L'île des mystères -Une troublante mission (Harlequin Black Rose)

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L’île des mystères, de Gayle Wilson

Tout juste embauchée comme secrétaire chez Suzanne Gerrard, Caroline éprouve un étrange malaise en arrivant sur l’île des Saintes, où vit sa richissime patronne. Tout, ici, l’oppresse : les violents orages, la grande maison aux longs couloirs obscurs, l’ambiance délétère qui y règne... Surtout, Caroline est troublée par la présence de Julien, le frère de Suzanne. Julien, qui l’attire irrésistiblement, mais qui, sans qu’elle sache pourquoi, l’effraie. Comme si elle l’avait connu avant la terrible épreuve qui, six ans plus tôt, l’a privée de tout souvenir…

Une troublante mission, de Marie Ferrarella

On l’a assignée à la protection rapprochée du juge Blake Kincannon ? L’agent Gail O’Brien est désemparée. Certes, c’est elle qui a sauvé le juge quand un dangereux criminel a cherché à l’abattre au cours d’un procès, mais elle n’a jamais demandé à côtoyer cet homme aussi séduisant qu’arrogant vingt-quatre heures sur vingt-quatre ! Ni à vivre avec lui ! D’autant que celui-ci n’a pas l’air plus enchanté qu’elle à cette perspective, parce qu’il est persuadé qu’une femme ne peut pas faire un bon garde du corps…

Publié le : mardi 1 février 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280253116
Nombre de pages : 448
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Prologue
— Donne-moi les clés, dit-il avec une infinie patience.
Un accent anglais presque imperceptible perçait dans sa voix, comme un écho. Elle ignora son ordre, et il lui saisit le poignet. Fascinée, elle contempla ses longs doigts bronzés glisser sur sa peau. Comme toujours, il savait exactement quel effet ce geste avait sur elle. Elle repoussa le souvenir de ces doigts sur ses seins un peu plus tôt dans la soirée, quand il l’avait persuadée de s’habiller pour le rejoindre à la réception.
Elle prit une longue inspiration, luttant contre le désir que son corps viril lui inspirait toujours. C’était trop facile pour lui, de la manipuler. Elle était toujours prête à faire ce qu’il demandait, parce qu’elle l’aimait et le désirait. Mon Dieu, ce désir… Elle secoua la tête pour chasser les images familières de leur corps enlacés. Si elle lui permettait de la toucher, sa colère s’évanouirait, et il aurait gagné.
— Laisse-moi, ordonna-t-elle en repoussant rudement la main solide qui la retenait.
Fut-ce l’effet de surprise, ou bien la peur de lui faire mal ? Il relâcha son étreinte. Libre, elle se mit à courir vers le cabriolet Mercedes qu’il lui avait offert. Elle ouvrit la portière, se glissa sur le siège et essaya d’introduire la clé dans le contact.
Ses doigts tremblaient tant qu’elle dut s’y reprendre à deux fois, ce qui lui laissa le temps de s’asseoir à côté d’elle, sur le siège du passager.
Elle lui coula un regard en coin, et vit son expression amusée. Elle avait toujours eu du mal à se contrôler, et ces derniers temps encore plus que d’habitude. Sa réaction était donc tout à fait prévisible. Personne ne savait la mettre en colère autant que lui. Il suffisait d’un mot, d’un regard. Elle voulut le frapper au visage, mais il para le coup de son bras, et sa main retomba sans l’avoir effleuré.
— Kerri ! protesta-t-il.
Une fois de plus, il lui agrippa le poignet. Ses réflexes étaient plus rapides que les siens. Il était entraîné depuis des années, par ses activités sportives qui demandaient beaucoup d’adresse et de vitesse pour ne pas se blesser.
— Pourquoi es-tu aussi furieuse ? Qu’ai-je fait, cette fois ? s’enquit-il sans cesser de sourire.
— Ne fais pas semblant de ne pas le savoir. Tu ne l’as pas quittée des yeux une seconde !
— Oh, ce n’est que cela ? s’exclama-t-il en riant de soulagement. Naturellement, je ne pouvais pas la quitter des yeux, elle était pratiquement nue. La femme de l’ambassadeur, qui se rend à une réception dans une robe que la plupart des femmes n’oseraient même pas porter au lit !
— Elle a fait en sorte que tu puisses l’admirer sous toutes les coutures.
Ses belles lèvres viriles esquissèrent un sourire, mais cette fois, il réprima son rire. Il lui caressa le cou du dos de la main, sachant qu’il était inutile de chercher à discuter quand elle était de cette humeur. Elle repoussa sa main d’une tape et s’écarta autant qu’elle le pouvait dans cet habitacle exigu.
— Tu as couché avec elle ? Tu as couché avec toutes les femmes du pays ? Toutes les femmes du monde ?
Elle était consciente du ton hystérique de sa voix, et elle se détesta. Elle aurait voulu pouvoir se contrôler, contenir ces accusations ridicules, ces scènes qui se répétaient trop souvent depuis quelques semaines. Un instant elle avait envie de pleurer et de crier, et l’instant d’après, elle voulait poser la tête contre le tissu sombre de son élégant costume et laisser libre cours à toutes ses frustrations. Elle ne savait pas elle-même pourquoi elle pleurait, ni pourquoi elle ne pouvait s’empêcher de lui faire de telles scènes.
Il finirait par se lasser de ses vitupérations. Tout comme il se fatiguerait de devoir lui faire découvrir l’univers de musique, d’art et de littérature dans lequel il évoluait. Elle n’y connaissait rien, et il le savait. Le fossé qui séparait leurs mondes était si vaste que rien ne le comblerait jamais. Au fond de son cœur, elle savait bien que sa jalousie et son éternel sentiment d’insécurité précipitaient leur relation vers un échec. Cependant, elle ne parvenait pas à ralentir ce processus de destruction.
Il voulut la prendre dans ses bras, et sans savoir pourquoi elle résista, alors qu’elle voulait désespérément se blottir contre lui. Il repoussa doucement les mèches blondes qui se collaient à ses joues trempées de larmes. Alors, elle appuya le visage contre ses doigts, et vit du chagrin apparaître dans ses yeux d’un bleu limpide. Il dissimula rapidement son regard sous ses longs cils noirs, et quand leurs yeux se croisèrent de nouveau, elle ne vit que son amour.
— Non, je n’ai pas couché avec elle, dit-il, résigné. Mais tu as raison, c’est ma faute. Tout est de ma faute. Tu n’as que dix-neuf ans, tu es enceinte, et tu es loin de chez toi. C’est de ma faute.
Sa voix s’adoucit et il lui caressa les lèvres du bout des doigts.
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