L'ombre du doute - La machination (Harlequin Black Rose)

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L'ombre du doute, Kay David

Alors qu'elle a rendez-vous avec Kenneth, son mari dont elle est séparée depuis six mois, pour lui remettre les papiers de leur divorce, Anise Borden est bouleversée quand celui-ci s'effondre dans ses bras, frappé d'une balle. Un choc d'autant plus grand pour Anise que quelques minutes plus tôt, Kenneth lui a avoué avoir reçu des menaces de mort. Sachant qu'en tant qu'avocat, son mari comptait de nombreux ennemis, Anise se tourne vers Daniel Bishop, l'inspecteur en charge de l'affaire, pour qu'il trouve les coupables au plus vite. Daniel Bishop, un homme aussi arrogant que taciturne mais auquel elle s'attache peu à peu. Quelle n'est donc pas sa stupeur quand elle apprend qu'il l'a ajoutée à sa liste de suspects...

+ 1 ROMAN REEDITE OFFERT : La machination, Harper Allen

Innocente du crime dont on l'accuse, Julia sort de prison et ne songe qu'à une chose : revoir son enfant et reprendre une vie normale. Persuadé, pour sa part, qu'elle est coupable, Max Ross, flic modèle, n'a qu'une idée en tête : la renvoyer derrière les barreaux.

Publié le : dimanche 1 mars 2009
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280264952
Nombre de pages : 512
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Max Ross examinait avec attention la jeune femme assise sur la banquette, face à lui. Incroyable comme elle avait changé ! C’était à peine s’il la reconnaissait. Son côté « poupée de luxe » avait définitivement disparu. Envolés, le charme et l’élégance ! Le visage fermé, le teint pâle, le buste tassé, Julia Tennant semblait évoluer ailleurs, dans un monde à part. Inaccessible.

Traînant les pieds, une serveuse apparut et déposa sans ménagement deux cafés sur la table.

— Ça s’ra tout ?

Julia s’empara d’une tasse, le visage totalement inexpressif.

— Merci, oui, répondit Max en tendant un billet de vingt dollars. Ceci pour que personne ne vienne s’installer à la table d’à côté pendant la prochaine demi-heure.

La serveuse s’empara du billet, mais resta plantée devant eux.

— Je ne peux rien vous garantir, m’sieur. Une table vide, c’est un pourboire en moins. Et l’argent, ça ne se trouve pas sous les sabots d’un cheval, hein, frangine ? gloussa-t-elle en posant négligemment une main aux ongles écaillés sur l’épaule de Julia.

— Bas les pattes ! Je ne suis pas votre « frangine » ! Et ne vous avisez pas de recommencer, sinon…

La violence des propos était d’autant plus saisissante que Julia avait gardé la tête baissée et que ses lèvres ne semblaient pas avoir bougé. Max nota qu’elle serrait sa cuillère d’une main tremblante.

D’un regard circulaire, il s’assura que personne dans le café n’avait suivi l’incident, puis tendit discrètement un autre billet à la serveuse interloquée.

— Trente minutes seulement. On a besoin d’un peu d’intimité ici, O.K.?

— Pour sûr, un peu d’intimité fera le plus grand bien à la p’tite dame ! répondit la serveuse d’une voix sarcastique. J’vous laisse…

Elle tourna les talons, ignorant les appels des autres clients qui essayaient d’attirer son attention, et disparut derrière la porte battante menant dans la cuisine.

Julia releva alors la tête, enfouit la main dans la poche droite de son coupe-vent en Nylon et en ressortit un paquet de cigarettes. Elle en sortit une, la porta à ses lèvres et gratta une allumette.

— Mais… vous ne fumiez pas, avant ?

A peine Max avait-il parlé qu’il regretta d’avoir ouvert la bouche.

— Non, monsieur Ross. Avant, comme vous dites, je ne fumais pas. J’ai pris quelques mauvaises habitudes, ces deux dernières années, mais j’en ai perdu d’autres… Comme celle de parler pour ne rien dire.

Une ébauche de sourire ironique apparut sur les lèvres de Julia, mais ses yeux restèrent vides. Plus rien dans son apparence ne reflétait son surnom de « Lolita de porcelaine », inventé par les journalistes de Boston au moment du procès : à l’époque, son teint diaphane et ses cheveux blonds, presque blancs, attiraient l’attention des photographes. Sans oublier ses yeux bleu saphir, constamment embués. Des torrents de larmes produits sur commande, s’était dit Max à ce moment-là. Comment cette femme à la silhouette distinguée, au visage délicat et aux manières raffinées avait-elle pu tendre froidement un paquet piégé à son mari, quelques minutes avant qu’il n’embarque dans son jet privé ?

Au moment du drame, Max Ross avait trente et un ans, dont dix années au service du F.B.I. Les criminels, il les connaissait bien, et se piquait de savoir déjouer leurs ruses et leurs mensonges. Dans le cas de Julia, l’affaire semblait entendue, car les faits jouaient contre elle. Pourtant, une ou deux fois, pendant l’enquête puis au tribunal, le doute l’avait effleuré ; il s’était demandé alors si la police ne faisait pas fausse route… Julia était peut-être innocente. Il est vrai que sa beauté hors du commun rendait difficilement acceptable l’idée de sa culpabilité.

La jeune veuve de vingt-trois ans avait eu beau protester de son innocence pendant d’interminables interrogatoires, expliquer qu’elle ne savait pas que le paquet remis à son mari contenait une bombe, verser des flots de larmes, elle avait été reconnue coupable de quatre homicides — celui de son mari, de son beau-frère et de deux autres personnes — et envoyée en prison pour dix ans. Justice avait été rendue, s’était dit Max à l’époque.

Lorsqu’il avait appris, deux jours auparavant, qu’elle allait être libérée après seulement deux années d’emprisonnement, il avait d’abord cru à un poisson d’avril. Vingt-quatre petits mois de prison seraient donc le seul prix à payer pour la mort de quatre hommes ?

Julia interrompit les pensées de Max.

— Vous me voulez quoi, exactement, monsieur Ross ? J’ai vraiment mieux à faire que de rester là, à boire une tasse de café infâme… Et je n’ai certainement pas l’intention de gâcher ma première nuit de liberté avec vous, conclut-elle d’un ton dur.

D’un geste brusque, elle repoussa sa tasse à moitié vide et se leva.

— Asseyez-vous.

Max bouillait de colère contenue. Saisie par son ton péremptoire, Julia reprit sa place sur la banquette.

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