L'héritier des Mastrangelo

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Elle est… enceinte ? Non. Cara refuse de croire que le destin puisse se montrer si cruel. Car, si le week-end qu’elle a passé dans les bras de Giuseppe Mastrangelo a été le plus beau de sa vie, rien ne pourra effacer la terrible blessure qu’il lui a infligée quand elle a compris que, loin de partager sa passion, il s’était servi d’elle. Aujourd’hui, pourtant, seul le bien de l’enfant qu’elle porte compte. Voilà pourquoi, la mort dans l’âme, Cara se résout à affronter Giuseppe. Rien n’aurait pu la préparer, cependant, à l’étrange marché qu’il lui propose : il reconnaîtra l’enfant à l’unique condition que Cara demeure à ses côtés jusqu’à l’accouchement. Cinq mois. Cinq longs mois à partager la vie de cet homme qui, malgré sa trahison, semble avoir gardé le pouvoir de faire battre son cœur plus fort qu’aucun autre…

Publié le : vendredi 1 mai 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280336048
Nombre de pages : 160
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1.
Une serveuse passa avec un plateau, et Giuseppe prit un verre de vin. Depuis qu’ils étaient rentrés de l’église, sa tante Carlotta, qui ne le quittait pas d’un pouce, jacassait sur son sujet de prédilection, une déclinaison à l’infini de la question : « Quand vas-tu suivre l’exemple de ton frère et t’assagir » ? Ce qui signifiait, pour elle, se marier et avoir des enfants. Tante Carlotta n’était pas la seule de la famille à entonner ce refrain. Le clan des Mastrangelo, les Lombardi — sa branche maternelle —, tous avaient leur mot à dire sur sa vie personnelle. Giuseppe ne prenait généralement pas ombrage de leur curiosité car ils ne pensaient pas à mal. Il se contentait d’éluder leurs questions avec un grand sourire et un clin d’œil, et s’en tirait par une boutade. Il y avait trop de jolies femmes partout, il n’arrivait pas à choisir… En fait, il pensait, sans jamais l’avouer à haute voix, que le mariage était réservé aux martyrs et aux imbéciles. Or il n’était ni l’un ni l’autre. Il avait failli se marier une fois, quand il était encore très jeune et immature. Avec son amour d’enfance. Cette fille avait brisé ses rêves et détruit son cœur pour toujours. Finalement, il avait eu de la chance. On ne l’y reprendrait plus. Il fallait être idiot pour aller au-devant de nouvelles déceptions. Mais il s’interdisait d’en parler à ses proches en ces termes, de peur qu’ils essaient de le convaincre d’entamer dieu sait quelle thérapie ridicule… Ce jour-là, cependant, son sens de la repartie semblait l’avoir déserté. Sans doute parce que deux jolis yeux verts en amande suivaient ses moindres faits et gestes en l’écrasant d’un mépris manifeste. Cara Delaney. On les avait désignés tous les deux comme parrain et marraine de sa nièce, Lily, la fille de son frère Luca. Il avait donc été obligé de s’asseoir sur le même banc à l’église et de se tenir près d’elle devant les fonts baptismaux avec le bébé. Avant cette journée, il avait presque oublié combien elle était jolie, avec ses grands yeux, son petit nez retroussé et sa bouche en forme de cœur. Elle ressemblait un peu à une geisha, mais aux cheveux roux. Des boucles flamboyantes, absolument magnifiques, retombaient jusqu’au milieu de son dos. Avec sa robe en panne de velours grenat qui moulait comme une seconde peau sa silhouette parfaite, elle était incroyablement sexy. Divine. En d’autres circonstances, Giuseppe aurait volontiers renoué les fils de leur brève aventure. Cela ne lui posait d’ordinaire aucun problème de rencontrer des ex. Comme son instinct infaillible lui permettait de repérer à distance les femmes fragiles, émotives ou en mal de mariage et de bébés, il ne risquait strictement rien. Avec Cara, la situation était cependant légèrement plus compliquée. Suite à leur dernière rencontre, il s’était sauvé comme un voleur de la chambre d’hôtel, à l’aube, après lui avoir dérobé son téléphone portable… Dès que la date du baptême avait été fixée, il s’était préparé à la revoir. Elle était la meilleure amie de Grace, sa belle-sœur. Elle serait forcément là. Il s’était attendu à être battu froid, et ne pouvait pas le lui reprocher ; toutefois, il n’aurait jamais pensé se sentir aussi mal à l’aise et… Les mots lui manquaient pour décrire ce qu’il éprouvait, mais c’était très désagréable. Il jeta un coup d’œil à sa montre. Dans une heure, il partirait pour l’aéroport et serait enfin débarrassé de ce regard aussi aigu qu’un rayon laser. Il devait visiter un vignoble dans la vallée de la Loire dès le lendemain. — Elle est vraiment belle, tu ne trouves pas ? Une nouvelle fois, tante Carlotta réclamait son attention. Tout en poursuivant ses bavardages interminables, elle avait réussi à s’emparer du bébé et l’exhibait sous son nez en réclamant un commentaire.
