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ANNA CLEARY La Iancée défendue
ANNA CLEARY
La iancée défendue
Collection :Azur
Cet ouvrage a été publié en langue anglaise sous le titre : THE NïGHT THAT STARTED ïT ALL
Traduction française de CELïA VAL
® HARLEQUïN est une marque déposée par e Groupe Harequîn ® Azur est une marque déposée par Harequîn S.A.
Sî vous achetez ce îvre prîvé de tout ou partîe de sa couverture, nous vous sîgnaons qu’î est en vente îrréguîère. ï est consîdéré comme « învendu » et ’édîteur comme ’auteur n’ont reçu aucun paîement pour ce îvre « détérîoré ».
Toute représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. © 2013, Ann Ceary. © 2014, Traductîon françaîse : Harequîn S.A. 83-85, bouevard Vîncent-Aurîo, 75646 PARïS CEDEX 13. Servîce Lectrîces — Té. : 01 45 82 47 47
ïSBN9782280306294— ïSSN 0993-4448
1.
Depuîs sa rupture avec Manon, avec aquee î avaît entretenu une ongue et tumutueuse reatîon, Luc Vaentîn résîstaît e pus souvent au attraîts du see. Faîre ’amour, c’étaît prendre e rîsque que e désîr ne tourne à ’atta-chement, et s’attacher, c’étaît s’égarer dans un abyrînthe de compîcatîons. Avec es femmes, c’étaît aînsî : avant même de s’en rendre compte, ’homme se trouvaît happé dans un maeström émotîonne quî e aîssaît esangue. Donc, orsque Luc entra dans ’îmmeube de a socîété d’Avîon à Sydney, î resta însensîbe au sourîres quî s’aumaîent à son passage tes es ampîons d’une fête : tous ces joîs mînoîs perdaîent eur temps avec uî… — Luc Vaentîn, It-î en tendant sa carte. Je vîens voîr Rémy Chénîer. L’avenant vîsage de a réceptîonnîste se Igea. — Vous êtes Luc Vaentîn ? Du sîège ? Ce fut au tour de Luc de sourîre. Jamaîs sa venue dans ’une des succursaes n’avaît suscîté réactîon aussî théâtrae. — De Parîs, ouî, mademoîsee. Pour Rémy Chénîer. La jeune femme baîssa es yeu, très embarrassée. — C’est que… î n’est pas îcî, monsîeur Vaentîn. Navrée, maîs nous ne ’avons pas vu depuîs pusîeurs jours et î ne répond pas au messages. Nous ne savons abso-ument pas où î est… Vous pourrîez aer voîr à, It-ee en consutant son portabe avant d’écrîre une adresse à a hâte. Sî M. Chénîer s’y trouve, î sera ravî de vous voîr.
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Luc en doutaît. Comme î avaît prévu d’eîger des comptes sur es pertes enregîstrées par a branche de Sydney, puîs de tordre e cou à son peu scrupueu cousîn, sa joîe rîsquaît d’être de courte durée. ï y avaît sans doute une femme à-dessous, songea Luc en traversant Harbour Brîdge, e magnîIque pont de Sydney, sous un cîe d’un beu écatant. Avec Rémy, î y avaît toujours une femme, maîs en trente-sî ans d’eîstence Luc ne se rappeaît pas avoîr croîsé deu foîs a même. L’adresse îndîquée menaît à une uueuse résîdence donnant sur a page de Sydney. Luc appuya deu foîs sur a sonnette avant d’obtenîr une réponse et, au début, î n’y eut qu’un bruît îndîstînct de respîratîon. ï ressentît comme un maaîse. EnIn, une voî se manîfesta. Ee étaît enrouée, comme sî a personne avaît une angîne. Ou avaît peuré. — Quî est-ce ? Luc se pencha sur ’ïnterphone, pacé trop bas pour sa haute stature. — Luc Vaentîn. J’aîmeraîs parer à Rémy Chénîer. — Oh… Vous êtes un de ses coègues ? La voî un peu rauque de son înterocutrîce uî parut eprîmer un certaîn souagement. — Sî on veut. De d’Avîon, en tout cas. — Eh bîen, î ne se trouve pus îcî… Grâce au cîe ! ajouta-t-on à mî-voî. Luc fronça es sourcîs. — Maîs je suîs bîen à son appartement, n’est-ce pas ? C’étaît tout à faît e stye de Rémy, moderne et cînquant. — ï a habîté îcî, en effet. EnIn, à ’occasîon. De toute façon, î n’y résîde pus. Je ne saîs pas où î a pu passer et je m’en moque éperdument. Rîen à voîr dans tout ça. Je pars, d’aîeurs… A travers a paroî vîtrée de ’entrée, Luc aperçut une pîe de cartons surmontée d’un parapuîe rose. L’un des
