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L'oasis du désir - La vengeance de Heath Montanha - Au défi du passé

De
480 pages
L'oasis du désir, Abby Green
Le cheikh Salman, de retour à Merkazad ? Jamilah sent les battements de son cœur s’accélérer. Qu’éprouvera-t-elle lorsqu’elle reverra celui qui l’a repoussée, après une liaison passionnée de quelques semaines ? Il est hors de question qu’elle renoue avec un homme qui n’hésitera pas à la congédier dès qu’il se sera de nouveau lassé d’elle…
 
La vengeance de Heath Montanha, Kate Walker 
Si Heath est revenu à High Farm, c’est pour se venger de celui qui a fait de son adolescence un enfer. Et certainement pas pour revoir Kat, celle dont il était autrefois amoureux, mais qui l’a trahi. Sauf que lorsqu’il se retrouve face à elle, il doit se rendre à l’évidence : il la désire toujours. Ne sera-t-il donc pas délicieux de mêler la conquête à la vengeance ?
 
Au défi du passé, Catherine George
Envoyée au Portugal par son patron, Katherine se heurte très vite à la réticence de son hôte, Roberto de Sousa, visiblement contrarié de l’accueillir sous son toit. Pourtant, Katherine sent qu’elle ne lui est pas indifférente. Quant à elle, elle est profondément attirée par Roberto. Au point d’être bientôt prête à tout pour percer les secrets du passé…
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Couverture : Abby Green, L’oasis du désir, Harlequin
Page de titre : Abby Green, L’oasis du désir, Harlequin

Prologue

Une fillette de six ans se tient debout devant une tombe, seule. Pâle comme la mort, elle a de grands yeux bleus, tout brillants des larmes qu’elle s’efforce de retenir. Dans son dos, une cascade de longs cheveux noirs descend jusqu’à sa taille. Un jeune garçon très beau, à la peau foncée, se détache du groupe qui se tient respectueusement à quelque distance ; il s’approche et lui prend la main. Il s’appelle Salman.

Il la regarde solennellement, beaucoup trop solennellement pour ses douze ans.

— Ne pleure pas, Jamilah. Il faut que tu sois forte, maintenant.

Elle lui rend son regard. Leurs parents sont morts dans le même accident d’avion. S’il peut être fort, elle peut l’être aussi, se dit-elle. Elle cille pour s’empêcher de pleurer et hoche la tête, brièvement. Elle garde les yeux fixés sur lui quand il se tourne vers l’endroit où on vient d’enterrer ses propres parents. Leurs mains restent serrées étroitement.

1.

Paris, des années plus tard

Si elle s’était écoutée, Jamilah aurait sauté et dansé de joie sur le trottoir parisien. Elle esquissa une grimace. Cela faisait tellement cliché… Mais c’était Paris au printemps, avec la tour Eiffel à l’horizon, et elle était amoureuse. Elle avait envie de rire, de chanter, le visage tourné vers les arbres en fleurs.

Jusque-là, elle avait toujours pensé que la réputation de Paris était surfaite. Maintenant elle comprenait : il fallait être amoureux pour goûter vraiment le romantisme de cette ville. D’ailleurs, c’était ici que sa mère, originaire de Merkazad, était tombée sous le charme du Français qu’elle avait épousé quelques mois plus tard.

Elle n’avait que vaguement conscience des regards admiratifs que lui lançaient aussi bien les hommes que les femmes. On lui avait souvent affirmé qu’elle possédait une beauté exotique peu commune, avec ses yeux bleus qui contrastaient avec ses cheveux jais et sa peau très mate.

Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine et elle devait faire beaucoup d’efforts pour se retenir d’ouvrir grands les bras en criant à tue-tête : « Je suis amoureuse de Salman al Saqr et il m’aime aussi ! »

Cependant, une minuscule arrière-pensée affleura à sa conscience. Salman ne lui avait pas vraiment parlé d’amour, même ce matin, lorsque, comblée d’un bonheur sensuel, elle avait prononcé les mots qui lui brûlaient les lèvres depuis plusieurs jours.

Trois semaines seulement s’étaient écoulées depuis qu’elle avait rencontré Salman dans la rue, par le plus pur des hasards, en sortant de l’université où elle avait passé son dernier examen. Après avoir pratiquement grandi ensemble, ils avaient perdu contact depuis longtemps ; revoir son idole de toujours avait bouleversé Jamilah. Elle l’avait trouvé aussi beau que dans son souvenir — peut-être même plus. C’était devenu un homme. Immense, large d’épaules, puissant.

En la reconnaissant, il avait froncé les sourcils avec une sorte d’admiration incrédule.

— Jamilah ?

