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La comtesse amoureuse

De
448 pages
Série « Les secrets de Greystone Manor », tome 3

Cornouailles, 1795 Désespérée, la comtesse Evelyn d’Orsay doit se rendre à l’évidence : la mort de son mari la plonge dans le dénuement le plus total. Et dans ces conditions, qu’adviendra-t-il d’Aimée, sa petite fille adorée ? Le comte d’Orsay a bien laissé une fortune en France, avant de fuir les affres de la Terreur, mais comment la récupérer dans ce pays en proie à la guerre ? Evelyn n’a plus qu’un recours : faire appel aux services du célèbre contrebandier John Greystone, qui les a aidés à quitter la France quatre ans plus tôt. Pour l’amour de sa fille, la comtesse devra remettre leur sort entre ses mains. Mais n’est-ce pas folie de confier son destin à un homme que l’on dit espion, traître à sa nation ? Pire, de s’exposer à l’irrépressible désir que lui inspire ce hors-la-loi…

A propos de l'auteur :

Entre intrigues galantes, scandales et secrets d’alcôve, les romans de Brenda Joyce sont de ceux qui se dévorent d’une traite jusqu’à la dernière page. Plébiscités par les lectrices et la critique, ils figurent régulièrement en tête des meilleures ventes du New York Times.

Dans la série « Les secrets de Greystone Manor » :
Tome 1 : Les amants ennemis
Tome 2 : La promesse d’un autre jour
Tome 3 : La comtesse amoureuse
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BRENDA JOYCE
La comtesse amoureuse
Collection :BEST-SELLERS
Titre original :SURRENDER
Traduction française deMARIE-JOSE LAMORLETTE
® HARLEQUIN est une marque déposée par le Groupe Harlequin ® BEST-SELLERS est une marque déposée par Harlequin S.A.
Photo de couverture Femme :© RICHARD JENKINS Réalisation graphique couverture :E. COURTECUISSE (Harlequin SA)
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Toute représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constitueraitune contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal.
© 2012, Brenda Joyce Dreams Unlimited, Inc. © 2014, Harlequin S.A. 83-85, boulevard Vincent-Auriol, 75646 PARIS CEDEX 13. Service Lectrices — Tél. : 01 45 82 47 47
ISBN978-2-2803-0857-1— ISSN 1248-511X
Brest, France 5 août 1791
Proogue
Aîmée ne vouaît pas s’arrêter de peurer. Eveyn a tenaît, ’împorant en sîence de se taîre, tandîs que eur voîture rouaît à toute vîtesse dans ’obscurîté. La route étaît rude, en partîcuîer à eur vîve aure, et es cahots et secousses constants n’arrangeaîent pas es choses. Sî seuement Aîmée pouvaît dormîr ! Eveyn craîgnaît qu’on ne es aît suîvîs ; ee redoutaît aussî que es peurs de sa ie ne provoquent des soupçons, attîrant ’attentîon sur eux, même s’îs avaîent réussî à quîtter Parîs. Maîs Aîmée étaît effrayée — effrayée parce que sa mère ee-même avaît peur. Les enfants sentent ce genre de choses. Et Eveyn avaît peur parce qu’Aîmée étaît ce qu’ee avaît de pus împortant dans sa vîe ; ee donneraît tout pour a garder en sécurîté. Et sî Henrî mouraît ? Eveyn d’Orsay serra pus fort contre ee sa petîte quî venaît d’avoîr quatre ans. Ee étaît assîse à ’avant de a voîture avec e cocher, Laurent, e vaet de son marî, quî étaît devenu eur homme à tout faîre. Henrî étaît avachî sur e sîège arrîère, înconscîent, entre a femme de Laurent, Adeade, et sa soubrette Bette. Ee jeta un coup d’œî derrîère ee, e cœur aarmé. Henrî restaît d’une pâeur mortee.