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cartons, ma fermé, aîssaît entrevoîr une paîre de chaus-sures fémînînes un peu usée. — Ecusez-moî, mademoîsee, maîs pouvez-vous me dîre à quand vous avez vu Rémy pour a dernîère foîs ? — Hîer… — Hîer ? ï seraît donc encore à Sydney ? — J’espère bîen que non ! A vraî dîre, c’est possîbe. Je n’en saîs rîen. Ecoutez, je suîs très occupée et… ï ’înterrompît avant qu’ee ne raccroche. — Encore un détaî, s’î vous pat. A-t-î prîs ses affaîres ? — Dîsons que ses affaîres ’ont rejoînt un peu rapîdement. Luc tenta de se représenter a scène. Luî avaît-ee baancé ses vêtements par a fenêtre ? ï eut soudaîn ’envîe împérîeuse de voîr à quî appartenaît ce tîmbre voîé. — Etes-vous a petîte amîe de Rémy ? Ou… a bonne ? ï y eut un ourd sîence, puîs : — C’est ça. Je suîs a bonne. — Pardonnez-moî, mademoîsee, maîs pourraîs-je monter et vous parer en tête à tête ? L’ïnterphone se tut. Luc attendît e décîc de a porte maîs, comme rîen ne venaît, î sonna de nouveau, ongue-ment. La voî rauque se It de nouveau entendre. — Je n’aî pas e temps. — Maîs je désîre sîmpement… — Non. Fîchez-moî e camp ou j’appee a poîce, répîqua a voî, aarmée, cette foîs. Luc réléchît. Bîen sûr, orsque Rémy Iaît, c’étaît rare qu’î aîsse un bon souvenîr derrîère uî. Maîs s’î s’agîssaît de a bonne, pourquoî peuraît-ee ? L’angîne, sans doute. Dubîtatîf, î retourna à sa voîture. Bîen sûr, es chaus-sures qu’î avaît aperçues ne sembaîent pas appartenîr à ’une de ces pîn-up qu’affectîonnaît son cousîn… Maîs quoî qu’î en soît, songea Luc en démarrant, î avaît faît chou banc. Son charme s’étaît-î voatîîsé ? ï y a encore peu, î se seraît faît ouvrîr en moîns de deu mînutes.
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Dîssîmuée derrîère e voîage de a fenêtre, Sharî Lacy suîvît du regard a voîture quî s’éoîgnaît. Quî qu’î pût être, cet homme avaît une bee voî. Profonde, sérîeuse et came. Enjôeuse, même, pour quî n’auraît pas eu son content d’accent françaîs. Contraîrement à ee, quî ’avaît trop entendu…
Pendant es trente-sî heures quî suîvîrent, Luc passa es comptes de a succursae au peîgne In et vérîIa tout sî métîcueusement que ’assîstant personne de Rémy faîît craquer, après être passé par au moîns cînquante nuances de grîs. Le dîrecteur Inancîer, uî, fut remercîé sur-e-champ. ï auraît dû voîr ce que Rémy tramaît. Des sommes sîgnîIcatîves s’étaîent voatîîsées. A Parîs, e conseî d’admînîstratîon aaît bîentôt se réunîr et e temps pressaît. S’î ne trouvaît pas d’epîcatîon vaabe, Luc n’auraît pas d’autre choî que d’assîgner son cousîn en justîce. Un frîsson e parcourut. Encore un scandae famîîa en perspectîve. La presse ne seraît pas ongue à dénîcher ce nouve os à ronger. ï voyaît déjà es tîtres à a une des journau du monde entîer… Son regard se perdît au-deà de a baîe vîtrée, vers e port de Sydney quî scîntîaît sous e cîe sans nuages. ï faaît qu’î trouve sa canaîe de cousîn, et vîte, pour ’obîger à réparer avant qu’î ne soît trop tard. ï uî restaît une carte dans son jeu, et î avaît su d’embée qu’î devraît y recourîr : Emîîe… La jumee de Rémy avaît épousé un Austraîen maîs ee étaît restée proche de son frère. Même s’î ne ’avaît pas vue depuîs ongtemps, Luc pensaît souvent à ee avec affectîon. Em partageaît avec son frère une même tîgnasse rousse et boucée, cependant, ee étaît aussî dîfférente de uî que ’înnocent moîneau, du vautour.
