La fiancée défendue

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Lorsqu’il apprend que la femme avec laquelle il vient de vivre l’expérience la plus passionnée de son existence est fiancée à son cousin, Luc sent la brûlure de la trahison le transpercer. Bien sûr, il aimerait croire Shari lorsqu’elle lui jure que cette histoire est terminée depuis longtemps. Mais comment le pourrait-il alors que tous, dans sa famille, semblent ignorer cette rupture ? Pourtant, lorsqu’il découvre, quelque temps plus tard, que la jeune femme est enceinte, Luc comprend que sa vie pourrait bien être bouleversée à tout jamais. Car, dès lors, une question le hante : est-il possible que cet enfant, comme l’affirme Shari, soit le sien ?
Publié le : mercredi 1 janvier 2014
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EAN13 : 9782280316934
Nombre de pages : 160
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ANNA CLEARY La Iancée défendue
ANNA CLEARY
La iancée défendue
Collection :Azur
Cet ouvrage a été publié en langue anglaise sous le titre : THE NïGHT THAT STARTED ïT ALL
Traduction française de CELïA VAL
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Toute représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. © 2013, Ann Ceary. © 2014, Traductîon françaîse : Harequîn S.A. 83-85, bouevard Vîncent-Aurîo, 75646 PARïS CEDEX 13. Servîce Lectrîces — Té. : 01 45 82 47 47
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1.
Depuîs sa rupture avec Manon, avec aquee î avaît entretenu une ongue et tumutueuse reatîon, Luc Vaentîn résîstaît e pus souvent au attraîts du see. Faîre ’amour, c’étaît prendre e rîsque que e désîr ne tourne à ’atta-chement, et s’attacher, c’étaît s’égarer dans un abyrînthe de compîcatîons. Avec es femmes, c’étaît aînsî : avant même de s’en rendre compte, ’homme se trouvaît happé dans un maeström émotîonne quî e aîssaît esangue. Donc, orsque Luc entra dans ’îmmeube de a socîété d’Avîon à Sydney, î resta însensîbe au sourîres quî s’aumaîent à son passage tes es ampîons d’une fête : tous ces joîs mînoîs perdaîent eur temps avec uî… — Luc Vaentîn, It-î en tendant sa carte. Je vîens voîr Rémy Chénîer. L’avenant vîsage de a réceptîonnîste se Igea. — Vous êtes Luc Vaentîn ? Du sîège ? Ce fut au tour de Luc de sourîre. Jamaîs sa venue dans ’une des succursaes n’avaît suscîté réactîon aussî théâtrae. — De Parîs, ouî, mademoîsee. Pour Rémy Chénîer. La jeune femme baîssa es yeu, très embarrassée. — C’est que… î n’est pas îcî, monsîeur Vaentîn. Navrée, maîs nous ne ’avons pas vu depuîs pusîeurs jours et î ne répond pas au messages. Nous ne savons abso-ument pas où î est… Vous pourrîez aer voîr à, It-ee en consutant son portabe avant d’écrîre une adresse à a hâte. Sî M. Chénîer s’y trouve, î sera ravî de vous voîr.
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Luc en doutaît. Comme î avaît prévu d’eîger des comptes sur es pertes enregîstrées par a branche de Sydney, puîs de tordre e cou à son peu scrupueu cousîn, sa joîe rîsquaît d’être de courte durée. ï y avaît sans doute une femme à-dessous, songea Luc en traversant Harbour Brîdge, e magnîIque pont de Sydney, sous un cîe d’un beu écatant. Avec Rémy, î y avaît toujours une femme, maîs en trente-sî ans d’eîstence Luc ne se rappeaît pas avoîr croîsé deu foîs a même. L’adresse îndîquée menaît à une uueuse résîdence donnant sur a page de Sydney. Luc appuya deu foîs sur a sonnette avant d’obtenîr une réponse et, au début, î n’y eut qu’un bruît îndîstînct de respîratîon. ï ressentît comme un maaîse. EnIn, une voî se manîfesta. Ee étaît enrouée, comme sî a personne avaît une angîne. Ou avaît peuré. — Quî est-ce ? Luc se pencha sur ’ïnterphone, pacé trop bas pour sa haute stature. — Luc Vaentîn. J’aîmeraîs parer à Rémy Chénîer. — Oh… Vous êtes un de ses coègues ? La voî un peu rauque de son înterocutrîce uî parut eprîmer un certaîn souagement. — Sî on veut. De d’Avîon, en tout cas. — Eh bîen, î ne se trouve pus îcî… Grâce au cîe ! ajouta-t-on à mî-voî. Luc fronça es sourcîs. — Maîs je suîs bîen à son appartement, n’est-ce pas ? C’étaît tout à faît e stye de Rémy, moderne et cînquant. — ï a habîté îcî, en effet. EnIn, à ’occasîon. De toute façon, î n’y résîde pus. Je ne saîs pas où î a pu passer et je m’en moque éperdument. Rîen à voîr dans tout ça. Je pars, d’aîeurs… A travers a paroî vîtrée de ’entrée, Luc aperçut une pîe de cartons surmontée d’un parapuîe rose. L’un des
