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L'étreinte d'un cheikh - Exquise vengeance

De
288 pages
L’étreinte d’un cheikh, Jane Porter
Traquée par des inconnus qui veulent l’enlever, Keira se sent seule et désespérée. Comment va-t-elle pouvoir échapper au mariage forcé que son père a préparé pour elle avec un puissant dignitaire du sultanat de Baraka, un homme à la moralité douteuse ? Quelqu’un, heureusement, semble prêt à l’aider : le cheikh Kalen Nuri, l’homme qu’elle aime en secret depuis sept ans… En dépit de ses sentiments pour lui, Keira ne peut s’empêcher de s’interroger : pourquoi Kalen lui offre-t-il son secours alors que, jusqu’à présent, il l’a toujours ignorée ? 

Exquise vengeance, Sharon Kendrick
Engagée pour organiser une réception princière, Sienna a hâte de rencontrer son nouveau client. Quelle n’est pas sa surprise de découvrir que celui-ci n’est pas un inconnu pour elle ! Il s’agit d’Hashim Al Aswad, l’homme qui, cinq ans plus tôt, l’a rejetée croyant – à tort – qu’elle l’avait trahi. Hashim qui n’a pas voulu entendre les explications de Sienna et qui a promis de se venger d’elle…
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Couverture : Jane Porter, L’étreinte d’un cheikh, Harlequin
Page de titre : Jane Porter, L’étreinte d’un cheikh, Harlequin

Prologue

Les informations transmises par sa police secrète mettaient en rage l’élégant et richissime cheikh Kalen Nuri. Elles témoignaient de mœurs d’un autre âge et donneraient certainement, aux yeux du monde, une piètre image du sultanat de Baraka.

Il connaissait désormais tous les éléments du complot et était bien décidé à le faire échouer.

Vidant d’un trait son verre de Martini, il le reposa sur la table. De passage à New York pour y négocier un important marché, conclu avec succès, il prenait un instant de détente au bar d’un des meilleurs hôtels de la ville.

Le cheikh Nuri finissait toujours par obtenir ce qu’il voulait. Ses manières policées dissimulaient un tempérament de chasseur. Sur son fringant coursier, il adorait parcourir le désert et les montagnes de son pays, son faucon au poing, à la poursuite d’une proie. Là était sa vraie place.

Mais les nouvelles reçues étaient alarmantes. Les conspirateurs allaient passer à l’action. Dans les heures à venir, une jeune fille serait enlevée, transportée en avion privé au-delà de l’océan Atlantique, puis séquestrée jusqu’à ce qu’elle se plie à la volonté de son père et se marie avec un homme de vingt ans son aîné, laid et ventru, déjà pourvu de quatre épouses et d’une kyrielle d’enfants.

Puis viendrait le pire : l’assassinat du sultan et de ses deux jeunes fils…

Le cheikh Kalen Nuri serra ses poings. Personne ne devait toucher à sa famille. Personne ne devait attenter à la vie de son frère Malik et de ses enfants. Personne ! Ceux qui avaient fomenté ce sinistre projet le trouveraient sur leur route.

Pour commencer, Omar al-Issidri, le chef de cabinet de son frère, qui se préparait à livrer sa fille à l’odieux Ahmed Abizhaid, fondamentaliste radical, devait être mis hors d’état de nuire.

Al-Issidri n’était qu’un jouet entre les mains d’Abizhaid. Ce dernier, dangereux et violent, ambitionnait de s’emparer du pouvoir. Il avait de nombreux forfaits à son actif et du sang sur les mains.

Hélas, son frère Malik — profondément honnête et bon — refusait de croire aux manœuvres diaboliques d’une partie de son entourage pour l’évincer.

Kalen serra les mâchoires. Ce mariage entre la jeune et belle Keira al-Issidri et l’infâme Abizhaid ne pouvait avoir lieu. De plus, cette alliance contre nature permettrait à Ahmed de se rapprocher du palais pour commettre son crime odieux…

Il devait agir vite. Le temps pressait.

Chapitre 1

Si elle en avait eu le pouvoir, Keira aurait volontiers remonté le temps pour effacer un événement de son passé. Mais qui a jamais été doté d’un tel pouvoir, à part les génies des lampes magiques, si chers au cœur des Orientaux ?

