L'enfant du Dr Carlos Medina - Une troublante révélation

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L’enfant du Dr Carlos Medina, de Catherine Mann

Lorsqu’elle découvre qu’elle attend un enfant de Carlos Medina, Lilah est folle de joie, mais sa joie est mêlée d’inquiétude, tant elle redoute la réaction du célèbre médecin, connu pour son caractère sombre et mystérieux. Mais si elle se doute qu’il ne sera pas aussi heureux qu’elle, elle est très surprise par la violence du mépris et de la colère qu’il lui manifeste lorsqu’elle lui apprend la nouvelle. Car il va jusqu’à l’accuser d’avoir tout manigancé pour profiter de lui…

Une troublante révélation, de Joanna Neil

Depuis qu’elle est interne en pédiatrie dans l’un des plus grands hôpitaux de Londres, Lucy a bien du mal à s’organiser, et mène une vie épuisante. Heureusement, elle peut compter sur la présence et le soutien de Matt, son ami d’enfance, lui aussi pédiatre dans le même service. Pourtant, depuis quelques mois, elle a l’impression que quelque chose ne va pas. Matt se montre en effet étrangement froid et distant à son égard, sans même parler de cet étrange trouble qui, de temps en temps, semble s’installer entre eux…
Publié le : mardi 15 mai 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280249065
Nombre de pages : 288
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— Cachez ce que je ne saurais voir, messieurs ! lança Lilah Anderson en surgissant dans les sanitaires pour hommes de l’hôpital St Mary. Ses talons claquèrent sur le carrelage alors qu’elle se dirigeait droit vers les douches, sans même un regard pour l’anesthésiste au torse visiblement développé par des heures de musculation qui, agrippé à la courte serviette ceinte autour de ses hanches, la considérait d’un air ahuri. Des rires étouffés l’accompagnèrent dans la salle humide aux murs suintants, mais elle resta de glace. Seul lui importait de le trouver, lui. Personne n’osa se mettre en travers de son chemin. En sa qualité d’administratrice de l’hôpital de Tacoma, elle avait le pouvoir de faire renvoyer le premier qui s’aviserait, fût-ce par accident, de lui faire tomber son savon sur le pied. Toutefois, focalisée sur son objectif, Lilah ne voyait rien. C’était lui qu’elle cherchait, personne d’autre. Son problème ? Un chirurgien têtu qui semblait déter-miné à déjouer toutes ses tentatives pour discuter avec lui depuis près de deux semaines. En conséquence, elle avait îni par prendre le taureau par les cornes et choisir le seul endroit où elle serait certaine d’avoir l’attention pleine et entière du Dr Carlos Medina — les douches. Aux grands maux, les grands remèdes…
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Lilah s’enfonça toujours plus dans l’atmosphère embrumée pour s’arrêter devant une porte de verre dépoli qu’elle poussa sans hésiter. C’était Wanda, la secrétaire de Carlos, qui l’avait avertie qu’elle pourrait le trouver ici. Il venait de sortir de la salle d’opération après une intervention particulièrement longue et difîcile. Elle s’attendait donc à ce qu’il soit épuisé et peu enclin à discuter. Ce qui ne l’avait pas dissuadée de venir le déranger dans cet antre où les femmes n’avaient pas droit de cité. Ayant grandi avec deux frères, elle avait été habituée à pénétrer sans y être invitée dans les sanctuaires masculins. Elle se trouva devant une enîlade de cinq cabines de douches dont trois étaient occupées. A travers les rideaux, elle distinguait vaguement les silhouettes des occupants. Le premier était petit et rond — éliminé d’ofîce. Le crâne dégarni du second apparaissait au-dessus de la tringle, et quand il se tourna dans sa direction, elle sourit : — Bonjour, Jim. Vous allez bien ? Les yeux bleus du chef du service de pédiatrie s’écar-quillèrent et il disparut au fond de sa cabine. Il n’en restait plus qu’une seule occupée. Avant d’agir, elle s’assura qu’elle avait bien affaire à celui qu’elle cherchait. Elle doutait qu’une intrusion de ce genre soit très appréciée si elle se trompait de cible… Elle observa les contours esquissés de la silhouette mince exposée au jet de la douche. Elle aurait reconnu ce corps souple entre mille. Un corps qu’elle connaissait très bien, et très intimement… C’était bien lui : Carlos Medina — chirurgien hors pair, amant exceptionnel et, comme s’il n’avait pas déjà assez d’atouts, îls ané d’un ancien monarque européen. Son pedigree princier la laissait toutefois indifférente et elle n’avait pas attendu de connatre son ascendance pour être attirée par son intelligence, sa compassion envers ses patients… et une bouche sensuelle et experte qui la rendait folle.