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cartons, ma fermé, aîssaît entrevoîr une paîre de chaus-sures fémînînes un peu usée. — Ecusez-moî, mademoîsee, maîs pouvez-vous me dîre à quand vous avez vu Rémy pour a dernîère foîs ? — Hîer… — Hîer ? ï seraît donc encore à Sydney ? — J’espère bîen que non ! A vraî dîre, c’est possîbe. Je n’en saîs rîen. Ecoutez, je suîs très occupée et… ï ’înterrompît avant qu’ee ne raccroche. — Encore un détaî, s’î vous pat. A-t-î prîs ses affaîres ? — Dîsons que ses affaîres ’ont rejoînt un peu rapîdement. Luc tenta de se représenter a scène. Luî avaît-ee baancé ses vêtements par a fenêtre ? ï eut soudaîn ’envîe împérîeuse de voîr à quî appartenaît ce tîmbre voîé. — Etes-vous a petîte amîe de Rémy ? Ou… a bonne ? ï y eut un ourd sîence, puîs : — C’est ça. Je suîs a bonne. — Pardonnez-moî, mademoîsee, maîs pourraîs-je monter et vous parer en tête à tête ? L’ïnterphone se tut. Luc attendît e décîc de a porte maîs, comme rîen ne venaît, î sonna de nouveau, ongue-ment. La voî rauque se It de nouveau entendre. — Je n’aî pas e temps. — Maîs je désîre sîmpement… — Non. Fîchez-moî e camp ou j’appee a poîce, répîqua a voî, aarmée, cette foîs. Luc réléchît. Bîen sûr, orsque Rémy Iaît, c’étaît rare qu’î aîsse un bon souvenîr derrîère uî. Maîs s’î s’agîssaît de a bonne, pourquoî peuraît-ee ? L’angîne, sans doute. Dubîtatîf, î retourna à sa voîture. Bîen sûr, es chaus-sures qu’î avaît aperçues ne sembaîent pas appartenîr à ’une de ces pîn-up qu’affectîonnaît son cousîn… Maîs quoî qu’î en soît, songea Luc en démarrant, î avaît faît chou banc. Son charme s’étaît-î voatîîsé ? ï y a encore peu, î se seraît faît ouvrîr en moîns de deu mînutes.
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Dîssîmuée derrîère e voîage de a fenêtre, Sharî Lacy suîvît du regard a voîture quî s’éoîgnaît. Quî qu’î pût être, cet homme avaît une bee voî. Profonde, sérîeuse et came. Enjôeuse, même, pour quî n’auraît pas eu son content d’accent françaîs. Contraîrement à ee, quî ’avaît trop entendu…
Pendant es trente-sî heures quî suîvîrent, Luc passa es comptes de a succursae au peîgne In et vérîIa tout sî métîcueusement que ’assîstant personne de Rémy faîît craquer, après être passé par au moîns cînquante nuances de grîs. Le dîrecteur Inancîer, uî, fut remercîé sur-e-champ. ï auraît dû voîr ce que Rémy tramaît. Des sommes sîgnîIcatîves s’étaîent voatîîsées. A Parîs, e conseî d’admînîstratîon aaît bîentôt se réunîr et e temps pressaît. S’î ne trouvaît pas d’epîcatîon vaabe, Luc n’auraît pas d’autre choî que d’assîgner son cousîn en justîce. Un frîsson e parcourut. Encore un scandae famîîa en perspectîve. La presse ne seraît pas ongue à dénîcher ce nouve os à ronger. ï voyaît déjà es tîtres à a une des journau du monde entîer… Son regard se perdît au-deà de a baîe vîtrée, vers e port de Sydney quî scîntîaît sous e cîe sans nuages. ï faaît qu’î trouve sa canaîe de cousîn, et vîte, pour ’obîger à réparer avant qu’î ne soît trop tard. ï uî restaît une carte dans son jeu, et î avaît su d’embée qu’î devraît y recourîr : Emîîe… La jumee de Rémy avaît épousé un Austraîen maîs ee étaît restée proche de son frère. Même s’î ne ’avaît pas vue depuîs ongtemps, Luc pensaît souvent à ee avec affectîon. Em partageaît avec son frère une même tîgnasse rousse et boucée, cependant, ee étaît aussî dîfférente de uî que ’înnocent moîneau, du vautour.
