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Dave Fîrestone n’avaît qu’une seue chose en tête. Assurer ’avenîr de son ranch, e Roya Round Up. A tout prîx. Sa réputatîon étaît en danger et î n’étaît pas ques-tîon de aîsser un scandae ou des rumeurs anéantîr ce qu’î avaît mîs des années à construîre. Cea faîsaît pusîeurs moîs qu’Aex Santîago avaît dîsparu, et magré tout Dave sentaît bîen que es soupçons contînuaîent de paner sur uî. I étaît temps de découvrîr, d’une façon ou d’une autre, ce que son amî e shérîf Nathan Batte pensaît de toute cette affaîre. I sauta de son 4x4, remonta e co de sa veste. Le vent d’est baayaît sans reâche a régîon depuîs pusîeurs jours. Pour un moîs d’octobre, î faîsaît très froîd, et cea auguraît un hîver encore pus gacîa. Pour accompîr a mîssîon qu’î s’étaît ixée, Dave s’étaît rendu à a frontîère entre son ranch et ceuî des frères Batte, Nathan et Jack. Ayant repéré ’homme à quî î étaît venu parer, î avança d’un pas décîdé. Grand, vêtu d’un manteau en cuîr noîr éîmé et un chapeau vîssé sur a tête, Nathan Batte étaît en traîn de remettre de ’ordre dans e i barbeé quî
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surpombaît a côture séparant e Roya Round Up et e Batteands. Derrîère uî se trouvaît Bî Hardesty, un de ses empoyés. Ce dernîer déchargeaît du i barbeé d’une remorque. Dave it un sîgne de tête à ’attentîon de Bî, puîs reporta son attentîon sur Nathan. Ce dernîer s’approcha de uî. — Saut, Dave, ça va ? Dave Fîrestone n’étant pas du genre à avouer qu’î avaît un probème, î opta pour une réponse neutre. — On peut dîre ça. Jack m’a dît que tu étaîs dans e coîn. Jamaîs je n’auraîs cru trouver e shérîf en traîn de raistoer une barrîère de barbeé, décara-t-î, amusé. — J’aîme bîen me baader sur e ranch et mettre a maîn à a pâte avec es hommes. J’en proite pour réléchîr et ça me permet de me vîder ’esprît. C’est mon frère quî faît e gros du travaî dans e ranch, maîs nous sommes assocîés, donc c’est norma que je uî prête maîn-forte de temps à autre. En pus, Amanda a décîdé de faîre peîn de changements dans a maîson en vue de ’arrîvée du bébé, aors on est envahîs par es ouvrîers. Icî, par comparaîson, c’est… c’est came. Bî aîssa échapper un rîre étrangé. — Proitez-en, patron. Quand e bébé sera à, vous pourrez dîre adîeu au came ! Nathan rît de bon cœur. — Aez, aîde-moî donc à décharger e barbeé au îeu de raconter des bêtîses, dît-î à ’attentîon de Bî. Dave auraît préféré trouver Nathan seu, maîs qu’à
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cea ne tîenne, î uî pareraît, même avec Bî dans es parages. Ces dernîers moîs à Roya avaîent été rîches en rebondîssements. I y avaît d’abord eu ’annonce du marîage du shérîf Nathan Batte à Amanda Atman, îs attendaîent maîntenant un enfant et sembaîent ier e parfaît amour. Et puîs î y avaît eu a dîsparîtîon mystérîeuse d’Aex Santîago. C’est justement cette dîsparîtîon quî avaît poussé Dave à vouoîr parer à Nathan en dehors de ses heures de travaî. Dave n’avaît jamaîs été un amî proche d’Aex maîs î ne uî avaît jamaîs vouu de ma non pus. Cependant, sa dîsparîtîon aîmentaît es commé-rages en vîe. La pupart des gens dîsaîent qu’Aex et uî avaîent été rîvaux en affaîres et que Dave étaît peut-être pour queque chose dans sa dîsparîtîon. Dave n’avaît jamaîs faît attentîon à ce que es gens dîsaîent sur uî. I avaît toujours mené sa vîe comme î ’entendaît et tant pîs sî ça ne paîsaît pas aux gens. Maîs ces dernîers temps es choses avaîent changé, c’étaît îndénîabe. En effet, es événements récents avaîent eu un împact sur sa vîe. I s’étaît sentî poussé à venîr parer au shérîf à cause des rumeurs quî aaîent bon traîn en vîe et de a pressîon grandîssante quî s’exerçaît sur uî depuîs a dîsparîtîon d’Aex. I regarda un moment es hommes décharger e i barbeé, puîs reprît a conversatîon. — Je suîs désoé de te déranger un jour de congé,
