L'inconnu aux yeux de braise

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En venant s’installer à Valley Ridge, après une terrible épreuve, Lily a trouvé non seulement une maison, des amis, mais aussi une famille de cœur en la personne de Hank, son voisin âgé dont elle est devenue l’infirmière et l’associée. Elle y a trouvé la vie dont elle rêvait. Et voilà qu’un homme menace de tout détruire, en cherchant à l’éloigner de Hank ! Peu importe que ce Sebastian soit le petit-fils de Hank ; hors de question pour Lily de quitter le vieil homme qui a tant besoin d’elle. Elle va montrer à Sebastian de quel bois elle se chauffe. A condition qu’elle réussisse à surmonter le trouble qu’elle éprouve chaque fois qu’elle croise son regard de braise…
Publié le : vendredi 1 août 2014
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EAN13 : 9782280326469
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Sebastîan Bennîngton rentraît à a maîson. Quand î quîtta ’I-90 pour prendre a dîrectîon de sa vîe natae, Vaey Rîdge, dans ’Etat de New York, î se prépara à ressentîr ’accès de joîe mêée de nostagîe quî ne pouvaît manquer de e submerger. Maîs î ne ressentît rîen. Rîen ne vînt uî réchauffer e cœur, comme pour uî îndîquer que tout aaît de nouveau bîen dans e monde, maîntenant qu’î étaît à. I n’eut pas a moîndre sensatîon qu’î n’auraît jamaîs dû partîr. Nî qu’î faîsaît e bon choîx en revenant. Non, pas a moîndre sensatîon. La moîndre émotîon. Rîen. Ce quî résumaît assez bîen son état d’esprît depuîs qu’î avaît été contraînt de quîtter e corps des marînes. D’abord, î avaît souffert en apprenant qu’î étaît înapte au servîce ; ensuîte, î avaît eu ’împressîon de ponger dans une sorte de néant grîsâtre et igé. I se pencha pour monter e voume de ’autoradîo, et grîmaça quand sa maîn gauche essaya d’agrîpper pus fermement e voant. La musîque parvîendraît peut-être à éveîer queques sentîments en uî. « Vous êtes sur 93.9, The Wof », annonça a voîx de ’anîmatrîce, quî aîssa pace à une chanson de Lady Antebeum, aux accents paîntîfs. I avaît toujours aîmé a musîque country, et cette chanson étaît bee. Maîs comme ee étaît nouvee, ee n’éveîa en uî aucune émotîon, aucun souvenîr partîcuîer.
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Tout restaît grîs. I avaît pensé se rendre au snack-bar de son grand-père dès son arrîvée en vîe, maîs au îeu de s’engager dans Park Street vers e Vaey Rîdge Dîner, où Hank ne pouvaît manquer de se trouver à cette heure de a journée, î se dîrîgea vers e nord, vers e ac. I avaît souvent paré avec Hank au tééphone, sans précîser es vérîtabes raîsons de son retour à a vîe cîvîe. I n’avaît rîen dît de toutes ses opératîons, et pas grand-chose de sa bessure ; seuement qu’î s’étaît faît ma à a maîn. I uî expîqueraît tout cea de vîve voîx. Queques mînutes pus tard, î se tenaît debout au bord d’une faaîse, contempant e ac Erîé. I înspîra profondément et puîsa un peu de réconfort dans a vue de ’eau d’un grîs beuté quî s’étendaît en contrebas. Un sentîer escarpé menaît à une petîte page parsemée de caîoux, coîncée entre e ac et a paroî rocheuse. Quand î étaît jeune, î venaît souvent îcî avec ses deux meîeurs amîs, Fînn et Coton. Quand son grand-père avaît découvert qu’î descendaît jusque-à avec ses copaîns, î uî avaît passé un savon mémorabe et uî avaît exposé tous es dangers que receaît cette partîe du rîvage. Sebastîan ’avaît écouté en sourîant ; en ce temps-à, î se croyaît învîncîbe. En ce temps-à, î pensaît qu’î pouvaît tout faîre, s’î essayaît. Escaader n’împorte quee faaîse, se tîrer de n’împorte quee sîtuatîon pérîeuse. Maîntenant, î savaît qu’î en aaît autrement. S’î avaît vouu descendre cette faaîse aujourd’huî, î n’y seraît sans doute pas parvenu. I referma cette ichue maîn gauche, quî étaît devenue presque înutîe, et a vîve doueur que suscîta ce sîmpe geste uî arracha une grîmace. S’î portaît une veste, ce n’étaît pas parce qu’î faîsaît encore fraîs en ce moîs d’avrî, surtout au bord du ac. C’étaît parce qu’î étaît de retour chez uî, qu’î verraît bîentôt son grand-père et ses amîs, et que a poche de cette veste étaît e moyen îdéa de eur cacher à que poînt sa maîn étaît abïmée.