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Mais ce n’était sans doute pas le moment de penser à cela. Se ressaisissant, elle repoussa le rideau d’un geste sec. Une bouffée de vapeur l’assaillit qui, une fois dissipée, révéla un homme bien bâti à la peau olivâtre. Il se tenait de proîl, face au jet de la douche, et tourna la tête vers elle. Curieusement, ce ne fut pas la surprise qui apparut dans ses yeux sombres, mais une expression presque énigmatique. — Oui ? dit-il avec son subtil accent espagnol en haussant les sourcils. Du coin de l’œil, elle vit le chef du service de pédiatrie sortir de la cabine voisine et s’éloigner à grands pas en évitant de croiser son regard. — Il faut que je te parle, déclara Lilah en tirant sur la veste de son tailleur. — Un simple coup de téléphone t’aurait évité d’em-barrasser mes confrères. Il s’exprimait d’une voix douce, comme toujours. Jamais il ne haussait le ton, comme s’il savait intuitivement qu’il n’avait pas besoin de cela pour que les gens soient suspendus à ses lèvres. — Tu peux me passer la serviette ? Elle attrapa le drap de bain blanc accroché à la patère et le lui tendit. Comme il l’enroulait sur sa taille, elle ne put s’empêcher de l’observer à la dérobée. L’eau coulait de ses cheveux noir de jais qu’il repoussa de son visage aristocratique aux pommettes hautes, au nez droit, aux yeux gris toujours sérieux mais qui devenaient brûlants lorsqu’il lui faisait l’amour. Comme il se tournait pour attraper son shampooing, elle baissa machinalement les yeux sur les cicatrices qui zébraient le bas de son dos. Depuis quatre ans qu’elle le connaissait, il avait toujours prétendu devoir sa légère claudication à un accident de voiture survenu quand il était adolescent. Et la seule fois où elle avait insisté, il
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avait éludé ses questions par des baisers et des caresses qui l’avaient très vite convaincue de penser à autre chose… Pourtant, même si sa formation était administrative et non médicale, elle n’avait aucun mal à deviner qu’il avait subi un très gros traumatisme physique. Sa trousse de toilette sous le bras, il se pencha vers elle. Ses yeux l’attiraient irrésistiblement ; elle eut la sensation que le décor et le public se fondaient soudain dans le néant, les laissant tous deux seuls sur scène… Il soutenait son regard sans ciller. — Fais vite, dit-il avec un sérieux à toute épreuve. J’ai très peu de temps. Elle réprima un sourire. — Tu as décidément l’art et la manière de parler aux femmes, ironisa-t-elle. C’est ce qui fait ton charme,. — Si c’est le charme que tu cherches, tu as fait le mauvais choix en m’engageant, il y a quatre ans. Il avait alors trente-quatre ans et elle trente et un. Il lui sembla qu’une éternité s’était écoulée depuis. — J’ai passé presque toute la journée à réparer la colonne vertébrale d’une petite Afghane de sept ans victime d’une saleté de bombe artisanale. Je ne tiens plus debout. Un élan spontané de compassion lui donna envie de battre en retraite et de reporter ce qu’elle avait à lui dire à plus tard. Bien sûr qu’il était épuisé. Même lorsqu’il oubliait sa îerté pour achever de trop longues opérations assis, l’effort qui était exigé de lui minait le plus souvent ses forces. Mais elle se refusait le droit de faiblir maintenant. Ils étaient simples amis depuis des années quand il s’était mis à la battre froid à la suite de la nuit qu’ils avaient passée ensemble, cédant à un désir soudain, un soir de Noël, après la soirée de collecte de fonds de l’hôpital. Ils avaient pu se rendre compte alors qu’ils s’entendaient physiquement à merveille. A tel point qu’elle avait imaginé s’installer avec lui dans une confortable amitié ponctuée d’ébouriffants détours par son lit ou le sien.
