L'héritage des Granger

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Premier tome d'une trilogie.

Des années plus tôt, Jace, Caden et Dalton Granger ont laissé derrière eux Charlottesville, la maison de leur enfance, et les terribles souvenirs qui y sont attachés. Mais, aujourd’hui, ils sont de retour pour exaucer le dernier souhait de leur défunt grand-père : sauver l’entreprise dans laquelle des générations de Granger ont mis toute leur énergie et leur passion.

Lorsqu’il découvre que Granger Aeronotics, qu’il a toujours connue florissante et à la pointe du progrès, est aujourd’hui au bord de la faillite, Jace n’a qu’une envie : claquer la porte et retourner à la vie qu’il s’est construite loin de Charlottesville. Hélas, comment le pourrait-il alors qu’il a solennellement juré à son grand-père, sur son lit de mort, de reprendre les rênes de l’entreprise familiale ? S’il veut sauver Granger Aeronotics et démasquer le traître qui a vendu certains de leurs secrets de fabrication à leur plus grand concurrent, Jace n’a qu’une solution : faire appel à Shana Bradford, la meilleure consultante de la ville.
Mais à peine pose-t-il les yeux sur la jeune femme qu’il pressent que cette collaboration sera bien plus difficile qu’il ne l’avait envisagé. Comment consacrer toute son énergie à sauver Granger Aeronotics, comme la situation l’exige, alors que les formes pulpeuses, la voix douce et le regard lumineux de Shana l’obsèdent jour et nuit ?

A propos de l’auteur :

Mariée depuis plus de quarante ans à son amour d’enfance, Brenda Jackson est une romantique dans l’âme. Dès lors, comment s’étonner de son talent inimitable pour partager avec nous des histoires intenses, vibrantes de vie et de passion ? Avec plus de 70 romans à son actif — et 3 millions d’exemplaires vendus —, elle apparaît régulièrement dans la liste des auteurs de best-sellers du New York Times et de USA Today.

Publié le : jeudi 1 mai 2014
Lecture(s) : 29
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280319140
Nombre de pages : 352
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A l’amour de ma vie, mon époux et meilleur ami, Gerald Jackson, Sr.

A tous ceux qui se joindront à moi pour la croisière en Alaska en 2013. Ce roman est pour vous !

A mon merveilleux père, qui m’a transmis le don de l’écriture.

Par amour fraternel, soyez pleins d’affection les uns pour les autres. Par honneur, usez de prévenances réciproques.

Romains 12, 10

Prologue

— Monsieur le président, le jury a-t-il rendu son verdict ?

La voix du juge résonna dans la grande salle d’audience qui s’était figée, silencieuse, immobile, comme suspendue à ses lèvres.

Le procès de l’Etat de Virginie contre Sheppard Granger avait duré cinq semaines. Les huit hommes et quatre femmes du jury venaient de délibérer pendant seize longues heures.

— Oui, Votre Honneur.

— Voulez-vous remettre le verdict à la cour, je vous prie ?

Quelques secondes plus tard, l’huissier présentait le document au juge, lequel en prit connaissance avant de le tendre au greffier.

Sheppard Granger ne manifesta aucune émotion quand le greffier se tourna vers le public pour lire d’une voix forte et claire les quelques lignes qui allaient décider de son destin. Il fut tenté de jeter un coup d’œil par-dessus son épaule, vers ses trois fils — Jace, seize ans, Caden, quatorze, et Dalton, qui fêterait son douzième anniversaire dans quelques jours. Il aurait tant voulu être acquitté, au moins pour eux. Tous les jours il priait pour qu’ils croient en son innocence. Jamais il n’aurait pu tuer leur mère — ne fût-ce que pour eux, parce qu’il les aimait —, il voulait qu’ils le sachent.

Mais il n’eut pas le courage d’affronter leur regard et écouta, la tête bien droite, l’huissier qui poursuivait la lecture du verdict d’un ton solennel.

— A l’accusation de meurtre au premier degré sur la personne de Sylvia Granger, le jury a répondu coupable.

Sheppard sentit ses genoux flageoler, mais il lutta pour ne pas retomber sur sa chaise. Il songea aussitôt à ses fils qu’il ne verrait plus. On allait le déchoir de ses droits paternels et les confier à son père, Richard Granger, qui en deviendrait légalement responsable.

