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L'enfant de Vincenzo Valsecchi

De
224 pages
Deux mois plus tôt, Irena a passé une fabuleuse nuit d’amour avec Vincenzo Valsecchi. Et maintenant qu’elle vient de lui révéler qu’elle attend un enfant de lui, elle frémit. Comment cet homme qui ne lui a jamais rien promis va-t-il réagir ? Irena peut-elle espérer qu’il trouve, tout au fond de son cœur, une place pour le fruit de leur passion, et même pour elle ? Vincenzo répond bien vite à ses tourments, par une proposition aussi troublante qu’inattendue : l’épouser.
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1. 
Le directeur général de Simonidès Corporation, Andréas Simonidès, 33 ans, a surpris le monde des affaires en épousant Gabriela Turner, une jeune américaine de 27 ans, lors d’une cérémonie privée qui s’est tenue à Milos.
En découvrant ces quelques lignes dans le Corriere della Sera, Vincenzo Antonello eut l’impression de recevoir un coup de poing en pleine poitrine. Les mains crispées sur le journal qu’il avait acheté avant de rentrer chez lui pour déjeuner, il n’en croyait pas ses yeux. 
– Papa ! Qu’est-ce qui t’arrive ? s’exclama son petit garçon de six ans. 
Assis en face de lui, la fourchette plantée dans sa salade de pâtes, il regardait le journal se déchirer lentement par le milieu. 
Vincenzo se ressaisit. 
– Ce n’est rien. Je ne l’ai pas fait exprès. 
– Est-ce qu’on peut aller jouer au foot, maintenant ? 
– Une minute, Dino. Juste le temps de finir mon café. Et aujourd’hui c’est piscine, c’est ce que nous avions dit ! 
D’après nos informations, le jeune couple aurait choisi les îles Caraïbes pour leur voyage de noces et ne sera pas de retour avant un certain temps.
Depuis l’annonce officielle du mariage, Irena Liapis, fille du magnat de la presse grecque Giorgios Liapis, chargée du secteur mode pour le plus grand magazine du groupe, a démissionné de son poste et s’est évanouie dans la nature. Au moment où cet article est mis sous presse, on ignore toujours où elle se trouve.
Vincenzo sentit une main d’acier lui comprimer le torse. Depuis qu’Irena était repartie en Grèce, au mois de juillet, il avait respecté son silence. Chaque jour, il s’était préparé à apprendre qu’elle s’était mariée avec le grand Simonidès. 
Dès sa rencontre avec la jeune femme, il avait maudit cet homme de toutes ses forces, tout comme les sentiments qu’Irena semblait éprouver pour lui. Ce qui ne les avait pas empêchés de passer une nuit inoubliable ensemble. Du moins Vincenzo avait-il un temps espéré que ce moment avait été également bouleversant pour sa partenaire, suffisamment pour effacer le souvenir de son rival. 
Mais cet article de journal lui montrait à quel point il s’était fait des illusions. Non seulement Irena Liapis n’avait pas oublié Simonidès Junior, mais, désespérée par sa trahison, elle s’était rayée elle-même de la carte du monde. 
Au moins le temps de surmonter sa déconvenue. 
Et dire qu’il avait cru avoir enfin rencontré une femme différente ! 
Une heure plus tard, tandis qu’il se baignait avec son fils dans la piscine de la plage, il pensait encore à l’article. 
– Allez, Dino ! Tu peux nager. Tu vois bien que je te tiens. 
– J’ai peur, papa. 
Vincenzo pouvait lire l’appréhension dansle regard brun du petit garçon. Aucune promesse, aucune récompense ne pouvait la faire disparaître. 
– Alors, qu’as-tu envie de faire avant de partir ? 
– Je ne veux pas partir. Je veux vivre ici, à Riomaggiore, avec toi. 
Chaque fois que Dino disait cela, de cette petite voix pleine de sanglots contenus, et il le faisait souvent, Vincenzo sentait son cœur se serrer. 
– Tu sais bien que c’est impossible, Dino. Viens. Allons nous promener sur la plage pour regarder les bateaux. 
– D’accord, dit l’enfant d’un ton résigné. 
– Tu veux faire une sortie en mer ? Nous pourrions pêcher ? 
– Non, je veux seulement regarder les bateaux. 
Dino prétendait aimer l’eau mais, dès qu’il mettait le pied dedans, tout son petit corps se contractait. Et c’était encore pire quand il s’agissait de naviguer. Vincenzo avait espéré que son fils finirait par vaincre sa phobie mais depuis que son ex-femme, Mila, s’était remariée six mois plus tôt, etavait quitté Florence pour s’installer à Milan, la situation n’avait fait qu’empirer. 
– Eh bien ! Allons-y ! dit Vincenzo en soulevant son fils pour le déposer sur le bord de la piscine avant de se hisser lui-même hors de l’eau. 
Main dans la main, ils se dirigèrent vers la plage. 
Le lendemain était le dernier jour de la semaine de vacances estivales qu’il prenait avec l’enfant. Ensuite recommencerait la morne routine des visites un week-end par mois jusqu’aux vacances d’hiver, pour les fêtes de Noël. Pour Vincenzo, disposer de si peu de temps pour voir grandir son fils était une véritable torture. Aucun changement ne pourrait être apporté à cette situation jusqu’à ce que Dino atteigne ses dix-huit ans. A moins, bien sûr, qu’il ne se remarie lui aussi. 
Mais après son mariage avec Mila, quasiment imposé par son père, Vincenzo ne voulait plus entendre parler de cette vénérable institution. Il s’était donc résigné à patienter jusqu’à ce que son fils soit assez grand pour réclamer lui-même une modification des droits de garde. 
Plus tard, tandis qu’ils marchaient le long de la Via dell’ Amore, le sentier côtier qui reliait Riomaggiore à Vernazza, son fils s’exclama : 
– Regarde, papa ! Le soleil est tombé dans la mer. 
– A ton avis, est-ce que les poissons ont peur de voir une grande lumière comme celle-là envahir leur royaume ? 
Dino rit pour la première fois depuis le début de l’après-midi. 
– Mais non ! Que tu es bête ! Ils ont l’habitude. 
Vincenzo baissa les yeux sur le petit homme qui trottinait à côté de lui. Dino était sa joie de vivre. 
– Es-tu fatigué de marcher ? Veux-tu que je te prenne sur mes épaules pour monter les escaliers ? 
– Ils ne sont pas très raides. Regarde comment je vais les avaler ! 
Les petites jambes musclées du garçonnet s’attaquèrent courageusement à la longue volée de marches taillées dans le roc, qui menait au petit immeuble dans lequel se trouvait l’appartement de son père. 
Dino tenait ses cheveux châtain foncéet ses yeux bruns de sa mère. Mais son corps élancé et vigoureux était un héritage des Valsecchi. L’un dans l’autre, Vincenzo estimait que son fils était parfait. 
– Je te bats à la course jusqu’à la maison ! s’écria-t–il avant de se lancer vers le bâtiment qui s’élevait au milieu des figuiers et des lauriers-roses.