L'épouse du chevalier

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Elle est la seule à deviner l’amant passionné sous le froid chevalier.
 
Angleterre, XIIIe siècle
 
Face à sa sœur, qui s’inquiète pour elle, lady Mavis a bien du mal à défendre le choix de son fiancé. Evidemment, il s’agit d’un mariage arrangé ; mais n’est-ce pas toujours le cas pour des demoiselles de leur rang ? Et, s’il est vrai que sir Roland vient d’une famille où les hommes se comportent comme des brutes, Mavis a cependant l‘intime conviction qu’il vaut mieux que tous les siens : son attitude, que certains considèrent comme de la froideur, masque une grande sensibilité, elle en est persuadée. Du moins, elle l’espère de tout son cœur, et sa nuit de noces lui apprendra bien assez tôt si elle a eu raison de se fier à son instinct…
 
A propos de l’auteur :
La notoriété de cette passionnée d’histoire médiévale dépasse aujourd’hui largement les frontières américaines. Ses romans, publiés dans le monde entier, figurent régulièrement parmi les meilleures ventes du prestigieux USA Today.
Publié le : vendredi 1 avril 2016
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EAN13 : 9782280360746
Nombre de pages : 320
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A PROPOS DE L’AUTEUR

La notoriété de cette passionnée d’histoire médiévale dépasse aujourd’hui largement les frontières américaines. Ses romans, publiés dans le monde entier, figurent régulièrement parmi les meilleures ventes du prestigieux USA Today.

A mes parents, Donna et Clint Warren, mariés depuis plus de soixante-cinq ans

Chapitre 1

Angleterre, 1214

Entourées de coffres en bois remplis de ce qui constituait une dot fort respectable, deux jeunes femmes se faisaient face dans la chambre qu’elles avaient longtemps partagée. Une brune vêtue d’une robe en fine laine marron, et une blonde ravissante, qui portait sa plus belle robe en soie verte, car c’était le jour de son mariage.

— Tu n’as pas à l’épouser, Mavis, dit Tamsin à sa cousine qu’elle chérissait. Quoi que ton père ait pu te dire, même s’il t’a menacée, tu as le droit de refuser. Ni lui, ni l’Eglise, ni les lois ne peuvent t’obliger à te marier contre ta volonté. Rheged et moi serons heureux de t’offrir l’asile, ou de te conduire où tu le désireras…

— Non, je t’en prie, ce ne sera pas nécessaire, assura Mavis en souriant.

Tamsin n’avait pas assisté à l’entrevue au cours de laquelle le père de Mavis avait proposé la main de sa fille à sir Roland de Dunborough. Mavis continua, sûre d’elle.

— Père a suggéré ce mariage en ma présence, et j’ai donné mon consentement. Je vais l’épouser de mon plein gré, Tamsin. Et je suis heureuse de le faire. Je pense que tu te trompes au sujet de sir Roland. Je connaissais son père et son frère, et il n’est pas du tout comme eux.

— Comment peux-tu en être certaine ? demanda Tamsin. Tu viens juste de le rencontrer !

— Lors de l’entretien avec mon père, sir Roland m’a demandé si je souhaitais réellement l’épouser. Il m’a offert le choix, Tamsin, et je suis sûre qu’il m’aurait relevée de tout engagement pris par mon père si j’avais refusé. Plus encore, il ne m’a pas jaugée tel un marchand se demandant s’il avait fait une bonne affaire, ni arboré un air de triomphe comme s’il avait gagné un trophée. Il était presque… mélancolique.

— Sir Roland, mélancolique ? répéta Tamsin, incrédule.

— Quoi que cela ait pu être, quelque chose en lui m’a donné la certitude qu’il ne ressemblait à aucun des hommes que j’ai déjà rencontrés, et que nous pourrons être heureux. Oh ! Tamsin, je me rends bien compte que pour la plupart des gens il semble dur, froid et arrogant mais, quand nous étions chez père, il n’était rien de tout cela ! Il était gentil, doux même, très différent de son comportement dans la salle commune, et encore plus de son père et de son frère.

