//img.uscri.be/pth/e2d0cb45373ea0748254891423c2c12842963d47
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

L’héritage de Fanny

De
216 pages
Les cousines Amanda, Sophie et Fanny Broadmoor sont comme des soeurs, mais quand leur grand-père décède, les dispositions de son testament pourrait bien rompre le lien qui les unit. À 17 ans, Fanny n’a jamais attaché beaucoup d’importance aux conventions sociales. En fait, elle a accordé son amour à Michael, le gardien de bateaux de la famille. Mais lorsqu’elle reçoit un étonnant héritage, elle se rend compte à quel point la société peut être tyrannique... et qu’elle pourrait accorder sa confiance aux mauvaises personnes. Fanny osera-t-elle écouter son coeur et risquer de s’aliéner sa famille? Qu’arriverait-il si elle perdait tout ce qu’elle a toujours connu? Tout se résume à un choix: que souhaite-elle laisser comme héritage?
Voir plus Voir moins
Copyright © 2008 Tracie Peterson et Judith Miller Titre original anglais : The Broadmoor Legacy: A Daughter’s Inheritance Copyright © 2012 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec Bethany House, une division de Baker Publishing Group, Grand Rapids, Michigan. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Guy Rivest Révision linguistique : Féminin pluriel Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Carine Paradis Mise en pages de la couverture : Sylvie Valois Design de la couverture : John Hamilton Design Photo de la couverture des 1000 Îles : réimpression avec la permission du livre1000 Islands e d’Ian Coristine, son 4 livre de photo de cette région. Mise en pages : Sylvie Valois ISBN papier 978-2-89667-685-9 ISBN PDF numérique 978-2-89683-643-7 ISBN ePub 978-2-89683-644-4 Première impression : 2012 Dépôt légal : 2012 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et
Bibliothèque et Archives Canada Peterson, Tracie L’héritage de Fanny (L’héritage des Broadmoor ; 1) Traduction de: A daughter’s inheritance. ISBN 978-2-89667-685-9 I. Miller, Judith, 1944- . II. Rivest, Guy. III. Titre. PS3566.E763D3814 2012 813’.54 C2012-941370-4
Conversion au format ePub par:
www.laburbain.com
À la mémoire d’Edward et de Louise Hugues, l’oncle et la tante qui ont fait de mes vacances d’été des périodes extraordinaires et créé d’agréables souvenirs. — Judith Miller
1 Dimanche 2 août 1891 Île Broadmoor, Mille-Îles
Le rire de Fanny Broadmoor, onze ans, résonnait dans l’air chaud de l’été tandis qu’elle grimpait la berge du fleuve. La journée avait été parfaite, et elle ne pouvait s’empêcher de s’en réjouir. Son compagnon tira légèrement sur sa queue de cheval. — Qu’est-ce qui te fait rire ? lui demanda Michael Atwell, quinze ans. Michael passait toute l’année sur l’île avec ses parents, les principaux gardiens du château de la famille Broadmoor et de leur domaine insulaire. — Il me faut une raison ? demanda Fanny. Je suis juste de bonne humeur. On a attrapé plusieurs poissons. Ta mère sera contente. — Je pense que ta grand-mère sera moins contente en voyant que tu as passé la journée au soleil. Tu as bien une centaine de taches de rousseur de plus. Fanny porta la main à son visage et haussa les épaules. — Papa dit qu’elles vont bien avec mes cheveux roux et il les trouve belles. Michael brandit la rangée de poissons sur leur fil. — Je pense que ceux-là sont bien plus beaux. Quand ma mère les aura cuits, tu penseras la même chose. Fanny lui adressa un sourire rempli d’admiration. Elle vénérait presque la poussière sous ses pas. Il était audacieux et aventureux, et ne manquait jamais de la traiter avec gentillesse. Les autres domestiques l’ignoraient comme si elle n’était qu’une enfant, mais pas Michael. Il était toujours prêt à l’écouter et jamais trop occupé pour s’arrêter et combler ses besoins. — Tu traînes, fit Michael, en approchant de la maison. C’est probablement à cause de tous tes fous rires. Fanny le rejoignit et rangea les cannes à pêche qu’elle portait. — Grand-mère dit que la bonne humeur, c’est le secret d’une longue vie. Michael ouvrit la porte et lui sourit. — Alors, tu devrais vivre cent ans. — Ah, vous voilà, dit madame Atwell, alors qu’ils entraient dans la cuisine. Je pensais devoir envoyer ton père pour vous trouver. Elle jeta un coup d’œil sur les poissons. — Je vois que vous avez fait une bonne pêche, ajouta-t-elle. — La meilleure, acquiesça Fanny. J’ai attrapé le premier poisson, puis Michael a pris les deux autres. Ensuite, j’ai perdu le compte. Madame Atwell éclata de rire. — Eh bien, le menu du souper est décidé. Mettez-les là, dans l’évier. Elle fit un signe de la tête en direction de son fils. — Je suppose que vous n’allez pas refuser un rafraîchissement. — Non. On a tout mangé ce que tu avais mis dans le panier, mais maintenant, on est affamés. — Ça ne me surprend pas, répondit madame Atwell, en ébouriffant affectueusement la chevelure brune ondulée de son fils. Je vais vous apporter des rafraîchissements sur la véranda, mais je dois d’abord aller chercher le père de Fanny. J’allais partir quand vous êtes arrivés. Votre grand-mère veut lui parler. — Je vais y aller, lui répondit Fanny. Où est-ce qu’il est allé ? — À votre endroit préféré, fit madame Atwell avec un sourire sympathique. Là où il amenait toujours votre mère, puis maintenant vous. Fanny hocha la tête avec enthousiasme.
