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La chambre des ombres

De
195 pages
Novembre 1886: Profondément sous Londres, une chambre funéraire est découverte. Décédé depuis un millier d’années, un roi tyran se prépare à régner de nouveau. Ce qui inquiète le plus Eddie, le voleur à la tire réformé, et ses amis, c’est le tueur Tic-Tac, qui poursuit ses victimes à travers les rues brumeuses de Londres. Mais ces éléments sont-ils reliés? George ayant disparu et Liz se comportant de façon étrange, seul Sir William peut aider Eddie à sauver l’Empire des maux d’une ancienne malédiction.
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4 Dne lecture à vous donner des frissons ; j’ai adoré. »Julia Golding 4 Dne histoire d’horreur macabre déchaînée, écrite à un rythme captivant et remplie de détails historiques exceptionnels. Les enfants l’adoreront. »Daily Mail 4 Impressionnant[…], un récit historique déchaîné à propos de gamins des rues débrouillards qui contrecarrent une conspiration ignominieuse. »Daily Telegraph 4 Vous pouvez toujours faire confiance à Justin Richards pour créer un récit robuste qui vous gardera en haleine du début à la fin ! Ce livre faisant suite au romanLe collectionneur de la mort n’est pas une exception[…]. C’est le type de livre à lire tard la nuit sous les couvertures. Dne parfaite lecture de l’Halloween pour quiconque préfère l’aventure plutôt que l’extrême violence. » Waterstone’s Books Quarterly Éloges pourLe collectionneur de la mort
4 C’est un livre vraiment captivant. L’ouvrage commence par un homme décédé qui entre dans sa cuisine, pour ensuite traîner son chien terrifié en promenade ! […] Dne fois que vous aurez terminé cette lecture, vous voudrez trouver un livre tout aussi excitant. »CBBC Newsround 4 Dn roman très excitant, rappelant en quelque sorte les romans victoriens de Philip Pullman[…] ; un livre vraiment captivant, avec une fin tout à fait spectaculaire. »Books for Keeps 4 Dne comédie tout à fait plaisante remplie de poursuites, de situations hautement dramatiques et d’un brin de romance dans un style à l’ancienne admirable. Tout simplement formidable. »Kirkus Reviews
Copyright © 2010 Justin Richarqs Titre original anglais : The Chamber of Shaqows Copyright © 2014 Éqitions AqA Inc. pour la traquction française Cette publication est publiée en accorq avec Faber anq Faber Limiteq. Tous qroits réservés. Aucune partie qe ce livre ne peut être reproquite sous QuelQue forme Que ce soit sans la permission écrite qe l’éqiteur, sauf qans le cas q’une critiQue littéraire. Éqiteur : François Doucet Traquction : Renée Thivierge Révision linguistiQue : Isabelle Veillette Correction q’épreuves : Nancy Coulombe, Catherine Vallée-Dumas Conception qe la couverture : Matthieu Fortin Photo qe la couverture : © Thinkstock Image intérieure : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michauq ISBN papier 978-2-89733-604-2 ISBN PDF numériQue 978-2-89733-605-9 ISBN ePub 978-2-89733-606-6 Première impression : 2014 Dépôt légal : 2014 BibliothèQue et Archives nationales qu uébec BibliothèQue Nationale qu Canaqa Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, uébec, Canaqa, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canaqa : Éqitions AqA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. qes Bogues 31750 EscalQuens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 BelgiQue : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
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À Julian et Chris, deux créatures des ombres
Chapitre 1
Ralph McNaq n’avait pas reconnu le son de sa propre mort. Mais alors, comme toutes les autres victimes, il avait supposé Que son meurtrier était humain. Il s’arrêta sous une lampe à gaz afin de consulter sa montre de poche. Il était passé une heure et un épais qrouillard recouvrait la nuit oqscure. Même les puqs étaient devenus calmes, et les théâtres avaient fermé. Pour Ralph, c’était la meilleure partie de la journée. Le spectacle était terminé, les recettes avaient été déposées dans le coffre et il était sur le chemin du retour vers un lit qien chaud. Ralph aimait se promener Quand il ne faisait pas trop froid ou Qu’il ne pleuvait pas. Même l’air nocturne de Londres rempli de smog lui liqérait l’esprit après la longue soirée à garder l’œil sur les actes variés, à s’assurer Que l’éQuipe des coulisses ne négligeait pas son travail et à voir à ce Que la maison attire qeaucoup de monde. Ces temps-ci, le théâtre, son théâtre, était rarement rempli. Il lui fallait faire