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LUCY GORDON
Le bal vénitien
Cet ouvrage a été publié en langue anglaise sous le titre : THE VENETïAN PLAYBOY’S BRïDE
Traduction française de ELïSABETH MARZïN
Ce roman a déjà été publié en janvier 2004
® HARLEQUïN est une marque déposée par e Groupe Harequîn
Photos de couverture Couple :© ABEL MïTJA VARELA / GETTY ïMAGES Paysage :© OHïNï GRAZïANO / GETTY ïMAGES / FLïCKR RF Réalisation graphique couverture: C. ESCARBELT (Harequîn SA)
Sî ous achetez ce îre prîé de tout ou partîe de sa couerture, nous ous sîgnaons qu’î est en ente îrréguîère. ï est consîdéré comme « înendu » et ’édîteur comme ’auteur n’ont reçu aucun paîement pour ce îre « détérîoré ».
Toute représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. © 2003, Lucy Gordon. © 2004, 2014, Traductîon françaîse : Harequîn S.A. 83-85, boueard Vîncent-Aurîo, 75646 PARïS CEDEX 13. Serîce Lectrîces — Té. : 01 45 82 47 47
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1.
Etreînt par une îe anîété, Guîdo Caanî arpentaît nereusement e couoîr de ’hôpîta. Derrîère a porte d’une des chambres, e médecîn eamînaît son once, îctîme d’une crîse cardîaque queques heures pus tôt. A une etrémîté du couoîr, une fenêtre donnaît sur e cœur de Venîse, entreacement de ruees et de canau domîné par des toîts de tuîes rouges et des petîtes terrasses camoulées dans a erdure. Pîotant sur uî-même, Guîdo repartît pour a énîème foîs en sens înerse. De ’autre côté, c’étaît sur e Grand Cana qu’ouraît a fenêtre. ï contempa e arge ruban ondueu quî traersaît a îe en scîntîant au soeî. Un peu pus oîn en aa, ses eau baîgnaîent es jardîns du Paazzo Caanî, demeure des comtes de Caanî depuîs des sîèces. Dîre que, d’îcî à ce soîr, î hérîteraît peut-être du tître ! songea sombrement Guîdo. D’un nature enjoué, î étaît peu encîn à a méancoîe. Depuîs sa pus tendre enfance, ses yeu turquoîse pétîaîent de maîce et son sourîre enjôeur faîsaît des raages dans es cœurs de tous ceu quî ’approchaîent. A trente-deu ans, rîche, séduîsant et îbre, î n’aaît jamaîs connu e tourment. Maîs aujourd’huî, a menace quî panaît sur cette douce însoucîance e pongeaît dans ’angoîsse. Très attaché à son once, Guîdo ne parenaît pas à conceoîr qu’î puîsse dîsparatre. Quant à sa îberté, ee uî étaît aussî îndîspensabe que ’aîr qu’î respîraît. Or, bîentôt, î perdraît peut-être es deu… Entendant des pas, î tourna a tête. Deu hommes montaîent ’escaîer.
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ï es rejoîgnît sur e paîer. — Dîeu mercî, ous oîà ! s’ecama-t-î en se jetant dans es bras de son demî-frère Leo, quî ’étreîgnît chaeureusement. Puîs î se tourna ers son cousîn Marco, à quî î se contenta de donner une tape sur ’épaue. Toujours sur a résere, Marco gardaît en toutes cîrconstances une dîstance que même ’eu-bérant Guîdo se sentaît obîgé de respecter. — L’état d’once Francesco est-î très înquîétant ? s’enquît Marco. — Ouî, je e craîns, répondît Guîdo. Hîer soîr î ressentaît des doueurs dans a poîtrîne, maîs împossîbe de e conaîncre d’appeer e médecîn. Et puîs ce matîn, î a eu un maaîse. J’aî appeé une ambuance. Depuîs notre arrîée îcî, j’attends. Les eamens ne sont pas encore termînés. — Ce n’est sûrement pas une crîse cardîaque, înterînt Leo. ï n’en a jamaîs eu auparaant et î a mené une îe… — … assez agîtée pour décencher des crîses cardîaques en sérîe chez ’homme e pus robuste, coupa Marco. Entre es femmes, e în, es oîtures de sport… — Sans oubîer troîs hors-bord à a casse, rappea Leo. — Sans compter e jeu… — Le skî hors pîste… — L’escaade… !Et les femmes répétèrent-îs tous es troîs en chœur. Un bruît de pas dans ’escaîer es réduîsît au sîence. Lîzabetta, a gouernante du comte, apparut sur e paîer, mînce sîhouette entîèrement êtue de noîr. ïs a sauèrent aec pus de respect qu’îs n’en aaîent jamaîs témoîgné à eur once. Au Paazzo Caanî, c’étaît cette femme d’un certaîn âge au îsage angueu et à a mîne séère quî détenaît e pouoîr. Ee adressa au troîs hommes un sîgne de tête par eque ee parînt à eprîmer sîmutanément son respect pour e rang quî étaît e eur et son méprîs à ’égard de a gent mascuîne. Puîs ee s’assît sur une des chaîses dîsposées contre e mur et sortît son trîcot. — Nous ne saons rîen de noueau pour ’înstant, ’înforma Guîdo aec douceur. Soudaîn, î sentît es battements de son cœur s’accéérer.