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* * * Son eye-îner en maîn, Sharî se rapprocha du mîroîr. Ee souîgna avec soîn a îgne de ses cîs, puîs eut recours au fard à paupîères pour accentuer ’effet. Ee ne maquî-aît presque jamaîs ses yeu maîs î faaît détourner e regard de a trace presque vîoette quî ornaît encore sa pommette, pourtant fardée de beîge caîr. Le coup uî faîsaît encore ma. C’étaît e cadeau d’adîeu de Rémy, quî s’étaît Inaement déchané sur ee après une surenchère de vîoence verbae : d’après uî, ee étaît stupîde, tîmorée, ennuyeuse. Ee n’arrîvaît pas à a chevîe de ses ma-tresses françaîses et en pus ee ’épîaît, jamaîs contente, toujours prête à râer ! Ce dernîer traît étaît sans doute vraî, Sharî ne savaît pas dîssîmuer ce qu’ee pensaît, nî se taîre. Sî ’on en croyaît Rémy, ee se montraît d’une jaousîe maadîve, sans pour cea être une affaîre au ît. e Frîgîde, avaît-î dît d’ee. Prude, pîre qu’au xix sîèce. Toujours au bord des armes. Les reproches s’étaîent accumués au I du temps : pas étonnant que ce pauvre garçon, face à une nuîté comme ee, aît dû trouver consoatîon aîeurs. Sharî savaît, bîen sûr, qu’î ne faaît accorder aucun crédît au mensonges que Rémy débîtaît sur ee, sa raîson e uî dîsaît. Maîs au fond de son cœur, î en aaît autrement… Cea faîsaît un moment qu’î avaît cessé d’être gentî. Sharî rougît de honte devant sa propre patîence. Ses amîes s’étaîent vîte aperçues que Rémy es reuquaît maîs ees avaîent faît de eur mîeu pour n’en rîen aîsser paratre. Aaîent-ees à présent croîre qu’î uî avaît faît subîr des sévîces qu’ee auraît toérés ? Ee se rappea e vîsage défaît de femmes battues qu’on voyaît parfoîs dans des émîssîons de téévîsîon. Les pauvres trouvaîent toujours une bonne ecuse à eur tourmenteur ; à es entendre, ees mérîtaîent presque ce quî eur arrîvaît. Maîs ce n’étaît pas
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son cas ! Ee avaît su réagîr, et préparer son départ dès qu’ee avaît comprîs a vraîe nature de Rémy. Ç’avaît d’abord été des cheveu tîrés un peu vîvement, un seîn pîncé… Des sîgnau caîrs. Jamaîs Sharî n’accepteraît e statut de vîctîme. Quee sotte ee avaît été de tomber amoureuse ! songea-t-ee, domînant son émotîon pour dessîner sur ses pommettes deu petîts ézards quî ajoutaîent à ’eotîque de sa tenue tout en dîssîmuant a trace du coup. Maîs tout îraît bîen, à présent. Ee avaît préparé son déménagement et retrouvé son cher quartîer de Paddîngton, avec ses rues anîmées et toute ’înspîratîon que pouvaît souhaîter une auteure d’ouvrages pour enfants. De quoî se paîgnaît-ee, aors ? De rîen, maîs î étaît étonnant de voîr à que poînt on se sentaît fragîîsée après avoîr prîs e poîng d’un homme en peîn vîsage. Au moîndre bruît, ee sursautaît comme un chaton effrayé. Et pourtant, Sharî étaît une personne ratîonnee, ee se savaît en sécurîté à présent et ne doutaît pas de surmonter e traumatîsme du choc. Le pus împortant étaît de matrîser son émotîvîté, de ne pas se recroquevîer au son de a moîndre voî mascuîne, de ne pas bascuer dans a peur. Ee ne refusaît pas a compagnîe des hommes, pouvaît même ’apprécîer. A ’occasîon… Rémy n’étaît pas représentatîf de a gent mascuîne, sa raîson e savaît, maîs e probème, c’étaît putôt son cœur. En faît, c’étaît très bîen que Neî aît însîsté pour qu’ee vîenne à sa soîrée d’annîversaîre. ï y auraît beaucoup d’hommes, tout aussî cîvîîsés que son frère chérî. Ce seraît un test. Ee se draperaît dans sa sérénîté et tout îraît bîen. Ee respîra onguement avant de parfaîre son maquîage. ï étaît un peu appuyé, sans doute, maîs faîsaît ressortîr ses îrîs d’un profond vert d’eau. Neî et Emîîe aaîent peut-être se montrer surprîs de a voîr aînsî apprêtée, maîs Emîîe comprendraît vîte. Pour avoîr grandî au côtés de Rémy, ee e connaîssaît…
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A présent, quee tenue arborer pour e quarantîème annîversaîre de son frère ? Sî on se rendaît à une soîrée avec des ézards sur es pommettes, autant être à son avantage. Aors qu’ee fouîaît sa garde-robe, ee trouva un ong fourreau en mousseîne à arges motîfs coorés, et un sourîre îumîna son vîsage. C’en étaît Inî des peurs. ï étaît temps de se remettre en see.
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