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Patricia Briggs
La Faille de la nuit
Mercy Thompson – 8
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sophie Barthélémy
Milady
À nos bons amis, qui se reconnaîtront. J’ignore comment nous nous sommes retrouvés entourés de tant de gens avec qui nous nous sentons prêts à traverser des torrents, comme le disait mon père. J’aimerais notamment dédier ce livre à deux personnes qui se sont démenées pour nous cette année alors que nous tentions de concilier des plannings de voyages impossibles et des chevaux qui attendent que je sois partie pour faire des bêtises. Dick Root, vétérinaire, a tenu la main de ma fille quand Tilly a eu son poulain alors que Mike et moi étions en tournée de dédicaces. Il n’existe pas beaucoup de gens qui supporteraient de recevoir une dizaine d’appels téléphoniques à 4 heures du matin sans perdre leur calme. Merci, Dick. J’espère qu’Ally (alias Alivia) et toi parcourrez ensemble de nombreux kilomètres. Deken Schœnberg fait également partie de ceux qui volent à mon secours, que ce soit pour parer des chevaux par un temps exécrable, me donner un coup de main quand je suis dépassée par les événements ou, pour prendre un exemple pas tout à fait choisi au hasard, intervenir auprès d’un poulain qui a eu la bonne idée de se blesser alors que je suis coincée dans un autre pays à huit cents kilomètres de là. Magic est désolé de t’avoir donné un coup de pied, d’autant plus que tu avais parcouru pas loin de quatre-vingts kilomètres pour lui venir en aide. Il m’a promis qu’il se comporterait mieux avec nos amis à l’avenir. La prochaine fois que nous partons de la maison, je ne le dis pas aux chevaux.
Chapitre premier
Le téléphone sonna alors que j’avais les bras plongés jusqu’aux coudes dans de l’eau de vaisselle mousseuse. — J’y vais, annonça ma belle-fille Jesse tout en laissant tomber deux verres et une fourchette dans mon évier. Manger ensemble soudait la meute, pensai-je en raclant une assiette sur laquelle était accroché un reste d’œuf récalcitrant. Tous les membres ne participaient pas aux petits déjeuners du dimanche. Certains passaient ce moment en famille, comme les gens normaux, ou travaillaient. Rendre la présence de chacun obligatoire aurait dénaturé l’esprit de ce repas. C’était Darryl, le premier lieutenant d’Adam, qui s’attelait aux fourneaux, d’habitude. Il cuisinait très bien, et ses plats attiraient tous ceux qui avaient la possibilité de venir. Le lave-vaisselle tournait à plein. J’aurais bien laissé le reste des ustensiles sales en plan le temps que le cycle soit terminé, mais Auriele, la compagne de Darryl, n’avait pas voulu en entendre parler. Je n’avais pas protesté, parce que j’étais l’une des trois personnes placées au-dessus d’elle dans la hiérarchie de la meute, de sorte qu’elle aurait dû céder à ma volonté. J’aurais eu l’impression de tricher, et je ne triche jamais. Sauf contre tes ennemis, chuchota dans ma tête une voix qui aurait pu être la mienne mais ressemblait plutôt à celle de Coyote. La seconde raison expliquant ma complaisance était plus intéressée. Je m’entendais bien avec Auriele ; c’était la seule des trois louves que comptait la meute à me traiter de manière amicale. Cela dit, Auriele non plus n’avait pas particulièrement sauté de joie quand j’étais devenue la compagne de l’Alpha, un coyote parmi les loups. Elle estimait que ce n’était pas bon pour le moral de la meute. Elle pensait aussi, et à raison, que j’allais leur causer des ennuis. Elle m’appréciait malgré elle. J’avais beau être habituée à la compagnie des hommes, je trouvais agréable d’avoir une autre femme à qui parler en plus de Jesse, ma belle-fille adolescente. C’était donc pour faire plaisir à Auriele que je frottais des assiettes dont le lave-vaisselle aurait très bien pu se charger, indifférente à la brûlure provoquée par l’eau chaude savonneuse sur mes plaies. Eh oui, les articulations écorchées sont le lot de tout mécanicien. Auriele essuyait la vaisselle, et Jesse s’était portée volontaire pour nettoyer la cuisine. Trois femmes réunies autour des tâches domestiques… Ma mère aurait