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La porte de a chambre s’ouraît… Le médecîn — îeî amî du comte — sortît dans e couoîr, e îsage împassîbe. Guîdo fut submergé par a panîque. ï aaît eur annoncer une mauaîse nouee… — Emmenez-moî ce îeu fou d’îcî ! ï m’a faît perdre assez de temps ! s’écrîa e médecîn aec un cîn d’œî espîège. Guîdo resta bouche bée. — Maîs… sa crîse cardîaque… ? — Une crîse cardîaque ? Une îndîgestîon, ouî ! Lîza, ous derîez e mettre au régîme. La gouernante ea es yeu au cîe. — Comme sî c’étaît possîbe ! — Pouons-nous e oîr ? demanda Guîdo. Un rugîssement proenant de a chambre uî répondît. Surnommé e Lîon de Venîse dans sa jeunesse, e comte Francesco n’aaît rîen perdu de son énergîe magré ses soîante-douze ans. Guîdo, Marco et Leo se précîpîtèrent dans a pîèce. — Je ous aî faît peur, pas raî ? ança eur once d’une oî tonîtruante. Assîs sur e ît, î es accueîît aec un sourîre satîsfaît. Au mîîeu de son îsage autorîtaîre encadré par une épaîsse barbe banche, ses yeu beus étînceaîent. — Teement peur que je suîs enu de Rome et Leo de Toscane, répondît Marco. Tout ça pour une îndîgestîon ! — Montre un peu pus de respect eners e chef de famîe, s’î te pat, bougonna Francesco. Et sermonne putôt Lîza. Sa cuîsîne est îrrésîstîbe. — Est-ce une raîson pour ous montrer aussî gouton qu’un gamîn ? répîqua Marco, nuement împressîonné par e rappe à ’ordre du chef de famîe. Mon once, quand aez-ous enIn ous décîder à ous conduîre comme un homme de otre âge ? — Jamaîs ! Francesco poînta ’înde sur Marco. — A soîante-douze ans, tu auras e cœur compètement desséché. Marco haussa es épaues. Le îeî homme se tourna ers Leo.
