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L´Enfer de l´Ange T1

De
375 pages

Après avoir délibérément abandonné un de ses protégés, l ́ange Gabriel est condamné par les Archanges à se racheter lors d ́une mission de la dernière chance : sauver Anna, dont les 7 Déchus ont fait leur cible.


Secondé par sa sœur, la chérubine Zéléniah, et le très ésotérique Danny, Gabriel découvre le monde à travers le corps d ́un humain et tente par tous les moyens de sauver sa nouvelle protégée ainsi que son statut d ́ange.


Mais la tâche s ́annonce ardue, d ́autant plus qu ́Anna se montre réceptive aux tentations des Déchus...



« L ́Enfer de l ́ange » allie ésotérisme et réalisme à la perfection.
Certains passages sont mémorables de par leurs détails et la tension que l ́auteure arrive à nous faire ressentir.


Un premier roman d ́Elodie Costet à découvrir au plus vite !


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L  ´enfer de l ´ange

Élodie Costet


Roman

ISBN : 978-3-95858-045-9
logo Nats Editions Compress


Première édition - Mars 2015

Tous droits réservés

 À mon fils, qui m’a fait découvrir le monde avec un nouveau regard.

 « L’amour ne voit pas avec les yeux, mais avec l’âme »

William Shakespeare, Songe d’une nuit d’été.


« Toute partie tient à se réunir à son tout pour échapper ainsi à sa propre imperfection »

Leonard De Vinci, extrait des carnets.



Prologue





Devant un tableau noir, dans un amphithéâtre contenant plus de deux cents places, un professeur, craie en main, écrivait. Il couchait avec délicatesse les mots qu’il avait pour habitude, durant ses cours, de bâcler pour ne pas perdre de temps. Ce message s’adressait à ses étudiants. À chaque phrase, qu’il notait avec application, sa voix résonnait dans cette immense pièce vide.

« Chers élèves, 

Veuillez prendre en considération mon absence de ce soir. 

Il me sera impossible de vous donner ma leçon sur les anges. Je sais à quel point certains d’entre vous étaient excités à l’idée d’entamer ce chapitre. C’est pourquoi je vous ai photocopié un extrait succinct de mes recherches. Vous trouverez également sur mon bureau un résumé concis du cours. Merci d’en prendre connaissance pour que nous puissions l’utiliser comme point de départ pour notre prochain cours qui aura lieu jeudi à 20 heures.

Cordialement,

Votre professeur, monsieur Millin. »

Il rangea la craie et relut une dernière fois. Puis, il déposa tranquillement le tas de polycopiés qui se trouvait dans son attaché-case sur la table, et se dirigea vers la sortie, le cœur léger. À son départ, une sonnerie stridente retentit dans le couloir, et ces lieux vides quelques minutes plus tôt prirent vie. Tous les étudiants qui entrèrent dans l’enceinte s’amassèrent devant le tableau. Parmi eux, un élève se démarquait par son style vestimentaire. Habillé d’un jean bleu électrique rehaussé d’un pull jaune citron et les cheveux gominés, il se fraya un chemin pour aller prendre connaissance du mot laissé par leur enseignant. 


Son humeur joviale s’envola au fur et à mesure de sa lecture, et ses épaules s’affaissèrent. Malgré sa déception évidente, il prit une des feuilles mises à disposition. 

Après l’annulation de son cours du soir, il fila en direction du parking. 

Sur le chemin qui menait à son appartement, à l’intérieur de sa Ford Fiesta vert pomme, il songea à Anna, sa meilleure amie. Dès qu’ils obtenaient un jour de repos en commun, ils le passaient ensemble. Chacun avait une vie mouvementée : lui, barman dans le club le plus branché de la ville, et elle, sapeur-pompier. Liés comme deux doigts d’une main, leurs idées et leurs pensées diamétralement opposées rendaient leur duo atypique.


Elle adorait la logique. Son côté cartésien et pragmatique s’équilibrait avec les rêveries et la spontanéité de Daniel. 

