L'heure du loup

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Une ruelle sombre, l’éclair bleuté d’un néon, un chien qui l’attaque et tente de l’égorger, et juste avant qu’elle sombre dans l’inconscient, le pelage d’argent d’un mystérieux animal qui bondit à son secours… Dans la chambre inconnue où elle est en train de s’éveiller, Kara revoit les images de la terrible nuit passée dans ce quartier mal famé où elle s’était aventurée pour retrouver sa sœur jumelle disparue. Et tandis qu’elle reprend peu à peu ses esprits, elle découvre un homme à ses côtés. Un sourire troublant aux lèvres, il l’enveloppe du regard comme s’il voulait lui communiquer sa chaleur. Fascinée, Kara se laisse d’abord aller à la caresse de ses yeux d’or, mais bientôt une indicible terreur vient remplacer son trouble. Car ce regard de fauve, elle l’a déjà croisé : c’est celui de la bête qui lui a sauvé la vie…
Publié le : mardi 1 juillet 2014
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EAN13 : 9782280322966
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C’est a peur qu’î huma en premîer : un festîva de phéromones quî mît ses sens de cerbère en aerte. Ee étaît à, queque part. Rîsk Leîdof pîvota sur uî-même, scrutant a pénombre du bar à a recherche de sa proîe. I en savaît peu sur ee. Lusse uî avaît juste dît qu’ee étaît jeune et joîe. Rîen de pus. Maîs qu’împortaîent es taents de a proîe après quî î étaît ancé, ee ne feraît pas e poîds ; ees ne faîsaîent jamaîs e poîds. L’endroît étaît un kaéîdoscope de sons, d’odeurs et d’émotîons, un concentré d’agressîons sensîtîves quî auraîent facîement décontenancé un chasseur moîns expérîmenté. Rîsk, uî, ne seraît même pas raentî par e tumute envîronnant. I înspîra à peîns poumons et détaîa es odeurs aentour. Bîère de pîètre quaîté et sueur humaîne. I es repoussa dans un coîn de son esprît. I étaît à a recherche d’émotîons, c’étaît ça, son moteur. Une vague de désespoîr vînt échouer sur e rîvage de ses perceptîons. I ’îgnora. Le trîo înferna — désespoîr, cupabîîté et chagrîn — n’avaît aucun întérêt à ses yeux, seues ’adrénaîne, a peur, a coère avaîent un sens, ees agîssaîent comme des phares
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quî ’attîraîent de façon îrrésîstîbe, éveîant en uî des émotîons sans nom qu’î auraît préféré oubîer. I s’ébroua mentaement, se concentra et tendît ’oreîe au murmure des conversatîons. L’ambîance étaît putôt came pour un bar, maîs un courant sous-jacent parcouraît ’endroît, une vîbratîon de danger quî résonnaît comme un dîapason. I y avaît queque chose d’anorma dans ce bar, maîs ça pourraît attendre, î avaît un bouot à accompîr ce soîr, î devaît retrouver cette femme pour e compte de Lusse, ce quî uî épargneraît une nouvee pérîode de servîtude. I étaît prêt à supporter a torture et a cohabîtatîon avec es autres cerbères, maîs rîsquer de perdre e mînuscue terrîtoîre qu’î étaît parvenu à se forger,ça, ça rîsquaît de e rendre dîngue. I eut un rîre étrange, creux. Comme sî un cerbère pouvaît sombrer dans a foîe… uî dont ’âme étaît a proprîété de sa maïtresse.Allez, ça sufit, au boulot ! I descendît égèrement ses unettes fumées sur ’arête de son nez. I y avaît à des hommes vîeîîs avant ’âge et des femmes ternes attabés autour de uî. I ne eur accorda pas même un regard et s’înté-ressa à ’arrîère-sae, à où es ombres étaîent pus profondes. I sut înstînctîvement que c’étaît à qu’î devaît chercher. Sa proîe devaît être en traîn de se dîssîmuer dans ’obscurîté, maîs es ténèbres ne uî seraîent d’aucun secours. L’arrîère-sae étaît déserte, à ’exceptîon d’une tabe occupée par cee qu’î cherchaît. Impossîbe de a manquer, même avec a descrîptîon sommaîre de Lusse. Ee étaît jeune, joîe et înnocente, comme un ange tombé dans une fosse aux serpents. I s’adossa au mur et prît e temps de a détaîer. Menue, ee ne devaît pas peser pus de cînquante kîos,
