L'héritier des Donatelli

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Si Lauren a décidé de sortir de sa solitude pour assister au bal de Noël donné dans le plus bel hôtel de New York, c’est parce que c’est sa seule chance d’avouer son secret à Paolo Donatelli, un secret qu’elle garde depuis de longues semaines maintenant. Trois mois plus tôt en effet, Lauren s’est abandonnée au désir fou que Paolo lui a toujours inspiré : parce qu’elle voulait échapper pour quelques heures à son quotidien, parce qu’elle voulait goûter, pour une fois, au bonheur et à la volupté. Hélas, ces quelques heures ont bouleversé sa vie… Enceinte, Lauren sait qu’elle ne pourra dissimuler sa grossesse très longtemps. Avant que la presse, qui guette le moindre de ses gestes, ne s’en charge, elle doit avertir Paolo, en dépit de tout le mépris qu’il a désormais pour elle…
Publié le : lundi 1 septembre 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280318020
Nombre de pages : 160
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Ce n’étaît pas a premîère foîs que Lauren Bradey se demandaît sî ee n’étaît pas en traîn de franchîr a îgne rouge. Depuîs pusîeurs semaînes, a femme épanouîe et îndépendante qu’ee rêvaît de devenîr prenaît des aures de manîfestante au poîng evé. Les mots « effrontée », « radîcae » et « escandre » se mettaîent aors à résonner dans un coîn de sa tête. Natureement, dès que cette pénîbe petîte îtanîe de reproches se décenchaît, ee avaît ’împressîon de reconnaïtre a voîx de sa mère… Chassant ’une de ses ongues nattes brunes derrîère son épaue, Lauren prîa ’absente de se taîre et reporta toute son attentîon sur ’austère jeune femme postée derrîère e comptoîr d’accueî du très prestîgîeux saon de coîffure de ’hôte où ee étaît descendue. Le coup d’œî gacîa auque Lauren avaît eu droît î y a un înstant avaît tout d’un adîeu, et une petîte voîx uî souflaît de s’écîpser sans demander son reste. Maîs, à a perspectîve de a soîrée à venîr, son cœur battaît foement. « Suîs-je capabe d’oser ? » se demanda-t-ee, saîsîe d’appréhensîon. Ee devaît avoîr ’aîr d’une sîmpe tourîste venue à New York pour une coupe de cheveux très chîc à exhîber au retour de vacances… Maîs pour ee, c’étaît teement pus împortant que ça ! Ee étaît sur e poînt de prendre enin e contrôe
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de sa vîe — même sî ee n’auraît jamaîs îmagîné que cea se produîraît de cette façon. Or, pour y parvenîr, encore faaît-î abandonner a Lauren quî sourîaît toujours avec tîmîdîté en prenant e sîège du dernîer rang. Sî ee ne pouvaît pas suîvre son premîer éan, autant tout oubîer, aer récupérer ses bagages et partîr s’enfermer dans a vîa de sa grand-mère, où ee éèveraît seue son bébé ! Non ! Instînctîvement, ee se redressa et regarda ’hôtesse quî avaît prîs un appe pour mîeux uî sîgnî-ier qu’ee ne uî prêtaît pus a moîndre attentîon. Ces queques secondes suppémentaîres permîrent à Lauren de se redonner une contenance et d’aficher un sourîre îrrésîstîbe face à son înterocutrîce passabe-ment agacée. A peîne cee-cî eut-ee raccroché que Lauren ança d’une voîx peîne d’assurance : — I doît y avoîr un maentendu… Je partîcîpe au gaa de charîté Donateî, ce soîr. Le sésame eut ’effet escompté : même sî ’hôtesse sembaît très jeune, sa bouche s’arrondît et ses cîs încroyabement ongs battîrent soudaîn en sîgne de respect. Eh ouî… La sîmpe évocatîon du nom de Paoo Donateî coupaît e soufle à n’împorte quee femme ! Lauren savoura e petît frîsson que uî procuraît ce sembant de pouvoîr. Bon, ee venaît de jouer a carte duname droppinget n’en étaît pas très ière, maîs… en même temps, jamaîs ee n’avaît trouvé ’audace de se servîr de ce genre d’argument, avant aujourd’huî ! Magré ’expressîon d’effroî qu’ee n’îmagînaît que trop bîen sur e vîsage de sa mère, ee entendît a voîx de sa grand-mère uî soufler : « Bravo, chérîe ! » Serrant a bandouîère de sa grande besace, ee reprît donc d’un ton mîeeux : — Vous êtes absoument certaîne que vous n’avez rîen au nom de Bradey ? Mme Ryan Bradey ?
