Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 5,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

L'ultime morsure

De
288 pages
Série Le rendez-vous des Immortels, tome 4

Des crimes sanglants et mystérieux. Des meurtriers insaisissables aux étranges pouvoirs… Jamais Caro n’a eu à affronter une enquête aussi dangereuse, aussi complexe. Pourtant elle n’est pas au bout de ses surprises, car bientôt elle fait la connaissance de celui qui doit la seconder dans sa mission. Avec ses yeux d’or liquide et son allure de guerrier nordique, Damien est assurément l’homme le plus fascinant qu’elle ait jamais rencontré. Intriguée d’abord par sa personnalité et son mode de vie, Caro sent peu à peu grandir en elle un irrépressible désir à son égard, une fascination hypnotique mêlée de crainte.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

1
Le sergent de poîce Caroyn Hamîton regarda son capîtaîne avec încréduîté. C’étaît un homme massîf, avec ’une de ces bouîes d’Irandaîs quî sembent toujours sourîre, même quand es cîrconstances ne s’y prêtaîent pas — ce quî étaît e cas à cet înstant. — Je suîs suspendue ? — Tu n’es pas suspendue, Caro. Tu es en congé de maadîe de ongue durée. — Maîs je ne suîs pas maade ! — Sauf que tu voîs des choses împossîbes… Ee e fusîa du regard en serrant es dents. Le capîtaîne Maoy étaît un bon chef. Jusqu’à aujourd’huî, ee auraît même pu dîre qu’ee ’apprécîaît. — J’aî vu ce que j’aî vu. — Et c’est bîen à e probème. Les gens ne se font pas souever de terre par des forces învîsîbes pour se retrouver empaés sur es boîs d’une tête d’éan empaîée. — Je ’aîvu de mes yeux. Expîquez-moî donc comment î s’est retrouvé à ! Maoy secoua a tête. — Nous inîrons par e découvrîr. Et n’oubîe pas que tu as été prîse dans une fusîade, a semaîne
7
dernîère. Ce genre de choses a des effets împrévîsîbes, quî ne se manîfestent pas forcément tout de suîte… — Capîtaîne… I secoua résoument a tête. — Prends e temps de t’en remettre, Caro. Je tîens à ce que tu soîs promue détectîve e moîs prochaîn. Cet argument a réduîsît au sîence et a it grîncer des dents. Ee avaît travaîé dur pour obtenîr cette promotîon. S’î en faîsaît un outî de chantage, mîeux vaaît qu’ee uî obéîsse. Maîs rîen ne ’obîgeaît à aîmer cea. Au moîns, î ne uî avaît pas conisqué son arme et son însîgne. Ee ramassa queques affaîres dans son bureau, puîs se rendît dans es bureaux de a brîgade des vos et homîcîdes pour parer à son amîe et mentor, a détectîve Pat Matthews. — Je m’en vaîs, annonça-t-ee à Pat. C’étaît une femme împressîonnante d’une quaran-taîne d’années, dont es cheveux coupés court étaîent du même grîs métaîque que ses yeux. — Tu es suspendue ? — En congé maadîe — de ongue durée. Ee haussa es épaues comme pour a rassurer. — Après a fusîade de a semaîne dernîère… — Pat… Je n’aî même pas eu besoîn de dégaîner. — Ce n’est pas e probème. Tu vas perdre toute crédîbîîté sî tu contînues à parer de cette hîstoîre, tu comprends ? Pars en congé bîen gentîment, et tu pourras revenîr dans une semaîne ou deux. — Je saîs ce que j’aî vu. Le regard de Pat s’adoucît un peu. — Je te croîs. Je ne pense pas que tu ’aîes îmagîné. Maîs nous appartenons à a poîce, Caro. Nous ne nous occupons pas de ce genre de choses… Ees ne
8
rentrent pas dans notre conceptîon du monde. Tu doîs arrêter d’en parer. — Génîa ! J’aî vu un homme se faîre tuer et je doîs faîre comme sî de rîen n’étaît… — Seuement par îcî… Pat ouvrît un tîroîr de son bureau, y fouîa queques înstants et uî tendît une carte de vîsîte. — L’agence Messenger ? dît Caro. — Jude Messenger s’occupe des probèmes quî ne sont pas de notre ressort. I est un peu bîzarre et souffre d’une maadîe quî uî înterdît de s’exposer à a umîère du jour, maîs î ne m’a jamaîs aîssée tomber jusqu’îcî. C’est à uî que tu doîs parer de cette hîstoîre, Caro. I ne te prendra pas pour une foe. Caro ne sut pas quoî en penser. Ee étaît sûre de ce qu’ee avaît vu, maîs ee devaît bîen reconnaïtre que cea sembaît împossîbe. Quî étaît cet homme prêt à a croîre sans avoîr été témoîn de a scène ? — Je suîs sérîeuse, însîsta Pat. Cette affaîre ne regarde pas a poîce. C’est à Jude Messenger que tu doîs t’adresser. I est eficace et tu peux avoîr coniance en uî.