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Toutefois, la froideur avec laquelle il l’avait accueillie le lendemain matin au réveil l’avait vite détrompée. Et depuis, il restait distant et trop poli. Sa réaction n’aurait sans doute pas été pire si elle lui avait proposé une date pour le mariage après le troisième orgasme. Oui. Trois. Et elle en frissonnait encore rien que d’y songer. — Désolée d’insister, mais que tu le veuilles ou non, tu m’écouteras. Alors habille-toi et allons dans un endroit tranquille. Se penchant, il lui murmura presque à l’oreille. — Tu n’es pas du genre à faire une scène, Lilah. Mieux vaut attendre que tu te sois calmée pour discuter. Tu as déjà fait assez sensation pour aujourd’hui. Oui, elle n’avait pas choisi la voie la plus discrète pour lui parler, c’était certain, mais elle n’avait pas eu le choix. Elle le savait capable d’esquiver ses tentatives avec la même obstination qu’elle mettrait à vouloir le coincer. Il allait bien falloir que l’un des deux cède — et ce ne serait pas elle. — Pas question de renvoyer ce rendez-vous aux calendes grecques, Carlos. Nous allons parler aujourd’hui. Il faut juste que nous décidions quand et où. Ici et maintenant, devant témoins, ou dans un bureau. Mais crois-moi, si nous restons ici, la situation risque de devenir très vite embarrassante. Quelque part derrière elle, quelqu’un toussota. A moins que ce n’ait été un rire déguisé en toux. Soudain elle eut une conscience plus aiguë de la tenue pour le moins légère de Carlos. La serviette ne cachait pas grand-chose de son anatomie et elle sentit une chaleur familière et importune monter dans son ventre. Il y aurait bientôt trois mois qu’il l’ignorait et cette distance la blessait d’autant plus qu’ils étaient amis avant. D’une manière ou d’une autre, elle parviendrait à le faire réagir…
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— Ce n’est pas comme si je ne t’avais jamais vu en tenue d’Adam. Si j’ai bonne mémoire, tu… — Ça sufît, la coupa-t-il d’un ton sec. — Son Altesse de Medina a parlé, se moqua-t-elle en attrapant un pyjama de chirurgien propre sur la pile rangée sur l’étagère. Tiens, mets-ça. Je t’attends. Tournant les talons, elle retraversa la salle en sens inverse, croisant au passage le regard stupéfait de plusieurs hommes à demi vêtus. Soudain, l’audace de ce qu’elle venait de faire la frappa de plein fouet et elle dut se contenir pour garder la tête haute, même si elle n’avait qu’une seule envie : disparatre. Mais la situation était trop importante pour qu’elle manifeste la moindre faiblesse. Carlos, que cela lui plaise ou non, allait lui aussi devoir découvrir la conséquence de leur unique nuit d’amour. Une conséquence qu’elle commençait tout juste à accepter elle-même… D’ici à six mois, le Dr Carlos Medina serait un papa princier…
Carlos était à un cheveu de perdre son calme, ce qui ne lui arrivait jamais. Evidemment, s’il devait s’en prendre à quelqu’un, ce ne pouvait être qu’à lui-même. En laissant son désir le gouverner, trois mois plus tôt, il avait détruit l’excellente relation qu’il avait jusqu’alors partagée avec Lilah. Après avoir enîlé le pyjama et sa paire de tennis, il la suivit dans le couloir aux fenêtres brouillées de pluie, les yeux îxés sur le dos de la femme qui marchait d’un pas martial devant lui en direction de son cabinet — et non de son bureau à elle comme il l’aurait pensé. Peut-être pour être certaine qu’ils ne seraient pas dérangés… ? Malgré ses efforts, il n’avait pu bien longtemps cacher son nom en prenant ses fonctions à l’hôpital, où, dès lors, il avait attiré une nuée de paparazzi. A telle enseigne
