L'inconnu d'une nuit d'été

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Josie est terrorisée. Qui est cet homme à la stature athlétique qui s’est introduit en pleine nuit dans la maison qu’Amy, son associée, lui prête pour les vacances ? Son soulagement est de courte durée quand l’inconnu lui révèle son nom : Connor Preston – le frère d’Amy. Car celui-ci ne semble pas prêt à renoncer à son séjour sous prétexte qu’elle occupe déjà la maison ! Et comment l’obliger à partir, alors qu’il est chez lui ? Elle qui avait tant besoin de calme pour travailler et faire le point sur sa vie, la voilà contrainte de cohabiter avec cet homme qui éveille en elle un trouble brûlant…
Publié le : dimanche 1 février 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280335638
Nombre de pages : 160
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1.
Connor Preston n’en crut pas ses yeux. Elle était assise sur son lit dans le clair de lune, seul éclairage de la pièce. Le dos tourné, appuyée sur une main, elle avait la tête légèrement penchée sur le côté. Comme si elle posait pour la couverture d’un de ces romans sentimentaux qu’il avait vus à la boutique de journaux de l’aéroport… Ses cheveux blonds tombaient sur ses épaules en longues mèches mouillées et une goutte d’eau glissa le long de son épine dorsale avant de s’écraser sur le couvre-lit. De toute évidence, elle sortait de la douche. Connor serra les dents. Katherine Meers. Dire qu’il croyait avoir enfin réussi à lui faire comprendre que c’était fini entre eux ! Voilà qu’il la retrouvait une fois de plus nue dans son lit. Et dans sa propriété du sud de la France, dont il ne se souvenait pas lui avoir parlé… N’était-il donc nulle part à l’abri de son obstination ? — Que fais-tu dans mon lit, Katherine ? lança-t-il d’un ton vif. Un hurlement aigu le cloua sur place, en même temps qu’elle faisait un bond sur le lit. Elle se retourna et il eut le temps d’apercevoir ses seins, curieusement plus gros que dans son souvenir, avant qu’elle saisisse la serviette roulée en boule sur le lit pour se couvrir. La vue de son visage hagard le plongea dans la perplexité. Ce n’était pas Katherine.
* * *
Terrorisée, Josie avait toutes les peines du monde à respirer. Qui était cet homme ? Après avoir fixé pendant de longues minutes l’écran de son ordinateur portable dans le clair de lune, ses yeux avaient du mal à s’accoutumer à la pénombre qui régnait dans le reste de la pièce. La silhouette de l’inconnu était impressionnante. Et sa colère très palpable… — Que voulez-vous ? demanda-t-elle dans un souffle. Question purement machinale, dont elle n’était pas sûre de vouloir connaître la réponse. — Mon lit, tout simplement. L’inconnu semblait un peu moins agressif et il y avait une note perplexe dans sa voix. Peut-être était-elle en train de rêver, se dit-elle, au comble de la confusion. La situation était assez étrange pour appartenir à un de ses rêves. — Comment ça,votrelit ? Qui êtes-vous ? Vous m’avez fait une peur épouvantable. L’homme recula d’un pas et leva les mains. — Ecoutez, je suis désolé de vous avoir effrayée. Je vous ai prise pour… quelqu’un d’autre. Sa voix s’était encore adoucie… Josie se détendit un peu et fut momentanément distraite par le faible bruit de la musique qui s’échappait des écouteurs tombés sur le lit à côté de son ordinateur portable. Bien sûr… C’étaient eux qui l’avaient empêchée d’entendre l’inconnu arriver. Et ils étaient tombés de ses oreilles quand elle avait sursauté. — Qui êtes-vous ? demanda-t-elle en s’efforçant de prendre un ton ferme. Si elle parvenait à donner l’illusion qu’elle dominait la situation, il s’en irait peut-être… Elle avait entendu dire qu’en cas de problème, la meilleure défense était l’attaque. Sauf que les seuls adversaires qu’elle avait eus à affronter jusque-là étaient des investisseurs en capital-risque qu’elle devait convaincre de financer sa société. Rien à voir avec un inconnu menaçant qui faisait irruption dans votre chambre en pleine nuit… — Connor Preston. Le propriétaire de cette maison. Josie poussa un soupir de soulagement et alluma la lampe de chevet. Preston. D’accord. Le frère d’Abigail — le grand voyageur — qui rentrait chez lui après avoir parcouru le globe en