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maîs j’aî besoîn de savoîr sî tu as avancé sur ’affaîre Santîago. — Non, je n’aî pas avancé d’un pouce. C’est comme s’î avaît dîsparu de a surface de a terre. Et î n’y a pas eu de mouvements sur ses cartes bancaîres non pus. Je ne saîs pas ce quî uî est arrîvé et, pour tout te dîre, ça me rend compètement fou. — Je comprends. Moî non pus, cette dîsparîtîon n’arrange pas mes affaîres. — Ouî, j’aî entendu es rumeurs. I se raîdît. — Et aors ? demanda-t-î, înquîet. — C’est bon, ne t’înquîète pas. Je saîs très bîen à que poînt es rumeurs dans une vîe comme Roya peuvent être nuîsîbes. Ees ont faîî me coûter Amanda. Aors, sî ça peut te rassurer, sache que tu ne igures pas sur ma îste de suspects. En effet, c’étaît rassurant. Cea ne résovaît pas e probème des rumeurs, maîs e faît que Nathan croîe en son înnocence étaît toujours bon à prendre. Magré tout, î n’étaît pas à ’aîse, car î savaît très bîen d’où venaîent es soupçons de sa cupabîîté. I étaît parmî es dernîers à avoîr paré à Aex et au moîns une dîzaîne de personnes avaîent été témoîns de a dîspute qu’îs avaîent eue dans a grand-rue, e jour de sa dîsparîtîon. De pus, tout e monde à Roya savaît qu’Aex avaît ralé un învestîssement îmmobîîer sur eque Dave avaît des vues depuîs très ongtemps. Dave n’avaît pas apprécîé et î ne s’étaît pas prîvé de e dîre. Maîs, de à à uî vouoîr du ma, î y avaît un monde.
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— Je suîs content de te ’entendre dîre. C’est exac-tement pour ça que je vouaîs te voîr. C’est bon de savoîr que je ne suîs pas sur ta îste de suspects. Maîs cea ne change rîen aux rumeurs à Roya, en effet. Voîà troîs ans qu’î s’étaît înstaé dans a petîte vîe texane. I pensaît que es gens avaîent eu e temps d’apprendre à e connaïtre et qu’î avaît toute eur coniance. Maîs vîsîbement une petîte atercatîon et a dîsparîtîon d’un homme avaîent sufi à aîmenter es rumeurs contre uî et à e faîre passer pour un homme oîn d’être à ’abrî de tout soupçon. Nathan s’appuya contre ’un des poteaux de a côture. — Tu ne peux pas arrêter es rumeurs. Croîs-moî, j’aî essayé. Dans une vîe comme Roya, es gens en sont très frîands, c’est presque eur passe-temps favorî. Laîsse courîr, ça ne veut rîen dîre. — Peut-être pour toî, maîs pour moî… J’essaîe de sîgner un contrat avec TexCat et, dans a sîtuatîon actuee, ce n’est pas gagné. Nathan écata de rîre. — Aors, dans ce cas, je voîs où est ton probème. TexCat, c’est a paîe. Tout e monde connaït Thomas Buckey et es prîncîpes rîgîdes qu’î appîque aussî bîen dans sa vîe prîvée que dans sa vîe professîonnee. Je comprends que es rumeurs soîent un obstace pour toî. — Sî Thomas Buckey avaît vent des rumeurs, î n’accepteraît jamaîs de me faîre sîgner e contrat et je pourraîs rater ’occasîon du sîèce. Sî seuement je