— T’es-tu jamais trouvée seule avec lui ?

Mavis ne put affronter le regard inflexible de sa cousine.

— Non, nous n’avons jamais été seuls.

Ce n’était pas tout à fait exact mais, l’unique fois où elle s’était trouvée seule avec Roland, il ne l’avait pas vue. Il était à l’écurie et parlait à son cheval d’une voix basse et apaisante, et elle s’était cachée.

Elle n’avait jamais parlé à personne de ce matin où elle s’apprêtait à fuir plutôt que se marier sur ordre de son père. Ce souvenir lui était cher et, ce secret n’appartenant qu’à elle, elle ne désirait pas le partager. Tout comme elle imaginait que sir Roland ne serait pas ravi s’il apprenait qu’elle répandait le bruit qu’il parlait à son cheval.

Tamsin prit les mains de sa cousine dans les siennes, et les serra fort tout en la scrutant attentivement.

— Tu as rencontré le père de Roland à deux reprises, dit-elle à Mavis, son frère aîné une seule fois. Et c’était ici, où ils faisaient très attention à bien se tenir. Mon mari a passé du temps dans leur château. Il les connaît mieux, et il m’a raconté à quel point sir Blane était cruel avec tout le monde, y compris ses fils. Il riait quand Broderick et Gerrard se moquaient de Roland, et le traitait de tous les noms s’il ne répliquait pas.

— Mais j’imagine que Roland ne répliquait pas.

— C’est pourquoi Rheged le considère comme le meilleur de la famille. Cependant, il peut aussi se battre. Rheged l’a vu à l’œuvre. Tandis que son jumeau se battait de bon cœur, presque en s’amusant, Roland le faisait pour gagner.

— Je ne vois rien de mal à cela, répliqua Mavis.

— Ce n’est pas mal, dans le cadre d’un combat. Mais il n’y a pas que cela. Sir Blane encourageait ouvertement la rivalité entre ses fils, et leur animosité les uns vis-à-vis des autres. Il ne voulait même pas dire lequel des jumeaux, Roland ou Gerrard, était né le premier. Ainsi, ils ne sauraient jamais qui aurait le droit d’hériter s’il arrivait quelque chose à Broderick…

Tamsin baissa les yeux un moment avant de continuer. De toute évidence, elle était encore bouleversée par sa responsabilité dans ce qui était arrivé à Broderick, même si elle avait agi pour sauver l’homme qu’elle aimait.

— … comme cela s’est produit, termina-t-elle.

— Mais quelqu’un doit bien savoir lequel des jumeaux est né le premier, protesta Mavis, pour orienter la conversation vers un autre sujet que la mort de Broderick. Comment garder un tel secret dans une maisonnée aussi importante ?

— Pourtant, c’est le cas dans celle-ci, car leur mère est morte en les mettant au monde et la sage-femme est tombée dans l’escalier juste après l’accouchement. Elle a eu la nuque brisée. Certains insinuent que sir Blane l’aurait tuée à seule fin de garder le secret sur la naissance, et bien des gens le croient. Même si c’était un accident, si les gens sont prêts à croire ce genre de rumeur, que peux-tu en conclure sur cette famille ?

Mavis libéra ses mains de l’étreinte de sa cousine.

— Il court toujours des rumeurs sur les membres de la noblesse, et je suis bien consciente que sir Blane pouvait être cruel.

— Cruel et porté sur les plaisirs de la chair. Tu as constaté par toi-même comment sir Blane et Broderick traitaient les femmes. Et si Roland était comme eux ?

Mavis s’empourpra, car elle n’avait que trop bien vu comment sir Blane et Broderick se comportaient dans ce domaine. Le souvenir de leurs avances obscènes était encore très présent dans son esprit, et la seule mention de ces noms suffisait à susciter son dégoût.

— Je suis certaine que Roland vaut mieux que son père et ses frères, dit-elle en s’accrochant à sa première impression. N’es-tu pas toi-même rapidement tombée amoureuse de ton mari ? Dès que tu as rencontré Rheged, tu savais que tu pourrais être heureuse avec lui. Eh bien, c’est pareil pour moi, je pense pouvoir être heureuse avec Roland. Sans cela, j’aurais refusé ce mariage, malgré les ordres de mon père, malgré ses menaces.