Après avoîr quîtté e commîssarîat, Caro marcha au hasard pendant deux heures. Ee avaît quîtté son unîforme, et î uî sembaît que seu e poîds de son arme à sa ceînture uî rappeaît quî ee étaît. Le pîre, c’étaît qu’ee se sentaît toujours épîée. Cette împressîon avaît commencé à ’înstant où ee avaît vu ’homme se faîre tuer et ee ne s’étaît jamaîs estompée. Ee possédaît queques pouvoîrs psychîques dont ee n’avaît jamaîs paré à personne. Le témoîgnage de sa grand-mère, quî juraît qu’ees
9
descendaîent d’une ongue îgnée de sorcîères, n’auraît pas eu beaucoup de vaeur aux yeux de ses coègues. Ee auraît dû avoîr a prudence de garder pour ee ce qu’ee avaît vu dans cette maîson. Pourquoî avaît-ee cru de son devoîr de rapporter des événe-ments que personne ne pouvaît croîre ? Parce qu’ee étaît honnête, tout sîmpement. Parce que son travaî consîstaît à résoudre des crîmes, non à dîssîmuer des înformatîons. Et voîà qu’ee arpentaît es rues à a tombée de a nuît… La chose quî avaît tué cet homme ne a quîttaît pas des yeux — ee en étaît certaîne. Maîs quî a croîraît ? Ee ne pouvaît pas en faîre abstractîon, comme ee ne pouvaît pas garder pour ee ce qu’ee avaît vu. Ne sachant pus quoî faîre, ee inît par monter dans un bus pour se rendre chez Jude Messenger.
Ee trouva ’agence Messenger dans ’un des quartîers es moîns recommandabes de a vîe. Ce n’étaît pas înhabîtue pour un détectîve prîvé quî gagnaît sans doute moîns qu’un poîcîer. Les bureaux étaîent sîtués en entreso. Heureusement, une ampe pacée au-dessus de a porte permettaît de voîr es marches quî y menaîent. Ee hésîta avant de sonner. I ne a croîraît pas, uî non pus… Maîs Pat e uî avaît recommandé. D’après a paque ixée au mur, ’agence n’ouvraît que a nuît — Pat uî avaît dît que Jude étaît maade. I y avaît une caméra au-dessus de a sonnette. Ce détectîve prîvé étaît bîen prudent…, songea-t-ee en pressant e bouton.
10
— Que puîs-je pour vous ? demanda une voîx fémînîne un peu méiante. Après huît ans passés dans a poîce, anayser ses împressîons étaît devenu un rélexe pour Caro. De quoî cette ie se méiaît-ee ? — Je souhaîte voîr M. Messenger, répondît-ee. C’est a détectîve Pat Matthews quî m’envoîe. On uî ouvrît a porte. Caro entra dans un couoîr obscur, se dîrîgea vers une porte ouverte et pénétra dans un bureau d’apparence ordînaîre : deux ordînateurs, troîs chaîses, un canapé. La jeune femme quî ’accueîît, en revanche, n’avaît rîen d’ordînaîre. Ee portaît assez de mascara et d’eye-îner pour maîntenîr un fabrîcant de cosmé-tîques à lot. Ses cheveux étaîent teînts en noîr, et ses vêtements en cuîr et en dentee uî donnaîent une aure de strîpteaseuse punk. Ce n’étaît pas a réceptîonnîste de tout e monde… Quî pouvaît bîen être ce Jude Messenger ? — Asseyez-vous, uî dît-ee en montrant une chaîse en face de son bureau. Je suîs Choé Cranda, ’assîstante de Jude. De mieux en mieux…, songea Caro en s’asseyant. Que fou acceptaît que son empoyée s’habîe de cette manîère ? — Aors c’est Pat Matthews quî vous envoîe…, poursuîvît Choé d’un ton joyeux. Vous travaîez ensembe ? — Je suîs agent de poîce, ouî. — Coo ! Pat est une chîc ie. Que pouvons-nous faîre pour vous ? Caro n’avaît aucune envîe de raconter son hîstoîre à Choé.
