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L’Homme de la sierra

De

Par l'auteure de la trilogie Le Club des A

Amélie est une héritière du Sud, élevée pour être une véritable dame. Hélas, la guerre civile a tout détruit sur son passage : sa maison, sa fortune et surtout, sa famille. Tentant de rejoindre un oncle et une tante installés dans l’Ouest, elle se retrouve seule et sans argent au cœur de la Sierra Nevada. Un rancher taciturne lui offre alors sa protection, mais il y a un prix...

Dallas vit seul sur ses terres, tel un paria. Quand le hasard met sur son chemin la jolie Amélie, il saisit sa chance d’obtenir un peu de compagnie. Il est loin de réaliser qu’il a affaire à une demoiselle de la bonne société... Lui qui est plus habitué aux bêtes qu’aux humains, comment réussira-t-il à la séduire, pas seulement pour une nuit, mais pour la vie ?

46 000 mots (roman court)

« Pour moi, c’est une histoire qui va crescendo et se termine en apothéose. ... Je dis un énorme bravo à l’auteur et je la remercie pour cette histoire magnifique. » Fabiola Chenet (auteure de Passion et Conséquences)

« ... j’étais dans l’histoire et j’avais envie de continuer encore et encore. À la moitié du roman, j’avais déjà envie d’avoir le prochain de Pauline ! Je savais que j’allais aimer et je ne me suis pas trompée. Coup de cœur ! » Jo Ann von Haff (auteure de La Réelle Hauteur des hommes)