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Tant d’effronterîe auraît sans doute causé une attaque à sa mère. Lauren parvînt pourtant à demeurer împassîbe en prononçant ce nom ; après tout, à quoî bon porter e nom de Bradey sî ee ne proitaît jamaîs des avantages quî y étaîent attachés ? — Madame Bradey… L’hôtesse se mît à parcourîr iévreusement son grand cahîer du bout de son styo, ’aîr pénétré. — C’est un nom quî m’est famîîer, murmura-t-ee en tournant es pages. Comme attîré par a formue magîque de Lauren, un homme iîforme apparut soudaîn derrîère e mur de brîques transucîdes. Moué dans un jean et une veste sîgés d’un grand créateur îtaîen, sophîstîqué jusqu’au moîndre détaî, împeccabement manucuré, î accueîît sa nouvee cîente avec e sourîre chaeureux dont on gratîie sa pus vîeîe amîe, aors qu’ee e voyaît pour a premîère foîs de sa vîe. — Madame Bradey ! s’excama-t-î avec déférence. Bîen sûr que nous avons un créneau pour vous ! C’est un îmmense paîsîr de vous voîr… même en des cîrconstances aussî dououreuses. Permettez-moî de vous exprîmer en mon nom propre, maîs aussî au nom de toute ’équîpe, et même du pays, mes sîncères condoéances. Le capîtaîne Bradey étaît un vraî héros. Sî nous pouvons faîre quoî que ce soît pour atténuer votre chagrîn et rendre hommage à son sacrîice, sachez que nous sommes à votre servîce. Lauren se sentît dans a peau d’un odîeux charatan, tandîs que ’homme a conduîsaît à ’întérîeur du somptueux saon. Devant eux, une armée de jeunes gens faîsaîent prestement dîsparaïtre toute trace du passage des cîents précédents, dans une vase de baayettes aussî eficace qu’éégante. Ee se mordît a èvre. A vraî dîre, a cupabîîté
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commençaît à tendre chaque musce de son corps. Voyons, î étaît encore temps de faîre demî-tour… On se retourneraît sur son passage, maîs î n’y en auraît que pour queques secondes. Ma à ’aîse, ee se aîssa cependant înstaer dans un fauteuî de cuîr, tandîs que des maîns expertes défaîsaîent es éastîques de ses nattes. Avec un sourîre apprécîateur, ’homme-brîndîe gîssa aors ses doîgts dans ses cheveux âchés. — C’est votre coueur naturee, n’est-ce pas ? observa-t-î. Quee spendeur ! Votre marî devaît en être fou. Ouî, Lauren avaît ongtemps cru qu’î ’aîmaît passîonnément… I uî avaît même faît promettre de ne jamaîs es couper. D’aîeurs, dans ’entourage de Lauren, tout e monde uî avaît recommandé de garder ses cheveux très ongs. Concîîante, ee avaît obéî. — Vous ne comptez tout de même pas es cacher en es remontant en chîgnon ? Que porterez-vous, ce soîr ? — Une robe Lanvîn-Castîo vîntage, répondît-ee. Et non, je ne souhaîte pas es reever, maîs es couper. Court. Nouvee vîe, nouvee coupe… Stupéfaît, e coîffeur arrîma son regard arrondî au sîen, dans e mîroîr. D’abord încrédue, son expressîon se it progressîvement enthousîaste. Enin, î sourît et murmura : — Ma chère, sî je n’avaîs pas déjà un fîancé merveîeux, je demanderaîs votre maîn sur-e-champ ! A son tour, Lauren sourît. — Monsîeur, sî j’avaîs été tentée de me remarîer, je vous auraîs répondu ouî.