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ee avaît de ongs cheveux noîrs quî uî tombaîent sur es épaues et sembaît perdue dans ses pensées. Ses doîgts jouaîent avec un petît verre rempî de îquîde ambré, et un morceau de papîer étaît posé sur a tabe devant ee. Maîntenant qu’î ’avaît ocaîsée, î focaîsa entîè-rement son attentîon sur ee.Elle étaît terrorîsée. La puîssance de son effroî e prît au dépourvu. I s’appuya au mur et înspîra prudemment, es narînes dîatées. Comment un sî petît être pouvaît-î contenîr une tee charge émotîonnee ? I s’empoya à conserver son came et se tourna de nouveau vers ee. Ouî, î y avaît de a peur, maîs aussî… du chagrîn et… Ee saîsît e verre entre son pouce et son îndex et ’avaa d’un traît… et de a détermînatîon, concut-î mentaement. Ee avaît peur, maîs pas pour ee-même, c’étaît une combattante. I se surprît à éprouver un certaîn respect pour cette ie. I secoua bîen vîte a tête et chassa cette îdée. Qu’ee se défende, ça ne feraît pas grande dîfférence. I aaît prendre son temps. C’étaît une proîe facîe, pourquoî se précîpîter ? La jeune femme repoussa e verre sur e côté de a tabe et it sîgne à a serveuse de uî en apporter un autre. Ee passa une maîn pâe sur e morceau de papîer posé devant ee et e caressa, y cherchant un peu de réconfort, et peut-être des réponses. La serveuse revînt et a proîe eva es yeux pour a remercîer, maîs son regard se posa par hasard sur Rîsk. Surprîs, î it un pas de côté et s’enfonça parmî es ombres. Pouvaît-ee e voîr ? I s’étaît pourtant montré partîcuîèrement prudent. Peut-être Lusse avaît-ee raîson, peut-être son humanîté devenaît-ee trop présente, affaîbîssant son côté démonîaque,
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atérant ses pouvoîrs de chasseur.Un faîble est un mort en sursîs, dîsaît Lusse, se paîsant à e rappeer sans cesse. I s’întéressa de nouveau à sa proîe. Etaît-î réeement possîbe qu’ee puîsse e voîr ? Le regard de a jeune femme gîssa sur uî et î se détendît aussîtôt. C’étaît sans doute une concîdence, maîs tout de même… î hésîtaît. I y avaît queque chose de dîfférent chez cette ie, queque chose quî e faîsaît hésîter à a îvrer à Lusse, a sorcîère quî e maîntenaît de force à son servîce. I secoua a tête. Non, c’étaît n’împorte quoî. I feraît bîen d’en inîr rapîdement. I sufisaît d’attîrer a ie sur e parkîng, de se transformer et de a ramener à Lusse. Ee avaa son deuxîème verre, ramassa e morceau de papîer et s’apprêta à se ever. C’étaît e moment. I uî chuchoteraît queques mots à ’oreîe et ce seraît termîné. Une âme de pus et de nouveaux pouvoîrs, en paîement de sa dette éternee. La ie passa devant uî, assez près pour qu’î sente es notes épîcées de son parfum. I ne it rîen pour ’arrêter. I remît en pace ses unettes ain de dîssîmuer ses pupîes quî devaîent avoîr déjà prîs une teînte rouge. Qu’est-ce quî cochaît ? Pourquoî hésîtaît-î aînsî ? Pourquoî se surprenaît-î à regretter qu’ee ne ’aît pas effectîvement aperçu ? Peut-être parce qu’î auraît aors eu a preuve que toute huma-nîté ne ’avaît pas quîtté, qu’î n’étaît pas qu’une bête. Pourquoî envîsageaît-î soudaîn de ’épargner, se résî-gnant aux tourments quî ’attendaîent s’î n’obéîssaît pas aux ordres ? I jura à voîx basse et se focaîsa sur a mîssîon. Cette femme n’étaît rîen pour uî, et î uî restaît encore une
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éternîté de souffrance à endurer.Maudîte soît Lusse et sa perpétuelle quête d’âmes. I saîsît magré uî a chaïne d’argent quî entou-raît son cou et aîssa e méta froîd uî rappeer quî î étaît : un objet, un outî au servîce de Lusse, rîen de pus. I reeva e co de son manteau et se mît en quête de sa proîe.
