L'impossible alliance (Harlequin Les Historiques)

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L'impossible alliance, Laurie Grant

Angleterre, 1140.

Veuve après un mariage forcé, lady Claire n'a qu'un souhait : ne plus jamais être soumise à un homme. C'est d'ailleurs pour venger la mort de sa meilleure amie Julia, victime, croit-elle, de la cruauté de son époux, Arnaud de Hawkswell, qu'elle accepte la périlleuse mission confiée par son oncle : enlever les enfants d'Arnaud de Hawkswell, l'ennemi juré dudit oncle. Habillée en servante, la jeune femme se rend donc au château de Hawkswell afin de s'y faire engager comme gouvernante...

Publié le : mercredi 1 octobre 2008
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280269797
Nombre de pages : 352
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À cette époque…

L héroïne de ce roman médiéval, veuve d’un homme cruel qui la brutalisait, n’a aucune envie de se remarier. Toutefois, à cette époque, s’il est de bon ton pour une veuve déjà âgée de se retirer au couvent, il est « chose raisonnable et nécessaire » pour une jeune femme d’obéir à ses parents et de leur faire confiance pour lui trouver un nouvel époux. En attendant, elle doit porter le deuil. Dans l’aristocratie, comme en témoigne Aliénor de Poitiers, la chambre de la veuve doit ressembler à une chapelle mortuaire où elle se tient cloîtrée, ne recevant la visite que de quelques rares amis. La durée d’une telle claustration est variable, mais, quoi qu’il en soit, pour préserver ses biens et son indépendance, une veuve doit « avoir cœur d’homme, c’est-à-dire constant, fort et sage pour aviser ce qui lui est bon ; et non pas comme simple femme s’accroupir en pleurs ».

Prologue

Château de Coverly, Angleterre Janvier 1135

— A quoi ressemble ton fiancé ? demanda Claire à sa meilleure amie, Julia, qui était également une lointaine cousine. Est-il bien fait, au moins ?

Julia rejeta en arrière ses longs cheveux auburn et poussa un soupir qui en disait long sur son manque d’enthousiasme.

— Oh, il n’est pas trop mal… Grand, bien charpenté. Les cheveux noirs et la peau brune. Un beau ténébreux…

Visiblement, ce n’était pas le genre d’homme qui l’attirait.

Claire rit.

— Mais, Julia, c’est un baron ! Haimo n’est qu’un simple chevalier. Et en plus, c’est un cadet.

Julia haussa les épaules et plissa le nez d’une façon fort disgracieuse, ce dont Claire n’aurait jamais osé lui faire la remarque.

— Bah ! J’avais espéré un comte. Nous sommes allés visiter le château de Hawkswell, la semaine dernière, pour nos fiançailles, et je l’ai trouvé froid et sinistre. Comparé à Tinchley, c’est le jour et la nuit. Mais comme le roi peut mourir d’un moment à l’autre en laissant le trône à sa fille, Père pense qu’il serait bon de faire alliance avec un baron connu pour sa fidélité envers l’impératrice, même s’il préférerait voir Etienne de Blois ceindre la couronne…

— Je suis sûre qu’il ne te faudra pas longtemps pour rendre le logis seigneurial de Hawkswell confortable et accueillant, repartit Claire. Du moins, je l’espère, car j’ai la ferme intention d’aller te rendre visite avec Haimo, tout de suite après notre mariage.

Julia fit la moue.

— Je ne comprends pas pourquoi ton père refuse de t’emmener à notre mariage au printemps.

Claire soupira. Le refus de son père l’avait beaucoup contrariée.

— Il préfère ne pas entreprendre un tel voyage juste avant mes fiançailles avec Haimo car il risque d’y avoir des troubles dans le royaume quand le roi aura rendu son dernier souffle. De nombreux grands féodaux ne veulent pas voir sa fille couronnée ; ils la jugent trop arrogante, mais, surtout, ils ne supportent pas l’idée de devoir se plier à l’autorité d’une femme.

— Ces hommes ! s’exclama Julia avec dédain. Ils ne s’intéressent qu’à eux-mêmes et se moquent complètement de nos désirs. J’ai déjà entendu des rumeurs au sujet de mon futur mari et elles ne me plaisent guère.

— Des rumeurs ? Quel genre de rumeurs ? s’enquit Claire avec curiosité.

— Oh, des bribes de conversation entendues par hasard, aux cuisines… Il semblerait que mon futur seigneur et maître ait été un coureur de jupons, au temps où il n’était encore qu’un simple chevalier. Il aurait même eu un bâtard…

— Et alors ? La plupart des jeunes chevaliers sont ainsi… Ils ont besoin de jeter leur gourme. C’est dans la nature humaine.

Si Claire s’était efforcée de prendre un ton léger, elle était désolée pour sa cousine. Elle-même serait furieuse si elle venait à apprendre que Haimo, l’homme qu’elle allait épouser, avait engendré un bâtard.

Julia laissa échapper un rire sardonique.

— Vraiment ! Les hommes font ce qu’ils veulent et les femmes n’ont que le droit de se taire et de rester vertueuses, quoi qu’il arrive. Tu trouves que c’est juste ?

Claire leva une main apaisante.

— C’était un péché de jeunesse et je gage qu’il le regrette maintenant que vous êtes fiancés. Tu verras, il t’aimera, et il n’éprouvera pas le besoin d’entretenir une maîtresse lorsque tu seras sa femme. Et puis, tu lui donneras des enfants — des enfants légitimes dont il pourra être fier et qui continueront sa prestigieuse lignée.

Julia, visiblement, n’était pas convaincue.

— Peut-être…

1

Château de Coverly Mai 1140

— J’aurais dû savoir que je te trouverais ici avec les enfants de Jones…

Au ton dédaigneux de son frère, lady Claire devina qu’il n’était pas content de la voir en aussi « vile » compagnie, ce qui ne la surprit guère. Neville avait toujours éprouvé le plus profond mépris pour les Anglais qui étaient à leur service. Pour lui, leur vie avait moins d’importance que celle de ses chiens ou de ses faucons.

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