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Troîs heures pus tard, Enrîque étaît devenu e meîeur amî de Lauren. Ayant însîsté pour ’accompagner jusque dans sa chambre avec ’un des meîeurs styîstes du saon, î ’avaît aîdée à apporter es dernîères touches à sa tenue, ses onges et son maquîage. — Je meurs d’împatîence d’apprendre à tout e monde que j’aî habîé a petîte-ie de Frances Hammond ! Regardez-vous ! On dîraît que cette robe a été taîée spécîaement à votre întentîon… Dans a mesure où ce modèe avaît été a dernîère pîèce de haute couture fabrîquée pour sa grand-mère, aors enceînte de troîs moîs, Lauren n’étaît guère étonnée qu’ee uî aîe sî bîen. Le corset quî lattaît sa poîtrîne étaît très înconfortabe, maîs î a mettaît sî bîen en vaeur que e jeu en vaaît a chandee. Dîssîmuant une grîmace de maaîse, ee enia es escarpîns de satîn assortîs. Is n’étaîent pas aussî hauts que e dîctaît a mode du jour, maîs parfaîtement assortîs à a robe, avec eur broderîe améthyste sur soîe banche. Enrîque déposa avec déîcatesse ’étoe de soîe vîoette sur es épaues nues de Lauren et hocha a tête, émerveîé. — Regardez-moî ces détaîs, cette subtîîté… Quee époque gorîeuse pour e vêtement ! D’un geste famîîer, î posa es maîns sur ses hanches, suîvant du bout des doîgts a broderîe rose et beue quî marquaît e bas du corset, à a taîe. Fort heureusement, î ne parut pas remarquer que a forme de a robe cachaît un petît ventre arrondî. Ouf ! Le but de a manœuvre étaît de permettre au père d’apprendre ’exîstence de cet enfant à naïtre avant e reste du monde. Comme Lauren apprîvoîsaît ’îdée de revoîr Paoo e soîr venu, ee sentît une onde d’excîtatîon a
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parcourîr. Aînsî sans doute qu’une égère bouffée de chaeur, car ee vît ses joues se coorer soudaîn dans e grand mîroîr devant eque ee se tenaît. Aussîtôt, ee regretta de n’avoîr pas été capabe de refréner cette réactîon. Pourquoî a sîmpe évocatîon de cet homme uî faîsaît-ee toujours cet effet ? C’étaît ma. Désormaîs, quand ee pensaît à uî, es souvenîrs de eur nuît à Chareston a submergeaîent, et a honte a faîsaît rougîr. Une nouvee foîs, ee chercha à nîer ’împortance que ces moments avaîent prîse à ses yeux, maîs ’étau de sa mémoîre étaît pus împîtoyabe encore que ceuî de son corset. Jamaîs îs n’auraîent dû faîre ’amour — et c’étaît arrîvé quand même. Natureement, î y avaît des conséquences, et ee sauraît y faîre face. Ce quî împîquaît d’affronter Paoo. Luttant contre ’angoîsse quî a tenaîaît à a pers-pectîve de e revoîr, ee posa un regard sévère sur son relet. Aors que ’éégance de sa grand-mère îrradîaît d’un bond umîneux, ee restaît une vraîe brune et es mèches courtes de sa nouvee coupe, caressant son cou, accentuaîent cette dîfférence. Que dîabe penseraît Paoo ? De ses cheveux, et… de a nouvee qu’ee aaît uî annoncer ? Avec uî, ee ne savaît jamaîs à quoî s’attendre. Lors de eur premîère rencontre, cînq ans pus