été ravie, si elle avait pu nous voir. Cette pensée confirma ma résolution : la semaine suivante, les hommes s’occuperaient du ménage. Cela leur ferait du bien d’élargir l’éventail de leurs compétences. — J’ai un élève…, commença Auriele sans tenir compte de la sonnerie du téléphone en hissant une pile d’assiettes jusqu’au placard avec un grognement. Le problème ne venait pas du poids de son chargement. En tant que louve-garou, Auriele aurait été capable de soulever une enclume de deux cents kilos. En revanche, compte tenu de sa petite taille, elle devait se tenir sur la pointe des pieds. Jesse dut la contourner pour aller décrocher le téléphone. — Tous les professeurs aiment Clark, poursuivit-elle. Comme toutes les filles et la plupart des garçons. Mais chacun des mots qui sort de sa bouche est un mensonge. Il m’a dit : « Enrique a copié sur moi », quand je lui ai demandé pourquoi ils avaient tous les deux commis les mêmes erreurs. Enrique, lui, a juste pris un air résigné. Je suppose que Clark lui avait déjà fait le coup avant. — Résidence Hauptman, lança Jesse d’un ton enjoué. En quoi puis-je vous aider ?
— Est-ce qu’Adam est là ? — Alors, je lui ai dit… Auriele s’interrompit brusquement, son ouïe sensible attirée par la voix familière au téléphone. — J’ai besoin d’Adam. Les paroles de l’ex-femme de mon mari étaient brouillées par les larmes. Christy Hauptman semblait désespérée et à moitié hystérique. — Maman ? lâcha Jesse d’un ton incertain. Maman, qu’est-ce qui ne va pas ? — Passe-moi Adam. — Maman ? Jesse me lança un regard paniqué. — Adam ! Christy au téléphone pour toi, appelai-je. Il se trouvait au salon en compagnie de Darryl et des quelques membres de la meute qui s’étaient attardés après le petit déjeuner, si bien que je n’eus pas à beaucoup hausser la voix. Ce n’était pas la première fois que Christy appelait parce qu’elle avait besoin de quelque chose. Cette femme me donnait des maux de ventre. Non parce que je craignais ce qu’elle était susceptible de nous faire, à Adam ou à moi. Mais Jesse, qui aimait sa mère et s’efforçait de continuer à l’aimer, souffrait chaque fois que celle-ci téléphonait. Je ne pouvais rien faire pour empêcher cela. — Il arrive, maman, annonça Jesse. — S’il te plaît, dis-lui de se dépêcher, implora Christy. Le désespoir, l’hystérie, les larmes… Voilà qui n’était pas habituel. Et elle semblait également effrayée. Je ne l’avais jamais connue dans cet état. Adam apparut, et je déduisis de son visage fermé qu’il avait entendu au moins une partie des propos de Christy. Il prit le combiné des mains de Jesse, entourant celle-ci de son autre bras. Ce contact réconfortant lui fit monter les larmes aux yeux. Elle me décocha un regard éperdu avant de sortir en trombe et de gravir l’escalier, sans doute pour gagner sa chambre, où elle pourrait se ressaisir. — De quoi as-tu besoin ? demanda Adam, son attention toujours concentrée sur sa fille. — Est-ce que je peux rentrer à la maison ? Auriele me jeta un coup d’œil, mais j’avais déjà revêtu mon expression impassible. Il lui serait impossible de déchiffrer mes sentiments. — Ce n’est plus ta maison, répliqua Adam. — Adam…, geignit Christy. Oh, Adam… (Elle émit un faible sanglot désespéré.) J’ai des ennuis. Je dois rentrer à la maison. J’ai été si stupide… Il ne me laissera jamais tranquille. Il m’a blessée, il a tué l’un de mes amis, et il me suit partout. Est-ce que je peux rentrer, s’il te plaît ? Cessant de prétendre qu’elle n’écoutait pas chaque mot, Auriele tourna brusquement la tête vers le téléphone. Je ne m’attendais pas du tout à une telle réaction de sa part. — Appelle la police, répondit Adam. Elle est là pour ça. — Il me tuera, chuchota-t-elle. Adam, il me tuera. Je n’ai nulle part où aller. S’il te plaît. Les loups-garous sont capables de détecter le mensonge, tout comme d’autres bestioles surnaturelles, dont je fais partie. C’est beaucoup plus difficile par l’intermédiaire d’un téléphone, car nombre d’indices ont trait au rythme cardiaque et aux odeurs. J’entendais néanmoins la vérité dans la voix de Christy. Adam tourna le regard vers moi. — Dis-lui de venir, déclarai-je.