L’huissier avait terminé, le juge prit la parole. Il s’adressait à la cour, mais ce fut tout ce que Sheppard comprit. Le marteau qui cognait dans sa tête l’empêchait de distinguer les mots. Plus rien n’avait d’importance. Une unique pensée tournait à présent en boucle dans son crâne avec une clarté aveuglante : sa vie avait basculé. Irrévocablement. Pour toujours.

Première partie

Nous ne nous souvenons pas des jours ; nous nous souvenons des instants.

(Anonyme)

1

Quinze ans plus tard

Jace Granger but lentement une gorgée de vin et en profita pour jeter un regard discret du côté de la grosse horloge accrochée au mur en face de lui. Elle lui permit de constater qu’il était assis à cette table de restaurant — un restaurant chic de Los Angeles — depuis exactement une heure et douze minutes. Il avait hâte d’en finir et de s’en aller.

Il avait eu tort de se laisser convaincre par Alan d’accepter ce rendez-vous. En tant qu’ami, Alan s’inquiétait de sa solitude et il avait cru bon de lui organiser cette rencontre. Mais rencontrer des inconnues n’avait jamais été le truc de Jace et il avait su dès les premières minutes que la soirée était fichue d’avance. Angela Farlow était sans aucun doute canon — il lui reconnaissait volontiers cela —, mais il passait avec elle un moment pénible. Pour commencer, elle parlait trop. Elle avait beaucoup à dire… Beaucoup trop. Et à propos de rien.

Il porta de nouveau son verre de vin à ses lèvres et écouta, ou plutôt fit semblant d’écouter. Il avait tenté de glisser quelques idées et points de vue personnels, mais elle lui avait coupé la parole sans vergogne, lui montrant ainsi le peu de cas qu’elle faisait de l’opinion des autres.

Il profita d’un blanc dans la conversation pour détacher ses yeux de la pendule et les poser de nouveau sur la jeune femme, dont les lèvres voluptueuses esquissaient une moue.

— Pourquoi ai-je l’impression que je vous ennuie ? demanda-t-elle à voix basse.

Parce que c’est le cas, fut-il tenté de répondre. Mais, comme il était un gentleman, il fit l’effort de se montrer délicat.

— C’est une fausse impression, je ne vous trouve pas du tout ennuyeuse, bien au contraire, assura-t-il en affichant un beau sourire. En vérité, je vous trouve tout simplement exceptionnelle.

Ça, au moins, ça n’était pas un mensonge. Il n’y avait pas beaucoup de femmes comme elle. Du moins, il l’espérait.

— Eh bien, répondit-elle en souriant au compliment, assez parlé de moi ! A présent, c’est à vous de vous dévoiler. Alan m’a dit que vous aviez fait la fac de droit ensemble et que, en tant que procureur général, vous étiez chargé de maintenir notre grand Etat de Californie sur le chemin étroit de la justice.

Elle posa son menton dans ses mains.

— Vous êtes diplômé d’U.C.L.A. et vous en êtes sorti major de votre promotion. Qu’est-ce qui vous a poussé à travailler pour le gouvernement plutôt que pour un cabinet privé ?

La question agaça Jace. Décidément, il préférait encore quand elle parlait d’elle. Elle avait mis le doigt sur son point sensible. Il ne supportait pas qu’on lui fasse remarquer qu’il aurait pu mener une brillante carrière dans un cabinet privé — sous-entendu, pour gagner plus d’argent. Eh bien, non ! il ne cherchait pas à gagner plus d’argent. Il avait été élevé dans l’opulence. On l’avait destiné depuis sa plus tendre enfance à devenir un leader et à mener une vie de millionnaire. Il avait tout fait pour échapper à ce destin et il savait pourquoi.

Il haussa les épaules d’un air indifférent avant de servir à cette mijaurée le laïus qu’il réservait à ceux qui avaient le culot de le questionner sur ses choix professionnels. Avec un zeste d’agacement dans le ton, il lui expliqua qu’il préférait être au service des citoyens plutôt que de cirer les pompes de clients fortunés. Il ne s’attendait pas à ce qu’elle comprenne. Pas plus que les autres. Mais, ça, il s’en fichait.

Posément, il but une nouvelle gorgée de vin, tout en souriant en son for intérieur. Pour la première fois de la soirée, son interlocutrice demeura muette. Bien sûr, elle ne comprenait pas. Elle était persuadée, comme beaucoup de gens, et notamment comme Eve, l’ex-femme de Jace, que plus quelqu’un avait d’argent et plus il était heureux. Une théorie fumeuse, Jace était bien placé pour le savoir.