— J’y vais. C’est tout près. — Je l’accompagne, intervint Michael. C’est trop loin pour qu’une jeune fille y aille toute seule. — L’île n’est pas si grande, déclara Fanny, et j’ai onze ans. — Et tu es très entêtée, remarqua Michael en riant. — D’accord, allez-y tous les deux. Mademoiselle Fanny, ce serait sage de laisser Michael vous accompagner. En plus, si je me souviens bien, votre père a apporté un panier à pique-nique. Michael pourra me le rapporter. Fanny n’avait réellement aucune objection à ce que Michael lui tienne compagnie, mais elle ne voulait pas qu’il la considère comme une enfant sans défense qu’on avait besoin de surveiller. Ils traversèrent la pelouse bien entretenue et se dirigèrent vers le nord de l’île, où la forêt devenait moins dense et débouchait sur des promontoires rocheux. Fanny savait où elle allait trouver son père. Langley Broadmoor lui avait souvent raconté, à sa grande joie, comment il avait courtisé sa mère sur cette île, comment ils aimaient dérober quelques moments paisibles ensemble dans un endroit isolé pendant leur idylle enivrante. Fanny adorait y venir chaque année. Cette île lui donnait l’impression que sa mère était encore présente, du simple fait qu’elle avait aimé cet endroit. La famille essayait toujours de passer quelque temps sur l’île pendant les mois chauds d’été. Les Mille-Îles, dans le fleuve Saint-Laurent, étaient fort en vogue auprès des gens très fortunés, et leur popularité ainsi que leur opulence n’avaient fait que s’accroître depuis l’année où son grand-père avait acheté l’île. Ce qui n’avait d’abord été qu’une modeste retraite estivale était devenu un magnifique domaine avec un château de six étages qui comptait plus de cinquante pièces. — J’ai trouvé des fossiles par là, lui dit Michael. Peut-être qu’on pourrait aller en chercher d’autres demain. — Ça serait épatant, répliqua Fanny, puis elle fronça les sourcils. Oh, mais je ne peux pas. Ton père nous conduit demain à une fête d’anniversaire sur une des autres îles. Amanda et Sophie insistent pour que j’y aille. — Tes cousines peuvent être plutôt autoritaires, mais je suis sûr que tu vas t’amuser bien plus en faisant la fête qu’en fouillant la terre avec moi. Fanny songea à nier cette idée, mais aperçut son père à quelque distance le long du sentier. Il était adossé à un arbre, le panier près de lui. Il s’était apparemment endormi pendant qu’il observait le fleuve. — Papa ! cria Fanny en courant sur le sentier, réussissant à peine à conserver son équilibre quand elle trébuchait sur des pierres éparses. — Tu vas trop vite, petite oie ! lui cria Michael. Tu pourrais tomber et déchirer ta robe. Fanny ralentit légèrement sa course. — Papa, réveille-toi. Grand-mère veut te voir, lui dit-elle en s’agenouillant à ses côtés. Elle tendit le bras et le secoua, mais il n’ouvrit pas les yeux. — Papa ? Elle le secoua de nouveau et cette fois, son corps s’affaissa. Sa main glissa par terre, révélant une petite photographie encadrée de sa mère. — Michael, quelque chose ne va pas, fit-elle en levant les yeux vers lui. Il… est malade. Il ne se réveille pas. Fanny le secoua davantage, mais il s’affaissa encore plus. — Papa ! En moins d’une seconde, Michael se trouvait à ses côtés. — Monsieur Broadmoor, réveillez-vous. Il frôla l’homme de la main, puis la retira aussitôt.