L'héritier irlandais

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L'homme Harlequin de mars est arrivé ! Il est irlandais !
12 mois, 12 romances, 12 hommes ultra sexy...
Avec le calendrier Harlequin 2016, vivez une année pleine d'émotions et de passion !

L'héritier irlandais, de Renee Roszel
En arrivant en Irlande, Laura avait une mission : trouver Devlin Rafferty - un homme qui vient juste d'hériter une immense fortune dont il ignore encore tout. Mais elle ne s'attendait pas à être embarquée dans l'aventure de sa vie par un Devlin aussi séduisant que mystérieux...
 
Publié le : mardi 1 mars 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280353199
Nombre de pages : 140
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1.

Un sourire se dessina sur les lèvres de Devlin. C’était bien la première fois qu’un élan de gaieté illuminait son visage depuis qu’il avait quitté son bureau, deux semaines plus tôt, en claquant la porte. Il fallait qu’il fût témoin de la mésaventure d’une charmante Américaine aux prises avec un douanier irlandais un peu étroit d’esprit pour qu’il réussît à oublier les circonstances de son départ brutal de Chicago. L’Américaine, petite brune au corps délié et merveilleusement sexy, tentait désespérément de faire comprendre au fonctionnaire la raison pour laquelle le signal d’alarme s’était déclenché au passage de sa valise. Mais le douanier restait sourd à ses explications. Il prit le bagage de la jeune femme et l’ouvrit malgré ses protestations.

« Elle n’a rien d’une terroriste, cette fille », pensa Devlin en son for intérieur, la regardant vitupérer. Il posait sur elle un regard de connaisseur, s’attachant particulièrement à sa chevelure bouclée et châtaine qui dansait follement autour de son visage et à ses jambes fuselées dont la pratique de la danse — sans doute — avait souligné la musculature.

— Laissez ça ! s’écria la jeune femme en voyant le douanier exhumer une jolie petite culotte de soie de la valise. Je ne vous permets pas…

Elle lui arracha le linge des mains et fut aussitôt vivement rabrouée par le douanier :

— J’en ai envoyé en prison pour moins que ça ! Ecartez-vous, mademoiselle.

— Vous feriez bien de suivre son conseil, fit alors Devlin.

La jeune femme se retourna brusquement, prête à mordre.

— Mêlez-vous de ce qui vous regarde ! lui lança-t-elle.

Devlin ne put s’empêcher de rire.

— Vous ne gagnerez rien à irriter monsieur, répondit-il. La fouille de vos affaires n’en sera que plus longue et les voyageurs qui vous suivent devront attendre.

— C’est le dernier de mes soucis, rétorqua la jeune femme en se tournant vers le douanier qui examinait d’un air soupçonneux un sac de plastique rempli d’une substance blanche.

— Qu’est-ce que c’est que ça ? demanda-t-il en retroussant son nez rond et piqueté de taches de rousseur.

— Du savon en paillettes, répondit la jeune femme en haussant les épaules.

L’homme respira la substance, éternua et la posa sur une console.

— C’est bon, dit-il entre ses dents. Circulez.

— Et mon savon ?

— Je le garde pour le faire analyser.

— Mais c’est ridicule. J’en ai besoin…

— Obéissez à monsieur le douanier, intervint Devlin avec sa voix grave, ou nous serons encore là demain matin.

La jeune femme le terrassa du regard. La colère faisait briller ses grands yeux bleus d’un éclat sauvage qui les rendait plus beaux encore. Devlin la salua d’un petit signe de tête et baissa le regard sur ses jambes nues et hâlées. La cheville fine, le mollet joliment dessiné de l’Américaine éveillèrent en lui un désir impétueux. En la voyant s’éloigner chargée de ses bagages, il eut envie de courir derrière elle pour lui prendre sa valise trop lourde qui la forçait à se déhancher. Non que le mouvement du corps de la jeune femme lui déplût, bien au contraire. Sa marche révélait même ses formes féminines et sa souplesse. « Elle est danseuse, pensa-t-il. Elle n’aurait pas ce port de tête altier et cette silhouette si elle ne s’exerçait chaque jour à la barre. » Et il se la représenta vêtue d’un simple body noir, la jambe tendue, formant un angle droit avec le buste, et la nuque ployée vers les pieds qu’elle entourait de ses deux mains fines.

