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— Comment ça, jedoisl’épouser ? demanda AJ Raha en tentant, malgré son ndgnaton, de contrôler le ton de sa vox. Des serveurs crculaent parm les nvtés, proposant des coupes de champagne, et le brouhaha pol des conversatons bourdonnat à ses orelles. La jeune femme dont l état queston se tenat à quelques mètres de là, entourée d’une nuée de pleureuses revêtues de leurs plus beaux atours. La mère d’AJ lu prt la man. — C’est ton devor. S le ro meurt, un de ses frères dot épouser sa veuve. Les murs sculptés du veux palas semblèrent se refermer sur lu. e — C’est rdcule ! Nous sommes au XXi sècle ! Et je sus sûr qu’elle n’a pas plus que mo enve de ce marage. Il réssta au désr de se retourner pour examner la jeune veuve, qu’l n’avat pas revue depus son marage avec son frère, cnq ans plus tôt. — Elle est auss douce que belle, dt sa mère. — Maman ! — Et je n’a pas d’autre îls.
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Il se radt. A sa nassance, un problème avat prvé sa mère de tout espor d’avor un trosème enfant. La culpablté qu pesat sur ses épaules lors de ses séjours à Rahr n’en état que plus lourde. Il venat à pene d’arrver pour l’enterrement de son frère — ou pour ce qu en tenat leu, car on n’avat pas retrouvé son corps — et, déjà, son bllet de retour pour Los Angeles lu brûlat les dogts. — Elle va certanement voulor porter le deul au mons un an avant de songer au remarage, dt-l en posant une man sur l’épaule de sa mère. Elle état s pette, s frêle. Ou alors c’état lu qu état mmense. Et l eut enve de serrer dans ses bras cette mère exgeante, certes, mas débor-dante d’amour. — Et quand le moment sera venu, ajouta-t-l, tu lu trouveras l’époux déal. — On ne chost pas un ro, dt sa mère en levant vers lu un regard éploré. On naït ro. — Et je ne sus pas né pour être ro ! S tu savas le nombre de gens qu sont persuadés que je sus né pour drger des îlms d’acton ! Sa mère balaya l’objecton d’un geste. — C’est un caprce d’enfant, et tu le sas. Elle serra sa man dans les sennes. — Revens à la mason, mon chér. Tu es chez to sur notre ïle, et nous avons beson de ta présence. Un étau lu serra brusquement la potrne. — Pour condure le pays ? Je feras un pètre drgeant ! Pourquo pas prendre cousn Anu ? Il adore tout régenter. Il serat aux anges.
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De sous ses cls lourds de mascara, elle lu jeta un regard de reproche. — Les Raha règnent sur Rahr depus la nut des temps ! On ne brse pas une tradton d’un claquement de dogts. — Le changement peut être bénéîque. Le ro est mort, vve le… Devant l’expresson de sa mère, l s’nterrompt, plen de honte à l’dée d’avor proféré une telle énormté. — Pardonne-mo, maman, c’est un affreux manque de tact de ma part. Je ne voulas pas dre que la mort de Vanu état… état… Une bonne chose ? C’état pourtant la premère dée qu lu avat traversé l’esprt en apprenant la nouvelle. D’un autre côté, s’l devat revêtr le costume trop étrot de son frère, l n’y avat pas de quo se réjour. — Je sas, mon chér. Tu as toujours été s mpulsf, s antconformste… — … et, par conséquent, absolument napte à grmper sur un trône ! En réalté, l n’état pas auss rebelle qu’l le prétendat, mas, en l’occurrence, sa mauvase réputaton jouat en sa faveur. — Vens parler à Lan, dt sa mère. Son sourre fardé n’adoucssat en ren la déter-mnaton de son regard. Il regarda autour de lu, espérant que personne ne se doutat de ses nten-tons, et surtout pas la veuve de son frère.