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qu’il avait craint de devoir démissionner pour garantir la tranquillité des patients. C’était sous-estimer Lilah qui avait très vite réagi : elle avait distribué des ordres stricts concernant la presse, augmenté le personnel de sécurité, et l’avait installé dans une grande pièce claire et isolée, loin de l’entrée du bâti-ment. A partir de ce jour-là, il avait enîn été tranquille. Oui, il l’avait alors sous-estimée, ce qu’il ne s’aviserait plus de faire aujourd’hui. Mais le problème était ailleurs : il avait besoin de tout son calme, de toute sa concentration pour entendre ce qu’elle avait à lui dire, alors qu’il ne pensait qu’à la façon dont elle avait fait irruption devant sa cabine de douche et au regard presque brûlant qu’elle avait promené sur son corps. L’ondulation de ses hanches serrées dans son tailleur noir captait son regard bien plus qu’il ne l’aurait souhaité. Ses yeux remontèrent le long de son dos rigide jusqu’à la courbe gracieuse de sa nuque bien dégagée par son strict chignon auburn. Une boucle rebelle s’était cependant échappée pour caresser sa tempe où il éprouva l’envie fugace de poser ses lèvres alors même qu’il fulminait contre elle. Depuis des années, il la désirait tout en sachant qu’il n’en avait pas le droit. Sa perspicacité, ses prévenances, et même une certaine tendresse, envers lui qui n’avait jamais connu de véritables amitiés, la lui rendaient trop précieuse pour qu’il se permette de la perdre. Or s’aventurer plus loin dans leur relation risquait de se révéler désastreux. Comme ils entraient dans son domaine, il adressa un sourire fatigué à sa secrétaire, une femme d’une remarquable efîcacité et sur le bureau de laquelle, à la réception, étaient exposées les photographies de ses onze petits-enfants. — Je ne suis là pour personne, Wanda, sauf s’il s’agit de la petite Afghane. — Bien, docteur. Son dos se ressentait encore des efforts qu’il avait
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dû fournir pour ôter tous les fragments d’os, le long de la colonne vertébrale de la îllette, en faisant tout son possible pour qu’elle garde l’usage de ses bras, d’autant plus qu’elle avait sans doute perdu celui de ses jambes. Epuisé, il s’appuya sur le dos du canapé, puis de la chaise pour s’avancer vers son bureau. Sa fatigue contrastait avec le pas énergique de Lilah derrière lui. Se retournant, il la vit qui s’arrêtait devant le tableau original de Joaquin Sorolla y Bastida, un cadeau de son jeune frère, Duarte. La toile représentait des enfants inîrmes se baignant dans des eaux aux vertus thérapeutiques. Quelle que soit la distance qu’il mettait entre lui et son pays d’origine, son héritage se rappelait à lui. Jamais il ne pourrait fuir le fait qu’il était le îls ané du roi détrôné Enrique Medina de San Rinaldo, une petite le perdue dans les eaux territoriales espagnoles. Il ne pouvait ni ignorer ni oublier que son père, quelques décennies plus tôt, avait dû fuir avec sa famille pour s’installer dans l’anonymat au large de la Floride. Mais, tout récemment, les médias avaient retrouvé leur trace. Carlos et ses deux frères, tous adultes maintenant, vivaient chacun dans des régions différentes des Etats-Unis. Quelques mois plus tôt encore, ils avaient pu voyager sous des noms d’emprunt. Carlos avait vécu presque toute sa vie d’adulte sous le nom de Carlos Santiago. Pourtant, à la suite d’un long article relatant toute l’histoire de leur famille et paru dans un journal à gros tirage, tout le monde avait commencé à le considérer comme Carlos Medina, héritier d’une monarchie déchue… Lilah était la seule à ne pas l’avoir traité différemment après cette révélation. Et elle ne lui avait pas non plus reproché ses années de mensonge. Elle comprenait les raisons qui l’avaient contraint de taire sa véritable iden-tité. La seule question qu’elle lui avait posée après que sa couverture eut volé en éclats avait concerné ses diplômes