— Alors j’imagine que je dois faire confiance à ton jugement, conclut Tamsin avec un sourire contraint. Mais si…

Elles entendirent soudain quelqu’un frapper à la porte de la chambre.

— Milady ! cria le jeune Charlie depuis le couloir, ils vous attendent à la chapelle !

— Nous venons tout de suite ! répondit Tamsin. Elle étreignit vivement sa cousine.

— Promets-moi que si tu t’es trompée sur Roland, s’il te rend malheureuse ou te fait du mal, de quelque manière que ce soit, tu viendras te réfugier chez nous, à Bron. Personne ne te fera aucune réflexion.

— Je te le promets, murmura Mavis, tout en se répétant qu’elle avait raison au sujet de sir Roland de Dunborough, et qu’elle n’aurait nul besoin d’en arriver là.

* * *

Raide comme un piquet, sir Roland attendait sa future épouse dans la chapelle du château Delac. Il s’appliquait à garder l’air impassible, alors qu’il n’avait jamais été aussi anxieux de sa vie. Il commençait même à croire que la mariée ne se montrerait pas. Il était le fils de son père, après tout ! Rien que cela suffirait à effrayer n’importe quelle femme, même si elle avait accepté le mariage dès qu’on le lui avait proposé.

En fait, il avait vraiment pensé qu’elle refuserait. Au lieu de cela, elle avait acquiescé de bonne grâce et, ce qui était encore plus étonnant, elle l’avait regardé comme si elle ne jaugeait pas seulement son titre et sa fortune, mais plutôt comme si elle désirait devenir son amie.

Jusqu’à présent jamais personne, homme ou femme, n’avait recherché son amitié. Pas plus qu’il n’avait cherché à se lier avec qui que ce soit. Plus depuis sa petite enfance. Il avait appris très tôt que chercher de l’affection revenait à s’exposer à la souffrance, et à la perte de l’objet de son affection. Il avait jadis recueilli et soigné un chaton noir et blanc malade, en le cachant dans la grange, jusqu’à ce que Broderick le découvre et tourmente la pauvre créature. Il avait supplié son frère d’arrêter et de laisser Shadow tranquille. Broderick avait répondu en le frappant jusqu’à ce qu’il saigne du nez et qu’il ait un œil au beurre noir. Pendant ce temps, Shadow s’était enfui de la grange et n’était jamais revenu.

Après cela, il n’avait plus jamais montré le moindre signe d’affection pour qui que ce soit. Il ne parlait même plus aux enfants du village ni à ceux des serviteurs, de crainte qu’ils n’en subissent eux aussi les conséquences.

Quant aux railleries et moqueries de Gerrard, elles le blessaient bien plus profondément que n’importe quelle correction, et l’affectaient bien plus durablement.

« Le petit enfant va se mettre à pleurer ? » disait-il tout le temps. « Rolly va pleurnicher comme une fille ? On va aller lui chercher une robe ! »

Et il ne s’arrêtait pas là.

« Aucune femme qui se respecte ne voudra d’un pisse-froid comme toi. Aucune femme ne t’aimera, à moins qu’on la paye pour ça. Tu n’as ni esprit ni charme, rien qui te mette en valeur, la fortune de notre père et son titre exceptés. »

Il en souriait presque, à imaginer la surprise de Gerrard quand il le verrait revenir à Dunborough avec sa superbe épouse. D’autant plus que cette femme ayant une haute position l’avait choisi pour autre chose que la richesse ou le pouvoir.

Un vrai triomphe en perspective, et l’accomplissement d’un rêve qu’il s’était à peine autorisé à caresser !

— Qu’est-ce qui retient cette péronnelle ? marmonna lord Delac en se penchant de toute sa lourde stature vers Roland.