La voix du douanier interrompit sa rêverie.

— Avez-vous quelque chose à déclarer ?

Devlin fit non de la tête. Il n’eut qu’à montrer ses pièces d’identité puis, ramassant son unique sac de voyage, il pressa le pas dans l’espoir de retrouver la jeune femme dans l’aérogare. Mais il eut beau scruter attentivement le vaste hall, il ne l’aperçut nulle part. Sa bonne humeur s’évanouit aussitôt et le souvenir du drame qui s’était produit quelques semaines auparavant lui revint à la mémoire avec la violence d’un coup de poignard. Il se demanda un instant ce qu’il était venu faire en Irlande. Y trouverait-il la paix qu’il recherchait ? Arriverait-il à calmer sa douleur ? Un instant, devant cette jeune personne irascible mais follement amusante — et si désirable —, le poids qui lui écrasait la poitrine depuis près d’un mois s’était levé comme par enchantement. Que ne lui avait-il demandé où elle séjournait plutôt que de la taquiner comme il l’avait fait ? Il marcherait peut-être à son côté, à présent, et une lueur d’espoir brillerait dans son horizon morne.

* * *

Laura régla le chauffeur de taxi et descendit de voiture. Tandis que le chasseur de l’hôtel emportait sa valise, elle admirait la cour pavée et les magnifiques bâtiments du XVIe siècle qui l’entouraient. Elle avait reçu un dépliant du Dingle Bay Hotel sur lequel était représentée la tour de garde du château enveloppée de vigne vierge, mais elle lui paraissait à présent encore plus belle et pleine d’un charme mystérieux.

Elle franchit une porte dont la voûte était en plein cintre et suivit le chasseur dans un escalier à vis. Il s’arrêta au second étage devant une porte surmontée d’un linteau en pierre sur lequel figuraient des armoiries, et l’ouvrit. Le chasseur s’effaça pour laisser passer Laura qui eut un regard émerveillé en pénétrant dans la vaste pièce éclairée par une fenêtre à meneaux. Une cheminée en pierre sculptée occupait l’un des murs et, en vis-à-vis, se dressait un lit à baldaquin. Un coffre de bois sombre, une grande armoire, une table et deux fauteuils complétaient le mobilier de cette chambre d’un noble dépouillement. Un tapis était jeté sur le sol en carreaux de terre cuite.

Quand elle fut seule, Laura s’approcha de la fenêtre pour contempler la baie autour de laquelle se dressaient des falaises rocheuses couvertes de bruyères et d’ajoncs. La mer offrait des reflets turquoise dans la pleine lumière de midi. Des moutonnements se formaient au loin et au pied des rocs sur lesquels les vagues éclataient. C’était un spectacle beau et sauvage, et Laura y était si sensible qu’elle serait restée encore longtemps en contemplation si un bruit de pas dans la cour n’avait attiré son attention. Elle baissa les yeux et reconnut l’intrus de l’aéroport qui s’était adressé à elle sur un ton moqueur, et n’avait cessé de la regarder avec une insistance indiscrète tant qu’elle avait été aux prises avec le douanier.

— Il ne manquait plus que lui, grommela-t-elle entre ses dents sans penser vraiment ce qu’elle disait.

Car, si l’inconnu l’avait irritée, elle n’avait pas été insensible à son physique.

