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La fierté de Nik Cozakis

De
160 pages
Olympia est au pied du mur : sa mère est gravement malade et a besoin de soins médicaux onéreux qu’elle n’a pas les moyens de lui payer. Malheureusement, son unique solution est de solliciter l’aide de Nik Cozakis, le puissant et impitoyable homme d’affaires qu’elle aurait dû épouser dix ans plus tôt si un scandaleux malentendu n’avait entaché sa réputation. Nik, humilié et fou de rage, l’avait alors rejetée avec le plus grand mépris. Olympia tente donc le tout pour le tout en se tournant vers lui. Et, à sa grande surprise, Nik accepte de l’aider, mais à une condition : qu’Olympia lui donne un héritier… 
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1.
— Tu as gâché ta vie, exactement comme ta mère, assena Spyros Manoulis. Bien qu’à bout de nerfs, Olympia s’efforçait de supporter la colère son grand-père, à qui elle comptait demander de l’aide. Robuste malgré ses quelque soixante-dix ans, le vieil homme arpentait d’un pas alerte la luxueuse suite de l’hôtel londonien. — Regarde-toi un peu, toujours célibataire à vingt-sept ans ! reprit-il. Il y a dix ans, je t’ai ouvert ma maison et j’ai fait tout mon possible pour toi. Comme il s’interrompait afin de reprendre sa respiration, Olympia soupira, devinant ce qui allait suivre. — Et comment as-tu récompensé ma générosité ? Tu as jeté l’opprobre sur notre nom et sali ta réputation en insultant la famille Cozakis ! — Oui. Olympia aurait volontiers avoué n’importe quoi, même un meurtre, pour obtenir qu’il se calme et avoir une chance de plaider la cause qu’elle était venue défendre. Mais Spyros n’avait pas terminé. — Grâce à moi, tu aurais fait un beau mariage. Tu étais très heureuse à l’époque d’être fiancée à Nikos Cozakis. Tu pleurais quand il t’a o ffert une bague, je m’en souviens parfaitement. Et tu as tout envoyé promener dans un moment de folie. Quelle honte pour moi — et pour toi ! Olympia pinça les lèvres pour contenir son humiliation. — Ça remonte à dix ans, murmura-t-elle avec lassitude. — Tu crois que j’ai oublié ? J’étais quand même cur ieux de te revoir, raison pour laquelle j’ai accepté l’entrevue d’aujourd’hui, comme tu le demandais dans ta lettre. Mais je te préviens tout de suite : tu n’auras aucune aide financière de ma part. — Je ne veux rien. Mais ma mère, ta fille… — Si cette idiote t’avait élevée comme il faut, cou pa son grand-père, selon nos traditions grecques, jamais tu ne m’aurais déshonoré ! Se raidissant, Olympia redressa le menton. — S’il te plaît, laisse-moi parler. — Pas question ! jeta Spyros en allant se camper devant la fenêtre. Tu vas rentrer chez toi et réfléchir à tout ce que tu as perdu. Si tu avais épousé Nik Cozakis… — … je l’aurais castré ! compléta Olympia avec force, comprenant que son grand-père mettait fin à l’entretien. Il se tourna vers elle, la mine outrée. — Au moins, Nik t’aurait appris à garder le silence quand un homme s’adresse à toi. Olympia prit une profonde inspiration. « Bravo ! Tu l’as rendu fou de rage, te voilà bien avancée maintenant. » Elle aurait mieux fait de garder la tête basse et de prendre un air repentant. Spyros agita un doigt dans sa direction. — La seule façon d’obtenir mon pardon serait que tu épouses Nikos. « Pourquoi ne pas m’imposer aussi de gravir l’Everest ? » pensa Olympia, incrédule. Puis poussée par un élan de rébellion, elle répliqua : — Si j’arrive à le convaincre de m’épouser, je recevrai toujours l’empire Manoulis en dot ?
Le vieil homme l’enveloppa d’un mépris glacial. — Leconvaincrede t’épouser ? Nikos Cozakis, que tu as insulté de la pire façon ? Lui qui pouvait avoir toutes les femmes qu’il désirait… — Mais il y en a peu qui lui apporteraient une dot aussi conséquente que celle que tu offrais il y a dix ans pour compenser l’odieux marché dont j’étais l’objet. — Tu n’as pas honte ? rétorqua Spyros, visiblement soufflé par son audace. — Que veux-tu, j’ai perdu ma sensibilité et mes ill usions quand tu as essayé de me refourguer comme un de tes pétroliers. Et tu n’as pas répondu à ma question. Le vieil homme leva les mains avec exaspération. — J’aurais donné à Nik le contrôle des Industries Manoulis le jour de votre mariage. Et je serais toujours content de le faire si seulement c’était possible. Mon désir était de remettre entre des mains compétentes l’affaire que j’ai mis toute une vie à construire. Etait-ce trop demander ? Olympia pinça les lèvres, écœurée. Pour son grand-père, sa longévité dans le monde des affaires comptait bien plus que les liens familiaux. Heureusement, sa mère ne partageait pas cette opinion. Irini, toujours si douce et si indulgente, n’avait jamais blâmé son propre père de lui avoir tourné le dos. Un désespoir croissant l’envahit : Spyros restait d e marbre. Il avait voulu la revoir, mais par simple curiosité. Elle n’avait rien à attendre de lui. Alors, pourquoi restait-elle ? D’un pas raide, elle se dirigea vers la porte. A la dernière seconde cependant, elle tenta une nouvelle fois de se faire entendre : — Ta fille ne va pas bien. Sa santé… Spyros maugréa quelque chose en grec pour lui signi fier son refus de l’écouter. Olympia lui jeta un regard noir. — Si elle meurt dans cette misère, j’espère que le remords te hantera jusqu’à la tombe, et même au-delà. Parce que c’est tout ce que tu mériteras ! Son aïeul se détourna sans répondre. De dos, sa hau te silhouette paraissait aussi inflexible qu’une barre d’acier.
