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L’Ijiraq

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Premier tome de Créatures de l’Ouest

June conçoit une aversion pour Connor au premier regard. Comment cet aventurier ose-t-il s’inviter chez eux et les prendre en otage, elle et sa famille ? Lorsque sa petite sœur est enlevée, il est bien la dernière personne à laquelle elle a envie de demander de l’aide — d’autant que c’est plutôt lui qui semble pouvoir bénéficier de la sienne...

Sur la trace d’un trésor caché, Connor ne veut rien avoir à faire avec June. Mais ont-ils encore le choix ? Dans cette forêt sauvage et enneigée, mieux vaut voyager à deux. Surtout si ce qu’ils pistent n’est pas humain...

23 000 mots (nouvelle)

« Voilà une histoire palpitante qui m’a beaucoup plu. L’écriture est fluide et très agréable à la lecture. Le rythme du récit vif et enlevé. » Eve Terrellon

« ... on est pris par un double suspense... celui de savoir ce qu’est cette créature et ce qu’elle a fait de l’enfant et celui de savoir comment va évoluer la relation entre les protagonistes. » Manon Montauran (auteure de Un marquis pour l'an 2000)


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Résumé
June conçoit une aversion pour Connor au premier re gard. Comment cet aventurier ose-t-il s’inviter chez eux et les prendre en otage , elle et sa famille ? Lorsque sa petite sœur est enlevée, il est bien la dernière personne à laquelle elle a envie de demander de l’aide — d’autant que c’est plutôt lui qui sembl e pouvoir bénéficier de la sienne… Sur la trace d’un trésor caché, Connor ne veut rien avoir à faire avec June. Mais ont-ils encore le choix ? Dans cette forêt sauvage et enneigée, mieux vaut voyager à deux. Surtout si ce qu’ils pistent n’est pas humain
De la même auteure aux Éditions Laska
Créatures de l’Ouest - Tome 2 : L’Oiseau-Tonnerre
Créatures de l’Ouest - Tome 3 : La Banshee
Créatures de l’Ouest - Intégrale
Témoin sous protection
CRÉATURES DE L’OUEST - TOME 1 : L’IJIRAQ
Emilie Milon
Éditions Laska Montréal, Québec Courriel : info@romancefr.com
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, personnage s, lieux et incidents sont soit le fruit de l’imagination de l’auteur, soit utilisés d e manière fictive. Toute ressemblance avec des faits réels ou des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.
Tous droits réservés © Emilie Milon, 2013 Extrait deL’Oiseau-Tonnerre© Emilie Milon, 2014.
Aucune reproduction ou transmission, totale ou part ielle, n’est autorisée sans le consentement écrit préalable de la détentrice des d roits et de l’éditeur.
Le téléchargement de cet ebook sur d’autres sites q ue ceux autorisés par l'éditeur ainsi que son partage au-delà du cadre strictement famili al et privé est interdit et puni par la loi. Les Éditions Laska s’engagent à ne pas apposer de DRM ni d’autre mesure visant à restreindre l’utilisation de cet ebook par les pe rsonnes l’ayant dûment acquis.
Illustration et design de la couverture © Miesis - Sylvie Veyres Photo de couverture 1 © vectorkingdom - Fotolia.com Photo de couverture 2 © Poulsons Photography - Foto lia.com
ISBN : 978-2-924242-51-3
Table des matières
Résumé Autres publications de l’auteure Page titre Droits d’auteur L’Ijiraq Merci ! L’Oiseau-Tonnerre (Jour 1) L’auteure
L’Ijiraq
« Mavalant goulûment uneerci pour votre hospitalité, déclara Connor tout en cuillérée de potage. — En même temps, nous n’avions pas trop le choix », bougonna son hôte. Les yeux rivés sur la carabine Winchester braquée s ur lui, celui-ci était tendu à l’extrême. « Vous aviez l’air d’hésiter, alors je vous ai simp lement aidés à prendre une décision. » Le sourire que l’invité indésirable lança aux propr iétaires des lieux avait tout du loup. Un loup diablement charmant, mais un prédateu r quand même. Le repas se poursuivit dans le silence, entrecoupé par les brui ts de couverts et de mastication. Tout en dégustant son repas frugal mais chaud, Conn or détaillait ses otages. Pour commencer, un père de famille à la quarantaine pass ée, le visage buriné par le travail en extérieur, la barbe fournie, la musculature noue use. Ensuite, son épouse, une pauvre créature effacée, à l’allure spectrale, qui avait l’air de devoir s’envoler au moindre coup de vent. Ses cheveux blonds s’effilaie nt, son regard était fuyant et son physique, banal. Au moins, sa cuisine était plutôt bonne. Puis