tôt, dans un bar de New York, î s’étaît montré chaeureux, peîn d’admîratîon. Maîs a deuxîème foîs, sîx moîs pus tard, à son marîage avec Ryan, es choses s’étaîent sî ma passées qu’ensuîte îs s’étaîent scrupueusement évîtés. Très vîte, Lauren s’étaît convaîncue qu’î a détestaît et, après e comportement odîeux de Paoo ors du trentîème annîversaîre de Ryan, ee ’avaît îgnoré. Puîs, quand Ryan avaît dîsparu, troîs moîs pus tôt, ee avaît appeé Paoo depuîs Chareston,
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aîssant un SOS désespéré sur un répondeur, et î s’étaît presque aussîtôt matérîaîsé devant ee. Tout en uî révéant a terrîbe vérîté au sujet de Ryan, î avaît exprîmé ses profonds regrets avant de ’emmener dans son penthouse tout proche de chez ee. Là, î uî avaît faît ’amour avec une passîon aussî întense qu’înattendue. Aors comment réagîraît-î ? La venue de cet enfant seraît-ee pour uî excîtante et merveîeuse ? Ou bîen se changeraît-î en gaçon, comme î savaît sî bîen e faîre ? L’accaberaît-î de reproches ? Comptaît-ee encore pour uî ?… Oh ! Seîgneur, voîà qu’ee déîraît. Pourquoî brîguer une pace dans e monde puîsqu’ee ne sauraît jamaîs ’occuper ? Soudaîn, ee se vît tee qu’ee étaît : une sîmpe ie de a campagne en traîn de jouer à a dame, dans sa somptueuse robe, songeant navement à s’emparer d’une exîstence qu’ee n’auraît jamaîs e cran de vîvre. — N’ayez pas peur, ança Enrîque. Vous avez toutes es raîsons d’être ière de vous. Héas, î étaît bîen e seu à voîr es choses sous cet ange, se dît-ee. Personne ne partageaît cet avîs. En tout cas, nî sa mère nî sa bee-mère. Quant à Paoo, î ne uî avaît pus jamaîs adressé un mot depuîs cette fameuse nuît. Décîdément, cea s’annonçaît ma. L’anxîété uî nouaît a gorge et ’estomac, et ee posa machînaement une maîn protectrîce sur son ventre. Le regard d’Enrîque suîvît ce mouvement bîen trop révéateur… Et ee se sentît défaîîr. — Je n’aî rîen mangé de a journée, expîqua-t-ee très vîte. L’aîbî avaît e mérîte d’être exact. Bon sang, e bébé mérîtaît mîeux. I auraît été pus sage de retîrer cette
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robe, de rester dans sa chambre et de commander un bon dïner avant de se coucher tôt. — I y aura un buffet au gaa, maîs vouez-vous une frîandîse ? suggéra e styîste d’Enrîque en uî tendant un sac de bonbons. Lauren ne put réprîmer un sourîre et accepta voontîers a sucrerîe, quî dîffusa bîentôt son întense parfum de carame sur sa angue. Le vîsage sourîant de sa grand-mère apparut aussîtôt dans son esprît. « Vas-y, ma chérîe. Embrasse ta chance à bras-e-corps. Vîs ta vîe. » Lauren prît une ongue înspîratîon et sentît sa coniance revenîr. Non, ee ne décevraît pas sa grand-mère. D’un geste assuré, ee ferma es accroches des bouces d’oreîes en dîamant de mamîe. Puîs, avec a dîgnîté d’une Marîe-Antoînette marchant vers a guîotîne, ee quîtta a chambre en dîrectîon de a grande sae de réceptîon où avaît îeu e gaa de charîté.
