LA DÉPLORATION D'ARTHUR CLEARY

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Arthur Cleary, mort, revit sa vie, meurt à nouveau et ressuscite après un geste d'amour qui le sauve de la perdition, un geste de liberté et de révolte contre les exploiteurs et la violence générale du monde " nouveau ". Arthur retrouve un monde familier mais incompréhensible. Il s'y raccroche par lassitude, mais aussi par amour pour Kathy. Tous deux trouveront refuge dans cet amour.
Publié le : dimanche 1 octobre 2000
Lecture(s) : 256
EAN13 : 9782296420458
Nombre de pages : 82
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La Déploration d' Arthur Cleary

Collection Théâtre des Cinq Continents dirigée par Maguy Albet et Kazem Shahryari
Dernières parutions
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Dermot BOLGER

La Déploration d'Arthur Cleary
The Lament for Arthur Cleary

Traduit de l'anglais (Irlande) par Émile-Jean DUMA Y

L' Harlllattan

Ouvrage publié avec l'aide de l'IRELAND FUND DE FRANCE

@ L'Harmattan,

2000

5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris France

-

L'Harmattan, Inc. 55, rue Saint-Jacques, Montréal Canada H2Y 1K9 L'Harmattan, Italia s.r.l.

(Qc)

Via Bava 37
10124 Torino

ISBN: 2-7384-9589-3

PRÉFACE

Fragments d'une interview de Dermot Bolger
Commençons par le théâtre, si vous en êtes d'accord. Vous avez écrit en novembre 1995 à propos de La Déploration d'Arthur Cleary et d'Ombre et lumière d'avril que ces pièces constituaient « le développement d'une expérience destinée à découvrir un contexte et un langage de l'univers quotidien pour exprimer sur scène les émotions et les finesses de la poésie ». En partant de cette remarque et en regardant l'ensemble de votre œuvre, sans oublier votre toute dernière pièce Prodige à Ballymun, pouvez-vous tenter une évaluation de votre théâtre pour lui-même et également dans ses rapports avec vos romans?

D. B. Pour tout écrivain il est difficile de se prononcer globalement sur son œuvre, en ce sens qu'il est manifestement impossible de se montrer objectif. Un écrivain a pour souci essentiel, pour obsession même, le texte sur lequel il travaille présentement et l'on assiste à une sorte de « lâchage» des œuvres précédentes, d'hostilité envers elles, pour être à même de créer l'espace mental où l' œuvre en cours d'écriture occupe le devant de la scène. C'est la raison pour laquelle il me serait difficile de porter un jugement honnête, sauf pour dire que mes pièces se font vraiment de plus en plus étranges. Et les premières l'étaient déjà passablement! On n'y trouve ni thèmes ni intrigues conventionnels et je pense que dans une certaine mesure elles reflètent des préoccupations de poète, avec des images qui se construisent souvent sur un mode poétique. Alors, oui, je suis d'accord, on est là devant une tentative pour créer un langage poétique sur scène.

Mes pièces ont un lien avec mes romans en ce sens qu'elles ont des thèmes et des obsessions semblables, mais très vite vous sentez si une histoire va fonctionner dans le cadre étroit et immédiat de la scène ou dans le développement plus lent et plus ample d'un roman. Ces deux formes d'écriture sont porteuses de contraintes énormes aussi bien que de libertés immenses.
Vous paraissez faire grand cas de la vie (seriez-vous optimiste?) aussi bien dans Ombre et lumière d'avril (voir la dernière scène) que, déjà, dans La Déploration d'Arthur Cleary. Est-ce une nouvelle façon de voir le monde, si l'on compare avec la noirceur absolue et le désespoir de La Ville des ténèbres? Dans cette perspective nous aimerions avoir votre sentiment sur la dernière réplique de La Déploration: « Lâchez tout! » S'agit-il d'une allusion à un ballon qui monte dans les airs, ou qui monte au Ciel, ou encore d'autre chose?

D. B. Il est obligatoire que le théâtre parle de la vie. (C'est vrai aussi pour la peinture, et c'est la raison pour laquelle certains courants de la peinture moderne échouent à mes yeux.) Il est obligatoire qu'une pièce ait un ancrage dans la vie. Souvent dans mes romans ou mon théâtre la vie des gens s'est arrêtée ou encore a été engloutie, et la pièce s'échafaude et tend vers ce moment où pour les personnages la vie redémarre. Les mots: «Lâchez tout! » à la fin de La Déploration peuvent suggérer l'ascension d'un ballon mais pour moi ils désignent le moment où Cleary lâche complètement son passé et se met à appartenir à un autre monde, à appartenir à l'oubli. Pendant tout le déroulement de la pièce il s'est montré incapable de lâcher son passé et, par voie de conséquence, incapable de comprendre pleinement le présent.
Pour terminer sur le théâtre, nous aimerions vous entendre dire quelques mots sur votre dernière pièce créée au printemps 1999 sur la scène du Peacock Theatre à Dublin.

D. B. Prodige à Ballymun est sans doute celle de mes pièces qui a été la plus difficile à mettre en scène. Elle a divisé la cri6

tique dublinoise. Nombre de critiques viennent de la même bourgeoisie que celle inventée pour le personnage de Jerome, celle où il a grandi, mais lui est assez objectif pour voir plus loin. Jerome s'est soigneusement réinventé un personnage à partir de son passé, comme l'Irlande vient de le faire en un temps record. Parler d'héroïne il y a dix ans, comme je l'ai fait alors, c'était un choc pour le public dublinois. Mais j'ai l'impression aujourd'hui que cela les aide à se sentir Européens, Européens encore tout neufs. Il est intéressant de voir de près ce qui les rend mal à l'aise et j'ai eu vraiment envie d'examiner par conséquent cette bourgeoisie sortie des tourbières depuis deux générations seulement, et encore d'explorer l'éventualité d'une possible intrusion, dans leurs vies modernes d'agnostiques, de ce Dieu auquel croyaient leurs grands-mères. Il est intéressant de voir que les réactions du public ont été merveilleuses et il en est résulté une soirée théâtrale où les gens ne pouvaient pas trouver d'échappatoires et étaient obligés de prendre parti: ou bien ces événements étaient surnaturels, ou bien ils étaient provoqués par la drogue. Bien entendu les thèmes de la pièce sont bien plus complexes et écrire une œuvre comme celle-là a été quelque chose de terrifiant. Comme l'a écrit l'Irish Times, chaque spectateur sortira du théâtre avec sa propre interprétation et pour moi c'est cela qui conduit à un théâtre vivant et stimulant.

Extraits d'une interview accordée par Dermot Bolger à la revue Études Irlandaises en novembre 1999.

7

PERSONNAGES

ARTHUR, environ 35 ans. Habitant Dublin.
LAJEUNEFILLE. Sa compagne. LE GARDE-FRONTIÈRE, E PORTEUR,L'AMIE sont amenés L à jouer tous

les trois, à différents moments, un certain nombre de personnages divers.

La Déploration d'Arthur Cleary a été créée en France dans la présente version le 19 novembre 1998, à Valence, dans une mise en scène de Christian Giriat, du Théâtre Mobile de Lyon.

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