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Résumé
Amélie est une héritière du Sud, élevée pour être u ne véritable dame. Hélas, la guerre civile a tout détruit sur son passage : sa m aison, sa fortune et surtout, sa famille. Tentant de rejoindre un oncle et une tante installés dans l’Ouest, elle se retrouve seule et sans argent au cœur de la Sierra Nevada. Un rancher taciturne lui offre alors sa protection, mais il y a un prix… Dallas vit seul sur ses terres, tel un paria. Quand le hasard met sur son chemin la jolie Amélie, il saisit sa chance d’obtenir un peu de compagnie. Il est loin de réaliser qu’il a affaire à une demoiselle de la bonne sociét é… Lui qui est plus habitué aux bêtes qu’aux humains, comment réussira-t-il à la séduire, pas seulement pour une nuit, mais pour la vie ?
De la même auteure aux Éditions Laska
Amelia la Scandaleuse
Dans la ligne de tir
Le Club des A - 3 : Samantha
L’HOMME DE LA SIERRA
Pauline Libersart
Éditions Laska Montréal, Québec Courriel : info@romancefr.com
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, personnage s, lieux et incidents sont soit le fruit de l’imagination de l’auteur, soit utilisés d e manière fictive.
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Design de la couverture : Jeanne Corvellec Photos de couverture © simonkr – iStockphoto
ISBN : 978-2-924242-77-3
Table des matières
Résumé Autres publications de l’auteure Page titre Droits d’auteur Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3 Chapitre 4 Chapitre 5 Chapitre 6 Chapitre 7 Chapitre 8 Chapitre 9 Chapitre 10 Chapitre 11 Chapitre 12 Chapitre 13 Chapitre 14 Chapitre 15 Chapitre 16 Chapitre 17 Chapitre 18 Chapitre 19 Chapitre 20 Chapitre 21 Chapitre 22 Chapitre 23 Chapitre 24 Chapitre 25 Chapitre 26 Chapitre 27 Chapitre 28 Chapitre 29 Chapitre 30 Chapitre 31 Merci ! L’auteure
Chapitre 1
La nuit tombait déjà sur la sierra, et Amélie dut se résigner à camper. Elle hésita un moment, puis finit par se décider. Elle serait plus en sécurité si elle s’éloignait un peu de la piste principale. Personne ne devait remarque r sa présence. Si tant est que quelqu’un passe un jour sur cette route déserte… Elle guida son cheval entre les sapins, derrière un e petite saillie rocheuse qui lui sembla présenter un bon abri. Il la dissimulerait d e la route et la protégerait aussi du vent. Elle avait bien entrevu une grotte un peu plu s loin dans la paroi, mais elle n’osait pas y entrer, de peur de tomber nez à nez avec un a nimal sauvage qui y aurait élu domicile. Elle descendit maladroitement de son poney et l’att acha à un arbre avant de saisir son sac et sa couverture, attachés sur la selle. Un frisson glacé remonta le long de son échine. Amélie serra les dents. Elle ne pouvait pas se permettre de se laisser aller… Elle se dirigeait vers l’ouest, essayant de suivre la piste qui menait de Reno, dans le Nevada, à Sacramento, en Californie. Elle avait espéré atteindre la ville de Truckee ou, au moins, l’ancien relais du Pony Express avant la nuit. Malheureusement, se diriger seule dans la Sierra Nevada s’était avéré e ncore plus compliqué qu’elle ne l’avait craint. La forêt de conifères était dense, sans aucun repère. La piste se divisait parfois en plusieurs sentiers, dont certains abouti ssaient à des précipices, d’autres à des rivières en furie, infranchissables avec le déb ut de la fonte des neiges. Elle avait dû rebrousser chemin à plusieurs reprises et avait perdu beaucoup de temps. Elle s’assit avec précaution au pied de la paroi, c raignant de déranger un reptile. Amélie serra sa jupe autour de ses jambes, en arriv ant presque à regretter de ne pas porter de corset. Une épaisseur de plus n’aurait pa s été de trop. Elle se recroquevilla dans sa pelisse et sa couverture, car il faisait fr oid depuis que le soleil avait disparu à l’horizon. Cette nuit de printemps était même vraim ent glaciale. Le cheval hennit et s’ébroua, la faisant sursauter. Le bruit de bêtes se déplaçant dans l’obscurité la décida à faire un feu. Et tant pis si celui-ci risquait de trahir sa présence. Elle devait se préserver des prédateurs. Éclairée par la pleine lune, elle n’eut aucun mal à réunir du bois mort et quelques pierres . Elle dénicha une boîte d’allumettes dans son sac. Le feu prit rapidement, mais elle ne voulut pas prendre le risque de faire un grand brasier ; elle se contenta de petites flammes, suffisantes pour la rassurer et la réchauffer légèrement. Elle mangea lentement ses maigres provisions, autan t pour les faire durer que pour s’occuper, frottant régulièrement l’une contre l’au tre ses mains gantées de fin chevreau. * * * Un craquement plus fort que les autres la fit sursa uter, et elle se redressa brusquement. Elle avait dû s’assoupir : le feu étai t presque mort. Inquiète, elle saisit le scalpel qu’elle avait toujours au fond de sa poche. Une bien piètre arme… Une ombre inquiétante et silencieuse se détacha len tement de l’obscurité. Un ours ? Tremblante de peur, la jeune femme se rencog na contre la paroi. Un nouveau craquement la fit tressaillir. La bête approchait… Reste calme, tu sais te défendre, s’encouragea-t-elle silencieusement, même si elle avait pleinement conscience de la réalité de ses fo rces et de ses chances. L’ombre grandit et, à la faible lumière de la lune, elle identifia la forme d’un Stetson. Elle reconnut alors le cliquetis des éperons, avant de voir ses bottes éculées lorsque