Elle se recula un peu pour qu’il ne la remarquât pas puis, quand il fut entré dans le hall de l’hôtel, elle ouvrit la fenêtre et s’y accouda de nouveau. Le jardin, envahi de roses et de rhododendrons, exhalait des parfums légers. Au pied des murs, une bordure de pensées étirait ses tons jaunes et violets sur le gazon d’un vert tendre. Au-delà du mur d’enceinte, des collines herbues où paissaient les troupeaux de moutons dessinaient leurs courbes apaisantes à perte de vue.

Laura s’écarta à regret de la fenêtre et commença à défaire sa valise. Elle rangea ses vêtements dans la grande armoire puis, après une brève toilette, enfila un jean et un T-shirt.

Elle descendait à la salle à manger quand une porte s’ouvrit à l’étage inférieur et l’Américain de l’aéroport surgit sur le seuil.

— Vous ici ? fit-il d’un air stupéfait et enchanté à la fois. Vous me poursuivez ?

— Je pourrais en dire autant de vous, rétorqua Laura en redressant le menton.

Il baissait sur elle son regard d’un vert profond que soulignaient ses longs cils et ses cheveux noirs. Le sourire qui s’était dessiné naturellement sur ses lèvres était éclatant. Il avait plongé les mains dans les poches avant de son jean et les muscles de ses bras légèrement repliés saillaient. Sa chemise en vichy, aux manches roulées, était déboutonnée au col, laissant voir un rectangle de peau hâlée. Une odeur fraîche de lotion après-rasage se dégageait de lui. Malgré elle, Laura huma ce parfum masculin et caressa des yeux le corps viril de l’inconnu.

Profitant du trouble visible de la jeune femme, Devlin dit de sa voix grave et chaude :

— Je me rends à la salle de restaurant. Faites-moi l’honneur de déjeuner à ma table.

Laura rougit, surprise de l’audace de l’homme, et commença à bredouiller un refus… quand il la prit par le bras.

— Croyez-vous au coup de foudre ? demanda-t-il en l’entraînant dans l’escalier.

Et comme elle ne répondait rien, il reprit :

— Au premier regard que j’ai posé sur vous, j’ai éprouvé un sentiment fulgurant. C’est complètement fou puisque je ne vous connais pas, mais le cœur à ses raisons…

— … que la raison ne connaît pas, termina Laura, revenue de son émotion. Je vous trouve bien présomptueux, monsieur. Qui vous dit que j’accepte de déjeuner en votre compagnie ? Vous m’êtes parfaitement étranger et le peu que je connaisse de vous ne m’est guère sympathique.

Devlin écouta parler la jeune femme, un sourire aux lèvres. Sans se laisser décourager, il continuait de l’entraîner vers la salle du restaurant, mais elle s’esquiva et prit la direction opposée.

— Je ne déjeune pas ! lança-t-elle.

— Je ne connais même pas votre nom, remarqua Devlin avec désinvolture.

Elle marqua un temps d’arrêt et, jetant un regard par-dessus son épaule, dit sèchement :

— Laura Todd. J’habite en Floride, à Talahassee.

Puis, d’une voix soudain adoucie, elle reprit :

— Et vous ? Comment vous appelez-vous ?

— Devlin Rafferty. Je suis de Chicago.

— La capitale du meurtre.

— C’est ce qu’on dit, mais ça ne doit guère vous impressionner, vous qui convoyez de la drogue à travers les océans.

— Très drôle. Ce douanier était bête comme un âne. A l’heure qu’il est, il doit faire des bulles avec mon savon.

— Et il vous voit dans chacune d’entre elles avec vos yeux bleus éblouissants.

— Tralala…

Devlin eut une expression grave, soudain, et plantant son regard dans celui de la jeune femme, il avança d’un pas pour lui dire :

— Je vous ai aimée au premier coup d’œil.

Laura se crispa et détourna le regard.

— Vous dites n’importe quoi, marmonna-t-elle.

Mais elle restait immobile comme si elle avait été frappée par une baguette magique.

Quand elle voulut enfin regarder Devlin, il disparaissait déjà dans l’escalier, puis traversait la cour d’un pas rapide.

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