Il baissa les yeux. Belle ? Ce n’était pas du tout l’adjectif qu’il aurait employé… Elle était mignonne, sans plus. — Oui, très, répondit-il néanmoins avec un sourire conciliant. Pourquoi le monde raffolait-il à ce point des bébés ? Cela le dépassait. Lui préférait les enfants plus âgés, quand ils commençaient à marcher et à faire des bêtises. Une grand-tante qui s’était approchée et s’extasiait à son tour le tira d’embarras, et il s’esquiva. Les gens n’avaient aucun sens de la mesure. Lily n’était tout de même pas la huitième merveille du monde ! S’il avait pu, il aurait évité cette pesante obligation familiale. Mais son frère l’aurait écharpé s’il avait décliné l’honneur d’être parrain de son premier enfant. Grace et Luca ne tarderaient pas à en avoir un deuxième, un garçon peut-être cette fois. Leurs parents, à son frère et lui, avaient eu de la chance : la naissance de Luca les avait comblés en leur accordant tout de suite un héritier. Du coup, Giuseppe ne s’était jamais senti vraiment désiré ; il avait toujours eu l’impression d’avoir été conçu pour donner un compagnon de jeu à son frère aîné. Etait-il injuste envers ses parents ? Peut-être, mais cela n’avait pas beaucoup d’importance. Il était d’humeur bizarre depuis le début de la journée, et les regards assassins de la geisha rousse n’arrangeaient rien. Il prit un autre verre de vin. Personne ne remarquerait son départ s’il s’en allait maintenant… — Tu as l’air stressé, Giuseppe. Il poussa un juron intérieur. Avec son air buté, il savait bien qu’elle le harponnerait tôt ou tard. Figeant un sourire hypocrite sur ses lèvres, il se retourna. — Cara ! s’écria-t-il avec une hypocrisie éhontée. Il la prit par l’épaule et l’embrassa sur les deux joues. — Comment vas-tu ? Tu passes un bon moment ? Elle le foudroya littéralement de ses beaux yeux verts. — Oui. Excellent. Ignorant délibérément son ton sarcastique, il hocha la tête. — Super. Excuse-moi, je… — Tu prends la fuite, encore une fois ? Son accent irlandais était devenu plus prononcé. Lorsqu’il avait fait sa connaissance, ici même, en Sicile, trois ans plus tôt, on le remarquait à peine. Mais depuis qu’elle était retournée vivre à Dublin, elle ne pouvait plus nier ses origines. — Je suis obligé de partir. — Vraiment ? lança-t-elle d’une voix coupante. Elle montra Grace d’un signe de tête. — C’est pour elle que tu m’as volé mon téléphone, n’est-ce pas ? Il prit une longue inspiration et ferma brièvement les yeux. — Oui. Cara se mordit la lèvre inférieure, qu’elle avait incroyablement pulpeuse, et le transperça de nouveau du regard. — Et Luca l’a retrouvée grâce à mon téléphone ? Il ne servait à rien de mentir. Elle connaissait déjà les réponses. Sì. Elle secoua la tête. — Ta folle et soudaine envie de visiter Dublin était donc mûrement préméditée ? Une stratégie, même, pourrait-on dire. — Oui. Mais j’ai vraiment passé un week-end fantastique, ajouta-t-il plus doucement. — Tu es un abominable… Elle murmura un juron inaudible. — Tout finit par s’expliquer, reprit-elle. Tu m’as séduite pour une seule et unique raison : me voler mon portable dès que je dormirais. — C’était la raison principale, je l’avoue, acquiesça-t-il, étreint par une sensation pénible. Mais… ce que nous avons vécu, je… c’était très agréable. Pour toi aussi, d’ailleurs. Reconnais-le. Cara s’était complètement abandonnée entre ses bras. Giuseppe n’oublierait jamais cette expérience bouleversante, même si pour le moment, il préférait la chasser de son esprit. Il voulait partir d’ici au plus vite, loin de toute cette agitation ridicule autour du baptême et des bébés. La jeune femme rougit mais crispa la mâchoire.