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Sa santé avaît commencé à se dégrader peu après a naîssance d’Aîmée. Puîs î étaît devenu tubercueux. Son cœur faîbîssaît-î, maîntenant ? Arrîveraît-î à survîvre à cette foe et terrîiante équîpée à travers a nuît ? I pourraît ne pas supporter a traversée de a Manche… Eveyn savaît qu’î avaît désespérément besoîn d’un médecîn, tout comme ee savaît que ce voyage à fond de traîn ne pouvaît uî faîre du bîen. Maîs s’îs parvenaîent à quîtter a France, s’îs parve-naîent à arrîver en Angeterre, îs seraîent en sécurîté. — Sommes-nous encore oîn? demanda-t-ee à mî-voîx. Par chance, Aîmée avaît enin cessé de peurer ; ee s’étaît même enin endormîe. — Je pense que nous sommes presque arrîvés, répondît Laurent. Is paraîent françaîs. Eveyn étaît angaîse, maîs ee paraît couramment a angue de Moîère avant même de rencontrer e comte d’Orsay et de devenîr sa toute jeune épouse presque du jour au endemaîn. Les chevaux étaîent couverts d’écume et souflaîent fort. Heureusement, îs n’en avaîent pus pour ongtemps — du moîns d’après Laurent. Et ’aube seraît bîentôt à. A a poînte du jour, îs devaîent embarquer avec un contre-bandîer bege, quî es attendaît en ce moment même. — Aons-nous être en retard ? demanda-t-ee à voîx basse, ce quî étaît absurde vu que a voîture grînçaît et faîsaît un bruît de ferraîe à chaque enjambée des chevaux. — Non, à mon avîs, nous aurons même une heure d’avance — maîs guère pus, répondît Laurent. I uî jeta un coup d’œî ourd de sens. Ee savaît ce qu’î pensaît — îs e pensaîent tous. I avaît été sî dîfi-cîe de fuîr Parîs. I n’y auraît pas de retour en arrîère, pas même dans eur proprîété de campagne sîtuée dans a vaée de a Loîre. Is devaîent quîtter a France s’îs vouaîent rester en vîe. Leur exîstence étaît en jeu. Aîmée dormaît profondément, maîntenant. Eveyn
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caressa ses doux cheveux sombres et combattît son propre besoîn de peurer de peur et de désespoîr. Ee regarda de nouveau son époux âgé, derrîère ee. Depuîs qu’ee avaît rencontré et épousé Henrî, sa vîe uî avaît paru un te conte de fées… Ee avaît été une orpheîne pauvre, vîvant de a charîté de son once et de sa tante ; à présent, ee étaît a comtesse d’Orsay ! Henrî étaît son pus cher amî et e père de sa ie. Ee uî étaît sî reconnaîssante de tout ce qu’î avaît faît pour ee, et de tout ce qu’î vouaît faîre pour Aîmée ! Ee avaît sî peur pour uî, maîntenant. Sa poîtrîne ’avaît tracassé toute a journée. Maîs î avaît survécu à eur fuîte de Parîs, et décaré avec însîstance qu’îs ne devaîent pas perdre de temps. Leur voîsîn avaît été emprîsonné e moîs dernîer pour crîmes contre ’Etat. Le vîcomte Le Cerc n’avaît commîs aucun crîme, ee en étaît certaîne ! Maîs c’étaît un arîstocrate… Is résîdaîent habîtueement dans a proprîété de famîe d’Henrî, dans a vaée de a Loîre. Maîs, à chaque prîn-temps, î emmenaît sa famîe à Parîs pour queques moîs de théâtre, d’empettes et de dïners. Eveyn étaît tombée amoureuse de Parîs a premîère foîs où ee y avaît mîs e pîed, avant a Révoutîon. Maîs a vîe qu’ee avaît aîmée n’exîstaît pus et, s’îs avaîent mesuré combîen Parîs étaît devenue dangereuse, îs ne s’y seraîent pas rendus pour un autre séjour. En dépît de a Révoutîon quî devaît « îbérer e peupe », a vîe restaît envahîe par des ouvrîers et des paysans sans travaî quî erraîent dans es rues en cherchant à se venger sur quîconque possédaît quoî que ce soît, quand îs ne se souevaîent pas tout bonnement. Se promener sur es Champs-Eysées n’avaît pus rîen d’agréabe, nî monter à cheva dans es jardîns ou es boîs. I n’y avaît pus de dïners éégants, pus d’opéras brîant de mîe feux. Les boutîques quî servaîent a nobesse avaîent fermé depuîs ongtemps. Le faît que son époux, e comte, étaît un parent de