L’aîr froîd gîla Kara Shane orsqu’ee quîtta e bar. Les deux whîskys qu’ee avaît avaés ne sufisaîent pas à a réchauffer, et îs n’atténuaîent pas davantage e chagrîn d’avoîr perdu Key. Cea faîsaît une semaîne jour pour jour que sa sœur avaît dîsparu. La poîce sembaît avoîr perdu espoîr, maîs pas Kara. Key étaît à, queque part. Kara n’étaît pas prête à accepter d’autre expîcatîon. Ee serra es pans de son manteau autour d’ee et s’éoîgna en poyant face au vent. Avec un peu de chance, ’aîr froîd et sec réussîraît à où ’acoo avaît échoué et ’aîderaît à trouver ’îdée quî uî permettraît de ocaîser sa sœur — une îdée pus înspîrée que cee quî ’avaît menée dans ce bouge ce soîr. Une boïte d’aumettes comme îndîce, que cîché mînabe ! Est-ce qu’ee en étaît vraîment réduîte à ça ? A suîvre toutes es pîstes même es pus tordues ? Ee avaît comprîs son erreur à a seconde où ee avaît franchî a porte du bar. Les gentîes ies quî travaîaîent à mî-temps dans un saon de thé n’avaîent rîen à faîre dans un endroît comme ’Antre du Gardîen… Ee s’étaît pourtant convaîncue qu’ee étaît capabe de mener cette enquête. Ee avaît même emprunté e ong manteau de Key, ceuî quî uî donnaît un
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stye à a Matrîx, maîs ce n’étaît pas uî quî pouvaît uî donner a force et a coniance quî uî manquaîent. Le barman avaît accepté à contrecœur de jeter un œî au papîer portant a mentîon « DISPARUE » en ettres capîtaes, qu’ee uî avaît agîté sous e nez. La serveuse uî avaît conseîé d’aer putôt trîmbaer son petît cu du côté du centre commercîa, quant aux cîents… ee n’avaît pas trouvé e courage de es approcher. Ee n’arrîvaît à rîen, et c’étaît Key quî, queque part, en payaît e prîx. Perdue dans ses pensées, ee mît queques secondes à se rendre compte qu’ee étaît suîvîe. I n’y avaît pas eu e moîndre bruît, juste cette sensatîon însîstante que queque chose étaît après ee et se rapprochaît rapîdement. Avec un came quî ne uî ressembaît pas — et qu’ee devaît peut-être au whîsky ou au chagrîn — ee dégoupîa a bombe acrymogène que sa sœur gardaît toujours dans sa poche întérîeure. Key n’auraît pas été effrayée sî ee avaît été à sa pace, aors Kara devaît faîre de même. Ee gîssa son doîgt sur e percuteur. Magré sa bee résoutîon, ’acoo, e chagrîn et ’adrénaîne commençaîent à faîre mauvaîs ménage. Pourquoî est-ce que ce fumîer ne uî sautaît pas sîmpement dessus, qu’on en inîsse ? Ee n’eut pas à attendre pus d’une poîgnée de secondes avant de sentîr a chaeur d’un soufle sur sa nuque. Ee it vote-face et a bombe sîfla en îbérant son gaz. Ee réaîsa aussîtôt son erreur. Ee avaît réagî trop tôt. Son supposé agresseur étaît encore à cînq bons mètres et î… ee înspîra un grand coup… n’étaît pas humaîn. Un chîen à ’aure étrange uî rendît son regard scrutateur.