Son haleine empestait le vin. Ni sa longue tunique bleue taillée dans une étoffe précieuse, ni la ceinture en or qui pendait sous son ventre, pas plus que la chaîne en or massif elle aussi qu’il portait au cou ne pouvaient dissimuler la nature grossière de cet homme.

La jeune femme serait sans aucun doute heureuse de quitter la demeure de son père, et il était tentant pour Roland de se considérer tel un héros de ballade venu sauver une ravissante damoiselle des griffes d’un monstre.

— Les femmes ! grommela Delac dans sa barbe, le front plissé. Ça ne rapporte que des ennuis ; il n’y en a pas une pour racheter l’autre !

— Même votre propre fille, milord ?

— Eh bien, c’est une femme, non ?

Oh oui, elle avait tout d’une femme ! se dit Roland en parcourant la chapelle des yeux sans bouger la tête. Conviés à la hâte, étant donné qu’il s’était écoulé moins d’une semaine entre son arrivée et la conclusion du mariage, les invités représentaient l’assistance habituelle lors de l’union de deux familles puissantes : membres de la noblesse et importuns divers inévitables à toutes les fêtes.

Parmi eux se trouvaient ceux qui voulaient se faire remarquer, et ceux que l’on remarquait quoi qu’ils fassent, tel sir Rheged de Bron, le mari de la cousine de sa future épouse. Peu d’hommes rivalisaient en taille avec lui, mais Rheged le pouvait. Et ceux qui portaient les cheveux longs jusqu’aux épaules comme eux deux étaient encore moins nombreux. Sans mentionner la rareté d’être gallois, ou d’être doté de cette impression de pouvoir et d’autorité qui se dégageait de Rheged. Un tel homme pourrait s’avérer un précieux allié, ou un dangereux ennemi.

Personne de la famille de Roland ou de sa maisonnée n’était présent, évidemment. Même en imaginant qu’il ait pu souhaiter la présence de son frère jumeau, le temps aurait manqué.

Il observa de nouveau sir Rheged.

Il se souvenait bien de ses prouesses lors des tournois. Personne n’avait été plus enchanté que lui quand Rheged avait vaincu son vantard de frère aîné. Et personne n’était plus reconnaissant que lui à la femme de Rheged, cette brindille fluette, qui avait débarrassé le monde de la présence de Broderick. Après que ce dernier avait attaqué en traître et tué un vieil homme, il s’était battu avec Rheged et avait failli le tuer. Tamsin était intervenue dans le combat et avait mis fin aux jours de Broderick pour sauver son mari blessé.

Rheged avait certainement dû parler de lui à Mavis. Peut-être lui devait-il la bonne opinion qu’elle semblait avoir de lui.

— Si je dois encore envoyer quelqu’un la chercher, bougonna Delac, elle le regrettera !

— S’il faut y aller, je le ferai, dit Roland.

Et, s’il découvrait qu’elle avait changé d’avis, il quitterait Delac sur-le-champ.

Par bonheur, et à son immense soulagement, le brouhaha de la foule des villageois, soldats et serviteurs rassemblés dans la cour s’amplifia soudain. L’assistance qui remplissait la chapelle se tourna vers les portes avec curiosité pour voir Mavis faire son entrée. Un voile blanc couvrait en partie ses cheveux d’or qui scintillaient dans le soleil d’automne, et un sourire éclairait son beau visage.

Une faim dévorante, au-delà du simple désir, s’empara de lui tandis que celle qui allait devenir son épouse s’avançait vers lui avec une lenteur délibérée, tête haute, son regard d’un bleu vif rivé au sien. Il avait beau désirer son amitié, celle-ci lui parut soudain bien vaine comparée à ce que promettait son sourire qui s’accentua.

— Dieu soit loué ! fit lord Delac dans sa barbe.

Roland ne releva pas. Son bonheur s’atténua un peu, car il s’aperçut tout à coup que, en dépit de son sourire, son épouse avait les lèvres tremblantes, ce qui lui fit craindre qu’elle ne soit pas aussi confiante ou heureuse qu’elle essayait de le paraître.