Que pouvais-je dire d’autre ? S’il lui arrivait quoi que ce soit alors que nous aurions pu l’aider… Je n’étais pas sûre de me le pardonner. Je savais qu’Adam, lui, ne se le pardonnerait jamais. Auriele m’observait toujours. Elle fronça les sourcils, puis se détourna et recommença à essuyer la vaisselle. — Adam, s’il te plaît ? supplia Christy. Il me regarda en plissant les yeux, sans rien dire. — Adam, l’interpella Mary Jo depuis le seuil. Mary Jo est pompier. C’est une femme forte et intelligente. — La meute le lui doit au nom des années où elle a été tienne, plaida-t-elle. Laisse-la venir. Nous la protégerons. Lorsqu’il se tourna vers elle, elle baissa les yeux. — C’est bon, dis-je à Adam, tâchant de ne pas faire de cette affirmation un mensonge. Vraiment. Quand je suis stressée, je cuisine. Si je devais préparer assez de cookies pour nourrir tout Richland durant le séjour de Christy, je le ferais, pour Adam. Si elle tentait quoi que ce soit, elle le regretterait. Adam m’appartenait. Elle les avait abandonnés, lui et Jesse, et je les avais trouvés. Qui va à la chasse perd sa place. Peut-être qu’elle ne voulait pas les récupérer, qu’elle avait juste besoin de sécurité. Mon instinct n’en était pas convaincu, mais la jalousie n’est pas une émotion logique. Pourtant, je n’avais aucune raison d’être jalouse de Christy. — D’accord, céda Adam. D’accord, tu peux venir. Puis, avec douceur, il demanda : — Il te faut de l’argent, pour le billet d’avion ? Je me remis à la vaisselle et essayai de ne pas écouter le reste de la conversation. De ne pas entendre l’inquiétude dans la voix d’Adam, la tendresse et la satisfaction qu’il éprouvait à l’idée de veiller sur Christy. Les bons Alphas prennent soin des gens qui les entourent, c’est en partie ce qui fait d’eux des Alphas. J’aurais eu plus de facilités à faire la sourde oreille si tous les loups de la maison n’avaient pas rappliqué dans la cuisine. Ils écoutèrent les ultimes détails concernant le voyage de Christy en me jetant des regards furtifs, croyant que je ne le remarquerais pas. Auriele s’empara de la dernière tasse. Je retirai le bouchon de l’évier et secouai les mains pour les égoutter avant de les essuyer sur mon jean. Mes mains ne représentent pas mon principal atout. Elles étaient toutes fripées à cause de l’eau chaude, mes articulations rouges et enflées. Même la vaisselle n’avait pas suffi à enlever tout le cambouis incrusté dans ma peau et sous mes ongles. Christy avait toujours des mains impeccables, avec des ongles parfaitement manucurés. Après avoir raccroché, Adam contacta l’agence à laquelle il faisait appel pour organiser ses fréquents voyages d’affaires, qu’il s’agisse d’affaires classiques ou d’affaires de loup-garou. — Nous pouvons l’héberger, Honey et moi, déclara Mary Jo à mon intention d’une voix neutre. Mary Jo et Honey étaient les deux autres louves de la meute. La première avait emménagé chez la seconde quand le compagnon de celle-ci avait été tué quelques mois auparavant. Aucune des deux ne me portait vraiment dans son cœur. Avant que Mary Jo propose son hospitalité, j’avais plus ou moins envisagé de confier Christy à l’un des membres de la meute, car je n’y avais pas vraiment réfléchi. Je savais que remettre Christy entre les mains de Mary Jo et Honey constituerait une erreur. Adam et moi nous efforcions de renforcer la cohésion de la meute, en vertu de quoi