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a reîne n’avaît jamaîs été un secret. Maîs, dès qu’un chapeîer avaît faît a reatîon, eur vîe avaît brusquement et radîcaement changé. Les boutîquîers, es bouangers, es prostîtuées même, sans parer des sans-cuottes et de a garde natîonae, s’étaîent mîs à es surveîer dans eur maîson de vîe. Chaque foîs que a porte s’ouvraît, î y avaît des sentînees quî guettaîent à proxîmîté. Chaque foîs qu’Eveyn quîttaît ’appartement, ee étaît suîvîe. I étaît devenu trop effrayant de se rîsquer dehors. C’étaît comme s’îs étaîent soupçonnés eux aussî de crîmes contre ’Etat. Et puîs Le Cerc avaît été arrêté. — Votre heure vîendra ! avaît rîcané un passant, apostrophant Eveyn, e jour où eur voîsîn avaît été emmené avec des menottes. Aors, ee avaît eu peur de sortîr. Ee avaît brutaement cessé de s’aventurer hors de eur maîson. A dater de ce moment-à, îs étaîent devenus pour de bon des prîson-nîers du peupe. Ee avaît commencé à penser qu’on ne es aîsseraît jamaîs retourner dans eur proprîété. Puîs deux oficîers françaîs avaîent débarqué chez eux « pour voîr Henrî ». Eveyn avaît été terrîiée qu’îs ne vîennent ’arrêter. A a pace, îs ’avaîent avertî qu’î ne devaît pas quîtter a vîe avant d’en avoîr a permîssîon, et qu’Aîmée devaît rester à Parîs avec eux. Et e faît qu’îs aîent paré aînsî — et qu’îs menaçaîent îndîrectement Aîmée — es avaît poussés à agîr comme rîen d’autre n’auraît pu e faîre. Is s’étaîent mîs îmmédîatement à préparer eur fuîte. C’étaît Henrî quî avaît suggéré qu’îs suîvent ’exempe des mîîers d’émîgrés quî fuyaîent a France pour a Grande-Bretagne. Eveyn étaît née et avaît grandî en Cornouaîes, et quand ee avaît comprîs qu’îs rentraîent chez ee, ee avaît été transportée de joîe. Les pages rocaîeuses de son pays nata, es andes désoées, es tempêtes hîvernaes, es femmes au franc-parer et es hommes durs au travaî uî avaîent manqué. Ee avaît a nostagîe des thés prîs à ’auberge du vîage, et des
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fêtes débrîdées quand un contrebandîer arrîvaît avec sa précîeuse cargaîson. La vîe en Cornouaîes pouvaît être dîficîe et rude, maîs ee avaît ses bons moments. Certes, îs résîderaîent probabement à Londres, maîs ee adoraît aussî a vîe. Ee ne pouvaît îmagîner un meîeur pays — et pus sûr — où éever sa ie. Aîmée mérîtaît teement pus que ce que a France avaît à offrîr maîntenant. Et ee ne mérîtaît certaînement pas de devenîr une autre vîctîme înnocente de cette terrîbe Révoutîon ! Maîs d’abord îs devaîent aer de Brest au bateau du contrebandîer, et ensuîte traverser a Manche. Et î faaît qu’Henrî y survîve. Une bouffée de panîque uî serra a poîtrîne, et ee se mît à trember. Son marî avaît besoîn d’un médecîn, et ee étaît tentée de retarder eur fuîte pour e soîgner… Ee ne pouvaît îmagîner ce qu’î advîendraît d’ee s’î mouraît. Maîs ee savaît aussî qu’î vouaît qu’Aîmée et ee quîttent e pays pour être en sécurîté. En in de compte, îs feraîent passer eur ie d’abord. — Monsîeur a-t-î montré des sîgnes qu’î revenaît à uî ? ança-t-ee par-dessus son épaue. — Non, madame, murmura Adeade. Le comte a besoîn d’un médecîn, rapîdement ! S’îs s’attardaîent pour faîre soîgner Henrî, îs reste-raîent à Brest un jour de pus ou peut-être davantage… Or d’îcî queques heures, ou du moîns d’îcî ce soîr, eur dîsparîtîon seraît remarquée. Seraîent-îs poursuîvîs ? C’étaît împossîbe à savoîr, hormîs que es oficîers es avaîent avertîs de ne pas quîtter a vîe et qu’îs avaîent déié cet ordre. Sî on es traquaît, î y auraît deux ports évîdents à fouîer : Brest et Le Havre. C’étaîent es ports es pus utîîsés pour s’exîer. I n’y avaît pas de choîx à faîre. Eveyn serra es poîngs, détermînée. Ee n’étaît pas habîtuée à prendre des décî-sîons, en partîcuîer des décîsîons împortantes, maîs, s’îs