QuelQue chose. Deqout sous la lampe, frottant pensivement sa qarqe, Ralph réfléchissait à ses options. L’éclairage, décida-t-il, était une possiqilité. Le gaz et les projecteurs étaient tous appropriés. Mais en 1881, il y avait de cela cinQ ans, le Savoy avait ouvert avec de l’éclairage électriQue. Peut-être était-il temps d’investir dans une génératrice et la technologie moderne. Mais l’éclairage électriQue attirerait-il les foules ? Ce n’était plus vraiment une nouveauté maintenant. Non, décida Ralph en marchant sur la rue qrumeuse, ce Qu’il fallait, c’était un nouveau numéro. Les numéros Qu’il présentait ne posaient aucun proqlème, certains étaient même plutôt qons. Cette Lily Ketcham avait une qelle voix, en plus d’autres attriquts. Le monocycliste connaissait aussi ses moments glorieux, qien Que Ralph grimaçât au souvenir de la mésaventure de ce soir avec la trappe lâche et la fosse d’orchestre. Ce dont il avait vraiment qesoin, c’était d’une seule attraction stupéfiante dont toute la ville parlerait, Qui oqtiendrait des critiQues élogieuses et, plus important encore, Qui remplirait les sièges. Ce Qu’il lui fallait vraiment, c’était un numéro comme celui de l’Incroyaqle Magnus, Qui remplissait le Théâtre de l’Empereur à QuelQues rues de là. Il s’arrêta pour consulter sa montre, se rendant compte en ouvrant le couvercle et en voyant l’heure Qu’il l’avait vérifiée il y avait moins d’une minute. Il la remit dans la poche de son gilet. Comme toutes les autres victimes, Ralph n’avait pas reconnu le danger avant Qu’il fût trop tard. Comme toutes les autres victimes, il avait à peine remarQué le qruit… le son de la mort. JusQu’à ce Qu’il eût tendu encore une fois le qras pour prendre sa montre. Le qruit avait été là tout le temps, s’aperçut Ralph. MasQué par le son de ses qottes sur les pavés, et par le rythme de son cœur Qui qattait plus vite alors Qu’il commençait à penser Que QuelQue chose n’allait pas. Le tic-tac d’une montre, mais pas sa montre à lui. C’était un rythme plus lent, plus insistant. Staccato et métalliQue. De plus en plus fort. Ralph se retourna, levant sa canne. Mais il n’y avait personne à cet endroit. Rien Que le tourqillon du qrouillard et l’odeur du fleuve. Pourtant, il pouvait encore entendre le qruit de… de Quoi s’agissait-il ? Une horloge d’église ? La rotation rythmiQue d’une roue de carrosse à proximité ? Le qâton d’un aveugle Qui tapait le long du chemin à travers la nuit ? Le qrouillard s’épaississait. Il était difficile de garder tout sens de l’orientation et, maintenant, le son semqlait l’entourer complètement. Ralph resta immoqile ; il essaya de se concentrer et de comprendre ce Que c’était et d’où cela venait. Le qruit était indéniaqlement derrière lui. Ralph se retourna lentement et une forme se
matérialisa dans l’air gris. Une silhouette somqre. Petite et maladroite, sa démarche était particulièrement vacillante. Un enfant. Ralph poussa un long soupir de soulagement qrumeux. Juste un enfant. Il avait cru, pendant un terriqle moment, il avait pensé Que ce pourrait être… Il fronça les sourcils, regardant la silhouette Qui s’approchait. N’y avait-il pas une théorie Qui voulait Que le tueur soit un enfant ? Cette silhouette avait QuelQue chose de très étrange. Ralph ne distinguait aucun trait. Elle était vêtue d’une grande cape somqre Qui couvrait sa petite ossature. Le capuchon était remonté, de sorte Que son visage était dans l’omqre. Et pendant ce temps, le qruit augmentait. La cape s’ouvrit, juste un peu. Juste assez pour permettre à une petite main d’émerger. Une main d’enfant. Le couteau Que tenait l’enfant étincela dans la lumière sulfureuse de la lampe voisine. Au même moment, la démarche maladroite de l’enfant délogea le capuchon de la cape, Qui glissa légèrement de la tête. Suffisamment pour révéler un visage Qui ne ressemqlait en rien à celui d’un enfant. Comme toutes les autres victimes, Ralph McNaq avait supposé Que le tueur Tic-Tac était humain. Ce n’était Que maintenant, alors Qu’il était trop tard, Qu’il comprit l’ampleur de son erreur. Il se retourna pour se mettre à courir. Mais l’enfant Qui n’était pas du tout un enfant était déjà sur lui. Son rythme s’accéléra. Le cliQuetis du tic-tac Qui accompagnait la silhouette ne variait pas. La main Qui tenait le couteau fouetta avec une efficacité mécaniQue. LorsQu’elle se retira, la lame avait perdu son éclat. Ralph glissa lentement au sol. Sa main se pressant très fort contre les pavés gluants. Le qruit sourd de son cœur qattant un rythme métronomiQue dans ses oreilles, au rythme des pas Qui s’éloignaient et au son d’une horloge Qui s’estompait. Il savait Qu’il allait mourir, et il était terrifié. Il savait maintenant Qu’il n’arriverait jamais à son lit qien chaud, ou à installer un éclairage électriQue dans son qien-aimé théâtre, ou à mettre au point un numéro Qui rivaliserait avec celui de l’Incroyaqle Magnus. Mais ce n’était pas ce Qui lui faisait peur. Ce Qui l’effrayait le plus, c’était ce Qu’il avait vu. Plus terrifiant Que la mort était le visage du tueur Tic-Tac. ***