À cette réflexion, il sourit et tourna à droite à l’intersection au lieu de continuer tout droit. Il allait se faire une joie de la déranger, rien que pour voir les expressions qui marqueraient son visage lorsqu’il partagerait avec elle sa leçon sur les anges.

Après vingt minutes de route, il frappa enfin chez Anna. Comme il s’y était attendu, la surprise se peignit sur les traits de sa camarade. Il en fut heureux. Après qu’elle lui ait offert son hospitalité, comme à chacune de ses visites, il se retrouva assis sur un haut tabouret dans la cuisine, un café devant lui, prêt à lui faire partager ses devoirs.

— Dany, tu sais ce que je pense de tout ça… épargne-moi, supplia-t-elle en souriant.

Elle tenta une mimique boudeuse, mais fut peu convaincante. Elle n’avait jamais été douée pour la comédie.

— Allez, s’il te plaît, écoute-moi ! J’ai bien partagé avec toi ton cours théorique pour le diplôme de sauveteur-déblaiement !

Face à lui, la jeune brune leva les bras et les laissa tomber sur ses cuisses, vaincue. Elle n’était pas énervée, juste épuisée d’entendre son meilleur ami lui parler sans cesse des célestes et de leurs multiples talents. 

— Très bien, puisque ça te fait plaisir, mais c’est la dernière fois !

Le sourire aux lèvres, les yeux rieurs et enthousiastes, il attrapa son document et plus rien ne le retint.


« Avant de vous lancer avec confiance dans le résumé de la leçon, je voulais que vous sachiez que je base mon savoir et mes conclusions sur plusieurs années de recherches. J’ai voyagé dans le monde entier, rencontré érudits et professeurs de renommée internationale qui m’ont aidé dans mon parcours et ma passion. Par cette leçon, je vous épargne mes doutes, et les cheminements qui m’ont fait conclure ce que vous allez apprendre. Je les partagerais avec plaisir si le cœur vous en dit, mais cela est une autre histoire. Ainsi donc, bonne continuation.


Le monde des Cieux : 

Laissons de côté les questions théologiques sur l’existence de Dieu pour nous concentrer uniquement sur ces êtres célestes qui peuplent nos récits et légendes.

Lorsque l’univers des Cieux est évoqué, indubitablement, notre esprit fait référence au Paradis. Toutefois, si vous croyez aux êtres purs, vous ne pouvez occulter son fondateur. C’est pourquoi Dieu, leur créateur, offre à ses subalternes leur propre monde affilié au sien : le monde des Désirs. Ce terme laisse rêveur, n’est-ce pas ? Pour la plupart d’entre vous, cet univers est irréel. Pour d’autres, il est tout aussi concret et visible que la Terre elle-même. Si vous décidez de poursuivre votre lecture, alors soyez sûrs que je me verrais ravi de partager avec vous mon savoir. Vous ferez partie de cette minorité à croire en la potentielle existence du monde des Désirs et à ses résidents.

Dans bien des croyances, l’incertitude règne quant à la hiérarchie de ces immortels. Il est fait état de chérubins, séraphins, anges, archanges. Tous sont aujourd’hui synonymes. Or, il n’en est rien. Cette civilisation est bien plus ordonnée et complexe que la nôtre. Ils sont supérieurs à nous, sans toutefois nous déprécier. Dès lors, par leur sagesse et leur puissance, ils sont nos bienfaiteurs.

Ils prennent possession de nos vies dès les premières secondes de notre existence. À votre naissance, vous avez l’honneur d’être protégé par un être pur. 

Certaines légendes disent que lorsqu’un enfant vient au monde, il porte en lui toutes les connaissances de l’Univers. Néanmoins, ceci est un trop lourd fardeau pour un être si innocent. C’est pourquoi l’ange, votre ange, se penche sur votre berceau et appose sur vos lèvres son index. De cette manière, et ce pour toute la durée de votre existence, vous garderez le secret de cette connaissance.