Il ne fut pas surpris, et encore moins déçu, quand la dame proposa d’en rester là pour la soirée. Justement, ça lui allait très bien. La dernière chose dont il avait envie, c’était de sortir avec une femme qui ne pensait qu’à l’argent, comme son ex.

Une heure plus tard, il rentrait chez lui, enfin, soulagé d’être débarrassé de cette Angela dont il ne croiserait sans doute plus le chemin. Il supposa qu’elle était au téléphone avec Alan en ce moment même, en train de lui dire tout le bien qu’elle pensait de ce rendez-vous avec un homme dénué d’ambition.

Jace ôta sa veste. Il s’apprêtait à la ranger dans sa penderie quand son téléphone portable sonna. Il se demanda si c’était Alan, déjà, qui appelait pour lui faire la leçon. En vérifiant l’identité de l’appelant, il constata que ce n’était pas Alan, mais son grand-père. Il était minuit passé en Virginie. Pourquoi le vieil homme l’appelait-il si tard ?

— Oui, grand-père ?

— Jace ?

Il fronça les sourcils. Ce n’était pas la voix grave et autoritaire de son grand-père, mais une voix de femme — plus précisément celle de la gouvernante.

— Hannah ?

— Oui, c’est moi. Il faut que tu viennes tout de suite, Jace.

Son cœur tressaillit. Il était toujours ému à l’idée de retourner dans la maison de son enfance, cette grande demeure tellement chargée de souvenirs.

— Pourquoi ? Qu’est-ce qui se passe ?

— C’est ton grand-père. Il a eu une crise cardiaque et il ne va pas bien du tout. C’est sérieux, Jace.

Jace prit une profonde inspiration. Une crise cardiaque ? Son grand-père ? Cet homme solide comme un roc ? Mais il connaissait Hannah. Elle était la gouvernante des Granger depuis très longtemps. Elle n’était pas du genre à en rajouter et n’avait aucun goût pour le drame. Si elle disait que c’était sérieux, ça l’était. Il se passa la main sur le visage.

— D’accord, dit-il. Je me mets en route immédiatement.

— Et ton père, Jace ? Tu peux te charger de le prévenir ?

— Oui. J’appelle Smallwood.

— Très bien. J’ai essayé de joindre Caden, mais je n’ai même pas pu lui laisser un message. Sa boîte vocale est saturée. Quant à Dalton, je ne sais pas du tout comment le joindre. Il change de numéro de téléphone aussi souvent que de maîtresse.

Jace ne put s’empêcher de sourire. Hannah n’avait pas changé, elle avait toujours son franc-parler.

— Je m’arrangerai pour le joindre, ne vous en faites pas, Hannah.

Il repoussa dans un coin de son esprit le souvenir de la violente querelle qui l’avait opposé à ses frères, la dernière fois qu’ils s’étaient retrouvés.

— Je suis très inquiète pour ton grand-père, Jace.

Elle n’avait pas besoin de le préciser, il l’avait déjà compris à sa voix. En dépit du ton posé et professionnel, le désarroi d’Hannah était perceptible. Hannah ne se laissait pas facilement démonter. Ce devait être très sérieux, en effet.

— Calmez-vous, lui dit-il. Et reposez-vous à la maison. Nous n’avons pas besoin de vous à l’hôpital. Je suppose qu’on l’a emmené au St Francis Memorial ?

— Oui. Il est hospitalisé dans l’aile Ava Granger.

— D’accord, répondit simplement Jace.

L’aile Ava Granger… Quelle ironie. La partie de l’hôpital financée par son grand-père près de vingt ans plus tôt et qui portait le nom de feu sa grand-mère.

Il n’était alors qu’un enfant, mais il n’avait pas oublié la cérémonie d’inauguration, avec la famille au grand complet — son grand-père, ses frères, son père et… sa mère.

Mais il ne voulait pas penser à sa mère. Ni à son père. Pas maintenant. Il ne voulait pas penser à la manière dont sa mère était morte. Ni à son père accusé à tort d’être son assassin.

— Jace, ce sera bon de te revoir. Même si j’aurais préféré que ce soit dans d’autres circonstances.

Lui aussi aurait préféré d’autres circonstances.

— Je prendrai le premier avion dans lequel je trouverai de la place, Hannah. Tenez bon jusqu’à mon arrivée.

Il raccrocha et appela Caden, qui comprit aussitôt l’urgence de la situation.

Dalton allait être plus difficile à convaincre.

Il décida de réserver son vol et de faire ses bagages avant d’affronter sa tête de mule de petit frère.

4eme couverture
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