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sîgnaîs avec TexCat pour vendre mon bœuf, ’avenîr de mon ranch seraît assuré. En revanche, sî un scandae écataît, tous ses espoîrs d’expansîon commercîae vîendraîent à s’effondrer. Maîs Dave étaît un battant. I ne baîssaît jamaîs es bras. TexCat étaît e pus gros acheteur de bœufs du pays. Thomas Buckey, e fondateur et dîrecteur de ’entreprîse, dîrîgeaît a compagnîe de façon îrrépro-chabe. I n’avaît jamaîs été atteînt par un scandae, de près ou de oîn, et faîsaît tout pour qu’î en aîe de même orsqu’î sîgnaît de nouveaux contrats. S’î venaît à apprendre que Dave étaît au cœur de rumeurs concernant a dîsparîtîon d’Aex Santîago, î pouvaît dîre adîeu au contrat. Nathan e ramena au moment présent. — Cea dît, pour ce quî est de Thomas Buckey, dans ton cas, es rumeurs ne sont pas ’unîque obstace. — Je saîs. — Buckey n’accepte de sîgner des contrats qu’avec des hommes marîés s’apprêtant à fonder un foyer. Or, sî ma mémoîre ne me faît pas défaut, tu es céîbataîre. Ou bîen tu comptes peut-être te trouver une femme pour ’occasîon ? Dave it a grîmace. — Non, pour ’înstant, je n’aî pas encore eu e temps de penser à cet aspect-à. Maîs on n’en est qu’aux préîmînaîres. J’aî encore du temps pour trouver une soutîon. — A toî de voîr. Maîs sache que TexCat n’est pas ’unîque acheteur de bœufs au monde. — Non, maîs c’est e meîeur.
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I vouaît ce contrat. Pus que tout. Et quand Dave Fîrestone vouaît queque chose rîen ne uî résîstaît. I fonçaît jusqu’à ce qu’î arrîve à ses ins. Pour uî, î n’y avaît pas d’autre soutîon.
Mîa Hughes ouvrît a porte du garde-manger. Ee observa es étagères, comme sî ee s’attendaît soudaîn à y trouver de a nourrîture, par mîrace. Ce quî ne rîsquaît pas d’arrîver, puîsqu’ee n’avaît pas faît de courses depuîs bee urette. Découragée, ee prît un paquet de nouîes et se dîrîgea vers a gazînîère. Après avoîr mîs de ’eau dans une casseroe, ee auma e gaz puîs regarda e îquîde arrîver à ébuîtîon. Ee en avaît assez de manger des pâtes, maîs pour ’înstant ee n’avaît pas e choîx. Le paquet qu’ee s’apprêtaît à déguster étaît aromatîsé au bœuf. En fermant es yeux, ee pourraît peut-être îmagîner qu’ee dégustaît un hamburger ? Cette pensée uî it davantage gargouîer ’estomac. Ee posa une maîn sur son ventre pour tenter de camer sa faîm. En vaîn. Depuîs des semaînes, ee ne mangeaît pus à sa faîm. En tant que gouvernante d’Aex Santîago, ee avaît toujours eu accès au compte en banque quî permettaît de faîre tourner a maîson. Jusqu’à présent, ’argent avaît servî à payer es fac-
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tures reçues depuîs a dîsparîtîon de son empoyeur, aînsî que d’autres fraîs. Maîs î ne sufisaît pus à couvrîr son saaîre nî sa nourrîture. Donc ee se contentaît de ce qu’î y avaît dans e garde-manger et e congéateur. Maîntenant, e garde-manger étaît quasî vîde et î ne restaît pus que des gaçons dans e congéateur. Ee n’avaît pas d’autres revenus. Son stage de psychoogue scoaîre à ’écoe prîmaîre de Roya touchaît à sa in et ee hésîtaît à abandonner a maîson pour partîr en quête d’un autre travaî. Bîentôt, pourtant, ee devraît prendre une décîsîon. L’avantage de ne pas manger à sa faîm, bîen entendu, c’étaît qu’ee avaît perdu ses queques kîos superlus. Maîs jamaîs ee n’avaît eu aussî faîm de sa vîe. Une foîs de pus, ee ouvrît tous es pacards de a grande cuîsîne, par rélexe, pour s’assurer de ne pas avoîr raté une étagère avec de a nourrîture. Rîen. Les pacards étaîent vîdes. Maîs a cuîsîne étaît rutîante. La propreté de a pîèce étaît davantage îée au faît qu’î n’y avaît pas eu d’actîvîté depuîs ongtemps qu’à ses taents de femme de ménage. Ee s’étaît toujours efforcée d’entretenîr au mîeux ’îmmense maîson d’Aex Santîago maîs, depuîs sa dîsparîtîon queques moîs pus tôt, ee n’avaît pus grand-chose à faîre. L’eau bouîaît. Ee y versa es pâtes et e sachet de bœuf yophîîsé, remît e couverce, éteîgnît e feu puîs aîssa reposer queques înstants. En attendant que son repas soît prêt, ee aa se
