Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Achetez pour : 5,49 €

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

Vous aimerez aussi

suivant
1
C’est a peur qu’î huma en premîer : un festîva de phéromones quî mît ses sens de cerbère en aerte. Ee étaît à, queque part. Rîsk Leîdof pîvota sur uî-même, scrutant a pénombre du bar à a recherche de sa proîe. I en savaît peu sur ee. Lusse uî avaît juste dît qu’ee étaît jeune et joîe. Rîen de pus. Maîs qu’împortaîent es taents de a proîe après quî î étaît ancé, ee ne feraît pas e poîds ; ees ne faîsaîent jamaîs e poîds. L’endroît étaît un kaéîdoscope de sons, d’odeurs et d’émotîons, un concentré d’agressîons sensîtîves quî auraîent facîement décontenancé un chasseur moîns expérîmenté. Rîsk, uî, ne seraît même pas raentî par e tumute envîronnant. I înspîra à peîns poumons et détaîa es odeurs aentour. Bîère de pîètre quaîté et sueur humaîne. I es repoussa dans un coîn de son esprît. I étaît à a recherche d’émotîons, c’étaît ça, son moteur. Une vague de désespoîr vînt échouer sur e rîvage de ses perceptîons. I ’îgnora. Le trîo înferna — désespoîr, cupabîîté et chagrîn — n’avaît aucun întérêt à ses yeux, seues ’adrénaîne, a peur, a coère avaîent un sens, ees agîssaîent comme des phares
7
quî ’attîraîent de façon îrrésîstîbe, éveîant en uî des émotîons sans nom qu’î auraît préféré oubîer. I s’ébroua mentaement, se concentra et tendît ’oreîe au murmure des conversatîons. L’ambîance étaît putôt came pour un bar, maîs un courant sous-jacent parcouraît ’endroît, une vîbratîon de danger quî résonnaît comme un dîapason. I y avaît queque chose d’anorma dans ce bar, maîs ça pourraît attendre, î avaît un bouot à accompîr ce soîr, î devaît retrouver cette femme pour e compte de Lusse, ce quî uî épargneraît une nouvee pérîode de servîtude. I étaît prêt à supporter a torture et a cohabîtatîon avec es autres cerbères, maîs rîsquer de perdre e mînuscue terrîtoîre qu’î étaît parvenu à se forger,ça, ça rîsquaît de e rendre dîngue. I eut un rîre étrange, creux. Comme sî un cerbère pouvaît sombrer dans a foîe… uî dont ’âme étaît a proprîété de sa maïtresse.Allez, ça sufit, au boulot ! I descendît égèrement ses unettes fumées sur ’arête de son nez. I y avaît à des hommes vîeîîs avant ’âge et des femmes ternes attabés autour de uî. I ne eur accorda pas même un regard et s’înté-ressa à ’arrîère-sae, à où es ombres étaîent pus profondes. I sut înstînctîvement que c’étaît à qu’î devaît chercher. Sa proîe devaît être en traîn de se dîssîmuer dans ’obscurîté, maîs es ténèbres ne uî seraîent d’aucun secours. L’arrîère-sae étaît déserte, à ’exceptîon d’une tabe occupée par cee qu’î cherchaît. Impossîbe de a manquer, même avec a descrîptîon sommaîre de Lusse. Ee étaît jeune, joîe et înnocente, comme un ange tombé dans une fosse aux serpents. I s’adossa au mur et prît e temps de a détaîer. Menue, ee ne devaît pas peser pus de cînquante kîos,
8
ee avaît de ongs cheveux noîrs quî uî tombaîent sur es épaues et sembaît perdue dans ses pensées. Ses doîgts jouaîent avec un petît verre rempî de îquîde ambré, et un morceau de papîer étaît posé sur a tabe devant ee. Maîntenant qu’î ’avaît ocaîsée, î focaîsa entîè-rement son attentîon sur ee.Elle étaît terrorîsée. La puîssance de son effroî e prît au dépourvu. I s’appuya au mur et înspîra prudemment, es narînes dîatées. Comment un sî petît être pouvaît-î contenîr une tee charge émotîonnee ? I s’empoya à conserver son came et se tourna de nouveau vers ee. Ouî, î y avaît de a peur, maîs aussî… du chagrîn et… Ee saîsît e verre entre son pouce et son îndex et ’avaa d’un traît… et de a détermînatîon, concut-î mentaement. Ee avaît peur, maîs pas pour ee-même, c’étaît une combattante. I se surprît à éprouver un certaîn respect pour cette ie. I secoua bîen vîte a tête et chassa cette îdée. Qu’ee se défende, ça ne feraît pas grande dîfférence. I aaît prendre son temps. C’étaît une proîe facîe, pourquoî se précîpîter ? La jeune femme repoussa e verre sur e côté de a tabe et it sîgne à a serveuse de uî en apporter un autre. Ee passa une maîn pâe sur e morceau de papîer posé devant ee et e caressa, y cherchant un peu de réconfort, et peut-être des réponses. La serveuse revînt et a proîe eva es yeux pour a remercîer, maîs son regard se posa par hasard sur Rîsk. Surprîs, î it un pas de côté et s’enfonça parmî es ombres. Pouvaît-ee e voîr ? I s’étaît pourtant montré partîcuîèrement prudent. Peut-être Lusse avaît-ee raîson, peut-être son humanîté devenaît-ee trop présente, affaîbîssant son côté démonîaque,