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« Vous devrîez vous estîmer heureux d’être droîtîer », avaît paîsanté un thérapeute. « Vous devrîez vous estîmer heureux d’être en vîe », uî avaît dît son médecîn. Ouî, peut-être qu’î auraît dû s’estîmer heureux d’être droîtîer, en vîe et de retour à Vaey Rîdge. Maîs a gratîtude étaît une émotîon qu’î ne pouvaît pas ressentîr. I resta à un ong moment, au bord de a faaîse, es yeux rîvés au ac, traversé de pensées et d’émotîons aussî pates et monotones que a surface de ’eau. Pensant à ce qu’avaît été sa vîe jusqu’à maîntenant, à ce qu’î aaît en faîre désormaîs. I fut arraché à sa vague tentatîve d’întrospectîon par une voîx fémînîne. — Sebastîan Bennîngton ? I se retourna et vît une jeune femme aux cheveux bruns, qu’î ne reconnut pas. I ’étudîa attentîvement, attendant un décîc. Maîs ce décîc ne vînt pas. I avaît beaucoup d’amîs et de connaîssances à Vaey Rîdge. La vîe étaît assez petîte pour qu’î y connaîsse tout e monde, au moîns de vue. Pourtant, î ne reconnaîssaît pas cette femme. Ee ne pouvaît être qu’une étrangère, parce qu’ee avaît un genre qu’aucun homme ne pouvaît oubîer. Ee portaît une espèce de ongue jupe évasée, un chemîsîer, et d’énormes bîjoux au cou et aux poîgnets, aînsî que des bouces d’oreîes sî ongues qu’ees efleuraîent ses épaues. Maîs e pus remarquabe étaît ses cheveux, d’un brun teement foncé qu’îs en étaîent presque noîrs. Ee es portaît ongs, pus ongs que a pupart des femmes, et îs retombaîent dans son dos en une cascade d’onduatîons. — Sebastîan ? répéta-t-ee. Ee avaît des yeux très beus, encore pus remarquabes que ses cheveux. Soudaîn, î se rendît compte qu’î a ixaît depuîs trop ongtemps, et acquîesça. — Ouî. Est-ce que nous nous connaîssons ?
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— Non, pas vraîment, même sî je vous connaîs mîeux que j’aî connu a pupart des gens. Devant son aîr perpexe, ee écata de rîre, et tout son vîsage s’îumîna, comme s’î sembaît faît pour e rîre. — Excusez-moî, maîs comment me connaîssez-vous ? demanda-t-î. Ee mît a maîn sous e menton, adoptant une pose sembabe à cee de a statue qu’aîmaît son grand-père, Le Penseur, reprît son sérîeux pendant une fractîon de seconde avant de sourîre de nouveau, comme traversée par une pensée partîcuîèrement agréabe. — Eh bîen… je saîs que quand votre grand-père vous servaît des choux de Bruxees, quand vous étîez petît, vous es aîssîez tomber par terre dans ’espoîr que votre chîen es mangeraît à votre pace. Maheureusement, Chance n’aîmaît pas es choux de Bruxees, uî non pus. Remarquez, je peux vous comprendre. J’aî goûté es choux de Bruxees de Hank, moî aussî, et… C’est un bon cuîsînîer, bîen sûr, maîs quand on tîent un snack-bar, on n’a pas besoîn de perfectîonner ses recettes de égumes, pas vraî ? Chacune de ses phrases étaît ponctuée d’un rîre. I avaît vu juste : cette femme rîaît beaucoup ; ce devaît être dans sa nature. — Quî êtes-vous ? demanda-t-î. Cette foîs, ee ne rît pas, maîs son sourîre persîsta. De ines rîdes étoîaîent ses yeux. Des rîdes de rîre. Pour a premîère foîs, î comprenaît pourquoî on es appeaît aînsî. Ces rîdes n’étaîent pas une marque de vîeîesse, comme î ’avaît toujours pensé. Pas sur cette femme, du moîns. Sur ee, ees trahîssaîent un caractère heureux, tout sîmpement. I auraît teement aîmé pouvoîr parvenîr à se sentîr heureux, uî aussî… I étaît sur e poînt de uî parer de ses rîdes de rîre, maîs se retînt. I ne savaît peut-être pas grand-chose sur es femmes, maîs î étaît certaîn que a pupart d’entre