vivant de ses rentes. Elle ne l’aurait jamais imaginé comme ça. Abigail était menue et svelte. Cet homme mesurait au moins un mètre quatre-vingt-dix et il était bâti en athlète. Mal rasé, les cheveux trop longs, les vêtements froissés, il était visiblement exaspéré. Pas du tout le genre de vision que vous avez envie d’avoir au milieu de la nuit, surtout quand vous êtes seule… — Et vous, qui êtes-vous ? Oui, l’irritation était toujours perceptible dans sa voix. Ainsi qu’une grande fatigue, qui marquait d’ailleurs ses traits. Abigail lui avait dit qu’il n’avait que quelques années de plus qu’elle. Un peu plus de trente, donc, mais dont il semblait avoir vécu intensément chaque seconde. Sans être d’une beauté classique, son visage taillé à la serpe lui donnait un charme saisissant. C’était le genre d’homme à attirer tous les regards où qu’il aille. Josie fut envahie par une vive chaleur, tandis qu’il promenait à son tour son regard sur elle. — Je suis l’associée d’Abigail, Josie Marchpane, répondit-elle d’une voix plus rauque qu’à l’accoutumée. Il resta impassible et elle ajouta : — Abi m’a dit que je pouvais séjourner ici pendant quelque temps… Sa voix s’éteignit devant le regard noir de Connor. — Vraiment ? demanda-t-il d’un ton franchement hostile. Ils s’affrontèrent du regard dans un profond silence. Quelque chose clochait… Le silence. On n’entendait plus la musique ! Le cœur de Josie fit un bond dans sa poitrine et elle se retourna vers son portable. L’écran était noir… En sursautant à l’arrivée de Connor, elle avait renversé son verre sur le lit… et sur son ordinateur. Mais sous le choc, elle l’avait aussitôt oublié. Elle appuya frénétiquement sur la barre d’espace. Rien. Elle essaya toutes les autres touches. Toujours rien. — Non, non, non,non ! Tout ce qu’elle avait fait depuis son arrivée se trouvait sur cette machine. Stupidement, elle n’avait emporté ni clé USB ni disque dur externe, persuadée qu’elle pourrait sauvegarder son travail en ligne, comme d’habitude. Or il n’y avait pas de connexion internet à la villa. Un détail qu’Abi avait omis de lui préciser. Délibérément, sans aucun doute. — Que se passe-t-il ? La voix de Connor interrompit les pensées de Josie. Dans sa panique, elle l’avait presque oublié ! — Je viens de fusiller mon ordinateur avec du jus d’orange. Ça pourrait paraître comique si ce n’était pas une véritable catastrophe. Perdre son portable équivalait à perdre sa main droite… — Du jus d’orange ? Connor hocha lentement la tête. — Alors c’est avec ça que vous avez baptisé mon lit. Elle fut assaillie par une bouffée d’irritation. Comment pouvait-il s’inquiéter pour son lit alors qu’elle se retrouvait sans portable ? — Je viens de perdre trois jours de travail. Malgré le ton hargneux de cette remarque, il resta imperturbable. — Vous travaillez toujours nue ? Croisant les bras, il darda sur elle un regard pénétrant. Soudain très consciente de sa nudité sous la serviette, elle fut parcourue d’un long frisson et chercha ses vêtements du regard. Allons bon, pour les récupérer, il fallait qu’elle se lève, qu’elle contourne le pied du lit et qu’elle passe tout près de lui… A cette pensée, elle sentit son trouble s’accroître. — J’étais sous la douche et j’ai eu une idée, expliqua-t-elle d’une voix mal assurée. Il arqua les sourcils avec une perplexité manifeste. — Je suis en train de rédiger un projet, reprit-elle en réprimant un soupir. Pour le travail. J’ai eu une inspiration subite et je n’ai pas voulu risquer de l’oublier avant d’avoir eu le temps de la noter. — Je vois, commenta-t-il d’un ton qui la hérissa. Redressant les épaules, elle releva le menton. — Si ça ne vous ennuie pas, je ne suis pas vraiment en état de bavarder pour l’instant. Pourrions-nous remettre cette discussion à demain matin ? — Où suis-je censé dormir ? Vous avez pris le seul lit. — Essayez le canapé. Devant l’air outré de Connor, elle eut presque envie de rire.
— Ça fait trois mois que je voyage. Je n’avais qu’une envie. Pouvoir enfin dormir dans mon lit. — Si j’avais été au courant de votre arrivée, nous aurions pu nous organiser. — Nous organiser ? Le regard de Connor se promena de nouveau sur elle et un nouveau frisson la parcourut. C’était décidément très perturbant d’être à moitié nue devant un inconnu. Surtout quand il était aussi déstabilisant que Connor Preston. Sans compter que l’anxiété contre laquelle elle luttait depuis une semaine n’arrangeait rien… — Ecoutez, pourrions-nous remettre ça à demain ? De toute façon, je doute que vous ayez envie de dormir dans un lit arrosé de jus d’orange. Je me trompe ? ajouta-t-elle avec un sourire qu’elle espérait aimable. Il continua à la regarder un instant en silence. — D’accord, finit-il par dire en passant la main sur son visage. J’ai voyagé toute la journée et je n’ai pas l’énergie nécessaire pour régler ce problème maintenant. Cette nuit je vais dormir sur le canapé. Nous reprendrons cette discussion demain matin. Sur ces mots, il tourna les talons et quitta la chambre en claquant la porte derrière lui.