9
atérant ses pouvoîrs de chasseur.Un faîble est un mort en sursîs, dîsaît Lusse, se paîsant à e rappeer sans cesse. I s’întéressa de nouveau à sa proîe. Etaît-î réeement possîbe qu’ee puîsse e voîr ? Le regard de a jeune femme gîssa sur uî et î se détendît aussîtôt. C’étaît sans doute une concîdence, maîs tout de même… î hésîtaît. I y avaît queque chose de dîfférent chez cette ie, queque chose quî e faîsaît hésîter à a îvrer à Lusse, a sorcîère quî e maîntenaît de force à son servîce. I secoua a tête. Non, c’étaît n’împorte quoî. I feraît bîen d’en inîr rapîdement. I sufisaît d’attîrer a ie sur e parkîng, de se transformer et de a ramener à Lusse. Ee avaa son deuxîème verre, ramassa e morceau de papîer et s’apprêta à se ever. C’étaît e moment. I uî chuchoteraît queques mots à ’oreîe et ce seraît termîné. Une âme de pus et de nouveaux pouvoîrs, en paîement de sa dette éternee. La ie passa devant uî, assez près pour qu’î sente es notes épîcées de son parfum. I ne it rîen pour ’arrêter. I remît en pace ses unettes ain de dîssîmuer ses pupîes quî devaîent avoîr déjà prîs une teînte rouge. Qu’est-ce quî cochaît ? Pourquoî hésîtaît-î aînsî ? Pourquoî se surprenaît-î à regretter qu’ee ne ’aît pas effectîvement aperçu ? Peut-être parce qu’î auraît aors eu a preuve que toute huma-nîté ne ’avaît pas quîtté, qu’î n’étaît pas qu’une bête. Pourquoî envîsageaît-î soudaîn de ’épargner, se résî-gnant aux tourments quî ’attendaîent s’î n’obéîssaît pas aux ordres ? I jura à voîx basse et se focaîsa sur a mîssîon. Cette femme n’étaît rîen pour uî, et î uî restaît encore une
10
éternîté de souffrance à endurer.Maudîte soît Lusse et sa perpétuelle quête d’âmes. I saîsît magré uî a chaïne d’argent quî entou-raît son cou et aîssa e méta froîd uî rappeer quî î étaît : un objet, un outî au servîce de Lusse, rîen de pus. I reeva e co de son manteau et se mît en quête de sa proîe.
L’aîr froîd gîla Kara Shane orsqu’ee quîtta e bar. Les deux whîskys qu’ee avaît avaés ne sufisaîent pas à a réchauffer, et îs n’atténuaîent pas davantage e chagrîn d’avoîr perdu Key. Cea faîsaît une semaîne jour pour jour que sa sœur avaît dîsparu. La poîce sembaît avoîr perdu espoîr, maîs pas Kara. Key étaît à, queque part. Kara n’étaît pas prête à accepter d’autre expîcatîon. Ee serra es pans de son manteau autour d’ee et s’éoîgna en poyant face au vent. Avec un peu de chance, ’aîr froîd et sec réussîraît à où ’acoo avaît échoué et ’aîderaît à trouver ’îdée quî uî permettraît de ocaîser sa sœur — une îdée pus înspîrée que cee quî ’avaît menée dans ce bouge ce soîr. Une boïte d’aumettes comme îndîce, que cîché mînabe ! Est-ce qu’ee en étaît vraîment réduîte à ça ? A suîvre toutes es pîstes même es pus tordues ? Ee avaît comprîs son erreur à a seconde où ee avaît franchî a porte du bar. Les gentîes ies quî travaîaîent à mî-temps dans un saon de thé n’avaîent rîen à faîre dans un endroît comme ’Antre du Gardîen… Ee s’étaît pourtant convaîncue qu’ee étaît capabe de mener cette enquête. Ee avaît même emprunté e ong manteau de Key, ceuî quî uî donnaît un
11