Que n’aurait-elle donné pour oublier cette fameuse soirée de ses seize ans, durant laquelle elle avait désobéi à son père, Omar al-Issidri, chef de cabinet du sultan ! Pour cet homme à la stricte éducation, que sa fille puisse se rendre à une soirée d’anniversaire où elle aurait pu boire, danser, rencontrer des garçons, était tout simplement impensable.

Elle le savait, elle aurait dû l’écouter. Mais, aujourd’hui, sept ans après cette expérience tragique dont il n’avait rien su, il n’avait plus le droit de la traiter comme une adolescente irresponsable.

Adulte désormais, elle se sentait libre de ses choix de vie. Il lui restait à en persuader son père qui, au téléphone, venait de lui faire une proposition pour le moins révoltante…

— Epouser Ahmed Abizhaid, vous n’y pensez pas, père ! Vous ne pouvez exiger de moi pareille monstruosité !

A l’autre bout du fil, l’impatience fit claquer la langue d’Omar al-Issidri.

— Ce qui est monstrueux, ma chère fille, c’est qu’à vingt-trois ans, tu ne sois toujours pas mariée ! Cela déshonore mon nom.

Keira crispa ses mains sur le combiné à l’énoncé de cette morale pour le moins rétrograde. Dans le sultanat de Baraka, une fille devait se marier jeune et vierge, il en allait de la réputation de sa famille.

Sa mère — féministe convaincue — avait dû fuir ce pays et ses traditions pour s’installer à Manchester, en Angleterre, son pays natal.

« Une femme doit pouvoir décider seule de son destin ! » répétait à l’envi sa génitrice, ce qui ne semblait visiblement pas être l’avis de son père.

— Ahmed Abizhaid est un homme riche et puissant, Keira, reprit-il d’une voix forte.

— Cela importe peu.

Un instant, il n’y eut plus sur la ligne que la rumeur des satellites.

— Tu te trompes, Keira. Cela importe, au contraire, beaucoup. Pour toi. Pour moi. Pour notre famille. Tu dois accepter ce mariage. Ahmed Abizhaid t’a choisie comme épouse. C’est un grand honneur.

Keira laissa échapper un soupir de découragement. Son père serait totalement sourd à ses arguments, sa mère l’en avait avertie. Omar al-Issidri n’écoutait jamais personne, surtout pas une femme. C’est pourquoi elle avait choisi de s’éloigner de lui pour retrouver son mode de vie occidental, emmenant sa fille afin de la soustraire à des lois trop sévères.

Keira porta la main à son front moite. Elle éprouvait un réel attachement pour son père, mais le fossé creusé peu à peu entre eux semblait être devenu un gouffre. Avait-il seulement conscience de ce qu’elle était devenue : une femme autonome, à mille lieues des traditions ancestrales de Baraka, sultanat minuscule, cerné par les montagnes et le désert, sur une rive africaine de la Méditerranée ?

— J’habite à Dallas, père. Aux Etats-Unis. J’ai un travail, des amis…

— Mais pas de mari !

— Je n’ai que faire d’un mari, pour l’instant ! Je viens de terminer mes études et d’obtenir un poste à haute responsabilité dans une grande entreprise. Rien ne presse. Le monde bouge, père. Les femmes ont le même potentiel que les hommes pour entamer la carrière de leur choix. Mes professeurs m’ont encouragée. Ils affirment que je suis douée.

— Balivernes ! Tout cela, c’est la faute de ta mère ! Voilà le résultat de son éducation ! Jamais je n’aurais dû lui permettre de t’emmener loin du sultanat et de ses valeurs. J’aurais dû te garder auprès de moi, te protéger. Elle n’avait aucune disposition pour être une bonne mère !

Keira retint les mots peu aimables qui lui venaient aux lèvres. Depuis sa naissance, ses deux parents n’avaient cessé de se faire une guerre dont elle était l’enjeu.

— Ce mariage est la chance de ta vie, Keira, répéta Omar al-Issidri. Il sera pour nous tous une occasion de réjouissance.

« Pas pour moi ! » pensa Keira, la gorge nouée au souvenir de ce qui s’était passé lors de cette fameuse soirée.

