L'insoumise des Highlands (Harlequin Les Historiques)

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L'insoumise des Highlands, Ruth Langan

Écosse, 1315

Sauvageonne éprise de liberté, Meritt Lamont voit sa vie basculer quand sa famille est décimée par une attaque sauvage du clan ennemi des Campbell. Devenue chef de clan du jour au lendemain, elle apprend à manier l'épée et se bat comme une lionne pour faire vivre ses vassaux. Un jour, elle sauve un homme tombé dans une embuscade et le soigne avec dévouement... jusqu'à ce qu'elle découvre que leur hôte n'est autre que le frère cadet du chef des Campbell. Furieuse, elle prépare sa vengeance, mais sa jeune sœur, secrètement amoureuse du blessé, s'oppose à ses plans...

Publié le : lundi 1 juin 2009
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280276672
Nombre de pages : 352
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Prologue

Ecosse, 1290

La lande écossaise résonnait du fracas des armes et du cri des hommes tombant face contre terre pour y jeter leur dernier souffle. Les paysans des Highlands se battaient avec l’énergie du désespoir, refusant d’admettre la défaite bien qu’ils aient déjà perdu la moitié des leurs.

Déterminé à obtenir une victoire rapide et totale, le chef des assaillants donna l’ordre à ses troupes d’encercler ce qu’il restait d’ennemis.

Trois des Highlanders dépassaient leurs congénères d’une bonne tête. Leurs mèches blondes rappelaient leurs ancêtres Vikings, de même que leur refus de se rendre contre un adversaire largement supérieur en nombre. Ils préféraient mourir, sans doute, plutôt que de s’avouer vaincus, et s’excitaient mutuellement à chaque coup d’épée :

— Tiens bon, Modric !

— Toi aussi, Upton ! Surveille Thurman.

— Inutile, je prendrai soin de moi-même. Garde-toi sur l’arrière !

Un long moment, le chef de leurs adversaires les observa en plissant les yeux, tâchant de deviner qui des trois hommes pouvait être celui auquel les deux autres obéiraient ; puis, avec une étonnante rapidité, il leva son épée vers le cou de celui que ses compagnons appelaient Modric et cria à ces derniers de jeter leurs armes.

— Non ! hurla le Highlander. Battez-vous, mes amis ! Que je meure si nous nous rendons !

Atterré, Modric constata que ses exhortations demeuraient lettre morte : à contrecœur, ses compagnons obtempéraient, jetant leurs armes aux pieds de leur vainqueur pour épargner sa vie.

Ce dernier se tourna alors vers les bois où se terraient les femmes et les enfants et leur ordonna d’en sortir s’ils ne voulaient pas que leurs époux et pères soient passés au fil de l’épée.

D’un pas hésitant, les malheureux parurent, conscients du sort affreux qui les attendait. Les femmes seraient violées jusqu’à ce que leurs bourreaux se lassent d’elles et les tuent ; quant aux enfants, ils seraient emmenés loin d’ici pour servir d’esclaves à ces barbares.

Une beauté aux cheveux bruns émergea de la forêt, visiblement près d’accoucher, soutenue par un garçon d’à peine six ans qui peinait sous l’effort. Soudain, elle poussa un cri de bête blessée et s’effondra sur l’herbe drue de la lande.

En entendant la plainte de sa femme, Modric comprit la situation en un éclair et serra la main autour du manche de la dague qu’il tenait cachée sous sa ceinture. Cela ne suffirait sans doute pas pour tenir tête aux épées de l’ennemi ; il ferait malgré tout ce qu’il devait faire. Avec un cri furieux, il se rua sur son adversaire, sous le regard médusé et impuissant de ses compagnons.

Tandis que résonnaient les hurlements des deux combattants, la femme allongée sur la lande sentait l’herbe sous elle se tacher de son sang. Son jeune fils lui serrait la main désespérément, le visage ravagé par l’angoisse et la peur.

N’écoutant que son courage, l’une de ses commères se détacha du groupe des prisonnières terrifiées pour lui venir en aide.

— Ce petit vient trop tôt, gémit la mère en voyant approcher la sage-femme.

— Non, Cerese, répliqua celle-ci. Les dieux savent ce qu’ils font.

Tirant de sous sa robe un petit rouleau de tissu bien serré, elle le tendit au garçonnet avec ces mots :

— Tiens, Dillon. Mets ça entre les dents de ta mère. Cerese, mords-le aussi fort que tu peux.

Le garçon obéit sans protester ni pour autant quitter des yeux le combat fascinant qui opposait son père au chef des envahisseurs.

Le bruit des armes fut soudain noyé sous la plainte rauque que poussa la jeune femme aux cheveux bruns au moment où elle sentit passer entre ses jambes ensanglantées le petit corps gluant et chaud de son nouveau-né.

En arrivant au monde, celui-ci eut un cri vigoureux, dont l’écho incongru surprit tous ceux qui assistaient à la scène. La sage-femme le prit dans ses bras et, le soulevant au-dessus de sa tête :

— C’est un garçon, Cerese ! s’exclama-t-elle. Entends-tu comme il hurle ? En voici un qui n’a peur de rien, malgré sa taille. Il est petit, mais bien formé… mais… qu’as-tu ?

Le visage grimaçant de la parturiente inquiétait l’accoucheuse.

— Je ne sais… c’est… différent de la première fois, pour Dillon… Il se passe quelque chose…

— Quelque chose ? répéta la matrone en se penchant vers la jeune accouchée au moment même où un second enfant sortait du ventre de celle-ci.

— Des jumeaux ! s’écria la sage-femme en se redressant d’un coup pour reculer, horrifiée. Absolument identiques. C’est une malédiction ! Il faut fuir ! Nous sommes maudits !

Les paysans s’égaillèrent dans un désordre indescriptible, hurlant comme s’ils venaient de voir le diable en personne. Tous coyaient que la naissance de jumeaux était l’œuvre des puissances du Mal.

Les envahisseurs eux aussi tremblaient de terreur, de sorte que leur chef fut distrait un instant de les voir en proie à la panique. Il n’en fallut pas plus à Modric pour lui plonger son couteau en plein cœur.

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