je faisais en sorte d’éviter de m’attirer l’antipathie de Mary Jo et Honey. Pour le moment, je réussissais plutôt bien à maintenir nos interactions à une neutralité polie. Si Christy s’installait chez elles, elle attiserait leur animosité envers moi et la transformerait en un ouragan qui emporterait la meute dans une tempête de drames. Une fois que j’eus identifié le potentiel de clivage de Christy, je me rendis compte que cela ne représentait pas seulement un problème pour ma relation personnelle avec la meute, mais aussi pour celle d’Adam. Mettre son ex-femme sous le même toit que Mary Jo et Honey serait stupide : cela forcerait Mary Jo à prendre le parti de Christy chaque fois qu’une tension apparaîtrait entre Christy et Adam ou Christy et la meute. C’était valable quelle que soit la personne chez qui Christy serait hébergée. Elle devrait donc rester avec Adam et moi. — Christy doit venir ici, là où elle se sentira en sécurité, décréta Auriele sans me laisser le temps de répondre à Mary Jo. — Hum, grommelai-je, encore sous le choc. Christy allait non seulement séjourner dans les Tri-Cities, mais dans ma propre maison. Cette perspective me sapait le moral. — Tu ne veux pas d’elle ? me demanda Auriele. Pour la première fois, je me rendis compte que, tout comme Mary Jo, elle avait apprécié Christy davantage qu’elle ne m’appréciait, moi. Elle reprit : — Elle a peur et elle est toute seule. Ne sois pas mesquine, Mercy. — Tu aimerais que l’ex de Darryl vienne chez toi ? lança Jesse avec ferveur. Je ne m’étais pas aperçue qu’elle était redescendue. Elle avait levé le menton pour m’apporter son soutien. Je ne voulais pas qu’elle fasse ça. Christy était sa mère. Jesse ne devait pas avoir à choisir entre nous deux. — Si elle avait besoin d’aide, oui, affirma Auriele d’un ton sec. (Facile pour elle de paraître aussi catégorique : Darryl, d’après ce que j’en savais, n’avait pas d’ex-femme.) Si tu ne veux pas de Christy, Mercy, elle est la bienvenue chez moi. L’offre d’Auriele fut suivie de plusieurs autres, accompagnées de regards hostiles dans ma direction. Christy avait été appréciée de la majeure partie de la meute. C’était tout à fait le genre de petite femme d’intérieur sans défense qui plaisait à une bande de loups-garous dopés à la testostérone. — Christy restera ici, affirmai-je. Comme Mary Jo et Auriele débattaient rageusement de l’endroit où Christy serait la plus heureuse et que les hommes les écoutaient, personne ne m’avait entendue. — J’ai dit (je m’interposai entre les deux femmes, faisant appel au pouvoir d’Adam pour donner du poids à mes paroles) : Christy restera ici, avec Adam et moi. Toutes deux baissèrent les yeux et reculèrent. L’animosité que je lus sur le visage d’Auriele m’indiqua cependant que seule l’autorité de l’Alpha dans ma voix l’avait forcée à se taire. Mary Jo paraissait satisfaite. J’étais presque sûre qu’elle pensait que Christy, en habitant chez nous, aurait une chance de reconquérir Adam. Ce dernier était encore au téléphone. Le fait que j’aie utilisé son ascendant l’incita à regarder ce qui se passait dans la cuisine. Il ne ralentit pas pour autant le débit de ses instructions. — Ce n’est pas une bonne idée de l’accueillir ici, intervint Jesse, presque affolée. Elle serait très bien chez Honey et Mary Jo. — Christy restera ici, répétai-je, m’abstenant cette fois d’emprunter la magie d’Adam pour faire valoir mon point de vue. — Mercy, j’aime ma mère, plaida Jesse, dont les lèvres se tordirent en un sourire triste. Mais elle est égoïste, et elle t’en veut d’avoir pris sa place. Elle fera des histoires. — Jesse Hauptman, intervint Auriele d’un ton tranchant. C’est de ta mère que tu parles. Montre un peu de respect.