Cependant, pour que ce savoir ne vous ronge pas, le messager ailé prêtera serment pour vous servir, pour votre bien et votre sécurité tout au long de votre vie. Découle de cette fable le célèbre mythe des anges gardiens. 

Toutefois, nous sommes des milliards d’êtres humains et il serait présomptueux de croire qu’une créature aussi exceptionnelle que spirituelle n’appartient qu’à nous. Lors de votre premier souffle, un seul être pur sera choisi pour vous. Il sera présent à vos côtés pendant un cycle de soixante-douze jours, avant de s’envoler vers d’autres nourrissons. 

Je reste conscient que tout ceci paraît compliqué, et que de multiples questions vous préoccupent. 

Laissez-moi répondre à la plus évidente : pourquoi soixante-douze jours ? 

Il n’y a malheureusement pas de certitude sur le sujet. Tout dépendra de vos croyances. Dans certaines religions, il est question de soixante-douze éternels ; dans d’autres, le chiffre lui-même est porteur de messages. Vous aurez la liberté de choisir celle qui raisonnera le plus en votre moi intérieur. 

N’oubliez pas ceci : ils sont partout et pour tous. Un ange aura la bonté de s’occuper de plusieurs vies, alors qu’un homme aura le privilège de n’en avoir qu’un seul. 

Nos différences, aussi innombrables que flagrantes, peuvent encore vous surprendre. 

Je suis persuadé que vos idées préconçues vous pousseront à certifier que ces créatures sont asexuées, n’est-ce pas ? Votre savoir préétabli vous mène dans une mauvaise direction ! Détrompez-vous ! Les ailés sont de sexe féminin et masculin ! Leur particularité ne s’imposera qu’à leur prénom, dont la terminaison sera définie en fonction de leur sexualité. Les prénoms finissant par « ah » seront uniquement des femmes. Quant aux hommes, ils se finiront par « el ». Prenons exemple sur le mythique archange Gabriel, qui est inscrit dans la mémoire des hommes comme étant l’archange le plus puissant des Cieux, ou encore Michel, Raphaël, etc. 

Plus tôt, je faisais état de leur supériorité. À présent, laissez-moi vous informer sur le point spirituel de ce terme. 

Les célestes sont des êtres purs, car ils ressentent les émotions sur un degré différent du nôtre. N’étant pas sur le même plan astral, leur enveloppe corporelle, aussi charnelle soit-elle à nos yeux, n’est pas aussi matérielle que notre corps. De ce fait, ces bouleversements psychiques que nous percevons tous leur seraient bien inutiles… Ces mêmes émotions ne nous font-elles pas ressentir tout le poids du monde sur nos épaules ?

Ceci sera mon dernier point et votre devoir pour la semaine prochaine : 

Imaginez l’espace d’une minute ne plus éprouver ce poids. Imaginez un peu ce que seraient nos vies si elles n’étaient remplies que d’amour, de compassion, de tendresse et de clairvoyance. L’ascension par cet état de pureté ne serait alors plus si improbable, n’est-ce pas ? »

 

Après sa lecture, le jeune homme, étourdi par ce qu’il venait d’apprendre, resta les yeux dans le vague, commençant certainement à répondre mentalement aux interrogations de son professeur. Anna le regardait, amusée, un sourire fendant son visage de manière irrésistible. 

— Waouh ! s’extasia le brun.

— Tu veux que je te dise ? Je suis fière de faire partie… de la majorité ! s’exclama-t-elle en éclatant de rire, sous l’indignation de son meilleur ami. 


Chapitre 1

Un procès angélique





Au pays des Cieux, l’évènement du siècle attira tous les curieux célestes. Au-delà du haut portail d’or blanc, décoré de délicates arabesques dorées, une éternité se jouait. Les archanges s’étaient réunis pour le procès de l’ange Gabriel. 

Au milieu de cette foule, Zéléniah, une jeune chérubine, tenta de se frayer un chemin pour rejoindre la cour.