— Je ne veux pas me marier !

— Ce que tu veux importe peu, ma fille ! Moi, ton père, j’ai décidé que ce mariage était ce qu’il y avait de mieux pour toi et tu dois m’obéir sans discuter. Tu es ma fille unique. Tu es mon futur.

— Je suis assez grande pour construire le mien selon mes désirs.

Omar al-Issidri eut un grognement rageur.

— Ne jette pas l’opprobre sur notre famille, Keira al-Issidri !

La jeune femme soupira de nouveau. Toute discussion était vouée à l’échec. Son père ignorait qu’elle avait perdu en une soirée ce qui faisait sa plus grande valeur à ses yeux : sa virginité.

— Je vais devoir raccrocher, père. On m’attend. Je ne peux être en retard.

— On t’attend ! Pour faire quoi ? Tu ne travailles pas un dimanche matin, tout de même ?

— Je fais partie d’un groupe de danse. Nous faisons parfois des animations, le week-end.

Un silence réprobateur accueillit cette information. Keira n’en fut pas surprise. Son père n’avait jamais approuvé qu’elle prenne des cours de danse. Lorsqu’elle avait atteint l’âge de douze ans, il lui avait tout simplement ordonné de cesser toute relation avec cette forme d’art.

Elle avait désobéi.

Découvrant son inscription à l’école du Royal Ballet et son interprétation pour le spectacle de fin d’année, Omar al-Issidri était entré dans une de ses colères homériques.

Sa fille, en collant et tutu sur une scène, quel scandale !

Il n’était pas question, selon lui, qu’elle ait le moindre contact physique avec un représentant de la gent masculine !

La mère de Keira avait dû céder. « Tu ne dois pas braver la colère de ton père, ma fille. Il est moins tout-puissant que capable de tout. »

— Je croyais que tu avais arrêté ces satanés cours de danse ! vociféra Omar al-Issidri à l’autre bout d’un fil de quinze mille kilomètres.

— Je l’ai fait, père.

Sa frustration était encore vive. Sous l’injonction de son père et de sa mère, Keira avait dû, à l’adolescence, abandonner ses rêves les plus chers.

Mais, aujourd’hui, devenue adulte, elle avait choisi de vivre aux Etats-Unis, le plus loin possible de ses deux géniteurs. Là était son avenir.

Pour rien au monde, elle ne reviendrait vivre au Baraka !

D’ailleurs, elle le regrettait sincèrement. Le pays était d’une grande beauté et son mélange de cultures — berbère, bédouine, arabe et européenne — fascinant. Si seulement le statut de la femme y avait un peu évolué, depuis les temps anciens ! En ce début du XXIe siècle, l’épouse y restait soumise à l’autorité de son père et de son mari. Ainsi l’exigeait la loi. Et la loi parlait :

— Keira, ma fille, tu ne peux ignorer tes responsabilités !

— Je suis désolée, père, mais de toute évidence, nous n’avons pas la même conception de la responsabilité. Jamais je ne pourrais me résoudre à accepter un mariage arrangé. Pour moi, être responsable, c’est pouvoir décider de sa vie.

Keira retint sa respiration. Quelle allait être la réaction de son père à cette insubordination manifeste ?

Comme elle pouvait s’y attendre, elle fut cinglante.

— Vingt-quatre heures. C’est le temps que je t’accorde pour faire tes valises et venir me rejoindre au Baraka.

— Non !

— Ce n’est pas une proposition, ma fille, mais un ordre ! Si tu ne viens pas de ton plein gré, j’enverrai quelqu’un te chercher.

Sur ces mots, il raccrocha.

Keira étouffait de rage. Quelle tête de mule ! Il ne pouvait pas exiger d’elle une obéissance aveugle à son bon vouloir ! Il s’agissait de sa vie, de son avenir, de son bonheur !

Tel un automate, elle prit son sac et son manteau et se dirigea vers sa voiture. Ses mains sur le volant tremblaient tandis qu’elle se dirigeait vers le stade où aurait lieu le match de foot.

Epouser un homme qu’elle ne connaissait pas, jamais !

A l’un des feux rouges du trajet, elle composa le numéro de son père sur son téléphone portable.

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