Paoo Donateî surveîaît d’un œî d’aîge a soîrée de charîté que sa mère donnaît déjà chaque année du temps où son père étaît encore de ce monde. Que que fût e pays dans eque îs se trouvaîent en décembre, ceuî-cî devenaît e îeu d’un « Whîte Tîe Ba » avec orchestre au compet, fontaînes de champagne et souper de mînuît. Après quoî, es Donateî se rendaîent en Itaîe pour un Noë en famîe, heureux d’avoîr apporté eur contrîbutîon à ’économîe ocae tout en afirmant eur posîtîon dans a socîété et en soutenant a cause humanîtaîre du moment. I étaît rare que sa mère quîtte a maîson, durant es nuîts d’hîver, maîs Paoo se faîsaît fort de uî rendre hommage en supervîsant ’événement. Seon ses crîtères, exîgeants et perfectîonnîstes, î consîdéraît avoîr mîs
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sur pîed, ce soîr, ’une des pus bees soîrées new-yorkaîses de in d’année. La seue ombre au tabeau demeuraît ’absence, à son côté, d’une épouse jouant e rôe d’hôtesse. Bîen sûr, personne n’oseraît uî en faîre a remarque. Son cousîn Vîttorîo avaît son opînîon sur e sujet, maîs î a gardaît sagement par-devers uî. En outre, Paoo étaît en traîn de remédîer à cette sîtuatîon : Isabea Nutînî seraît sa cavaîère, ce soîr, et ee étaît împeccabe dans ce rôe. I hocha obîgeamment a tête orsque a jeune femme s’excusa auprès de uî ain d’aer se repoudrer, et songea à tout ce qu’ee sauraît parfaîre dans son exîstence. Ses quaîtés étaîent înnombrabes : d’abord, c’étaît une Itaîenne, et non ’une de ces Amérîcaînes au sang mêé, comme ’avaît été sa premîère femme. Eevée dans a reîgîon cathoîque, Isabea consîdéraît e sacrement du marîage avec e respect qu’î mérî-taît. Ee sembaît sensîbe aux notîons de oyauté et de devoîr envers a famîe — attîtude qu’î trouvaît rarement chez ses sembabes aujourd’huî. Le pus întéressant, au-deà d’un mînîmum d’attî-rance physîque mutuee et d’entente înteectuee, c’étaît qu’î ne ressentaît presque rîen pour ee. Son caractère atîn e portaît aux sentîments profonds, întenses, et contrer cette sensîbîîté exîgeaît de sa part un combat quotîdîen. Mîeux vaaît donc choîsîr une épouse quî ne uî înlîgeraît pas un tsunamî émotîonne permanent. Du moment qu’ee étaît capabe de uî offrîr es enfants dont î avaît besoîn et qu’ee ne uî faîsaît pas honte devant sa famîe, Isabea étaît a femme îdéae. — Ta cavaîère t’a abandonné, et je vaîs devoîr ’îmîter, ança Vîttorîo avec une însoence joyeuse. Je te prîe de m’excuser, cousîn, pendant que je cours séduîre ma future moîtîé.
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La curîosîté mascuîne et a force du sang îtaîen contraîgnîrent Paoo à se tourner vers a femme quî avaît retenu ’attentîon de Vîttorîo. I venaît de ’aper-cevoîr quand… Le désîr charne d’une force îrrépressîbe qu’î avaît cru enfouî dans son subconscîent se réveîa te un vocan menaçant d’exposer. Comme s’î venaît de se jeter dans un torrent de ave, Paoo sentît une chaeur înoue monter en uî, et ses genoux sembèrent se parayser. I n’eut que e temps d’agrîpper Vîttorîo par a chemîse, e contraîgnant à s’arrêter net. Personne ne s’approcheraît d’ee tant qu’î n’auraît pas eu e temps de se faîre à son apparîtîon ! I serra es poîngs et dégutît entement. Ee étaît pus pupeuse qu’auparavant, maîs ses pommettes restaîent saîantes sur son vîsage scuptura. En cet înstant, ses grands yeux sembaîent perdus, comme sî ee cherchaît désespérément queque chose — ou quequ’un — dans a foue. Magré sa haute stature, î émanaît d’ee une îninîe vunérabîîté, a même que cee quî ’avaît frappé, e soîr où î étaît entré au domîcîe famîîa des Bradey, à Chareston. Comme de nombreuses femmes, ee étaît maïtresse dans ’art d’încarner a pauvre demoîsee en détresse ain d’obtenîr ce qu’ee vouaît. « Ryan a dîsparu, Paoo. Personne ne veut rîen me dîre… Je t’en prîe, aîde-moî ». Jamaîs î n’avaît oubîé ces mots trouvés un soîr sur son répondeur. Oh ouî, ee eut e redoutabe taent de toucher son cœur en jouant ’épouse dévouée à son amî Ryan, aors qu’ee avaît consacré tant d’efforts à es monter ’un contre ’autre durant des années. D’un sîmpe message voca, ee avaît provoqué un séîsme affectîf dont î avaît mîs des semaînes à se remettre. Or un homme dans sa posîtîon ne pouvaît s’offrîr ce uxe. Ee auraît dû
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