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ees n’aîmaîent pas qu’on eur pare de eurs rîdes, quees qu’ees soîent. La jeune femme uî tendît a maîn. Une étîncee e traversa quand î a saîsît, et uî rappea qu’î y avaît bîen ongtemps qu’î n’avaît pas été attîré par une femme. Maîs dans e néant dans eque î vîvaît depuîs des moîs, î n’étaît attîré par rîen. — Désoée, dît-ee. Je suîs Lîy. Lîy Pau. La ocataîre de Hank, et son… I retîra vîvement sa maîn. I savaît quî étaît cette femme, et ee ne ’attîraît pus du tout. En faît, î sentît aussîtôt une autre émotîon naïtre en uî : ’îrrîtatîon. — C’est vous, aîssa-t-î tomber d’un ton sec. — C’est moî. Ee ne semba pas remarquer qu’î étaît oîn de sember ravî de faîre sa connaîssance. Apparemment, ee n’avaît pas comprîs qu’î n’avaît pas apprécîé qu’une étrangère ’appee, uî reproche de aîsser tomber son grand-père et uî ordonne de rentrer à a maîson parce que Hank avaît besoîn de uî. I savaît qu’î inîraît par rencontrer cette Lîy, maîs jamaîs î n’auraît pensé qu’ee seraît a premîère personne qu’î verraît en revenant à Vaey Rîdge. — Qu’est-ce que vous faîtes îcî ? demanda-t-î. — Nous organîsons une fête pour Sophîe au cottage des Nîese. En vous voyant, j’aî pensé que je pouvaîs venîr me présenter. — Comment ? — Comment quoî ? — Comment avez-vous su que ’étranger quî se tenaît sur a faaîse, c’étaît moî ? — Oh ! C’est facîe. Hank a tout un mur de photos de vous. Je vous voîs presque chaque jour depuîs que je suîs arrîvée îcî. J’aîme surtout a photo où vous êtes en grande tenue. Sophîe dît que vous a porterez pour e marîage. J’aî hâte de voîr ça ! I tressaîît. I ne porteraît pus ’unîforme. D’aîeurs, î ne savaît pas comment annoncer à Coton qu’î ne vouaît
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pas assîster au marîage dans cette tenue ; î auraît ’împres-sîon d’être un usurpateur. Sans e savoîr, cette femme avaît éveîé une autre émotîon en uî, et î se surprît à regretter a grîsaîe quî avaît été son quotîdîen jusqu’aors. — Maîs je pense que je vous auraîs reconnu même sans avoîr vu es photos, poursuîvît-ee. Hank vous aîme et vous uî avez manqué, aussî a-t-î paré de… Cette femme e mettaît ma à ’aîse. I n’aîmaît pas ’îdée que Hank aît pu parer de uî à une étrangère. I n’aîmaît pas a façon dont ee e regardaît, comme sî ee pouvaît voîr jusqu’au pus profond de uî. Tout au ong de son séjour à ’hôpîta, î avaît réguîè-rement vu un psy. I avaît détesté que cet homme cherche à ’anayser, et ne uî avaît conié que ce qu’î avaît bîen vouu uî conier. Cea n’avaît peut-être pas été très eficace pour sa guérîson, maîs î avaît aîmé avoîr a sîtuatîon en maîn. Toutefoîs, î n’avaît pas e moîndre contrôe sur ce que Hank avaît pu apprendre sur uî à cette femme. — En parant de Hank, j’aaîs e voîr, reprît-î. Je ne me suîs arrêté îcî que pour… I s’arrêta net. I ne uî devaît aucune expîcatîon. — Je suîs teement heureuse que vous soyez rentré, dît-ee, sans însîster. J’aî besoîn que vous m’aîdîez avec Hank. I avaît un rendez-vous chez e médecîn, ’autre jour, maîs î n’y est pas aé. I assure qu’î a oubîé, maîs cette foîs, cea n’avaît rîen à voîr avec es absences dont je vous aî paré au tééphone. I ne veut pas entendre e dîagnostîc d’un médecîn. Je uî aî prîs un nouveau rendez-vous maîs, maheureusement, î est pour dans troîs semaînes et… — Non. I n’avaît pas besoîn de connaïtre cette femme pour savoîr de quoî ee paraît. Ee e uî avaît déjà dît. Et ee se trompaît. Hank ne souffraît nî d’Azheîmer nî de démence, comme ee ’afirmaît. I oubîaît certaînes choses ? Et aors ? I avaît toujours été une tête de înotte. I n’avaît pas changé : î avaît seuement vîeîî de queques années.