* * *
Le lendemain matin, Josie se réveilla tard. Après de vaines tentatives pour ranimer son portable, elle avait jeté sur le papier ce qui lui restait à la mémoire de l’ébauche du projet sur lequel elle travaillait, tout en s’efforçant de ne pas céder à la panique. Elle avait ensuite tenté de trouver le sommeil, mais tous ses sens étaient en alerte depuis l’arrivée de Connor et chaque craquement de la vieille maison l’avait fait sursauter. Epuisée, elle avait fini par s’endormir au moment où les oiseaux commençaient leur concert matinal. Allongée sur le dos, elle fixa le plafond en maudissant sa malchance. Ces dernières semaines n’avaient pas été les meilleures de sa vie et ça ne semblait pas être sur le point de s’arranger… Pourvu qu’une fois sec son ordinateur finisse par redémarrer et qu’elle ne soit pas obligée de passer la semaine à reconstituer l’ensemble du document ! Sinon… Sinon, il faudrait trouver un spécialiste quelque part et voir si l’appareil était réparable. Encore du temps perdu. Comme si elle avait besoin de ça. Comme si la société avait besoin de ça ! Et à présent elle avait un problème supplémentaire. Le frère d’Abigail avait été visiblement contrarié de trouver quelqu’un chez lui. Ce qui était compréhensible. Si elle avait été à sa place elle aurait réagi de la même manière. Cependant, après cet épisode catastrophique au bureau elle avait promis à Abi de faire une vraie pause. Si seulement elle n’avait pas perdu son sang-froid devant tout le monde ! Abi aurait peut-être pris davantage au sérieux ses inquiétudes concernant l’état de la société. Au lieu de ça, elle avait eu l’air d’une folle. Pas étonnant que son associée ait insisté pour qu’elle prenne du recul et qu’elle vienne passer une quinzaine de jours ici… « Pour donner à tout le monde une chance de se calmer et de réfléchir aux problèmes », avait dit Abi. De son côté, elle n’avait pas discuté pour ne pas fragiliser encore davantage leur relation. Accepter de passer deux semaines dans cette maison lui avait paru un compromis raisonnable. Mais l’arrivée de Connor changeait la donne. Elle n’avait aucune envie de chercher un hôtel sans âme en pleine saison. Et de toute façon, cette maison appartenait autant à Abi qu’à Connor et c’était elle qui était arrivée la première. Josie rabattit les couvertures d’un geste décidé et se leva. Après avoir savouré quelques instants la douceur du tapis persan sous ses pieds, elle prit dans la commode ancienne un jean et un T-shirt ample. Après les avoir enfilés, elle défit le lit et roula les draps en boule. A son arrivée quelques jours plus tôt, elle avait été éblouie par la beauté de l’endroit. Elle s’attendait à une maison de vacances délabrée et perdue au milieu de nulle part. A la place elle avait trouvé une ancienne ferme qui avait du cachet, située à une demi-heure de voiture d’Aix-en-Provence.
TITRE ORIGINAL :HOLIDAY WITH A STRANGER Traduction française :ELISABETH MARZIN ® HARLEQUIN est une marque déposée par le Groupe Harlequin ® Azur est une marque déposée par Harlequin © 2014, Christy McKellen. © 2015, Traduction française : Harlequin. Le visuel de couverture est reproduit avec l’autorisation de : HARLEQUIN BOOKS S.A. Tous droits réservés. ISBN 978-2-2803-3563-8
Tous droits réservés, y compris le droit de reproduction de tout ou partie de l’ouvrage, sous quelque forme que ce soit. Ce livre est publié avec l’autorisation de HARLEQUIN BOOKS S.A. Cette œuvre est une œuvre de fiction. Les noms propres, les personnages, les lieux, les intrigues, sont soit le fruit de l’imagination de l’auteur, soit utilisés dans le cadre d’une œuvre de fiction. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, des entreprises, des événements ou des lieux, serait une pure coïncidence. HARLEQUIN, ainsi que H et le logo en forme de losange, appartiennent à Harlequin Enterprises Limited ou à ses filiales, et sont utilisés par d’autres sous licence.
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