venait la fille aînée, la vingtaine, de longs cheveux blonds, des yeux d’un b leu profond et un visage qui aurait pu être de toute beauté s’il n’était pas déformé pa r une expression de pure haine. Pour finir, la petite dernière, blonde également, un vis age d’ange et de grands yeux d’un bleu plus clair qui le regardaient avec curiosité. Tout ce beau monde avait les mains liées et, par me sure de précaution, les parents étaient ligotés à leur chaise. Assis les uns à côté des autres, ils faisaient face à leur ravisseur à deux mètres de la table, tels des accus és devant un juge. Ils étaient aux premières loges pour le voir manger à sa faim. « C’est quoi ton nom, petite ? s’enquit Connor en d ésignant la cadette. — Ne lui parlez pas ! s’emballa aussitôt sa grande sœur. — T’inquiète, Calamity Jane, c’est ton tour ensuite . » Ses paroles ironiques furent accompagnées d’un clin d’œil éloquent qui fit bouillir de rage la concernée. « Je m’appelle Beth, et toi ? répondit innocemment la petite, qui ne devait pas excéder cinq ans. — Connor, ma jolie. » Instinctivement, la mère essaya de se rapprocher de sa fille dans une vaine tentative de protection. Le père, par contre, passa aux menaces : « Si tu touches à un cheveu de mes filles, je… — Garde ta salive, grand-père, je suis trop fatigué pour leur faire quoi que ce soit, coupa l’autre, non sans accentuer sa prise sur la c arabine. Je ne fais que passer. Demain, je serai déjà reparti. En attendant, je vou drais bien un peu plus de potage, Calamity Jane. » La jeune fille lança un regard interrogateur à son père, lequel hocha la tête, même si le geste lui coûtait son amour propre. Avec un s oupir agacé, elle se leva, attrapa le bol de Connor et alla le remplir en se servant dans la marmite qui chauffait à l’intérieur de la cheminée. Les mains liées, l’opération n’étai t pas aisée et la jeune fille se brûla les doigts. Elle posa ensuite brutalement le récipi ent sur la table, sans se soucier d’en reverser une partie. « Puissiez-vous vous étouffer avec les morceaux de bœuf, cingla-t-elle avant d’aller
se rasseoir. — Charmante », maugréa l’intéressé. Alors qu’il s’empressait de terminer sa ration supp lémentaire, la jeune Beth essayait de dissimuler son rire. Amusé par la seule personne amicale envers lui — et épargnée par les déboires de la vie — Connor l’apostropha : « Qu’est-ce qui te fait rire, Beth ? — Calamity Jane ! C’est pas Calamity Jane, mais Calamity June qu’elle s’appelle. — Tais-toi, Beth », grinça sa sœur. Un peu gênée, June apprécia d’autant moins le souri re moqueur de l’homme. « Parfait. Maintenant que les présentations sont fa ites, dites-moi donc où sont vos fils. Et pas d’entourloupe : je sais que vous ne po uvez pas vivre ici sans de solides bras en plus. » La famille résidait en effet au milieu de nulle par t, au cœur d’un environnement hostile : à l’extrémité nord des montagnes Rocheuse s, dans l’État du Montana. En octobre déjà, à cette altitude, la neige commençait à tomber ; le froid mortel également. Leur chalet était entouré d’une forêt de sapins qui les protégeait des avalanches, les dissimilait des curieux — sauf des plus coriaces, t el Connor — et leur prodiguait nourriture ainsi que bois de chauffage. Au cours d’ une décennie où la conquête du grand Ouest américain s’essoufflait, cette famille s’était isolée sur un territoire inconnu, dangereux et peu accueillant. Vu leur peau blanche et leurs cheveux blonds, tout lien de parenté avec les Indiens était exclu. « Si vous ne répondez pas, la petite Beth va s’en c harger, ajouta Connor d’une voix menaçante. — Mon fils est mort, martela le père. Nous avons re cueilli deux orphelins qui s’occupent de nos bêtes dans les montagnes. — Tiens donc. Mais qu’est-ce vous trafiquez ? Quelles bêtes peuvent survivre ici ? — Des vaches qu’on redescend en septembre, crétin, intervint June avec morgue. Elles mourraient de froid, sinon. » Pour toute réponse, Connor décala son arme pour la braquer sur l’insolente, laquelle perdit ses couleurs instantanément. À sa g auche, le père se crispa, prêt à bondir pour sauver son enfant. « Puisque tu es si maligne, Calamity June (à côté, Beth pouffa), pourquoi vos bêtes ne sont-elles pas là alors que nous sommes en octob re ? — Nous n’avons aucune nouvelle des garçons, expliqu a le père pour empêcher sa fille impulsive de répondre. Nous étions prêts à mo nter une expédition pour les retrouver