— Tu crois qu’il va perdre ses ailes ? entendit-elle, lorsqu’elle passa au milieu des séraphins.

— Je n’en sais rien, mais on dit que Michel est tellement en colère qu’il n’arrive même plus à contrôler ses pouvoirs. Je pense qu’il est très déçu. Cette fois, Gaby n’en réchappera pas !

— N’importe quoi ! s’insurgea l’un d’eux.

— Mais si ! Il paraît que c’est de cette absence de self-control que le Tsunami en Asie est survenu…

— Ce qu’il ne faut pas entendre ! s’indigna Zéléniah en les poussant pour passer. Je vous rappelle que vous parlez des archanges, les pies ! Il ne risque pas de perdre son sang-froid à cause d’un ange !

— Ouais, sauf que c’est de Gabriel qu’il s’agit, et tu sais autant que nous que s’il y en a un qui est capable de les faire sortir de leurs gonds…

— C’est bien lui, c’est vrai, confirma-t-elle lascivement. Allez, laissez-moi passer, qu’on en finisse avec ça !

— Le procès est à huis clos, au cas où tu l’aurais oublié, sœurette !

— Et je suis l’avocat de l’accusé, frérot ! 

Elle avança d’un pas sûr en les saluant d’un signe de main avec un fier sourire sur le visage. 

Quelques jours avant le procès, l’archange Eliel était venu s’entretenir avec les chérubins pour leur proposer le poste d’avocat. Leur cœur, ainsi que leur maturité, les rendaient aptes à assurer la défense de l’accusé. Ce jour-là, alors que tous ses frères et sœurs hésitaient, Zéléniah vit là une occasion en or de prouver ses talents. Elle se porta donc volontaire…

Repensant à sa candidature spontanée, les immenses portes s’ouvrirent pour la laisser pénétrer dans la brume nuageuse qui s’offrait à elle. 

— J’aurais préféré me casser une aile ce jour-là, grommela-t-elle en volant par-delà le brouillard. 


Installé sur un banc duveteux et opaque, Gabriel ressassait ses échecs. En six siècles d’existence, de toutes ses erreurs accumulées en était sortie une leçon. Mais, il ne parvenait plus à évaluer ses incompétences avec objectivité. Côtoyer les humains, même de loin, ne l’avait pas laissé indemne. Quelque chose au fond de lui s’était brisé. 

Il était conscient que, quelle que soit la faute pour laquelle il serait jugé aujourd’hui, il ne s’avouerait pas vaincu. Avec toute sa certitude, ainsi que l’aide de Zéléniah qu’il espérait précieuse, il était persuadé de pouvoir convaincre les archanges que son âme n’était pas pervertie, et qu’il n’était ni voué aux Enfers, ni à aucune autre peine capitale. 

Doucement, il releva sa tête qui reposait dans ses mains et regarda la nouvelle venue d’un air absent.

— Salut Gaby, j’ai raté quelque chose ? chuchota Zéléniah.

— J’étais en pleine discussion avec ma conscience, si tu veux tout savoir, répondit-il, sarcastique.

— Eh bien, dis-lui au revoir, parce que ta conscience, maintenant, c’est moi ! 

Alors qu’il haussait les yeux au ciel, un éclair retentit derrière sa sœur. La brume se dissipa pour former une cour d’assises aux nébuleuses teintées d’or. Gabriel et Zéléniah se levèrent. Devant eux, un énorme nuage en forme de carrosse arriva avec, à son bord, trois archanges.

La chérubine ouvrit la bouche, stupéfaite, lorsque ce même nuage explosa, laissant la liberté aux passagers de prendre place sur l’estrade orageuse.

Gabriel prit le temps de dévisager chacun d’eux. 

Bien que semblables, Michel, Eliel et l’archange Gabriel endossaient leurs siècles de manière singulière. 