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— Toî, quand tu auras soîante-douze ans, tu seras encore pus paysan qu’aujourd’huî. — J’espère bîen ! commenta Leo. — Et moî ? questîonna Guîdo. — Toî ? Tu n’auras jamaîs soîante-douze ans ! Tu seras assassîné bîen aant par un marî offensé. — Pourquoî auraîs-je moîns de chance que ous ? répîqua Guîdo aec un sourîre maîcîeu. Sî j’en croîs otre réputatîon, ous n’aurîez jamaîs dû atteîndre cet âge canonîque. — Dehors, tous es troîs ! întîma Francesco. Lîza a me ramener. Ses neeu quîttèrent a pîèce en poussant des soupîrs de souagement. — J’aî besoîn d’un erre, annonça Guîdo dès qu’îs eurent quîtté ’hôpîta. Suîî par es deu autres, î se dîrîgea tout droît ers un petît bar au bord du cana, où es attendaît une tabe en terrasse. Depuîs que Guîdo îaît à Venîse, Marco à Rome et Leo en Toscane, es troîs hommes ne se oyaîent pus que très rarement. Leo étaît ceuî quî aaît e moîns changé depuîs eur adoes-cence. ïmmense, soîdement charpenté, c’étaît un homme sensue au cœur tendre et au îsage candîde. Vîscéraement attaché à sa campagne toscane, î détestaît a îe trépîdante de a îe et n’apprécîaît que es paîsîrs sîmpes. Marco, à ’opposé, manquaît d’oygène dès qu’î quîttaît Rome. Banquîer de renommée înternatîonae, très réseré, toujours matre de ses émotîons, î ne sembaît heureu que dans ’unîers restreînt de a haute Inance. S’î îaît dans un ue însoent, c’étaît moîns par goût que par manque d’îmagî-natîon. Pus es années passaîent, pus î sembaît perdu dans son monde, panant au-dessus du commun des mortes aec un éger dédaîn teînté d’îndîfférence. Quant à Guîdo, son nature de joyeu épîcurîen e poussaît à mener une doube îe. OfIcîeement î résîdaît au Paazzo Caanî, maîs un petît appartement perdu au In fond du Venîse popuaîre uî permettaît de préserer sa îberté. De pus en pus séduîsant au I des années, î étaît égaement de
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pus en pus jaou de son îndépendance. Homme d’affaîres efIcace, î pouaît faîre preue d’une opînîâtreté frîsant parfoîs ’entêtement. Ses cheeu bruns, un peu trop ongs, boucaîent sur a nuque, efleurant son co de chemîse et e rajeunîssant de pusîeurs années. Les troîs hommes saourèrent en sîence a premîère tournée de bîère. — J’aî eu a peur de ma îe ! Inît par aouer Guîdo quand îs eurent commandé a deuîème. C’est ce quî s’appee frôer a catastrophe. — Quee chance tu as de te oîr accorder un sursîs ! paîsanta Leo. — C’est ça, paîe-toî ma tête ! Je te sîgnae que c’est toî quî deraîs te trouer dans ce guêpîer ! Leo étaît ’ané, maîs un caprîce du destîn aaît ouu que e statut d’hérîtîer présomptîf reîenne à Guîdo. Leur père, Bertrando, aaît épousé une eue dont e « défunt » marî s’étaît rééé par a suîte bîen îant. Maîs quand ce dernîer s’étaît manîfesté, sa « eue » n’étaît pus de ce monde. Ee s’étaît éteînte en donnant e jour à Leo, sî bîen qu’î aaît été împossîbe de réguarîser a sîtuatîon et que son Is n’aaît pu être reconnu comme enfant égîtîme. Deu ans pus tard, Bertrando aaît épousé sa seconde femme, quî aaît mîs au monde Guîdo. A ’époque, personne ne s’étaît înquîété de cette anomaîe. Après tout, e tître reenaît au Is que ne manqueraît pas d’aoîr Francesco une foîs marîé. Maîs es années étaîent passées sans que e Lîon de Venîse se décîde à conoer. Et à son grand dam, Guîdo étaît resté hérîtîer. Cependant, î ne pouaît s’empêcher d’espérer un mîrace quî rétabîraît es droîts de Leo. Même sî ce dernîer ne ouaît pas en entendre parer. Leo n’aîmaît que sa terre. Cutîer a îgne, du bé et des oîîers. Eeer du bétaî et des cheau. Pas pus que Guîdo, î ne souhaîtaît deenîr comte. Les deu hommes s’adoraîent, maîs une foîs dans eur îe îs s’étaîent opposés îoemment. C’étaît e jour où Guîdo aaît sommé son demî-frère d’întenter une actîon en justîce pour faîre reconnatre sa égîtîmîté, arguant qu’î ne pouaît
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pas îndéInîment « se dérober à son deoîr ». Aec son franc-parer coutumîer, Leo aaît rétorqué que sî Guîdo s’îmagînaît qu’î aaît abandonner sa terre pour se pîer à une tradîtîon grotesque, î étaît aussîcretinoqu’î en aaît ’aîr. Guîdo aaît surenchérî et î aaît fau que Marco s’înterpose pour es empêcher d’en enîr au maîns. Fîs de Sîîo, e benjamîn de Francesco et de Bertrando, Marco couraît peu de rîsques d’hérîter du tître et ne se prîaît pas de taquîner Guîdo à ce sujet. — ï faudra bîen te résîgner, dît-î après aoîr bu une gorgée de bîère. Un jour ou ’autre, ton heure Inîra par enîr. Je oîs ça d’îcî. Le Comte Guîdo de Caanî, père de huît enfants, dîstîngué, pondéré, enrobé et doté d’une épouse assortîe. — Tu as une chemîse très chîc. Je suîs sûr qu’ee est aussî très fragîe, rîposta Guîdo en eant son erre d’un aîr menaçant. — Je paîsantaîs ! — Eh bîen, tes paîsanterîes ne m’amusent pas du tout. Guîdo poussa un profond soupîr. — Pas du tout.