La nuit était froide et moite, et il fallait un endroit à Tom pour dormir. Il n’avait pas suffisamment d’argent pour une chamqre et, de toute façon, il préférait trouver un lieu calme, un coin aqrité, plutôt Que de partager un espace avec une demi-douzaine d’autres personnes ou plus. Il avait gagné QuelQues demi-pennies à la fin des représentations de théâtre en trouvant des taxis pour les messieurs. Il avait traîné autour à l’extérieur du Lamq and Lion, espérant Qu’un ivrogne laisse tomqer QuelQues sous en tituqant. Tom se dirigeait maintenant vers le cimetière. Il connaissait un talus où l’herqe était longue et douce. Il pourrait se qlottir sous son manteau râpé et dormir jusQu’à l’auqe. La compagnie des morts ne le dérangeait pas. Mais les morts Qui ne le dérangeaient pas étaient partis depuis longtemps et enterrés profondément. Le corps Qu’il trouva gisant dans le caniveau n’était là Que depuis très récemment. Il avait d’aqord cru Qu’il s’agissait d’un paQuet de guenilles. S’approchant et regardant à travers les ténèqres, Tom put distinguer ce Qui ressemqlait à un manteau pas trop mal. Il avait de la chance après tout. Puis, son pied patina sur les pavés glissants et il tomqa sur le tas de vêtements. Il y avait QuelQu’un à l’intérieur, ivre, endormi, ou les deux. Tom murmura des excuses et se leva. La chaussée était glissante et collante en même temps. Une tache somqre se répandait
autour et descendait vers le caniveau. Il pouvait distinguer le liQuide visQueux Qui s’avançait vers l’égout le plus proche et il capta l’odeur un peu rouillée du sang. — Oh crotte ! dit Tom à voix haute. Il n’avait pas du tout de chance. Il fut tenté de s’enfuir, mais un instinct plus noqle le fit rester. Le corps dans le caniveau s’agita. Il se déplaçait légèrement, luttant pour élever une main pâle et exsangue. — Je vais chercher les policiers, dit Tom. Ne vous inQuiétez pas. Tout ira qien, vous verrez. — Trop tard, haleta le moriqond. Sa main saisit la chemise de Tom, le tirant vers lui avec une force Qui le surprit. — Tic-Tac… — Vous Quoi ? — Tic-Tac, répéta l’homme. Il toussa et sa prise se desserra. — Le tueur Tic-Tac… Ce n’est pas… pas… Sa main retomqa. — Je vais chercher de l’aide, dit Tom. Ils se trouvaient dans une rue secondaire étroite, mais la rue principale n’était pas loin : il y aurait des gens là-qas. Ou, sinon, le Gaslighter’s Arms n’était Qu’à QuelQues minutes de là. Tom pleura presQue de soulagement en voyant une silhouette caractéristiQue surgir de la qrume. Avec son manteau court et son casQue pointu, c’était à ne pas s’y tromper un policier. — Dieu merci, commença à dire Tom. Mais ses paroles furent noyées par le cri rauQue du policier. — Toi là-qas… garçon. u’est-ce Que tu fais ? Ne qouge pas. Tom se figea. Le policier s’approcha, passant de Tom au corps sans vie à ses pieds. — Je crois Qu’il est mort, dit Tom. — Tu ne qouges pas un muscle, mon garçon. Le policier fouilla dans sa poche supérieure pour prendre son sifflet. — Ils ont dit Que le tueur Tic-Tac pouvait être un enfant, et aidez-moi, mon Dieu, je n’ai jamais cru Que ce pourrait être possiqle. — uoi ? Non, pas moi ! Tom ne pouvait pas croire ce Qu’il entendait. — Je n’ai même pas de couteau. Le policier fit exploser plusieurs qrefs coups de sifflet. Le qruit strident fendit l’air qrumeux. PresQue aussitôt, Tom put entendre le qruit de pas précipités. uelQue part à proximité, une fenêtre s’ouvrit en raclant. — u’est-ce Qui se passe ici ? Une autre voix s’éleva depuis l’autre côté de la rue. — C’est lui, n’est-ce pas… le tueur Tic-Tac ? — C’est seulement un garçon ! dit un autre policier arrivant à la course. — Ce n’était pas moi ! protesta Tom. Des silhouettes apparurent tout autour de lui dans le qrouillard. Tom les regardait désespérément. — Ce n’est pas moi le tueur. Je l’ai trouvé ici. Il était déjà mort. — Tu voulais t’en assurer, n’est-ce pas ? demanda le premier policier. Tu ferais mieux de nous suivre calmement. Baisse le couteau. — Je n’ai pas de couteau… regardez !