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— Rentre chez toî, e chîen, ança-t-ee en essayant de chasser cette panîque quî a faîsaît lageoer. Les chîens. Ee détestaît es chîens depuîs… non, ce n’étaît pas e moment de reponger dans es souvenîrs. Ee assura sa prîse sur a bombe, e contact du méta froîd avaît queque chose de rassurant. Reste calme, récîta-t-ee întérîeurement, comme on e uî avaît enseîgné en cours d’autodéfense.Ne panîque pas. Ne cours pas. Il est très rare qu’un chîen attaque sans raîson, évîte de luî en fournîr une. Ee empît ses poumons d’aîr gacé et se força à rester îmmobîe. — Je n’aî rîen à manger sur moî, murmura-t-ee. Le chîen au poî brun eva a tête, ’étudîa et a renîla onguement. Tu n’as rîen à craîndre, c’est juste un chîen errant. Tu n’es pas sur son terrîtoîre, et tu n’es pas menaçante. Il ne va pas tarder à s’en aller, se dît-ee avec force, comme pour faîre obéîr a réaîté à ses désîrs. Ee attendît, son soufle dessînant des voutes cotonneuses devant son vîsage. Le chîen baîssa a tête puîs a reeva, ’étudîant de nouveau. — Rentre chez toî e chîen, chuchota Kara. L’anîma jeta un regard derrîère uî puîs s’avança dans sa dîrectîon. La jeune femme se raîdît, e soufle court. Les yeux du chîen étaîent… rouges. Ee cîa, încapabe de croîre ce qu’ee venaît de voîr. I it encore un pas. Puîs deux, a tête et a queue basse. I eva vers ee un regard brîant d’înteîgence, presque humaîn, dans eque ee ut une détermî-natîon quî uî donna e frîsson. Ce n’étaît pas un chîen norma. , se corrîgea-t-ee.Il est parfaîtement normal, c’est juste mon îmagînatîon quî me joue des tours. Trop de nuîts
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d’însomnîes ajoutées à l’înquîétude, ça a dû faîre remonter mes vîeîlles phobîes. Le chîen étaît à présent dans a umîère d’un ampa-daîre. I ixaît a jeune femme, a gueue entrouverte, a bave aux èvres, ses yeux carmîn uîsant comme es fenêtres d’un îmmeube en proîe aux lammes. Ce cabot étaît caîrement bîzarre, maîs ee n’arrîvaît pas à savoîr ce quî cochaît chez uî. Sa maîn se crîspa sur a bombe acrymogène, sans qu’ee quîtte une seue seconde a bête des yeux.C’est quand on détourne le regard que ces anîmaux attaquent, c’est bîen connu. En tout cas c’est ce quî étaît arrîvé à Jessîe. Le chîen étaît resté à à es regarder, ee et sa copîne et Kara avaît regardé aîeurs, juste une seconde, e temps de chercher une îssue. C’est à ce moment-à que e chîen avaît bondî… sur Jessîe. Ee ne gardaît pas de souvenîrs précîs de ce quî avaît suîvî. I y avaît eu des crîs, maîs ee ne savaît pus trop sî c’étaîent ceux de son amîe ou es sîens. Les armes uî montèrent aux yeux. On ne pouvaît pas dîre que ça ’aîdaît beaucoup, de remuer aînsî e passé. Ee cîa rapîdement et it un pas en arrîère. — Gentî, e chîen, murmura-t-ee d’une voîx qu’ee vouaît apaîsante, î n’y a rîen à manger îcî. Soîs forte, pense comme Kelly. Key quî ’avaît sauvée ce jour-à et quî ’avaît toujours aîdée à tenîr e coup. Un portabe. Ee avaît son portabe. D’une maîn, ee ’extîrpa de a poche extérîeure de son sac à dos, sans cesser de parer. — Ça te dîraît de te faîre de nouveaux amîs, e chîen ?Des amîs avec des laîsses en cuîr et de jolîes cages en acîer, bîen solîdes.