Michel paraissait physiquement le plus vieux des trois. Ses cheveux grisonnants contrastaient avec ses traits anguleux, le faisant ressembler à un adolescent. Eliel portait une crinière brune aux reflets d’ambre qui lui tombait sur les oreilles ; ses pommettes saillantes et son nez aquilin, ainsi que son visage rond, lui donnaient un air badin. Quant à l’archange Gabriel, son mentor, il semblait sans âge. Sa toison d’une blancheur immaculée et d’une longueur étonnante, rasait la cambrure de son dos et, ses yeux teintés d’un bleu électrique hypnotisaient les foules. Mais à travers ces derniers transparaissaient une sagesse et un savoir infinis. 

En les découvrant face à eux, immobiles, Zéléniah déglutit avec peine, alors que Gabriel, fidèle à son habitude, affichait son air le plus désinvolte.

— Il en manque un, chuchota Zéléniah alors que sa voix résonnait comme si elle venait de crier.

— Très perspicace, siffla Gabriel. 

Les trois archanges, avec l’accusé et son avocate de fortune, se tinrent debout. Surélevés sur une estrade, ils bénéficiaient d’une vue plongeante sur les deux anges, mais également sur les angelots qui s’agglutinaient, impatients, devant le grand portail. Au vu de l’excitation extérieure, Michel sourit en coin, amusé par cet excès d’engouement. Positionné au milieu de ses frères, Eliel débuta, ouvrant ainsi le procès :

— Zéléniah, Gabriel, prenez place, commença-t-il.

Il s’installa lui-même sur un nuage.

 — Ange Gabriel, sais-tu pourquoi le conseil des archanges a intimé ta présence en ce lieu ? demanda-t-il.

— Pour me déplumer, répondit-il avec arrogance.

— Gaby ! hurla la chérubine. Objection ? reprit-elle, timide.

— Voilà qui risque fort d’être mouvementé, commenta Michel à la fois diverti et irrité par son impertinence.

— Tu énonces une des possibles issues de ce procès, non l’objet de ta convocation, renchérit Eliel en faisant abstraction de son ton. Comprends-nous bien, ange Gabriel, ton état nous inquiète. Au cours de tes six siècles, tu nous as prouvé à plusieurs reprises que tu étais un ange… disons… unique.

— Viens-en au but, Eliel, gronda Michel en soufflant. Gabriel, tu es stupide, borné, indiscipliné et arrogant, lança-t-il à brûle-pourpoint. 

Zéléniah hoqueta sous la surprise, posant une main sur sa bouche pour retenir son cri, alors que son frère haussait nonchalamment les épaules.

— Pour autant, poursuivit-il après un silence théâtral, tous tes écarts et tes insubordinations ont été, jusqu’ici, mis au second plan, car tes missions ont souvent été un succès. 

Michel jeta un regard éloquent au mentor de l’accusé. Ce dernier avait toujours pris le parti de Gabriel, car il réussissait à voir au-delà de ses actions, sachant qu’il serait voué à de bien plus nobles causes.

— Mais, si tu es là face à notre Assemblée…

— Vous n’êtes pas tous présents, le coupa-t-il. Il manque notre cher Raphaël, qui se fait si rare auprès des siens. Le conseil n’est pas au complet. J’en conclus donc que ma situation n’est pas si accablante, non ?

Un sourire sournois se dessina sur les lèvres de Michel, les yeux de son mentor se levèrent de lassitude et Eliel resta de marbre. Quant à Zéléniah…

— Objection ! tenta-t-elle avec plus d’entrain que la première fois.

L’archange Gabriel, qui était resté silencieux jusque-là, intervint tout à coup.

— Raphaël n’a effectivement pas pu venir se tenir devant toi aujourd’hui, car une mission l’a retenu sur Terre. Sache tout de même qu’il m’a donné son vote. Malgré son absence, le conseil est donc au complet. Tu n’as plus aucune raison d’interrompre ce procès à présent, à moins bien sûr que tu souhaites nous faire part d’autres réclamations ? En as-tu, Gabriel ?