L'espoir d'un Fortune - Une émotion incontrôlable

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Le destin des Fortune. Séduisants, ambitieux… amoureux.

L’espoir d’un Fortune, Cindy Kirk

Un insupportable sentiment de trahison. C’est ce que Shane Fortune ressent quand Lia, la mystérieuse brune avec qui il a partagé une nuit inoubliable quelques mois plus tôt, lui annonce qu’elle est enceinte. Se pourrait-il que cette femme qui hante ses jours et ses nuits depuis leur étreinte passionnée essaie de le manipuler pour atteindre la puissante famille Fortune ? Et pourtant, se perdant de nouveau dans ses yeux pailletés d’or, Shane a tellement envie de la croire. Tellement envie que ce bébé soit vraiment le sien…

Une émotion incontrôlable, Stella Bagwell

Rosa vient à peine de serrer la main de Tyler Pickens qu’une vague d’émotions aussi douces que brûlantes la submerge. Tout en lui embrase ses sens : son regard, sa voix, sa détermination. Hélas, malgré l’étrange pouvoir qu’il exerce sur elle, et auquel elle aurait tellement envie de succomber, cet homme si ténébreux est aussi le seul qu’elle ne pourra jamais avoir. Car elle mène une enquête dans laquelle Tyler semble être impliqué, et elle a tout intérêt à se tenir aussi éloignée de lui que possible…

Publié le : jeudi 1 mai 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280323604
Nombre de pages : 432
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Red Rock, Texas, réveillon du nouvel an

Jamais, non, jamais Natalia Serrano n’avait vu des yeux aussi intensément bleus que ceux de l’homme qui se tenait à quelque distance d’elle, au milieu de la foule joyeuse réunie pour le réveillon. Cette couleur profonde était peut-être accentuée par la lumière ? Ou par l’éloignement ? Peu importait. Grand, mince, musclé, avec sa carrure athlétique et son visage harmonieux, cet inconnu était la séduction incarnée. Lorsque d’un geste impatient il repoussa une mèche de ses cheveux très bruns, la jeune femme découvrit son front haut, à peine marqué d’un léger sillon qui le lui rendit encore plus attirant.

Il paraissait un peu plus âgé qu’elle. Une petite trentaine, sans doute ? A peine… Pourtant, son maintien assuré disait clairement qu’il était habitué à donner des ordres, pas à en recevoir.

C’était évident, elle et lui n’avaient rien en commun. Rien, si ce n’était un sentiment paradoxal en cette soirée de fête : une immense solitude. Au moment où leurs regards se croisèrent, elle esquissa un sourire timide. La relation qui s’établit aussitôt entre eux fut si intense que l’inconnu aurait dû traverser la salle pour venir la saluer. Ou au minimum lui rendre son sourire. Au contraire, il fronça les sourcils, fit volte-face et disparut dans le couloir. Zut !

La clameur pleine d’entrain qui s’éleva tout à coup de la foule ramena l’attention de Natalia sur les danseurs, tous prêts à accueillir la nouvelle année avec force baisers, embrassades et toasts portés au champagne. Elle les enviait. Comme ils paraissaient heureux, tout à la joie de l’instant !

Depuis le début de la soirée, l’orchestre, très connu et apprécié dans la région de San Antonio, et ses excellents musiciens maintenaient avec brio une ambiance festive. Quant aux serveurs très élégants, dans le pantalon noir et la veste crème qui étaient l’uniforme de la maison, ils veillaient avec soin et compétence à ce que le champagne coule à flots.

Décidément, il n’y avait rien à redire : la « Casa Paloma », l’hôtel le plus élégant du centre-ville de Red Rock, au Texas, avait réuni toutes les conditions pour faire de cette soirée un événement inoubliable. Les tables recouvertes de nappes immaculées avaient été disposées en fer à cheval, de manière à encadrer la piste de danse. Sous le plafond qu’il faisait scintiller, un vaste filet argenté avait été tendu, qui retenait des centaines de ballons colorés prêts à être libérés au douzième coup de minuit.

Minuit… Natalia jeta un coup d’œil sur sa montre. Encore quatre-vingt-dix minutes à attendre !

Au milieu des couples de danseurs, elle repéra Selina, sa meilleure amie, étroitement enlacée par un homme qui la guidait avec dextérité dans un langoureux tango. Natalia laissa échapper un soupir. La soirée ne faisait que commencer pour Selina, qui adorait s’amuser, alors qu’elle-même avait déjà envie de rentrer. De toute évidence, si elles étaient arrivées ensemble, elles feraient séparément le trajet du retour.