— Ne change pas de sujet. Tu m’as menti pendant tout un week-end, en faisant semblant d’apprécier ma compagnie… — Non, c’était sincère, la coupa-t-il avec son plus beau sourire de charmeur. Il avait du mal à supporter cette conversation, qui l’obligeait à se justifier et lui rappelait ses fréquentes visites dans le bureau du proviseur du lycée, pendant son adolescence. — Je ne suis pas née de la dernière pluie ! rétorqua-t-elle furieusement. Tu ne m’aurais jamais contactée si ton frère n’avait pas été aussi malheureux à cause du départ de Grace. — Il avait le droit de savoir où sa femme avait disparu ! — Non. Elle ne lui appartient pas. — Crois-moi, cela lui a servi de leçon. Regarde-les. Elle tourna la tête en même temps que lui. Luca tenait Grace par la taille. Ils avaient l’air tous les deux fous amoureux. — Ils sont très heureux de s’être retrouvés. Tout est bien qui finit bien. — J’étais vierge. Malgré lui, Giuseppe tressaillit. — Je suis tout prêt à m’excuser encore. Comme je m’en suis expliqué alors, je ne savais pas. — Je t’avais dit… — … que tu n’avais pas eu de relation sérieuse avec un homme, la coupa-t-il. — Exactement ! — Ce n’est pas pareil. — Pour moi, si. — Comment aurais-je pu deviner ? Tu as vingt-six ans. Pour lui, la virginité était une notion d’un autre âge, mais il se garda bien d’insister. Cara était devenue écarlate. Il ne voulait pas courir le risque d’être giflé en public, devant toute sa famille de surcroît. — Tu t’es servi de moi, l’accusa-t-elle, scandalisée. Tu m’as laissée croire que tu étais sérieux, que nous nous reverrions. — Quoi ? Jamais de la vie ! — Tu voulais m’inviter chez toi à Paris. Prétendument pour t’aider à accrocher le tableau de Canaletto que tu avais acheté à la salle des ventes. Il haussa les épaules. — Il n’y avait rien de personnel là-dedans. J’avais simplement besoin d’un conseil de spécialiste. Ce qui était toujours le cas. Il avait fait l’acquisition d’un immeuble entier pour abriter sa collection d’œuvres d’art, dont la plupart étaient toujours dans des cartons. — Tu m’as dit cela les yeux dans les yeux, insista-t-elle. Après un long baiser… Giuseppe se rappelait parfaitement ce moment. Elle venait d’accepter de le rejoindre dans sa chambre d’hôtel pour passer la nuit avec lui. Il refoula résolument ce souvenir qu’il préférait ignorer. L’entêtement de Cara devenait vraiment agaçant ! — Pourquoi ne m’as-tu pas tout de suite volé mon portable, au lieu de me traîner pendant tout un week-end ? poursuivit-elle, opiniâtre. Il regrettait à présent d’avoir fui les bavardages de sa tante Carlotta. Certes, il comprenait bien que Cara se soit sentie humiliée. Il n’était pas très fier de lui. Mais il était temps de tirer un trait, non ? — Je l’aurais fait si j’avais pu. Mais tu gardes toujours ton sac tellement serré contre toi que c’était impossible. — Tu aurais dû engager un professionnel, railla-t-elle. Entre ton frère et toi, vous connaissez assez de gens louches pour se charger de ce genre de méfait. Cela t’aurait épargné de perdre deux jours de ton temps précieux.
TITRE ORIGINAL :THE SICILIAN’S UNEXPECTED DUTY Traduction française : ® HARLEQUIN est une marque déposée par le Groupe Harlequin ® Azur est une marque déposée par Harlequin © 2014, Michelle Smart. © 2015, Traduction française : Harlequin. Le visuel de couverture est reproduit avec l’autorisation de : HARLEQUIN BOOKS S.A. Tous droits réservés. ISBN 978-2-2803-3604-8
Tous droits réservés, y compris le droit de reproduction de tout ou partie de l’ouvrage, sous quelque forme que ce soit. Ce livre est publié avec l’autorisation de HARLEQUIN BOOKS S.A. Cette œuvre est une œuvre de fiction. Les noms propres, les personnages, les lieux, les intrigues, sont soit le fruit de l’imagination de l’auteur, soit utilisés dans le cadre d’une œuvre de fiction. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, des entreprises, des événements ou des lieux, serait une pure coïncidence. HARLEQUIN, ainsi que H et le logo en forme de losange, appartiennent à Harlequin Enterprises Limited ou à ses filiales, et sont utilisés par d’autres sous licence.
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