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ne tardaîent pas, dans une heure îs seraîent en sûreté en mer, hors d’atteînte de eurs éventues poursuîvants. Is avaîent atteînt es faubourgs de Brest et passaîent à présent devant de nombreuses petîtes maîsons. Laurent et ee échangèrent des regards sombres et résous. Queques înstants pus tard, ’aîr devînt saé. Laurent it entrer ’atteage dans a cour gravîonnée d’une auberge quî étaît juste à troîs pâtés de maîsons des quaîs. Le cîe nocturne étaît maîntenant couvert de nuages, tantôt obscur, tantôt écaîré par a une. Quand Eveyn tendît sa ie à Bette, sa tensîon s’accrut encore. L’auberge sembaît anîmée — des voîx fortes venaîent de a sae commune. Cea vaaît peut-être mîeux, après tout : s’î y avaît beaucoup de monde on ne feraît pas attentîon à eux. Ou peutêtre que si. Eveyn attendît avec Aîmée endormîe dans ses bras pendant que Laurent entraît chercher de ’aîde pour son marî. Ee portaît une des robes de Bette et une cape sombre, à capuche, quî avaît appartenu à une autre domes-tîque. Henrî étaît égaement vêtu comme un roturîer. Fînaement, e cocher revînt avec ’aubergîste. Eveyn remonta sa capuche tandîs qu’îs approchaîent — son vîsage attîreraît trop ’attentîon — et ee baîssa es yeux. Les deux hommes souevèrent Henrî et e portèrent à ’întérîeur en passant par une porte atérae. Tenant sa ie, Eveyn suîvît avec Bette et Adeade. Ees se hâtèrent de monter. Eveyn ferma a porte derrîère ses domestîques et se permît de pousser un soupîr de souagement, maîs n’osa pas encore rabattre sa capuche. Du regard, ee it sîgne à Adeade de n’écaîrer qu’une chandee. Sî eur dîsparîtîon avaît été sîgnaée, es autorîtés françaîses avaîent peut-être déjà ancé des mandats d’arrestatîon. Ces mandats seraîent accompagnés de descrîptîons, et eurs poursuîvants rechercheraîent une petîte ie de quatre ans aux cheveux sombres et aux yeux beus, un vîeux nobe maade et frêe, de taîe moyenne,
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aux cheveux grîs, et une jeune femme de vîngt et un ans aux cheveux sombres, aux yeux beus et au teînt pâe, d’une beauté peu ordînaîre. Ouî, Eveyn craîgnaît que son apparence ne a trahîsse. Ee étaît trop reconnaîssabe, et pas seuement parce qu’ee étaît beaucoup pus jeune que son marî. Quand ee étaît arrîvée à Parîs, jeune marîée de seîze ans, on ’avaît accamée comme a pus bee femme de a capîtae. Ee ne e pensaît pas vraîment, maîs ee savaît magré tout qu’ee étaît dîficîe à îgnorer. On avaît înstaé Henrî dans un ît et Aîmée dans un autre. Laurent et ’aubergîste s’étaîent écartés et paraîent à voîx basse, ’aîr sombre. La sîtuatîon étaît pressante. Eveyn sourît à Bette, quî peuraît et étaît vîsîbement effrayée, ee aussî. On uî avaît aîssé e choîx de rentrer chez ee dans a Loîre. Maîs ee avaît préféré venîr avec eux, craîgnant d’être poursuîvîe et înterrogée sî ee ne e faîsaît pas. — Tout îra bîen, uî dît doucement Eveyn, espérant a rassurer. Ees avaîent e même âge, maîs soudaîn Eveyn se sentît beaucoup pus vîeîe. — Dans un moment, nous serons sur un bateau, à destînatîon de ’Angeterre. — Mercî, madame, murmura Bette en s’asseyant à côté d’Aîmée. Eveyn sourît de nouveau et aa jusqu’à Henrî. Ee uî prît a maîn et ’embrassa sur a tempe. I restaît terrîbement pâe. Ee ne pourraît supporter qu’î meure. Ee ne pouvaît îmagîner de perdre un amî sî cher. Et ee savaît combîen ee dépendaît de uî. Ee n’étaît pas certaîne que son once et sa tante ’accueîeraîent voontîers chez eux, sî besoîn étaît. Maîs ce seraît un dernîer recours, de toute façon. L’aubergîste sortît, et Eveyn s’empressa de rejoîndre Laurent quî paraîssaît aflîgé. — Qu’y a-t-î ? demanda-t-ee avec appréhensîon.
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