— Alors, ma belle, on va enflammer la piste tous les deux ?

Natalia se tourna vers son interlocuteur, un jeune cow-boy déjà pas mal éméché.

— Désolée, mais je suis venue avec mon ami, répondit-elle gentiment.

Il ne s’agissait là que d’un demi-mensonge, puisqu’elle avait prévu de venir à cette fête avec son presque fiancé, David Francisco, qu’elle avait fréquenté pendant près d’un an. Pourtant, au fil des mois, les liens qui les unissaient s’étaient distendus peu à peu pour se briser définitivement le mois précédent.

Le jeune homme regarda autour d’eux.

— Je ne vois personne, pourtant !

— Il est sorti prendre l’air un moment.

— Ah… Bonne idée. Passez une bonne soirée !

Dès qu’il eut tourné les talons, Natalia se dirigea vers l’une des portes-fenêtres et sortit faire quelques pas dans le superbe jardin de l’hôtel.

Le gardien, un homme d’un certain âge, s’approcha d’elle.

— Si vous avez l’intention de retourner dans la salle tout à l’heure, il faut que je vous tamponne la main.

— Merci, mais c’est inutile, répondit Natalia. Je rentre chez moi.

L’homme la considéra d’un air surpris, presque peiné.

— Vous ne voulez pas assister au lâcher de ballons ?

— Non. J’ai un début de migraine.

Cette fois, ce n’était pas un mensonge du tout. Depuis plus d’une semaine, une mauvaise sinusite la faisait souffrir. Le traitement par antibiotiques l’avait certes soulagée, mais la musique très forte et les divers parfums qui flottaient dans la pièce avaient réveillé la douleur.

— Dommage ! reprit l’homme sur un ton compatissant. Ça risque d’être spectaculaire. Bonne année tout de même, et meilleure santé, mademoiselle !

La gentillesse de cette voix bienveillante fit monter les larmes aux yeux de Natalia. C’était plus fort qu’elle ! Se remettrait-elle jamais de l’absence de son père parti quand elle avait à peine deux ans ? Plus le temps passait, plus elle en doutait.

— Merci, répondit-elle en s’efforçant d’adopter un ton plus gai. Bonne année à vous aussi.

— Si jamais vous changez d’avis, reprit le brave homme, n’hésitez pas à revenir. Je vous laisserai passer quand même.

Natalia lui adressa son plus beau sourire, prit congé d’un petit signe de la main et s’éloigna lentement. Qu’allait-elle faire ? Regagner son appartement vide ? Cette perspective était plutôt déprimante. Pourquoi ne pas profiter un peu de la beauté du vaste jardin qu’elle avait pour elle toute seule ? Elle s’avança sur l’allée de grosses pierres, admirant au passage les arbres taillés avec goût et le gazon impeccablement tondu. Juste avant d’arriver au grand portail qui ouvrait sur la rue, elle s’assit sur un banc en fer forgé, au bord de l’allée, et baissa les yeux sur ses pieds douloureux.

Les superbes escarpins à talons vertigineux qu’elle avait passés pour la soirée étaient sans aucun doute un modèle d’élégance, mais tout aussi incontestablement une demie pointure trop petits. Elle défit la boucle qui les attachait, bien consciente qu’elle jouait avec le feu : si elle les retirait, rien n’assurait qu’elle réussirait à les chausser de nouveau… Tant pis, elle avait trop mal ! Au pire, elle rentrerait pieds nus. Puisqu’elle était seule, cela n’avait pas d’importance.

Elle massa ses pieds endoloris et, pour la première fois de la soirée, elle commença à se détendre. D’ici, la musique était beaucoup moins agressive, et finalement le moment aurait été parfait si elle avait pensé à emporter une étole. Malgré la température fort clémente pour la saison, sa petite robe courte en Nylon fin était loin d’être suffisante, d’autant plus qu’elle avait choisi un décolleté asymétrique et que l’une de ses épaules était totalement dénudée.

Elle serra les bras autour d’elle pour se réchauffer et retarder ainsi le moment où elle devrait sortir du jardin pour chercher un taxi. Malgré son départ prématuré de la fête, Natalia adorait cette période : la perspective d’une nouvelle année riche en promesses l’emplissait toujours d’optimisme.