C’était sans doute le lot de toutes les jeunes mariées, se dit-il pour se rassurer. Etant donné la famille dont il venait, il était évident qu’il fallait s’attendre à une certaine inquiétude de sa part. Il comptait bien, une fois qu’ils seraient mariés, faire tout son possible pour qu’elle comprenne qu’il n’était pas comme le reste de sa famille. Il était le fils obéissant et respectueux de sir Blane de Dunborough ; pas l’avide et cruel Broderick, ni un bon à rien comme Gerrard.

Les ayant rejoints devant l’autel, Mavis prit place entre Roland et son père. Puis le père Bryan sortit de la sacristie pour célébrer leur union.

Roland retint son souffle pendant toute la cérémonie. Il redoutait d’entendre une voix s’élever pour s’opposer au mariage, ou de voir Gerrard faire soudain irruption dans la chapelle. Par bonheur, il ne se produisit rien de tel. Il passa l’anneau au doigt de son épouse, puis le prêtre bénit leur union, et le regarda avec un air interrogateur.

Le baiser ! Il était censé embrasser sa femme.

« Aucune femme ne voudra d’un pisse-froid comme toi. »

Il n’était pas un novice, ce ne serait pas la première qu’il embrasserait. Il avait connu des femmes, mais c’était uniquement lorsque des besoins bien naturels menaçaient de le détourner de ses devoirs. Et, en ces circonstances, il s’était agi d’une simple transaction : de l’argent contre service rendu.

Cependant, en cet instant, il était en présence de son épouse. Belle et désirable, à rendre les dieux jaloux, sans parler de Gerrard. Et, plus extraordinaire encore, qui avait accepté de se marier avec lui.

Il la prit dans ses bras pour l’embrasser. Ce ne serait pas un baiser de convention pour la galerie : il voulait montrer à tous, Mavis y compris, qu’il savait comment aimer une femme.

A sa grande surprise, elle passa les bras autour de son cou et entrouvrit les lèvres. Emu et excité, il oublia tout ce qui l’entourait et accentua son baiser. Il aurait continué si lord Delac ne s’était bruyamment raclé la gorge avant de grommeler qu’il était mort de faim.

Il desserra son étreinte et fut encore plus ravi quand il constata que Mavis arborait un petit sourire, même si elle rougissait comme l’exigeait la bienséance, tout en baissant les yeux. Il n’eut qu’une envie : que la fête soit terminée, afin qu’ils se retrouvent seuls, et dans le lit conjugal.

* * *

Mavis ne put regarder quiconque dans les yeux en quittant la chapelle, pas même Tamsin. Elle savait qu’il y aurait un baiser à la fin de la cérémonie, et Roland ne serait pas le premier à l’embrasser. Profitant des occasions offertes pendant les fêtes, quelques jeunes gens aventureux de la noblesse l’avaient déjà entraînée dans des coins sombres, pour poser leurs lèvres sur les siennes.

Ces baisers avaient été plutôt puérils, comme un jeu. Celui de Roland avait été merveilleusement différent. Jamais, même dans ses rêveries les plus osées, elle n’avait imaginé cette explosion de désir qui semblait s’être produite entre eux. Elle avait été complètement prise au dépourvu par l’intensité du baiser de Roland, par sa propre réponse passionnée, et par la persistance de son désir une fois qu’il l’avait relâchée.

Jusqu’à ce que son père les bouscule pour se diriger vers la grande salle.

Quelques minutes plus tard, elle entra avec Roland dans la vaste pièce au sol jonché de paille fraîche, décorée de nappes blanches ainsi que de bougies neuves sur les tables et les candélabres. Des guirlandes de sapin ornaient les appliques aux murs, sans doute l’œuvre de Tamsin. Leur odeur, ainsi que d’appétissants fumets de cuisine, parfumait l’atmosphère.

— Où est le vin ? beugla son père.

Un serviteur se précipita vers lui avec un gobelet, et il n’attendit même pas que le père Bryan ait fini de dire le bénédicité pour en ingurgiter le contenu d’une seule traite Son « amen » s’apparenta plus à un rot qu’autre chose.

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