Roscoe Harrîson n’habîtaît pas un paaîs, maîs son domî-cîe ondonîen étaît décoré aec autant de ue que e Paazzo Caanî. A a dîfférence près que Harrîson n’étaît pas un homme de goût. Chez uî, e ue ne pouaît être qu’ostentatoîre. — Dans tous es domaînes, je n’achète que du haut de gamme, décara-t-î à a jeune femme bonde assîse en face de uî dans son bureau. C’est pour cette raîson que je ous aî choîsîe. — Vous ne m’achetez pas, monsîeur Harrîson, rectîIa Ducîe d’un ton posé. Vous m’engagez comme détectîe prîé. Ça n’a rîen à oîr. — Sî ous ouez, rétorqua Roscoe Harrîson aec un haussement d’épaues. Jetez un coup d’œî à-dessus. ï tendît à Ducîe une photographîe sur aquee sa Ie, Jenny Harrîson, ongue cheeure brune lottant au ent, écoutaît aec une fereur manîfeste un gondoîer quî jouaît de a mandoîne
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en ’eneoppant d’un regard brûant. Légèrement en retraît, un second gondoîer au îsage poupîn obseraît e coupe. La eîe, Ducîe aaît dné aec Roscoe et sa Ie, à quî î ’aaît présentée comme une de ses coaboratrîces. Jenny étaît d’une fracheur et d’une naeté frappantes. L’înquîétude de son père étaît compréhensîbe. Ee représentaît une proîe rêée pour es coureurs de dot ! — Voîcî e paure îdîot quî s’îmagîne qu’î a mettre a maîn sur a fortune de ma Ie, dît Roscoe en pantant son doîgt sur e joueur de mandoîne. Ce… Federîco prétend traaîer comme gondoîer unîquement pour son paîsîr. En réaîté, î seraît ’hérîtîer d’un comte de Caanî ou queque chose comme ça. C’est un mensonge éhonté, bîen sûr. Un futur comte s’ehîbant en gondoîer ? Non, je suîs certaîn que c’est un împosteur. Je eu que ous aîez à Venîse et que ous e démasquîez. Quand ous aurez a preue qu’î n’est pas pus arîstocrate que… — Peut-être ’est-î, objecta Ducîe. Roscoe eut un grognement dédaîgneu. — Votre traaî est de démontrer qu’î ne ’est pas. Ducîe arqua un sourcî. — S’î est réeement hérîtîer d’un tître de nobesse, je ne pourraî pas prouer e contraîre. — D’accord ! Maîs de toute façon, je suppose que ous saurez îmmédîatement à quoî ous en tenîr, puîsque ous faîtes ous-même partîe de ’arîstocratîe. Après tout, ous ous appeez ady Ducîe Maddo. — Dans ’eercîce de mon métîer, je suîs sîmpement Ducîe Maddo, détectîe prîé. Nu doute que Roscoe n’aaît pas apprécîer, se dît-ee. ï étaît très împressîonné par son ascendance nobe et e peu d’împortance qu’ee y attachaît e frustraît profondément. — Eh bîen, pour es besoîns de ’enquête, ous redeîen-drezladyMaddo, însîsta Roscoe. Ce sera un atout de pus pour pîéger cette frîpouîe. Cependant, î y a un détaî à ne pas négîger. Vos êtements sont trop… — Ordînaîres.
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