En entendant des pas résonner sur les dalles, elle leva les yeux et eut la surprise de voir apparaître le bel étranger au détour d’un buisson. Pendant un court instant de folie, elle pensa qu’il était venu à sa recherche, mais la surprise qu’elle lut sur le visage de ce dernier quand il la découvrit eut tôt fait de la ramener à la raison. Quelle idiote d’imaginer une chose pareille ! Leurs regards s’étaient croisés de façon troublante, certes, mais ils ne s’étaient pas adressé la parole et n’avaient même pas été présentés.

— Je ne pensais pas trouver quelqu’un ici, déclara l’inconnu d’une voix grave, légèrement marquée par l’accent du Sud.

Le cœur de Natalia bondit.

— N’hésitez pas à venir vous asseoir, j’allais justement m’en aller, proposa-t-elle.

— J’espère que ce n’est pas moi qui vous fais fuir !

Il prit place à côté d’elle, tout en ayant soin de laisser entre eux une distance respectable.

— Vous savez qu’il n’est pas encore minuit ? reprit-il. On ne quitte pas une soirée de nouvel an avant les douze coups de minuit !

— Désolée, mais c’est pourtant ce que je viens de faire. Et vous aussi, apparemment. Nous sommes donc au moins deux à ne pas avoir respecté la tradition.

Le regard naviguant des pieds nus de Natalia aux chaussures posées devant elle, l’inconnu ne prit pas la peine de relever sa remarque.

Elle fut soudain et bêtement prise de l’envie bizarre de remuer les orteils et de lui demander ce qu’il pensait de la couleur de son vernis à ongles. Elle l’avait choisi violet, assorti à la couleur de sa robe, c’était peut-être une couleur qui le choquait ?

— Vous avez mal aux pieds ? s’enquit-il soudain.

— Oui. Mes chaussures sont trop justes.

— Dans ce cas, pourquoi les avoir achetées ?

— Elles étaient en solde.

Encore un petit mensonge. En fait, Natalia les avait achetées d’occasion, mais à quoi bon l’avouer ? Vu la coupe irréprochable du smoking de son interlocuteur, il ne s’agissait pas d’un vêtement de location. Natalia aurait parié que son voisin était le genre d’homme à n’avoir jamais mis les pieds ailleurs que dans des boutiques de luxe. Comment pourrait-il comprendre le plaisir que l’on éprouve à avoir, pour le quart du prix original, des chaussures d’une marque convoitée mais inaccessible ?

— Ce sont des Louboutin.

Un sourire amusé, voire indulgent, dansa sur la bouche bien dessinée de l’inconnu.

— Ah… tout s’explique, alors !

— Les femmes que vous fréquentez habituellement portent ce genre de chaussures tous les jours, je suppose ?

Le visage de l’homme se figea. Natalia eut l’impression qu’un rideau venait de tomber entre eux.

— Les femmes que je fréquente habituellement ?

— Oui. Vous n’êtes visiblement pas d’ici, et votre smoking est un peu trop élégant pour le standing de la fête à laquelle nous assistions.

Un sourire amusé fit naître de petites rides au coin des yeux bleu marine.

— Je vois… vous n’aimez pas la façon dont je suis habillé.

— Je n’ai pas dit ça ! rétorqua Natalia avec vivacité. Simplement, vous n’êtes pas dans le style local, c’est tout. Vous étiez où, avant de venir ici ?

— En Géorgie, répondit l’homme avec un sourire désarmant.

— Ce n’est pas ce que je vous demandais, mais peu importe !

Cet échange agréable, à la limite du flirt, lui avait bien plu, mais elle en avait assez tout à coup de ce petit jeu.

— Il faut que je rentre maintenant.

Elle ramassa ses chaussures et se mit debout.

— Non. Je vous en prie, restez ! réclama son voisin.

Lorsque le regard de Natalia plongea dans l’insondable bleu océan, elle se sentit incapable de lui refuser quoi que ce soit.

A moins que sa soudaine faiblesse ne soit liée au parfum raffiné qui émanait de lui ? Exotique, sensuel, enivrant, rien à voir avec ceux qu’elle connaissait.

— J’adore votre parfum, avoua-t-elle.

Après tout, à quoi bon jouer au chat et à la souris ? Ce soir, elle avait envie de dire tout ce qui lui passait par la tête et elle ne s’en priverait pas. C’était bien la dernière nuit de l’année, non ? Elle parlait bien à un inconnu qu’elle ne reverrait jamais, non ? Alors, au diable les convenances et les bonnes manières qui empoisonnaient le quotidien. Un peu de franc-parler ne leur ferait de mal ni à l’un ni à l’autre.