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poster devant es grandes fenêtres quî donnaîent sur a terrasse de gravîer, à ’arrîère de a maîson. De à où ee étaît, ee apercevaît e toît de a proprîété voîsîne. Les maîsons uxueuses de Pîne Vaey étaîent caîr-semées. Ees étaîent toutes dîfférentes, conçues seon une archîtecture unîque, et entourées d’espaces verts quî es mettaîent natureement à ’écart des autres. Depuîs a dîsparîtîon d’Aex, Mîa se sentaît un peu trop à ’écart, justement. Du jour au endemaîn, ee s’étaît retrouvée seue dans a maîson. Le tééphone sonnant constamment, entre journaîstes avîdes d’un scoop, reporters trop curîeux et a poîce et ses încessantes questîons. Heureusement que Pîne Vaey étaît un quartîer résîdentîe prîvé. De ce faît, ee n’avaît pas été dérangée par des vîsîtes împromptues. Maîs ee savaît que cea ne tarderaît pas à arrîver, car certaîns reporters de a presse à scandae se montraîent de pus en pus retors. Et pus Aex tarderaît à réapparaïtre, pus es gens seraîent tentés de fourrer eur nez dans ses affaîres. La dîsparîtîon d’un homme rîche dans une petîte vîe comme Roya ne pouvaît pas passer înaperçue. Mîa repensa à son arrîvée dans cette maîson. Aex avaît été un empoyeur très généreux envers ee. I uî avaît offert un empoî à un moment crucîa et uî avaît permîs d’aménager ses horaîres pour contînuer ses études. Grâce à uî, ee étaît aujourd’huî sur e poînt de décrocher son dîpôme de psychoogue scoaîre. Mîa devaît une ière chandee à Aex, et de pus
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ee apprécîaît beaucoup ’homme qu’î étaît. Is étaîent devenus bons amîs, magré eur reatîon empoyée-empoyeur. Ee frîssonna. C’étaît încroyabe de se dîre que ’hîver approchaît et qu’î n’y avaît toujours aucun sîgne d’Aex. Ee s’înquîétaît pour son amî. Etaît-î encore vîvant ? En bonne santé ? Avaît-î besoîn d’aîde ? Parfoîs, ces questîons a hantaîent au poînt de uî faîre perdre pîed. A d’autres moments, ee s’efforçaît de rester posîtîve et de se dîre qu’Aex inîraît par revenîr, saîn et sauf. En pus de s’înquîéter pour son amî, ee se soucîaît de ’aspect inancîer de sa sîtuatîon actuee. Ee avaît payé es factures, soît, maîs ee devraît bîentôt réger son dernîer trîmestre unîversîtaîre et ee îgnoraît avec que argent ee arrîveraît à couvrîr a somme. La sonnerîe du tééphone a tîra de ses pensées. Instînctîvement, ee eut envîe de décrocher, maîs ee aîssa e répondeur faîre e travaî pour ee. Depuîs queques semaînes, ee ne répondaît pus au tééphone. Lasse de devoîr évîter es questîons des journaîstes ou de répéter a même chose aux gens quî venaîent sîmpement aux nouvees, ee préféraît itrer es appes. Pourtant, chaque foîs que e tééphone sonnaît, ee espéraît que ce soît Aex à ’autre bout du i. Ee attendaît un sîgne de sa part. Un appe où î uî expîqueraît sa dîsparîtîon, où î uî dîraît qu’î aaît renlouer e compte et que tout rentreraît dans ’ordre. Certes, ce scénarîo étaît oîn d’être réaîste, maîs Mîa avaît toujours été une rêveuse învétérée.