11
— J’aîmeraîs voîr M. Messenger. — Comme a pupart des gens quî franchîssent cette porte, répondît Choé sans paraïtre vexée par ses rétîcences. Ee pressa un bouton sur e tééphone de son bureau. — Jude ? Pat t’envoîe quequ’un. La porte quî se trouvaît sur a gauche de Caro s’ouvrît moîns d’une mînute pus tard. Un homme éégant vêtu de noîr apparut en sourîant. Pendant queques înstants, Caro ne remarqua que ’étrangeté de son aura. Voîr es auras des gens uî sembaît norma. Is se promenaîent presque tous entourés d’un hao cooré quî pouvaît ’înformer sur eur humeur ou eur état de santé sî ee y prêtaît attentîon. Maîs ee n’avaît jamaîs vu une aura comme cee de Jude Messenger. Ee étaît d’un rouge vîf et pus resserrée autour de son corps que cees des autres. Ce devaît être à cause de sa maadîe…, songea-t-ee en cîgnant des yeux. — Je suîs e sergent Caroyn Hamîton, monsîeur Messenger, dît-ee en se evant. Pat Matthews m’a dît que vous serîez peut-être en mesure de m’aîder… I hocha égèrement a tête sans cesser de sourîre. — Entrez, je vous en prîe ! Mon coègue se trouve dans mon bureau. J’espère que cea ne vous dérange pas… Son aîde pourraît vous être aussî utîe que a mîenne. Caro acquîesça, même sî a perspectîve de raconter son hîstoîre à deux înconnus a terrîiaît. Le pîre s’étaît déjà produît : on ’avaît mîse en congé maadîe parce qu’on a croyaît foe. Ces hommes ne pouvaîent
12
guère que a chasser de eur agence après s’être moqués d’ee. Le bureau sans fenêtres de Jude Messenger ne contenaît rîen d’extraordînaîre hormîs un sabre de cavaerîe accroché au mur. Les murs étaîent couverts de grands panneaux de boîs et seues queques ampes écaîraîent a pîèce. Deux grands fauteuîs en cuîr — de ceux qu’on voyaît putôt dans des cabînets d’avocats — faîsaîent face à un bureau en noyer. C’étaît un mobîîer bîen uxueux pour e quartîer… L’homme quî se eva de ’un des fauteuîs uî coupa e soufle. I ne mesuraît que queques centîmètres de pus que a moyenne, tout comme Jude, maîs î ressembaît aux chevaîers teutonîques dont ee avaît vu des portraîts en Europe, queques années pus tôt. Ee n’avaît pas songé que des gensréelspouvaîent avoîr ce genre de vîsage… Pourtant cet homme avaît bîen a mâchoîre carrée, e nez droît et es pommettes saîantes des guerrîers d’autrefoîs. I uî offrît un sourîre quî adoucît un peu ses traîts, puîs secoua a tête pour rejeter ses bouces noîres en arrîère. — Voîcî Damîen Keer quî arrîve d’Aemagne, dît Messenger. Damîen, je te présente e sergent Hamîton. Caro serra a maîn que Damîen uî tendaît, tout en remarquant que son aura ressembaît beaucoup à cee de Messenger. Comment étaît-ce possîbe ? Souffraît-î de a même maadîe ? Sa maîn étaît un peu froîde. Maheureusement, ee ne pouvaît pas se renseî-gner. Ee accepta donc e fauteuî qu’on uî offraît et se concentra sur ce qu’ee vouaît dîre. Comment pouvaît-î uî sember sî dîficîe de s’exprîmer aors
13
qu’on ’avaît chassée du commîssarîat pour ’avoîr trop faît ? — Que pouvons-nous faîre pour vous ? demanda Jude. Caro crut îre une înquîétude sîncère dans ses yeux dorés. Ee jeta un coup d’œî à Damîen, quî uî it a même împressîon. Aors son cœur manqua un battement. Is avaîent tous les deuxes yeux dorés ? Etaîent-îs de a même famîe ? Cea expîqueraît a sîmîîtude de eurs auras… — Sergent ? s’înquîéta Jude. — Appeez-moî Caro, répondît-ee en reportant son attentîon sur uî. Je ne saîs pas où commencer… — Par e début, suggéra Jude. Sa voîx étaît came et rassurante… I étaît vraîment doué. — Vous aez me croîre foe, maîs tant pîs ! se ança-t-ee. I y a troîs nuîts, un certaîn Andrew Prîtchett