— Le vôtre me plaît beaucoup aussi, répondit-il en la prenant par le bras pour la faire asseoir.

Natalia soupira.

— Allez-y, continuez !

— Continuer quoi ?

— Dites-moi qu’il vous rappelle celui de votre mère !

Un air ahuri passa sur le visage de son compagnon.

— Mais pourquoi donc ?

— Parce que c’est Chanel N° 5, et que chaque fois que je suis sortie avec un garçon, il m’a dit que mon parfum lui rappelait celui de sa mère ou de sa grand-mère. Ça m’est égal ! Il me plaît et je n’ai pas l’intention d’en changer.

— Désolé de vous décevoir, mais ni ma mère ni ma grand-mère n’ont jamais porté ce parfum. Et pour couronner le tout, il me plaît beaucoup.

— Ah, vraiment ?

— Oui. J’ajouterai que ni ma mère ni ma grand-mère n’étaient aussi jolies que vous.

Tout en parlant, il s’était penché sur elle et avait posé le bout des doigts sur son mollet, puis sa cuisse.

Une vague de chaleur l’envahit. Des images tout à fait déplacées, mais ô combien délicieuses, commençaient à surgir dans sa tête. Dire que David lui avait dit qu’elle était à la limite de la frigidité, raison pour laquelle il la quittait ! En ce moment, elle se sentait pourtant tout sauf froide… Le simple contact de la main de cet homme sur sa peau la faisait frissonner de désir.

Les yeux bleu marine se méprirent sur le sens de ce frisson.

— Vous avez froid !

Aussitôt, il retira sa veste et la posa sur les épaules de Natalia.

Elle frissonna encore une fois, de plaisir cette fois. Le vêtement exhalait encore la chaleur du bel inconnu, et en prime, le délicieux parfum y flottait, l’enveloppant d’un voile invisible et troublant.

Elle s’y blottit, réchauffée et un peu enivrée.

— Si vous me prêtez votre veste, il faut au moins que je connaisse votre prénom.

— Shane.

Apparemment, ils n’iraient pas plus loin que les prénoms, ce qui lui convenait parfaitement.

— Moi, c’est Lia.

Officiellement, c’était Natalia, mais sa famille l’appelait Lia.

— Lia ? répéta-t-il d’une voix de velours qui coula dans ses veines comme un miel délicieux. C’est un bien beau prénom pour une bien belle femme.

Elle ne chercha pas à cacher le sourire qui lui monta aux lèvres.

— C’est ce que vous dites à toutes vos conquêtes ?

— A certaines, oui, reconnut Shane avec un petit rire. Vous êtes réellement très belle, Lia. Si vous voyiez les reflets que la lune dépose sur vos cheveux noirs, vous comprendriez mieux ce que je veux dire.

Il caressa l’une des boucles qui lui tombaient sur l’épaule, puis, comme elle ne se retirait pas, il laissa ses doigts s’enfoncer dans l’épaisseur de sa chevelure.

— Ils sont doux comme de la soie…

Son regard se posa sur les lèvres de Natalia. Inutile de se demander ce dont il avait envie. Et pourquoi pas, après tout ? Cette nuit, aux douze coups de minuit, des tas de gens en embrasseraient d’autres qu’ils ne connaissaient ni d’Eve ni d’Adam. Elle n’allait pas se plaindre qu’il le fasse avec une heure d’avance !

— Vous croyez à l’amour ? demanda Shane à brûle-pourpoint. A l’amour qui peut exister entre un homme et une femme ?

Lia se raidit, méfiante tout à coup. Non ! Il n’allait tout de même pas lui servir l’histoire rebattue du coup de foudre ! Elle y avait succombé une fois, c’était suffisant. Pas question de commettre la même erreur deux fois.

Elle le regarda dans les yeux, mais n’y trouva pas trace du « Je suis tombé amoureux de toi dès le moment où je t’ai aperçue », que lui avait servi David, et auquel elle avait cru comme si c’était parole d’Evangile.

— J’ai plaisir à penser que ça existe, mais je n’en suis pas sûre, répondit-elle avec honnêteté.

— Eh bien, je vais vous dire la vérité. Il n’existe pas. J’y ai cru, mais c’est bien fini.

Certains hommes ne portent pas d’alliance, mais Natalia jeta néanmoins un coup d’œil vers l’annulaire de son compagnon.

— Vous êtes marié ? Vous avez une petite amie ?

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