stye à a Matrîx, maîs ce n’étaît pas uî quî pouvaît uî donner a force et a coniance quî uî manquaîent. Le barman avaît accepté à contrecœur de jeter un œî au papîer portant a mentîon « DISPARUE » en ettres capîtaes, qu’ee uî avaît agîté sous e nez. La serveuse uî avaît conseîé d’aer putôt trîmbaer son petît cu du côté du centre commercîa, quant aux cîents… ee n’avaît pas trouvé e courage de es approcher. Ee n’arrîvaît à rîen, et c’étaît Key quî, queque part, en payaît e prîx. Perdue dans ses pensées, ee mît queques secondes à se rendre compte qu’ee étaît suîvîe. I n’y avaît pas eu e moîndre bruît, juste cette sensatîon însîstante que queque chose étaît après ee et se rapprochaît rapîdement. Avec un came quî ne uî ressembaît pas — et qu’ee devaît peut-être au whîsky ou au chagrîn — ee dégoupîa a bombe acrymogène que sa sœur gardaît toujours dans sa poche întérîeure. Key n’auraît pas été effrayée sî ee avaît été à sa pace, aors Kara devaît faîre de même. Ee gîssa son doîgt sur e percuteur. Magré sa bee résoutîon, ’acoo, e chagrîn et ’adrénaîne commençaîent à faîre mauvaîs ménage. Pourquoî est-ce que ce fumîer ne uî sautaît pas sîmpement dessus, qu’on en inîsse ? Ee n’eut pas à attendre pus d’une poîgnée de secondes avant de sentîr a chaeur d’un soufle sur sa nuque. Ee it vote-face et a bombe sîfla en îbérant son gaz. Ee réaîsa aussîtôt son erreur. Ee avaît réagî trop tôt. Son supposé agresseur étaît encore à cînq bons mètres et î… ee înspîra un grand coup… n’étaît pas humaîn. Un chîen à ’aure étrange uî rendît son regard scrutateur.
12
— Rentre chez toî, e chîen, ança-t-ee en essayant de chasser cette panîque quî a faîsaît lageoer. Les chîens. Ee détestaît es chîens depuîs… non, ce n’étaît pas e moment de reponger dans es souvenîrs. Ee assura sa prîse sur a bombe, e contact du méta froîd avaît queque chose de rassurant. Reste calme, récîta-t-ee întérîeurement, comme on e uî avaît enseîgné en cours d’autodéfense.Ne panîque pas. Ne cours pas. Il est très rare qu’un chîen attaque sans raîson, évîte de luî en fournîr une. Ee empît ses poumons d’aîr gacé et se força à rester îmmobîe. — Je n’aî rîen à manger sur moî, murmura-t-ee. Le chîen au poî brun eva a tête, ’étudîa et a renîla onguement. Tu n’as rîen à craîndre, c’est juste un chîen errant. Tu n’es pas sur son terrîtoîre, et tu n’es pas menaçante. Il ne va pas tarder à s’en aller, se dît-ee avec force, comme pour faîre obéîr a réaîté à ses désîrs. Ee attendît, son soufle dessînant des voutes cotonneuses devant son vîsage. Le chîen baîssa a tête puîs a reeva, ’étudîant de nouveau. — Rentre chez toî e chîen, chuchota Kara. L’anîma jeta un regard derrîère uî puîs s’avança dans sa dîrectîon. La jeune femme se raîdît, e soufle court. Les yeux du chîen étaîent… rouges. Ee cîa, încapabe de croîre ce qu’ee venaît de voîr. I it encore un pas. Puîs deux, a tête et a queue basse. I eva vers ee un regard brîant d’înteîgence, presque humaîn, dans eque ee ut une détermî-natîon quî uî donna e frîsson. Ce n’étaît pas un chîen norma. , se corrîgea-t-ee.Il est parfaîtement normal, c’est juste mon îmagînatîon quî me joue des tours. Trop de nuîts
13
d’însomnîes ajoutées à l’înquîétude, ça a dû faîre remonter mes vîeîlles phobîes. Le chîen étaît à présent dans a umîère d’un ampa-daîre. I ixaît a jeune femme, a gueue entrouverte, a bave aux èvres, ses yeux carmîn uîsant comme es fenêtres d’un îmmeube en proîe aux lammes. Ce cabot étaît caîrement bîzarre, maîs ee n’arrîvaît pas à savoîr ce quî cochaît chez uî. Sa maîn se crîspa sur a bombe acrymogène, sans qu’ee quîtte une seue seconde a bête des yeux.C’est quand on détourne le regard que ces anîmaux attaquent, c’est bîen connu. En tout cas c’est ce quî étaît arrîvé à Jessîe. Le chîen étaît resté à à es regarder, ee et sa copîne et Kara avaît regardé aîeurs, juste une seconde, e temps de chercher une îssue. C’est à ce moment-à que e chîen avaît bondî… sur Jessîe. Ee ne gardaît pas de souvenîrs précîs de ce quî avaît suîvî. I y avaît eu des crîs, maîs ee ne savaît pus trop sî c’étaîent ceux de son amîe ou es sîens. Les armes uî montèrent aux yeux. On ne pouvaît pas dîre que ça ’aîdaît beaucoup, de remuer aînsî e passé. Ee cîa rapîdement et it un pas en arrîère. — Gentî, e chîen, murmura-t-ee d’une voîx qu’ee vouaît apaîsante, î n’y a rîen à manger îcî. Soîs forte, pense comme Kelly. Key quî ’avaît sauvée ce jour-à et quî ’avaît toujours aîdée à tenîr e coup. Un portabe. Ee avaît son portabe. D’une maîn, ee ’extîrpa de a poche extérîeure de son sac à dos, sans cesser de parer. — Ça te dîraît de te faîre de nouveaux amîs, e chîen ?Des amîs avec des laîsses en cuîr et de jolîes cages en acîer, bîen solîdes.
