommes en train d’installer le patient, lui dit-elle avec une courtoisie toute professionnelle. Il nous faudrait une carafe d’eau avec un verre, s’il vous plaït. — Bien sûr, mademoiselle. Je m’appelle Griswold, je suis de service jusqu’à 21 heures. Ensuite, le veilleur de nuit prend le relais. Pour le joindre, il vous sufît de composer le neuf. Il lui tendit un plateau, sur lequel il avait posé une carafe d’eau et un verre. — Voici. Souhaitez-vous que je… — Non, je vais l’apporter moi-même. Merci beaucoup. Elle repartait déjà lorsqu’il reprit la parole. — Mademoiselle ? Elle se tourna, la gorge serrée. Aurait-il remarqué quelque chose ? — Oui ? Il la îxa, les sourcils froncés. Elle retenait son soufe mais il haussa les épaules. — Y a-t-il des consignes particulières à donner au cuisinier ? Elle se mordit la lèvre, faisant mine de rééchir et s’efforçant surtout de ne pas céder à la panique. — Je ne voudrais pas dire de bêtise… Laissez-moi le temps de relire les consignes. Ne vous inquiétez pas, je vous tiendrai informé. Mais je suppose que les repas se composent de plats simples et sains ? Consciente de la légèreté de sa réponse, elle prit un air plus sérieux avant d’afîrmer : — Pour commencer, je suggérerais un bouillon de poulet.
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