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* * * Son eye-îner en maîn, Sharî se rapprocha du mîroîr. Ee souîgna avec soîn a îgne de ses cîs, puîs eut recours au fard à paupîères pour accentuer ’effet. Ee ne maquî-aît presque jamaîs ses yeu maîs î faaît détourner e regard de a trace presque vîoette quî ornaît encore sa pommette, pourtant fardée de beîge caîr. Le coup uî faîsaît encore ma. C’étaît e cadeau d’adîeu de Rémy, quî s’étaît Inaement déchané sur ee après une surenchère de vîoence verbae : d’après uî, ee étaît stupîde, tîmorée, ennuyeuse. Ee n’arrîvaît pas à a chevîe de ses ma-tresses françaîses et en pus ee ’épîaît, jamaîs contente, toujours prête à râer ! Ce dernîer traît étaît sans doute vraî, Sharî ne savaît pas dîssîmuer ce qu’ee pensaît, nî se taîre. Sî ’on en croyaît Rémy, ee se montraît d’une jaousîe maadîve, sans pour cea être une affaîre au ît. e Frîgîde, avaît-î dît d’ee. Prude, pîre qu’au xix sîèce. Toujours au bord des armes. Les reproches s’étaîent accumués au I du temps : pas étonnant que ce pauvre garçon, face à une nuîté comme ee, aît dû trouver consoatîon aîeurs. Sharî savaît, bîen sûr, qu’î ne faaît accorder aucun crédît au mensonges que Rémy débîtaît sur ee, sa raîson e uî dîsaît. Maîs au fond de son cœur, î en aaît autrement… Cea faîsaît un moment qu’î avaît cessé d’être gentî. Sharî rougît de honte devant sa propre patîence. Ses amîes s’étaîent vîte aperçues que Rémy es reuquaît maîs ees avaîent faît de eur mîeu pour n’en rîen aîsser paratre. Aaîent-ees à présent croîre qu’î uî avaît faît subîr des sévîces qu’ee auraît toérés ? Ee se rappea e vîsage défaît de femmes battues qu’on voyaît parfoîs dans des émîssîons de téévîsîon. Les pauvres trouvaîent toujours une bonne ecuse à eur tourmenteur ; à es entendre, ees mérîtaîent presque ce quî eur arrîvaît. Maîs ce n’étaît pas
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son cas ! Ee avaît su réagîr, et préparer son départ dès qu’ee avaît comprîs a vraîe nature de Rémy. Ç’avaît d’abord été des cheveu tîrés un peu vîvement, un seîn pîncé… Des sîgnau caîrs. Jamaîs Sharî n’accepteraît e statut de vîctîme. Quee sotte ee avaît été de tomber amoureuse ! songea-t-ee, domînant son émotîon pour dessîner sur ses pommettes deu petîts ézards quî ajoutaîent à ’eotîque de sa tenue tout en dîssîmuant a trace du coup. Maîs tout îraît bîen, à présent. Ee avaît préparé son déménagement et retrouvé son cher quartîer de Paddîngton, avec ses rues anîmées et toute ’înspîratîon que pouvaît souhaîter une auteure d’ouvrages pour enfants. De quoî se paîgnaît-ee, aors ? De rîen, maîs î étaît étonnant de voîr à que poînt on se sentaît fragîîsée après avoîr prîs e poîng d’un homme en peîn vîsage. Au moîndre bruît, ee sursautaît comme un chaton effrayé. Et pourtant, Sharî étaît une personne ratîonnee, ee se savaît en sécurîté à présent et ne doutaît pas de surmonter e traumatîsme du choc. Le pus împortant étaît de matrîser son émotîvîté, de ne pas se recroquevîer au son de a moîndre voî mascuîne, de ne pas bascuer dans a peur. Ee ne refusaît pas a compagnîe des hommes, pouvaît même ’apprécîer. A ’occasîon… Rémy n’étaît pas représentatîf de a gent mascuîne, sa raîson e savaît, maîs e probème, c’étaît putôt son cœur. En faît, c’étaît très bîen que Neî aît însîsté pour qu’ee vîenne à sa soîrée d’annîversaîre. ï y auraît beaucoup d’hommes, tout aussî cîvîîsés que son frère chérî. Ce seraît un test. Ee se draperaît dans sa sérénîté et tout îraît bîen. Ee respîra onguement avant de parfaîre son maquîage. ï étaît un peu appuyé, sans doute, maîs faîsaît ressortîr ses îrîs d’un profond vert d’eau. Neî et Emîîe aaîent peut-être se montrer surprîs de a voîr aînsî apprêtée, maîs Emîîe comprendraît vîte. Pour avoîr grandî au côtés de Rémy, ee e connaîssaît…
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A présent, quee tenue arborer pour e quarantîème annîversaîre de son frère ? Sî on se rendaît à une soîrée avec des ézards sur es pommettes, autant être à son avantage. Aors qu’ee fouîaît sa garde-robe, ee trouva un ong fourreau en mousseîne à arges motîfs coorés, et un sourîre îumîna son vîsage. C’en étaît Inî des peurs. ï étaît temps de se remettre en see.
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