Le cœur battant, le rouge aux joues, elle avait simplement hoché la tête. Cela faisait si longtemps qu’elle rêvait de lui plaire…

Ils avaient pris un café ensemble. Ensuite, au moment de se dire adieu, alors qu’une abominable tristesse s’emparait d’elle, Salman avait brusquement suggéré :

— Pourquoi ne pas dîner ensemble ? Ce soir ?

Elle avait accepté aussitôt.

Aujourd’hui, même si elle venait de vivre trois semaines magiques, les plus merveilleuses de sa vie, elle regrettait d’avoir montré autant d’empressement. Elle aurait dû marquer plus de distance… Mais elle n’était pas assez calculatrice pour dissimuler ses sentiments.

Dès le week-end qui avait suivi leurs retrouvailles, Jamilah était allée chez Salman, et il lui avait fait l’amour. Pour la première fois.

Une vague de chaleur l’envahit au souvenir de cette soirée.

Secouant la tête pour chasser ces images, Jamilah pressa le pas. Elle voulait arriver chez Salman à temps pour lui préparer un dîner. Il ne l’avait pas vraiment invitée, mais elle ne doutait pas qu’il l’accueillerait avec plaisir ; elle avait acheté tout ce qu’il fallait pour confectionner un délicieux repas.

Tout en attendant de pouvoir traverser la rue, elle songea à l’humeur parfois mélancolique de son amant. Ses traits, alors, s’assombrissaient. Comme, par exemple, quand elle évoquait Merkazad, ou le cheikh Nadim, chef de ce petit état et frère aîné de Salman.

Elle-même devait retourner à Merkazad la semaine suivante. Mais elle modifierait évidemment ses projets si Salman lui demandait de rester à Paris. Leur relation naissante bouleversait son existence.

Elle arriva devant la porte monumentale de l’immeuble haussmannien où Salman occupait un vaste appartement au dernier étage. Après l’avoir saluée, le concierge marqua une hésitation.

— Excusez-moi, mademoiselle, mais… le cheikh vous attend-il ?

Elle tiqua à la mention du titre officiel. Pourtant, Merkazad avait beau être un minuscule territoire de la péninsule arabique, il n’en était pas moins un pays indépendant, gouverné par une noble lignée de cheikhs. C’était le pays de sa mère, celui où elle-même était née. Ensuite, ses parents étaient venus s’installer à Paris, où son père avait travaillé comme consultant pour celui de Salman.

Jamilah sourit largement en exhibant ses sacs à commissions.

— Je vais faire la cuisine ! annonça-t-elle.

Le concierge lui rendit son sourire, mais d’un air un peu embarrassé, et Jamilah monta dans l’ascenseur avec une impression de malaise inexplicable.

Sur le palier du dernier étage, la porte de l’appartement était entrouverte. Un rire de femme parvint à ses oreilles au moment où elle la poussait pour entrer.

Il lui fallut quelques secondes pour enregistrer la scène qui se déroulait sous ses yeux : Salman se penchait vers une rousse flamboyante, qui s’enroulait autour de lui comme une liane. Le premier sentiment de Jamilah fut la honte, celle d’être habillée comme une étudiante, d’un simple jean et d’un T-shirt.

Tout en embrassant la jeune femme, Salman pressait la main sur sa taille pour la serrer contre lui, exactement comme il le faisait avec elle… Jamilah laissa tomber ses sacs. Le bruit interrompit l’étreinte, et Salman releva la tête, mais sans lâcher sa compagne qui la foudroya du regard.

Paralysée par la stupéfaction, Jamilah restait immobile, incapable de bouger, tandis que Salman murmurait quelque chose à l’oreille de la jeune femme rousse. Celle-ci s’écarta avec une moue de déplaisir avant de ramasser son sac et son manteau.

— A tout à l’heure, chéri, lança-t-elle d’une voix rauque, avant de sortir dans un nuage de parfum.

La porte se referma. Jamilah tremblait de tous ses membres. Salman se tourna vers elle, splendide dans son costume sombre d’homme d’affaires, avec chemise blanche et cravate. Elle ne savait pas grand-chose de ses activités professionnelles, sinon qu’il travaillait dans le domaine des investissements bancaires. En fait, elle ignorait pratiquement tout de lui…

— Je ne m’attendais pas à ta visite, lui dit-il. Nous n’avions rien prévu.

Jamilah ravala les sanglots qui lui montaient à la gorge. Elle non plus n’avait pas prévu la rencontre qui avait bouleversé sa vie en trois semaines !Qui était l’étranger qui se tenait à présent devant elle ? Elle ne reconnaissait pas l’homme qui s’était réveillé à côté d’elle le matin même en lui chuchotant des mots tendres à l’oreille.