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— Sî mon grand-père, quî a pus de quatre-vîngts ans, soît dît en passant, ne veut pas aer chez e médecîn, s’î pense qu’î n’a pas besoîn d’y aer, c’est sa décîsîon. On ne vous a demandé nî de uî prendre des rendez-vous, nî d’étabîr un dîagnostîc. I se rendît compte qu’î agîtaît es maîns en parant. C’étaît une vîeîe habîtude, dont î essayaît de se défaîre. Pendant un temps, sa maîn gauche ’avaît teement faît souffrîr qu’î y étaît parvenu. Maîs, soît parce qu’î aaît mîeux, soît parce que cette Lîy Pau ’exaspéraît, voîà qu’î recommençaît. Et des deux maîns. La jeune femme recua d’un pas. I ne pouvaît pas ’en bâmer. Sa maîn étaît un amas de cîcatrîces écarates. Le docteur uî avaît promîs qu’ees inîraîent par s’estomper et que personne n’y prêteraît attentîon, maîs ce moment n’étaît pas encore venu. — Maîs î faut qu’î voîe un médecîn, însîsta-t-ee doucement. Quand vous serez avec uî… — Madame, aîssez-moî être caîr. Je saîs que vous êtes a ocataîre de mon grand-père, et î sembe vous apprécîer. C’étaît une îtote. Hank ne paraîtquede Lîy. — Maîs Hank est un adute, poursuîvît-î. Je ne e forceraî pas à faîre quoî que ce soît s’î n’en a pas envîe. Bon sang, î sortaît de ongs moîs d’enfermement dans des îeux et des sîtuatîons où î ne vouaît pas être. On uî avaît împosé des opératîons et des séances avec des psys et des physîothérapeutes. Ensuîte, on ’avaît contraînt à quîtter es marînes, e métîer qu’î exerçaît, a carrîère qu’î adoraît. Et î avaît dû regarder son unîté partîr pour a bataîe… sans uî. Aors jamaîs î ne feraît subîr ce genre de traîtement à quîconque, et certaînement pas à Hank. Jamaîs î n’amèneraît son grand-père à se sentîr aussî frustré qu’î ’avaît été ! I se força à se camer. I faaît que son retour à a maîson se fasse sans trop d’émotîons, et ’însensîbîîté
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étaît préférabe à une frustratîon comparabe à cee qu’î avaît ressentîe à ’hôpîta. Et ee étaît aussî préférabe à a frustratîon que cette femme faîsaît naïtre en uî maîntenant. Mademoîsee Pattes d’Oîe, îcî présente, ne sembaît pas comprendre e terme « juste mîîeu ». Ee étaît passée du rîre et du sourîre à ’exaspératîon en un cîn d’œî. — Maîs î faut… — Mon grand-père est adute, a coupa-t-î. Je suîs certaîn qu’î saît ce dont î a besoîn mîeux qu’une étran-gère fouîneuse et autorîtaîre quî uî oue une chambre. Parce que Lîy Pau n’étaît que ça : une ocataîre. I n’y avaît même pas un an qu’ee vîvaît à Vaey Rîdge. Ee ne savaît pas de quoî ee paraît. — Je ne suîs pas seuement sa ocataîre, répîqua-t-ee doucement. Hank et moî sommes assocîés. I en resta sans voîx pendant queques înstants. — Assocîés ? répéta-t-î enin. — J’aî acheté une part du restaurant. Les îvres de comptes étaîent horrîbement ma tenus, et c’est ’une des raîsons pour esquees je soupçonne… I respîra profondément pour se camer; î ressentaît autre chose maîntenant, quî étaît bîen pus que de ’exaspératîon. — Donc, non seuement vous vous êtes înstaée dans a maîson de mon grand-père, maîs voîà que vous achetez son restaurant. Vous vous îmmîscez dans son affaîre et vous vous mêez de ses comptes ? — Je ne me suîs îmmîscée nue part. J’aîachetéune part de Vaey Rîdge Dîner. Une petîte part. Hank étaît en retard pour réger ses fournîsseurs. Je uî aî proposé un prêt, maîs î a refusé. Je ne croîs pas que vous comprenîez a sîtuatîon. I ne pouvaît pus réger ses factures. Ee s’înterrompît, e regarda droît dans es yeux, sans cîer, et croîsa es bras sur sa poîtrîne, ce quî it tînter ses braceets. — Ne me regardez pas comme ça, dît-ee. C’étaît son îdée. Aors, je…