avant ton… arrivée. — Si vous voulez vous suicider, grand bien vous fas se. Bon, assez bavardé. Si vous avez des animaux, vous avez une grange et prob ablement un cheval, au moins. » Imaginant sans peine ce que leur convive imposé ava it en tête, le chef de famille garda le silence. Dans l’ignorance totale du danger , Beth leva deux doigts en guise de réponse, accompagnés d’un sourire enjoué. Connor lu i décocha un nouveau clin d’œil pour la remercier. Puis il se mit debout et s’appro cha de la famille. « Vous allez prendre des couvertures et une lampe. Tous les trois, vous dormirez dans la grange. Moi, je reste ici avec Beth. C’est ma garantie que vous ne tenterez rien pendant la nuit. — Sale monstre ! Ne la touche pas ! » rugit le père , qui tenta de se lever en dépit de ses liens. Un simple coup de crosse en pleine face suffit à ca lmer les ardeurs du quadragénaire.
« John ! » s’affola aussitôt son épouse, incapable de lui venir en aide. Le nez en sang, l’homme bascula sa tête en arrière pour limiter les flux d’hémoglobine. Indifférent aux regards haineux braq ués sur lui, Connor visa son adversaire principal. « C’est bon ? C’est fini ? J’y toucherai pas, à ta gamine, sauf si tu m’y forces, c’est clair ? — Papa », gémit Beth avant de fondre en larmes. Connor soupira bruyamment tout en levant les yeux a u ciel, exaspéré par la tournure des évènements. Il s’était attendu à une c ertaine résistance, mais il aurait préféré devoir se battre plutôt que se coltiner des gamines pleurnicheuses. Prudemment, il détacha June qui, sous bonne surveil lance, délivra sa sœur et ses parents. Quant au père, John, il réfléchissait aux divers ch oix qui s’offraient à lui ainsi qu’à leur avenir proche. Il avait déjà rencontré des cra pules au cours de sa vie, d’où son choix de s’isoler loin des villes, des saloons, de la corruption et des banquiers. Mais, visiblement, la vie refusait de le laisser en paix. Il avait connu des criminels sans foi ni loi, et ce qu’il lisait dans le regard de Connor ne l’inquiétait pas plus que ça. Bien sûr, il leur volerait leur cheval, des denrées et sans doute du matériel, mais si l’homme était réellement mauvais, il se serait déjà occupé de sa femme et de leurs deux filles sous ses yeux d e père et de mari. « Va prendre le nécessaire pour dormir, ordonna-t-il à sa femme. — John, on ne va pas la laisser là, supplia-t-elle dans un sanglot. — On fait ce qu’il dit, point barre. » Impulsive, June allait s’enflammer, lorsqu’un regar d autoritaire de son père la fit taire. La jeune fille bouillonnait devant cette inj ustice, mais l’intrus venait de prouver qu’il ne plaisantait pas et, surtout, qu’il n’était guère enclin à la patience. Moins avisée et expérimentée que son père, elle planifiait déjà de porter secours à sa sœur. Elle quitta la maison avec ses parents, dédiant un regar d haineux à Connor, l’esprit empli d’idées vengeresses. * * * Confortablement allongé sur le lit parental, Connor goûtait à un repos bien mérité. Dans la chambre d’à côté, une simple alcôve séparée par un rideau, la petite Beth s’était endormie après avoir finalement épuisé ses pleurs. L’aube pointait à peine et, avec elle, la fraîcheur matinale. Frigorifié, Connor se leva et s’emmitoufla dans sa veste. Doucement, il s’approcha de l’alcôve pour observer la petite fille qui dorma it encore à poings fermés. Il se détourna, alla dans la cuisine attiser le feu et pr éparer un café aussi chaud que stimulant. En même temps, il fouilla un peu pour dé goter du tabac et rouler une cigarette. En tant qu’Américain et père de famille, John en avait forcément. Connor venait tout juste d’allumer sa cigarette, qu and un bruit suspect lui fit tendre l’oreille. Tandis que le bruit se répétait, l’homme se retira lentement vers le lit, à côté duquel reposaient sa carabine et son révolver. Quelqu’un essayait d’entrer par la porte du cellier qui donnait sur l’extérieur — sans doute une tentative désespérée de John pour récupér er sa petite dernière. D’un geste vif, Connor prit son révolver, vérifia le chargeur, puis s’avança à pas de loup dans la pièce principale. Le cellier était à côté de la cui sine, dissimulé derrière un rideau. L’aventurier avait oublié de vérifier cette ouvertu re. Pas fou au point de négliger tout danger par excès d’orgueil, Connor s’approcha prude mment et se cacha derrière la table. Dans cette obscurité, l’intrus ne le verrait pas.