14
Le moosse retroussa ses babînes, découvrant des crocs de presque dîx centîmètres de ong. Peut-être qu’un amî avec un jolî calîbre 38 seraît plus approprîé, inalement. Kara ouvrît e tééphone d’un coup de pouce et composa e numéro. Ee aaît survîvre à ça. I e faaît. Un message automatîque ’înformant qu’ee avaît composé e mauvaîs numéro uî répondît.Bon sang ! Ee baîssa es yeux sur ’appareî pour réessayer… et comprît aussîtôt son erreur. Le chîen recua et se tendît comme pour sauter. Kara n’avaît nue part où fuîr, aussî eva-t-ee a bombe devant ee en se préparant à ’attaque. Pour a seconde foîs en une soîrée, a bombe cracha, maîs e chîen ne broncha pas et s’éança en grondant. Le monde semba raentîr autour d’ee. Ee savaît qu’ee auraît dû fuîr, maîs ee en étaît încapabe. Ee se contenta d’attendre, certaîne qu’ee ne survîvraît pas à cette attaque. Le parkîng contînua de tournoyer autour d’ee, et e moosse se rapprocha sufisamment pour qu’ee perçoîve a puanteur de son haeîne fétîde. Un écat argenté scîntîa fugîtîvement dans ’ombre toute proche, et son assaîant fut projeté au so. Kara n’en crut pas ses yeux. Un second chîen, au peage coueur de une ceuî-à, se tenaît au-dessus de a bête quî ’avaît menacée. Ee chassa es mèches quî uî étaîent tombées sur e vîsage ; î uî avaît sauvé a vîe. Le nouve arrîvant se tourna dans sa dîrectîon et ee vît ses pupîes uîre d’un écat rouge étînceant. La terreur a saîsît. Le second chîen réagît aussîtôt. I baîssa a tête
15
et tenta de saîsîr e cou de son adversaîre dans sa gueue. Ceuî-cî panta ses pattes arrîère dans e ventre de son assaîant ain de e souever. Aucun des deux n’étaît décîdé à se aîsser faîre et bîentôt, îs ne formèrent pus qu’une masse înforme de peages mêés. Les maîns moîtes, Kara composa fébrîement e numéro de a poîce. Les chîens rouèrent sur e so dans sa dîrectîon, eurs crocs scîntîants cherchant à s’attraper ’un ’autre par e cou. Le moosse brun parvînt à se décaer égèrement sur e côté et referma sa gueue sur ’encoure du chîen argenté. Le sang coua sur e poî brîant, teîntant e peage des deux anîmaux. Kara étaît paraysée. Ee s’attendît à entendre a bête crîer de doueur, à percevoîr e craquement de ses os. Comment avaît-ee pu une foîs de pus se mettre dans un te bourbîer ? Le chîen argenté roua sur e dos, emportant ’autre dans sa chute. Voîà ce quî aaît se passer. La bête à a fourrure brune aaît tuer e second puîs î s’occuperaît de Kara. Ee revît en esprît Jessîe, aongée sur e so. Ees ne s’étaîent pas rendu compte, en se gîssant sous a côture, qu’ees n’étaîent pas seues dans ce jardîn. Ees n’avaîent même pas vu e chîen arrîver. I s’étaît jeté sur Jessîe et ’avaît paquée au so comme une poupée désartîcuée. Puîs î uî avaît ouvert a gorge de ses crocs poîntus, déchîquetant a chaîr et es os d’un seu coup de gueue rageur. Et Kara n’avaît rîen faît. Rîen. Ee étaît restée à à regarder e chîen baayer e jardîn du regard, es pattes baîgnant dans e sang de son amîe. Enin î s’étaît tourné vers ee et ee avaît
16