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et ses références professionnelles. Elle voulait s’assurer qu’ils étaient bien en ordre et valides. C’était une femme logique et méthodique. Aussi était-il stupéfait qu’elle ait pu entrer au pas de charge dans les sanitaires des hommes pour venir le trouver jusque dans sa cabine. Un scénario qui, s’il en avait eu le temps et la possibilité, aurait sans doute ouvert les vannes de ses fantasmes les plus fous… S’adossant contre le mur pour soulager son dos, il lui ît face pour la première fois depuis qu’elle lui était apparue dans la vapeur des douches. Elle était toujours aussi raide, mais pâle. Très pâle. De toute évidence, elle avait un pro-blème. Un gros problème. D’ailleurs, il n’y avait pas d’autre explication à son incroyable comportement. D’habitude, elle présentait son cas avec la précision et le calme qui lui avaient valu de devenir l’avocate de premier ordre à laquelle la direction de l’hôpital avait conîé un poste-clé. — Tu as des ennuis pour înancer le nouveau service de rééducation ? demanda-t-il. Il remarqua les cernes qui ombraient ses yeux verts. Ces yeux qui avaient suivi chacun de ses pas hésitants et douloureux. Il avait cessé depuis longtemps de se forma-liser des regards d’autrui. La vie offrait tant de raisons de s’engager et de se mobiliser qu’il avait renoncé à s’apitoyer sur son propre sort. Et il savait qu’il avait une chance inouïe de pouvoir encore marcher. — Ce n’est pas une question d’ordre professionnel, répondit-elle. — Non ? S’écartant du mur, il s’approcha d’elle et respira son odeur. Pas de parfum, c’était interdit dans l’hôpital, mais une simple eau de toilette très frache et discrète. Juste assez pour lui faire battre le cœur un tout petit peu plus vite. — Alors pourquoi un tel remue-ménage — qui alimen-tera les discussions à la caféréria pendant les semaines à venir ?
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— C’est au sujet de ce qui s’est passé entre nous après la collecte de fonds de Noël. Il se îgea. En quelques mots, elle venait de redonner vie à cette mémorable soirée. Ils étaient d’abord venus ici, puis avaient îni la nuit chez lui, car c’était plus près que son appartement à elle. Les souvenirs, bien trop tangibles, réveillèrent brutalement un désir que, d’ordinaire, ses horaires et l’exigence de son travail se chargeaient d’étouffer. Il lui serait si facile de succomber à la tentation et d’oublier toutes les bonnes raisons pour lesquelles il la tenait à distance. Sans même s’en rendre compte, il s’approcha pour lui caresser la tempe, là où dansait la petite boucle qu’il enroula sur son doigt. La douceur de sa peau, la soie de ses cheveux et son subtil parfum achevèrent d’anéantir le peu de volonté qui lui restait. Il vit une lueur s’allumer dans ses yeux émeraude juste avant qu’il ne pose la main sur sa nuque aîn de l’attirer contre lui. Doux Jésus… Leurs corps semblaient faits l’un pour l’autre ! — Carlos, murmura-t-elle en posant les mains à plat sur son torse. Tu es si… arrogant. Toutefois elle se laissa aller contre lui, qui ferma son esprit à toute pensée alors qu’il s’emparait de ses lèvres. Le désir le transperça avec la précision d’un scalpel. Lilah se raidit insensiblement avant d’agripper le devant de sa tunique en se pressant davantage contre lui. Leur baiser, mélange d’impatience et de passion contenue, lui rappela la rapidité avec laquelle ils pouvaient s’enammer. La moindre étincelle entre eux provoquait un véritable brasier et il prit la mesure de l’inanité de la distance qu’il avait établie entre eux depuis quelques semaines. Même si cela lui avait permis de respirer un peu. Glissant ses doigts dans ses cheveux, il ôta la pince qui les retenait et les sentit retomber sur ses mains. Il serait si facile de lui ôter son tailleur et de se débarrasser de
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