— Auriele, grondai-je. Une lutte de dominance entre nous était aussi souhaitable qu’une bombe nucléaire. Cela dit, je ne pouvais pas la laisser donner des ordres à Jesse. — Lâche-la, lui recommandai-je. Découvrant les dents dans un sourire venimeux, Auriele posa sur moi un regard brûlant, des éclats dorés dansant dans le cappuccino profond de ses iris. — Laisse Jesse tranquille, insistai-je. Tu outrepasses ton autorité. Jesse ne fait pas partie de la meute. Les lèvres d’Auriele blêmirent, mais elle céda. J’avais raison, et elle le savait. — Ta mère se sentira plus en sécurité dans cette maison, assurai-je à Jesse sans détourner les yeux d’Auriele. Et Auriele n’a pas tort : nous serons mieux à même de protéger Christy ici. Jesse me lança un regard désespéré. — Ce n’est pas parce qu’elle ne veut pas de papa qu’elle est d’accord pour le laisser à une autre qu’elle. Elle essaiera de s’immiscer entre vous. Comme le supplice de la goutte d’eau. « Ploc. Ploc. Ploc. » Tu devrais entendre ce qu’elle dit sur toi. Non. Non, surtout pas. Je ne devais pas l’entendre, et Jesse non plus, même si je ne pouvais rien faire contre cela. — Tout ira bien, affirmai-je. Nous sommes tous des adultes. Nous arriverons bien à nous supporter. Combien de temps fallait-il à un loup-garou pour traquer un importun et le faire fuir ? Par définition, un type qui harcelait une femme devait être facile à retrouver, non ? — Mercy la « bonne Samaritaine », marmonna Mary Jo. Ne devrions-nous pas tous être reconnaissants de sa générosité ? (Elle jeta un regard circulaire alentour et rougit en constatant que tout le monde avait les yeux rivés sur elle.) Quoi ? C’est vrai. Sans lâcher le téléphone, Adam se tourna vers Mary Jo et, d’un regard, la réduisit au silence, de même que toutes les autres personnes présentes dans la cuisine. Sa conversation avec l’agent de voyages terminée, il raccrocha. — Ça suffit, intima-t-il à voix basse, ce qui fit tressaillir Mary Jo. Il parle doucement quand il est vraiment en rogne. En général, juste après, des gens meurent. — Vous n’avez pas votre mot à dire, poursuivit-il. Il est temps que vous partiez. Christy ne fait pas partie de la meute et n’en a jamais fait partie. Elle n’a jamais été ma compagne, seulement ma femme. Ce qui signifie que ses problèmes ne regardent pas la meute et donc ne vous regardent pas. — Christy est mon amie ! protesta Auriele avec verve. Elle a besoin d’aide. Par conséquent, ça me regarde. — Vraiment ? lâcha Adam, visiblement à bout de patience. Si ça te regarde tant que ça, pourquoi Christy m’a-t-elle appelé moi, et pas toi ? Elle allait répliquer, quand Darryl lui posa une main sur l’épaule pour la conduire hors de la pièce. — Mieux vaut ne pas s’en mêler, l’entendis-je dire avant qu’ils sortent de la maison. Les autres loups, y compris Mary Jo, s’éclipsèrent sans attendre une nouvelle intervention d’Adam. Je restai avec lui et Jesse dans la cuisine jusqu’à ce que le bruit des voitures faiblisse et laisse place au silence. Tous les bénéfices apportés par ce petit déjeuner dominical en termes de cohésion s’étaient envolés en même temps que la dernière gaufre. — Jesse, ta mère est la bienvenue, affirmai-je. — Tu sais comment elle est ! répliqua-t-elle avec passion. Elle gâchera tout. Elle arrive à faire faire aux gens, à papa, des choses qu’ils n’ont aucune intention de faire.
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