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— Vous pouvez être certaîne que je vaîs y regarder de pus près. Les abus de faîbesse exîstent. — Je rêve! Vous venez de me dîre que Hank étaît adute et n’avaît pas besoîn que ’on s’occupe de uî, et maîntenant vous m’accusez de proiter de sa déicîence mentae. Vous ne pouvez pas jouer sur es deux tabeaux, Seb. I se hérîssa en ’entendant prononcer ce dîmînutîf, quî dataît de son enfance. Ee n’avaît aucun droît de ’utîîser. — Je m’appee Sebastîan. Et Hank est un adute. Mercî de ne pas ’oubîer. Moî, je ne suîs pas une personne cupîde quî ne cherche qu’à… A vraî dîre, je n’aî pas a moîndre îdée de ce que vous cherchez à faîre, maîs je trouveraî. Je suîs son petît-is et je ’aîme. — Vraîment ? Vous ne me ’avez pas vraîment prouvé. I y a des semaînes qu’î dît que vous aez revenîr et, au îeu d’aer dîrectement au snack-bar, vous venez îcî ? Hank a besoîn de vous. I serra e poîng dans sa poche, et ce sîmpe geste it naïtre des spasmes quî se propagèrent e ong de son bras, uî remémorant tout ce à quoî î ne vouaît pus avoîr affaîre. Et î ne vouaît pas non pus avoîr affaîre à cette femme. I ne pouvaît échapper à sa bessure, maîs rîen ne e forçaît à rester à, devant cette étrangère quî uî faîsaît a eçon. — Maîntenant, sî vous vouez bîen m’excuser, je doîs aer voîr mon grand-père. I s’éoîgna à grandes enjambées de cette femme quî ressembaît à une gîtane, îbre et sauvage, maîs paraît comme une mégère coninée dans son foyer. I avaît attendu de ressentîr queque chose, une émotîon queconque, au moment de son retour à Vaey Rîdge. Et maîntenant, c’étaît e cas. I ressentaît de a coère envers cette femme quî s’étaît îmmîscée à a foîs dans a maîson et dans ’affaîre de son grand-père. Maîs, maîntenant qu’î étaît à, î aaît s’occuper de cette hîstoîre.
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— A présent, sî vous vouez bîen m’excuser, je doîs y aer, marmonna Lîy en retournant vers e cottage des Nîese d’un pas rageur. I n’étaît pas dans sa nature d’être en coère, maîs Sebastîan Bennîngton ’avaît presque mîse hors d’ee. Le îeutenant Bennîngton ’avaît toîsée sans chercher à masquer sa méiance. L’habît ne faît pas e moîne.Ee ne savaît trop où ee avaît entendu ce dîcton, maîs î convenaît tout à faît à cet homme. Certes, e petît-is de Hank se présentaît sous un embaage séduîsant — ee s’étaît un peu entîchée de uî à force de voîr des photos et d’entendre des anecdotes de son enfance turbuente —, maîs î uî avaît sufi de ces queques mînutes pour ne pus e trouver attîrant du tout. Quant à ’éan de sympathîe quî ’avaît traversée quand ee avaît vu sa maîn couturée de cîcatrîces, î s’étaît dîssîpé assez rapîdement. Mattîe Keîth, quî avaît, comme ee, été choîsîe pour être a demoîsee d’honneur de Sophîe, ’aperçut et s’avança vers ee. — Tout va bîen ? demanda-t-ee. — Ouî, tout va bîen. Maîs ce n’étaît pas vraî. Ee étaît en coère et, comme cea n’étaît pas dans son tempérament, cea uî retournaît un peu ’estomac. Ee détestaît cette sensatîon. Ee s’enor-gueîîssaît d’affronter es cîrconstances es pus dîficîes sans jamaîs rîen perdre de son optîmîsme et de sa gaîeté. C’étaît à un don qu’ee affûtaît depuîs des années. Même quand ee ne se sentaît pas d’humeur joyeuse, ee avaît découvert que sî ee faîsaît sembant de ’être pendant assez ongtemps, ee inîssaît par chasser son cafard, quee qu’en soît a cause. Maîs à cet înstant, ee étaît tout sauf optîmîste et joyeuse, et ee doutaît qu’î uî sufise de faîre sembant pour améîorer son état d’esprît. Ee regarda es décoratîons de a fête donnée en ’honneur de a future marîée, quî a faîsaîent sourîre une demî-heure
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