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Sa mère le poussa à travers la pèce, sa man aux ongles pents de rouge fermement refermée sur son bras. — Lan, ma chère, vous vous rappelez AJ, le jeune frère de Vanu ? Une expresson nquète passa dans le regard de la jeune femme. — O-ou, ben sûr. Rave de vous revor, dt-elle avec un sourre contrant. Elle savat. Et elle n’état pas du tout d’accord. En lu serrant la man, l sentt ses dogts trembler contre sa paume. Pette et mnce, elle dsparassat dans la tradtonnelle robe de deul bleue qu dss-mulat en parte ses longs cheveux. Il se rappelat ses yeux, d’un brun doré peu commun, mas pas ce regard anxeux. — Je vous présente mes condoléances, dt-l en détournant le regard, selon la coutume en usage à Rahr. Une coutume plene de bon sens, car Lan Raha état une vrae beauté. Ses trats îns et racés trahssaent sa double ascendance rahenne et amércane. Elle avat une peau de lat et de mel, selon la formule consacrée, et ses épas cheveux lustrés, apparemment bruns, resplendssaent comme de l’or dès qu’ls étaent touchés par le solel. Il comprenat pourquo son frère — à mons que ce ne fût sa mère ? — avat chos Lan pour rene malgré ses orgnes obscures.
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* * * Lan retra vvement sa man et la frotta machna-lement sur sa robe. Cette pognée de man présageat une ntmté dont la seule dée lu donnat la nausée. On s’attendat à ce qu’elle épouse AJ Raha pour l’unque rason qu’l état le frère cadet de son mar. Pont postf, l avat eu le bon goût de ne pas la regarder dans les yeux, à la mode amércane. Il n’état pas amércan, ben sûr, mas l vvat à Los Angeles depus s longtemps qu’l avat dû en prendre les habtudes. Il état plus grand que son frère, et plus large d’épaules. Et, pour ce qu’elle en avat aperçu, l semblat sympathque. Mas elle état ben placée pour savor que les apparences étaent parfos trompeuses. — La dsparton de Vanu a dû vous porter un coup terrble, dt-l. Sa vox grave otta dans l’ar le temps que Lan émerge de ses pensées. — Certanement ! répondt-elle avec empresse-ment. Il est sort un sor, pour rééchr, a-t-l dt, et l n’est jamas revenu. Ce sor-là, elle état restée allongée dans le lt, tremblant de terreur en attendant qu’l revenne « înr le traval », comme l le lu avat proms avec un sfement cruel dans la vox. Et les heures s’étaent écoulées dans l’attente du châtment. Pus le solel s’état levé, et les oseaux s’étaent ms à chanter.
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— Ce dot être pénble de ne pas savor ce qu est arrvé, dt AJ d’une vox plene de compasson. Que sgnîaent ces ntales ? Elle ne connassat même pas son nom rahen que personne n’utlsat jamas. — C’est affreux, dt Pra, sa belle-mère, en se tapotant les yeux avec un mouchor. Mas après quatre-vngt-dx jours… Elle étouffa un sanglot dans le carré de ln. — … on dot chosr un successeur. Lan se crspa. Selon la tradton, le successeur devat la prendre pour épouse. Sans doute dans le but d’offrr une protecton aux enfants de la veuve royale et d’évter les querelles de successon. Mas elle n’avat pas d’enfants. — Quatre-vngt-dx jours…, murmurat AJ. Il reste un peu plus d’un mos. Qu accède au trône s le ro n’a n frère n sœur ? — Le ro n’est jamas enfant unque, dt Pra en s’essuyant les yeux. Une épouse rahenne se dot de porter de nombreux enfants. Elle fut, de nouveau, secouée d’un sanglot. Lan glssa un regard vers AJ dont le vsage exprmat la pté. — Voyons, maman, je t’en pre, ne te mets pas dans cet état. Nous allons trouver une soluton. Il glssa un bras rassurant autour des épaules de sa mère et la tendresse du geste réchauffa le cœur de Lan. Pra sourt à son îls. — Merc, mon chér. S tu emmenas Lan
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prendre l’ar ? La pauvre pette dot avor beson de repos après toute cette effervescence. Sous le regard d’AJ, elle déglutt. Elle aurat de beaucoup préféré rester sur la sellette avec de quas-nconnus que se retrouver en tête à tête avec… son futur mar. On n’allat tout de même pas l’oblger à subr cette épreuve ? — Voulez-vous, euh… A court de mots, l lu tendt son bras. Réprmant un geste nstnctf de recul, elle obtempéra. Son bras état souplement musclé sous ses dogts, et non pas sec et dur comme celu de son mar. Enîn, de feu son mar. Et le contact la troubla. Il s’éclarct la gorge. — Je te pre de nous excuser, dt-l à sa mère. — Fates, je vous en pre ! Pra Raha arborat un sourre rav. Sans doute supposat-elle ses projets en bonne voe d’accom-plssement. Quand ls quttèrent la pèce, Lan s’efforça de garder l’ar mpassble. Les gens qu l’entouraent s’attendaent-ls vrament à ce qu’elle épouse cet homme ? Se pouvat-l qu’ls guettent avec avdté les sgnes d’un rapprochement alors que Vanu n’état pas encore refrod dans sa tombe ? Enîn, Vanu n’avat pas à proprement parler de tombe pusqu’on n’avat retrouvé n son corps n son bateau. — Je vous pre d’excuser ma mère, dt AJ à vox