— Je… J’avais envie de préparer à dîner pour… te faire une surprise, bégaya-t-elle.

Elle baissa les yeux sur ses provisions répandues au sol. Heureusement, la bouteille de vin ne s’était pas cassée.

— Tu ne peux pas venir chez moi à ta guise, Jamilah, la morigéna Salman, d’une voix où perçait l’irritation.

Alors même que son univers s’effondrait, Jamilah se raccrocha à des lambeaux d’amour-propre, surgis de profondeurs insoupçonnées de son être.

— Evidemment, je ne serais pas venue si j’avais su que tu étais… occupé.

Le cœur comme percé par une flèche empoisonnée, elle ne put s’empêcher de demander :

— Est-ce que… tu vois cette femme en même temps que moi ?

Il secoua la tête avec brusquerie.

— Non, répondit-il impatiemment. C’est la première fois.

— En tout cas, maintenant, tu la vois…, murmura-t-elle faiblement. Tu t’ennuies déjà avec moi, au bout de trois semaines ?

Comme elle regrettait d’avoir mis son cœur à nu devant cet homme ! Elle se souvenait des mots exacts qu’elle avait employés dans l’aube naissante : « Je t’aime, Salman. Depuis toujours, du plus loin qu’il m’en souvienne. »

Il avait simplement esquissé un sourire.

— Allons, tu me connais à peine…

Mais elle avait insisté farouchement.

— Je te connais depuis mon plus jeune âge, Salman. Crois-moi, je ne me trompe pas.

C’était à ce moment-là qu’il était devenu distant, évasif. Qu’est-ce qui avait bien pu changer entre eux en quelques heures ? Lui en voulait-il d’avoir avoué ses sentiments pour lui ?

— Qu’attendais-tu donc de moi, Jamilah ? lui demanda-t-il avec une douceur implacable, la tirant de ses pensées.

Elle refoula ses émotions et s’efforça de rester digne.

— Rien, mentit-elle. De toute façon, tu ne tiens pas en place. Tu es constamment à la poursuite d’autre chose… Mais pourquoi ne m’as-tu pas parlé ?

— Pour dire quoi ? Nous avons partagé des moments agréables. Dans une semaine tu retournes à Merkazad. Et ma vie va reprendre son cours normal.

Jamilah se recroquevilla intérieurement, comme si elle avait reçu un coup. Cet homme avait été son premier amant. Elle lui avait offert son innocence. Comment pouvait-il attacher si peu de prix à ce cadeau ?

Salman fronça les sourcils.

— Tu comptes bien repartir à Merkazad, n’est-ce pas ?

Devant son silence, il poussa un juron en arabe avant de demander :

— Tu n’espérais rien de sérieux, tout de même ?

En dépit des efforts de Jamilah, son expression dut la trahir car Salman crut bon d’ajouter, d’une voix glaciale :

— Je ne t’ai jamais rien promis ou laissé entendre.

Elle secoua la tête machinalement, tandis que ses paroles lui lacéraient le cœur. Il ne pouvait pas imaginer à quel point il la blessait. De son côté, elle avait joué avec le feu et se retrouvait punie par celui-là même qui l’avait initiée au bonheur… Comment avait-elle pu se méprendre à ce point ? Elle avait hâte de se retrouver seule pour se rouler en boule et panser ses plaies, mais elle était incapable de bouger.

* * *

Salman dévisagea froidement la jeune femme qui lui faisait face. Il la connaissait, certes, mais elle était tout de même une étrangère pour lui. Etrangère à son cœur. Il avait tellement l’habitude de refouler ses émotions qu’il avait du mal à comprendre celles d’autrui. Une douleur aiguë lui comprima soudain la poitrine, mais il la surmonta impitoyablement. Au cours des trois dernières semaines, il s’était abandonné à une sorte d’irréalité brumeuse, comme si, finalement, le pire n’était pas toujours à venir. Sa rencontre impromptue avec Jamilah lui avait même redonné un vague espoir. Elle était si belle, si douce aussi ! Pourquoi sa bonté naturelle n’aurait-elle pas pu rejaillir un peu sur lui ?

En regardant par la fenêtre quelques minutes plus tôt, il l’avait aperçue sur le trottoir d’en face, la mine heureuse et épanouie. Il avait alors pris pleinement conscience de la situation : elle ne lui avait pas menti ce matin, elle était vraiment amoureuse de lui. Toute la journée, il avait essayé de se rassurer en relativisant l’impact de ses paroles : elle ne se rendait peut-être pas vraiment compte de ce qu’elle disait, ou de ce qu’elle ressentait… Lui, en tout cas, ne voulait pas se sentir coupable, ni responsable.

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4eme couverture