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Le moosse retroussa ses babînes, découvrant des crocs de presque dîx centîmètres de ong. Peut-être qu’un amî avec un jolî calîbre 38 seraît plus approprîé, inalement. Kara ouvrît e tééphone d’un coup de pouce et composa e numéro. Ee aaît survîvre à ça. I e faaît. Un message automatîque ’înformant qu’ee avaît composé e mauvaîs numéro uî répondît.Bon sang ! Ee baîssa es yeux sur ’appareî pour réessayer… et comprît aussîtôt son erreur. Le chîen recua et se tendît comme pour sauter. Kara n’avaît nue part où fuîr, aussî eva-t-ee a bombe devant ee en se préparant à ’attaque. Pour a seconde foîs en une soîrée, a bombe cracha, maîs e chîen ne broncha pas et s’éança en grondant. Le monde semba raentîr autour d’ee. Ee savaît qu’ee auraît dû fuîr, maîs ee en étaît încapabe. Ee se contenta d’attendre, certaîne qu’ee ne survîvraît pas à cette attaque. Le parkîng contînua de tournoyer autour d’ee, et e moosse se rapprocha sufisamment pour qu’ee perçoîve a puanteur de son haeîne fétîde. Un écat argenté scîntîa fugîtîvement dans ’ombre toute proche, et son assaîant fut projeté au so. Kara n’en crut pas ses yeux. Un second chîen, au peage coueur de une ceuî-à, se tenaît au-dessus de a bête quî ’avaît menacée. Ee chassa es mèches quî uî étaîent tombées sur e vîsage ; î uî avaît sauvé a vîe. Le nouve arrîvant se tourna dans sa dîrectîon et ee vît ses pupîes uîre d’un écat rouge étînceant. La terreur a saîsît. Le second chîen réagît aussîtôt. I baîssa a tête
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et tenta de saîsîr e cou de son adversaîre dans sa gueue. Ceuî-cî panta ses pattes arrîère dans e ventre de son assaîant ain de e souever. Aucun des deux n’étaît décîdé à se aîsser faîre et bîentôt, îs ne formèrent pus qu’une masse înforme de peages mêés. Les maîns moîtes, Kara composa fébrîement e numéro de a poîce. Les chîens rouèrent sur e so dans sa dîrectîon, eurs crocs scîntîants cherchant à s’attraper ’un ’autre par e cou. Le moosse brun parvînt à se décaer égèrement sur e côté et referma sa gueue sur ’encoure du chîen argenté. Le sang coua sur e poî brîant, teîntant e peage des deux anîmaux. Kara étaît paraysée. Ee s’attendît à entendre a bête crîer de doueur, à percevoîr e craquement de ses os. Comment avaît-ee pu une foîs de pus se mettre dans un te bourbîer ? Le chîen argenté roua sur e dos, emportant ’autre dans sa chute. Voîà ce quî aaît se passer. La bête à a fourrure brune aaît tuer e second puîs î s’occuperaît de Kara. Ee revît en esprît Jessîe, aongée sur e so. Ees ne s’étaîent pas rendu compte, en se gîssant sous a côture, qu’ees n’étaîent pas seues dans ce jardîn. Ees n’avaîent même pas vu e chîen arrîver. I s’étaît jeté sur Jessîe et ’avaît paquée au so comme une poupée désartîcuée. Puîs î uî avaît ouvert a gorge de ses crocs poîntus, déchîquetant a chaîr et es os d’un seu coup de gueue rageur. Et Kara n’avaît rîen faît. Rîen. Ee étaît restée à à regarder e chîen baayer e jardîn du regard, es pattes baîgnant dans e sang de son amîe. Enin î s’étaît tourné vers ee et ee avaît
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