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basse quand ls se retrouvèrent dans une galere fraïche et déserte. Il lu retra son bras et le sen retomba à son côté. Perché dans le trellage, un pett perroquet bleu les observat. — Elle agt au meux, de son pont de vue, dt-elle. Elle le regarda, essayant de percer ses sentments à jour. — Partagez-vous ce pont de vue ? demanda-t-l, rembrun. Elle crosa son regard d’un brun chaud. — Je ne sas pas, répondt-elle dans un murmure. J’gnore tout de ce genre de stuaton. Elle se sentat surtout ncapable de rener des sècles de tradton devant un prnce rahen. S’l ressemblat un tant sot peu à son frère, l lu ferat savor son désaccord dans les termes les plus crus. — Enfn, dtes-mo : trouvez-vous normal d’épouser un nconnu ? La queston l’embarrassa. — Je n’avas rencontré Vanu que tros fos avant de l’épouser. — S je comprends ben, c’est ma mère qu s’est chargée de tout, dt-l en dardant sur elle un regard nqusteur. Elle hocha la tête. Elle sentat sa nuque brûler sous ses longs cheveux et aurat voulu pouvor courr à sa chambre pour y pleurer à son ase. Pas sur le dsparu, mas sur elle-même et sur la stuaton sans ssue à laquelle elle état confrontée.
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Elle devat chosr entre subr un second marage de rason ou, s elle le refusat, connaïtre la dsgrâce et le déshonneur. Dscrètement, elle essuya les larmes qu lu montaent aux yeux. — Ne pleurez pas, je vous en pre ! dt-l. Asseyons-nous à l’ombre. L’ar fras nous fera du ben à tous les deux. La galere le long de laquelle ls crculaent ouvrat sur les jardns, comme d’alleurs presque toutes les pèces du tentaculare palas. Des trellages de bos sculpté dspensaent une ombre benfasante, tands que les tots en hauteur protégeaent des plues tropcales. Des oseaux aux vves couleurs et de graceux lézards crculaent lbrement parm les colonnades ouvragées. Malgré tout, elle resprat mal, oppressée par ce qu’l allat lu annoncer. Elle lu arrvat à pene à l’épaule et, à cause de la robe qu entravat ses pas, elle avat du mal à suvre ses longues enjambées. Il dut s’en aperce-vor, car l ralentt l’allure pour rester à sa hauteur. Dans son costume de couleur sombre, l devat souffrr de la chaleur humde des tropques. — Désrez-vous une bosson fraïche ? demanda-t-elle d’un ton pol. — Non, merc. Ecoutez, je n’a ren contre vous. Je sus sûre que vous êtes charmante. C’est smplement que j’a une ve aux Etats-Uns. Je sus réalsateur de îlms et… — Je sas, dt-elle ausstôt. Votre mère est très
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îère de vous. Elle regarde toute la sére desDragon Chaserau mons une fos par mos. Il s’arrêta brusquement. — Ma mère ? Vous plasantez ! — Pas du tout. L’an derner, elle a fat aménager une salle de projecton pour regarder vos îlms dans les melleures condtons. Il écarqulla les yeux. — Elle n’y a jamas fat la mondre alluson. Devant sa stupéfacton, elle ne put retenr un sourre. — C’est une fan de votre traval. Et elle appréce auss beaucoup l’acteur prncpal. Elle le trouve mgnon. — Dev Anderson ? Mgnon ? dt-l en éclatant de rre. Ren ne saurat me surprendre davantage. Enîn… ms à part le fat que je dove vous épouser. Les yeux au sol, elle se donna une contenance en arrangeant ses cheveux dans son dos. Devat-elle s’excuser d’être un fardeau ? Comme s elle état responsable de ce gâchs ! D’alleurs, l aurat pu mal le prendre. Malgré les apparences, l pouvat très ben avor le même esprt tordu que son frère et entrer dans une rage folle au moment où elle s’y attendrat le mons. — Désolé. Je n’auras pas dû remettre la queston sur le taps. C’est tellement… rdcule. Et mard j’a une réunon de la plus haute mportance avec des înancers. Une lueur d’espor s’alluma dans le cœur de