L'été de tous les dangers - La rançon du passé (Harlequin Black Rose)

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L'été de tous les dangers, Amanda Stevens

Intégrer l'équipe de John Cahill : pour Prudence Dunlop, jeune profiler au FBI, il s'agit là d'un véritable aboutissement professionnel. Pourtant, c'est avec angoisse qu'elle envisage de travailler avec celui qu'elle admire depuis des années et dont elle est secrètement amoureuse. Car Cahill, divorcé et durement marqué par la vie, a la réputation d'être intraitable et dénué de toute émotion. Tant bien que mal, Prudence s'efforce donc de dissimuler ses véritables sentiments. Jusqu'au jour où son amie Clare est assassinée, et où Cahill la choisit, elle, pour mener l'enquête avec lui...

La rançon du passé, Merline Lovelace

Lorsque Nick Jensen, son patron, l'invite à passer la soirée avec lui, l'agent Mackenzie Blair hésite à accepter sa proposition. Car, après avoir commis une fois l'erreur d'aimer passionnément un homme et d'en avoir payé le prix fort, elle s'est juré de ne plus jamais s'engager dans une relation amoureuse. Pourtant, quand, au cours du dîner, deux hommes encagoulés manquent d'assassiner Nick, Mackenzie comprend qu'elle est tombée amoureuse de lui... Résolue à élucider le mystère entourant cette tentative de meurtre, elle se lance dans l'enquête aux côtés de Nick... et découvre que celui-ci, contrairement à ce qu'elle croyait, a un passé trouble, et bien des secrets à cacher.

Publié le : lundi 1 janvier 2007
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280264204
Nombre de pages : 512
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Prologue

Je ne hais pas les femmes, O.K.? Je tiens à le préciser tout de suite pour que les choses soient bien claires. Je les adore, au contraire. Elles sont pour moi une éternelle source de fascination. Je peux les observer pendant des heures sans jamais m’ennuyer. Elles sont ma trame, ma vie. Mieux, elles sont mon air et mon eau. Sans elles, je cesserais d’exister. Vous voyez, je ne les hais pas. Pas plus que je ne les tue par plaisir sadique. Je ne me sens pas investi d’une mission, je ne suis pas amateur de frissons, je n’entends pas de voix. En fait, je ne colle à aucun de vos profils, parce que je suis différent des tueurs que vous avez connus jusqu’ici.

*  *  *

L’agent spécial John Cahill arrêta la cassette, la rembobina puis, se levant de son bureau, enfonça de nouveau la touche « lecture » et s’approcha de la fenêtre. Un frisson lui parcourut l’échine tandis que retentissait une fois de plus la voix déformée et monocorde. S’il ne la reconnaissait pas, il y avait néanmoins dans le message un je-ne-sais-quoi de familier qui ne laissait de le troubler.

La cassette avait été jointe à la pile de rapports et de photos de scènes de crime que lui avait transmise le lieutenant Bill Mayberry, le chef de la police de Houston, et portait la mention « A examiner d’urgence ». La bande originale avait été adressée à la brigade criminelle, sans autre précision, le lendemain du jour où un second corps avait été découvert dans le quartier de Montrose.

Jusqu’ici, et malgré ses efforts, le laboratoire scientifique et technique n’avait guère eu plus de chance dans l’analyse de la voix que dans la localisation de l’expéditeur. Lors de leur premier contact téléphonique, Mayberry avait précisé à Cahill que rien ne prouvait que cet étrange message soit lié aux récents homicides, mais l’instinct de ce dernier lui disait que c’était le cas, et il s’en inquiétait.

Ces deux affaires présentaient en effet d’étranges similitudes avec une série de crimes perpétrés à Houston deux ans plus tôt. Montés en épingle par les médias, ceux-ci avaient été surnommés les « Meurtres Casanova », à cause du champagne, des bougies et des pétales de roses trouvés sur les lieux, ainsi que de la rose rouge à longue tige placée entre les mains des victimes.

Selon les experts en psychologie criminelle qui avaient étudié l’affaire, Casanova — alias John Allen Stiles — gagnait patiemment la confiance de ses victimes, toutes des femmes, avant de les violer et de les étrangler. Il s’arrangeait d’abord pour les rencontrer, suite à quoi s’engageait un lent processus de séduction qui pouvait durer des jours, voire des semaines, jusqu’à ce qu’elles le fassent finalement entrer chez elles.

La question de Mayberry concernant les deux récents homicides était simple, et il avait besoin de l’opinion d’un professionnel pour y répondre : s’agissait-il oui ou non du même tueur ?

Ce qui, bien sûr, laissait entendre qu’il redoutait par-dessus tout d’avoir affaire à un imitateur.

A chaque nouvelle écoute, les craintes de Cahill se précisaient davantage. Il y avait quelque chose dans cette voix… La diction de l’homme était calme, posée, et cela ne lui plaisait pas du tout.

Les fous dangereux ne posaient pas vraiment problème. C’étaient plutôt les cérébraux tranquilles, les « monsieur Tout-le-Monde », qui lui donnaient des insomnies.

« Jessie », songea-t-il soudain. Sa fille avait prévu de venir le voir ce week-end, mais il allait devoir trouver une excuse pour l’en empêcher : s’il devait s’investir dans cette affaire, il ne voulait pas la savoir à proximité.

Or, il allait s’y investir, il le savait. Même s’il refusait encore de le reconnaître, il sentait déjà l’adrénaline affluer dans ses veines. Juste au moment où il cherchait à quitter en douceur l’unité… Depuis quelque temps, il savait que le moment était venu pour lui de changer de vie, de rompre avec la fréquentation quotidienne de la mort.

Il ne voulait plus voir les cauchemars qui le harcelaient nuit après nuit toucher de nouveau Jessie. Plus jamais.

Et pourtant, une fois de plus, il se laissait happer…

C’était la raison pour laquelle il devait la dissuader de venir ce week-end. Peut-être son instinct protecteur se manifestait-il de façon excessive, mais il ne pouvait se permettre de prendre ce risque. Pas avec Jessie. Elle représentait trop pour lui.

Elle était tout pour lui.

Il passa une main sur ses yeux fatigués. Bon Dieu, ils n’avaient pas besoin d’un nouveau revers dans leur relation ! Pas quand tout allait aussi bien entre eux, après cette trop longue tension qui avait marqué leurs rapports depuis que…

Non ! Il refusait d’y penser. Remuer le passé ne pouvait leur être d’aucun bien. Inutile de ressasser les « et si… ». Dieu savait qu’il avait failli perdre la raison à ce petit jeu-là.

Il respira à fond, plusieurs fois, afin de juguler cette rage aveugle qui menaçait toujours d’exploser lors de ses moments de faiblesse ou de fatigue. Puis il déplia lentement les poings et contempla les dernières lueurs du crépuscule.

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