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L'ivresse des sens (Harlequin Audace)

De
224 pages

L'ivresse des sens, Karen Foley

D'un geste lent et sensuel, Sedona Stewart se mit à dessiner une délicate arabesque sur le torse de Jake Torres, allumant une étincelle de désir dans ses yeux noirs. Avec un sourire lascif, elle s'écarta de lui et l'entendit soupirer de frustration. Tant mieux. C'était exactement l'effet qu'elle recherchait. Car depuis qu'elle avait découvert que ses collègues masculins s'étaient lancés dans une compétition secrète dont l'objet était de conquérir le plus de femmes, elle s'était juré de donner une leçon à ces mâles arrogants. Or, le beau Jack Torres semblait le candidat idéal. Et pour que la leçon soit encore plus efficace, elle allait utiliser les mêmes armes que lui. Séduction. Sensualité. Plaisir. Et que le meilleur gagne...

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1.

Si la réincarnation existait vraiment, songea Sedona, alors, dans une autre vie, elle demanderait à être réincarnée en homme.

Elle retira sa feuille du photocopieur et se dirigea vers son bureau, bien décidée à ignorer les exclamations et applaudissements provenant de la petite salle de conférences sur sa gauche. Une équipe était en train de fêter la promotion d’un des leurs, la troisième depuis ces derniers mois, toutes octroyées à des collègues masculins.

Bien que pourvue d’un meilleur diplôme, d’une expérience plus riche et d’une pratique sur le terrain dont aucun de ces hommes ne pouvait se prévaloir, la promotion d’ingénieur en chef venait de nouveau de lui passer sous le nez, et, comble de tout, avait été attribuée à Bob Lewis. C’était comme se prendre une gifle en pleine figure. Bob était un véritable abruti ! Pas question qu’elle se joigne au concert de félicitations.

Posant son document sur son bureau, elle se jeta sur son siège et songea qu’il était grand temps pour elle de chercher un nouveau poste. Ingénieure aérospatiale au département de la Défense, elle avait travaillé dur pour obtenir cette promotion. Elle avait joué le jeu, travaillant autant que ses collègues masculins, dans un environnement où le sexe opposé était majoritaire. Elle avait accepté des missions supplémentaires, travaillé des heures et des heures, accepté des déplacements dans des coins où personne d’autre ne voulait aller, sacrifié sa vie personnelle au profit de sa carrière, et où tout cela l’avait-il menée ? Exactement au même point que cinq ans plus tôt.

Elle poussa un soupir de dégoût et songea à son père. Dire qu’il avait désapprouvé toutes les activités et tous les emplois saisonniers qui auraient pu compromettre ses chances d’être acceptée dans la meilleure université du pays.

Durant son adolescence, elle n’avait pas eu le droit de faire partie de la troupe des majorettes, pas plus que de prendre des cours de danse. Son père ne cessait de répéter que le fait de porter des jupes courtes, des bijoux, et de se maquiller ne l’amènerait qu’à obtenir une grossesse non désirée, ce qui conduirait à la fin de tous ses rêves.

En fait, il s’agissait de ses rêves à lui ! Parce que son père n’avait aucune idée de ce à quoi elle pouvait rêver ! Cependant, elle n’avait pas osé s’opposer à lui et, au bout du compte, elle avait étouffé en elle tout ce qui pouvait passer pour une marque de féminité. Elle avait même renoncé à son désir de mener à bien une carrière artistique. Cependant, elle n’avait jamais cessé de dessiner. Certaines personnes tenaient un journal, d’autres prenaient des photos ; elle, elle ne cessait de dessiner, d’esquisser des croquis, même si elle ne les avait jamais montrés à personne. Non, le dessin était resté sa passion secrète, un moyen de s’évader lorsque son père lui mettait trop de pression.

Néanmoins, elle avait suivi tous ses conseils, et obtenu un diplôme d’ingénieure aérospatiale. Lorsqu’elle avait accepté son poste actuel, sa sensibilité d’artiste s’était éveillée et elle s’était mise à admirer en secret la beauté racée des engins construits pas sa compagnie. Il lui semblait quasiment impossible qu’un avion aussi élégant et racé puisse contenir des moteurs aussi puissants. Et pourtant, les jets étaient de véritables monstres de vitesse.

Elle s’était lancée dans son travail avec une détermination qui la surprenait elle-même. Ce n’était que maintenant, en songeant aux années écoulées, qu’elle se rendait compte que le fait d’avoir voulu être l’égale des hommes avec lesquels elle travaillait, l’avait conduite à oublier qu’elle était avant tout une femme. D’ailleurs, ces derniers temps, elle ne savait même plus ce que signifiait être féminine.

Que dirait son père s’il apprenait que, malgré tous ses sacrifices, et ces longues heures passées à travailler dur, elle venait de nouveau de voir une promotion échoir à quelqu’un d’autre ? Elle sentit ses épaules s’affaisser. En fait, son père était décédé depuis trois ans déjà, et même s’il lui manquait parfois, au moins n’avait-elle plus à chercher à lui plaire. Oui, à présent elle pouvait faire ce qu’elle voulait sans avoir à subir sans cesse ses critiques.

Durant un bref instant, elle songea à ses deux sœurs, plus jeunes qu’elle, Alison et Anna. Alison avait toujours été considérée comme la gentille fifille, qui avait décidé de rester à la maison pour prendre soin de leur mère. Elle avait ouvert une petite boutique où elle vendait des produits pour le bain et le corps, et n’avait jamais montré aucune autre ambition. C’était une jeune femme douce et sans prétention, et leur père ne l’avait jamais poussée à chercher plus loin. En fait, il avait apprécié l’avantage d’avoir l’une de ses filles toujours à sa disposition.

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