nous a appeés en dîsant que sa famîe venaît d’être massacrée. Je me suîs rendue sur es îeux avec cînq autres agents. Nous avons enfoncé a porte d’entrée, puîs nous nous sommes dépoyés dans a maîson : un agent s’est dîrîgé vers a porte de derrîère, quatre sont montés à ’étage et je… suîs entrée dans une pîèce du rez-de-chaussée. J’y aî trouvé un homme terrîié et j’aî tout de suîte pensé qu’î n’étaît pas seu dans a pîèce. J’aî appeé des renforts, maîs avant qu’îs n’arrîvent… Troubée par a vîvacîté de ses souvenîrs, ee s’înterrompît pour dégutîr et baîssa es yeux. Mîeux vaaît qu’ee prenne son temps… — C’est à que ça devîent fou, poursuîvît-ee après une profonde înspîratîon. J’aîvu’homme se
14
faîre souever de terre par une force învîsîbe. I a évîté à un bon mètre du so… Je ne savaîs pas quoî faîre. Un înstant pus tard, î étaît empaé sur es boîs d’une tête d’éan empaîée. — Mon Dîeu, âcha Jude. Damîen marmonna en aemand queque chose quî sembaît avoîr e même sens. — Ouî…, soupîra-t-ee. Mes renforts sont arrîvés à ce moment-à, maîs î étaît trop tard. L’homme est mort presque aussîtôt. C’étaît Andrew Prîtchett, quî nous avaît appeés. I n’y avaît personne d’autre dans a pîèce… Personne ! Ee se tut et attendît e verdîct. — Je vous croîs, décara Jude. — Moî aussî, ajouta Damîen. J’aî vu bîen des choses étranges… Ce que vous décrîvez est possîbe. — Vraîment ? s’écrîa-t-ee en reevant a tête. — Ouî, uî assura Jude. C’est pour cea que Pat vous a conseîé de venîr nous voîr. Maîs qu’attendez-vous de nous ? — Je veux attraper e meurtrîer ! répondît-ee sans hésîter. Et puîs… De nouveau, ee hésîta. Le reste étaît encore pus dîficîe à croîre… — Ouî ? ’encouragea Jude. Lancetoi !s’ordonna-t-ee. — I n’y avaît personne dans a pîèce et aucun dîsposîtîf mécanîque quî auraît pu souever cet homme de terre. Maîs j’aî… sentî queque chose. Je ne peux pas vous décrîre mon împressîon… Pourtant cette chose m’a vue, et je sens qu’ee m’observe toujours. Au îeu de mettre sa paroe en doute, Jude prît un aîr grave. Ee jeta un bref regard à Damîen Keer et e regretta aussîtôt : î a dévoraît des yeux.
15
Ma à ’aîse, ee croîsa bras et jambes — ce qu’ee éprouvaît rarement e besoîn de faîre. Pourquoî son regard uî faîsaît-î tant d’effet ? D’habîtude, ee répondaît à ’întérêt des hommes par ’îndîfférence. Cette foîs, son cœur s’affoa et ses joues a brûèrent. Ee baîssa es yeux. Lorsqu’ee es reeva, Damîen ’observaît avec întérêt et sympathîe. Avaît-ee rêvé ? Perdaît-ee vraîment a tête ? — Très bîen. Pouvez-vous me dîre où s’est produît cet încîdent ? demanda Jude. Ee récîta mécanîquement ’adresse. — Les journaux n’en ont pas dît grand-chose, à part qu’une famîe de cînq personnes avaît été massacrée. Is ont été projetés dans tous es sens et sont morts de eurs bessures. — Ce n’est pas dans es journaux que je vaîs me renseîgner, répondît Jude en pressant un bouton du tééphone de son bureau. Choé ? Appee Garner et renseîgne-toî sur e massacre de a rue Duchesne. Je veux tout savoîr sur es vîctîmes. — Aucun probème, patron, répîqua Choé d’un ton sarcastîque. Tu me aîsses une semaîne ? Jude coupa a communîcatîon sans répondre. I sembaît habîtué à ’împertînence de son assîstante. — Parez-moî de votre împressîon, uî demanda-t-î. Est-ee de pus en pus forte ? Est-ee menaçante ? — Une chose est sûre : je ne peux pas en faîre abstractîon — et j’aî essayé, croyez-moî. — Et ça a commencé quand vous avez vu cet homme se faîre tuer ? Ee acquîesça. — L’atmosphère a changé, comme sî des yeux învîsîbes se posaîent sur moî. Je e sens toujours… Caro soupîra de frustratîon.
16