l’homme avança jusque dans le faible halo du feu. I l était revêtu d’un épais et probablement très chaud manteau de cuir et de fourr ures, qui lui donnait cette allure large et étrange. Il tenait son cheval par la bride et, attachées au pommeau de la selle, elle entrevit des longes qui tiraient ce qui devaie nt être deux mules, encore en partie dissimulées par les arbres. Un homme, et pas un ours… Ce n’était pas beaucoup p lus rassurant pour une femme seule. Tétanisée, Amélie ne dit pas un mot — et lui non pl us. Avec des gestes calmes, il alla attacher son appaloosa près du poney indien d’ Amélie. Il le dessella tranquillement puis, sans rien demander, ôta également la selle du petit cheval pie. Le cowboy les bouchonna efficacement avant de s’éloigner pour s’o ccuper des mules de la même façon. La jeune femme n’osait pas dire un mot, retenant so n souffle et serrant toujours son arme entre ses doigts gourds. Lorsque l’homme ramassa sa selle et s’approcha d’el le, elle se raidit. Elle avait beau se raisonner, s’exhorter au calme, ses dents s e mirent à claquer, cette fois pas seulement de froid. Sans lui demander la permission , il posa sa selle juste à côté d’elle. Ensuite, il prit la couverture qui y était attachée et la lui tendit silencieusement. Étonnée, Amélie la prit gauchement, puis, se décida nt brusquement, s’enroula dedans. « Merci », chuchota-t-elle. Elle eut l’impression que le cowboy haussait les ép aules. Il se détourna, toujours silencieux, et s’agenouilla pour remettre une bonne quantité de bois dans le feu, lentement, méthodiquement. Les flammes s’élevèrent rapidement, vives, et la jeune femme sentit une vague de chaleur venir jusqu’à ell e et réchauffer ses joues. L’homme se redressa et passa dans la lumière. C’est à ce mo ment qu’elle le reconnut. * * * La veille, pour sa première soirée de travail comme serveuse dans le seul saloon de la ville de Floriston, un client l’avait attrapé e. Amélie avait appelé son patron à l’aide, mais celui-ci, derrière son comptoir, s’éta it contenté d’annoncer le prix qu’il voulait pour elle. La jeune femme s’était débattue, avait tenté de s’échapper sous les quolibets avinés des autres clients, criant qu’elle n’était pas une prostituée. L’homme, un prospecteur sale et puant, avait presqu e réussi à la traîner jusqu’à l’escalier menant aux chambres, quand ce cowboy ava it poussé la porte à double battant du saloon. Avisant la situation, il avait r éagi à la seconde, frappant l’autre d’un coup en pleine figure. Libérée, Amélie s’était enfuie sans demander son re ste ni attendre la suite de la bagarre. Elle avait passé la nuit cachée dans la grange du maréchal-ferrant, à réfléchir. Elle ne pouvait pas rester dans cette ville où ne s ’arrêtaient que des prospecteurs et des cowboys en manque de compagnie… Au matin, elle s’était faufilée dans sa chambre d’hôtel au-dessus du saloon pour réunir ses quelques affaires. Elle avait dépensé ses derniers dollars pour acheter un poney appelé Nopy, et elle avait pris la route, sachant que cette solution était au moins au ssi dangereuse que de rester en ville. * * * Le cowboy s’installa près d’elle, appuyant son dos au rocher. Il sortit d’une de ses sacoches de la viande, une gourde d’eau et des bisc uits. Toujours sans le moindre mot, il tendit un bout de bœuf séché à la jeune fem me. Inquiète et sur ses gardes, elle tendit doucement la main, hésita et attrapa vivemen t le morceau. « Merci », dit-elle à nouveau en l’attaquant à plei nes dents, affamée.
Il hocha simplement la tête, mastiquant le morceau qu’il venait de couper, le regard perdu dans les flammes. La jeune femme retint un so urire désabusé. Le couteau qu’il venait de rengainer était bien plus effilé et meurt rier que la malheureuse petite lame qu’elle-même dissimulait. Après s’être désaltéré, il se tourna lentement vers elle et lui tendit la gourde. « J’ai la mienne », murmura-t-elle en songeant qu’e lle aurait préféré qu’il lui offre une boisson chaude à la place d’une rasade d’eau gl acée. Toujours sans un mot, il reboucha le récipient et l e posa entre eux. « Où vas-tu ? demanda-t-il d’une voix grave et agré able. — Sacramento, répondit-elle en essayant d’avoir une voix aussi calme que la sienne. — Sacrée chevauchée… » Amélie serra les poings sous la couverture. Elle le savait. Elle était loin d’être naïve. Elle allait devoir traverser presque la moitié de l ’État, éviter les bandits, les Indiens, les bêtes sauvages… et même les hommes. Elle n’avait pa s le choix. Et pourtant, elle était tellement fatiguée. Elle n’en pouvait plus. Elle n’ était même pas sûre de trouver sa famille une fois là-bas. Un sanglot lui échappa. Su rpris, son compagnon improvisé l’observa attentivement à la faible lueur des flamm es. « Ça va ? — Pas vraiment, mais il faudra bien. — Pourquoi Sacramento ? — Je vais rejoindre ma tante et son mari. C’est la seule famille qu’il me reste. » Elle hésita un instant, mais le besoin de parler, d e se confier, fut le plus fort. « Mon père a été tué par les Yankees pendant la gue rre, il y a deux ans. Après, j’ai dû travailler à l’hôpital pour gagner de quoi vivre . Quand notre maison de Charleston a brûlé, ma mère s’est mise en tête d’aller en Califo rnie rejoindre sa sœur. Nous avons pris le train, mais, à Reno, la ligne était interro mpue. Il nous fallut prendre la diligence. » Sa voix se fêla et elle dut essuyer les larmes qui coulaient sur son visage. Patient, il attendit qu’elle se reprenne. « Nous étions dans la montagne quand un éboulement nous a fait basculer dans un torrent. Plusieurs passagers ont été tués… dont ma mère. » Cette fois, elle ne put retenir ses sanglots et cac ha son visage dans l’épaisse couverture en laine rêche. Il fallut un moment avan t qu’elle ne se calme. Lentement, elle s’apaisa. Les larmes avaient relâché la tensio n, la laissant simplement épuisée, sans force, à bout de courage.