* * *
Accablée, les jambes en coton, Olympia traversa le salon animé de l’hôtel pour déboucher dans la rue. Si seulement elle était assez folle et assez fortunée pour kidnapper Nik Cozakis…, se dit-elle, amère. Elle aurait volon tiers loué les services d’hommes de main pour l’arracher à sa luxueuse limousine, puis le laisser croupir dans une cave. Elle le détestait. Oui, de toutes ses forces, elle haïssait cet homme ! Même si Nik était déjà extrêmement riche à dix-neuf ans, il l’avait demandée en mariage. Plutôt quelconque et un peu enrobée, Olympia ne l’intéressait que parce qu’elle était l’héritière de l’empire Manoulis. Il lui avait brisé le cœur et avait traîné sa fierté dans la boue. Pire, il avait fait en sorte que Spyros ne pardonne jamais ni à sa petite-fille ni à sa fille. Cette dernière était peut-être née sous une mauvaise étoile. Jusqu’à l’âge de vingt et un ans, Irini Manoulis avait eu une vie dorée dans un milieu fortuné. Puis elle avait commis l’erreur fatale de tomber amoureuse d’un Anglais. F ace à la ferme opposition paternelle, elle s’était enfuie à Londres avec son amoureux. Ma lheureusement, la veille de leur mariage, celui-ci avait trouvé la mort dans un accident de moto. Peu après cette tragédie, Irini avait découvert qu’elle était enceinte. Célibataire et enceinte ! Pour elle, il n’avait pas été question de retourner en Grèce. Ne comptant que sur sa volonté, elle avait élevé seule sa fille, acceptant pour cela tout travail qui se présentait. Olympia n’avait jamais vu sa mère autrement que la mine pâle et fatiguée. Elle était déjà de constitution fragile, et toutes ces années de travail avaient un peu plus éprouvé sa santé. Quand Olympia avait été en âge de travailler, leur situation s’était améliorée. Pendant quelques années, elles avaient même été heureuses dans leur petit appartement. Mais dix-huit mois plus tôt, la société qui employait Olympia comme réceptionniste avait fait faillite. Depuis, elle n’avait retrouvé que des emplois tempo raires, et même ces petits boulots
avaient été difficiles à dénicher. Il avait fallu quitter l’appartement, et les économies qu’elle avait eu tant de mal à constituer avaient fondu comme neige au soleil. Le centre d’action sociale les avait relogées dans une cité d’un quartier défavorisé. Irini, terrifiée par les jeunes loubards qui traîna ient autour des immeubles, n’osait plus sortir. Olympia voyait sa mère adorée dépérir jour après jour ; elle était de plus en plus faible, et ses sourires braves étaient pathétiques. Comme si elle avait renoncé à vivre… Elle mourait à petit feu, ne parlait plus que du passé tant le présent était laid et dur à supporter. Leur quotidien se résumait à ce logement sordide qu ’elles n’avaient plus les moyens de chauffer, aux voisins bruyants et violents, à un environnement dénué de beauté. Et pas le moindre espoir de s’en sortir. Olympia bloqua les larmes de désespoir qui lui montaient aux paupières. Si elle avait pu prévoir l’avenir dix ans plus tôt, aurait-elle f ait le même choix ? Un rire teinté de désespoir monta dans sa gorge et les regrets la sub mergèrent. Elle serait mariée à un millionnaire aujourd’hui, et sa mère profiterait du confort et de la sécurité financière. Oui, si à dix-sept ans elle avait pu lire dans une boule de cristal, elle aurait épousé un salaud pour sauver sa mère. Salaud… Il n’y avait pas d’autre mot pour décrire u n fiancé qui avait eu l’audace d’embrasser un superbe mannequin sous ses yeux. Ce mufle l’avait aussi dénigrée auprès de sa cousine, affirmant qu’elle était grosse, sotte et dénuée de sensualité, mais valait son pesant d’or. Macho arrogant et détestable, il aurait été constamment infidèle pendant leur mariage. Ne lui avait-il pas dit en face et sans la moindre délicatesse : « Tu es une garce. Et moi, je refuse d’épouser les restes d’un autre » ? Accablée par ces souvenirs blessants, Olympia s’arrêta devant une vitrine. Nik était certainement à Londres en ce moment, et pour la même raison que son grand-père : tous les journaux avaient annoncé la réunion de magnats grec s qui avaient des intérêts dans les milieux d’affaires britanniques. Or, à l’inverse de Spyros, Nik disposait d’un siège social dans la City, un imposant immeuble de bureaux où il se trouvait sans doute à cette minute. Qu’avait-elle à perdre ? Il était toujours célibata ire. Quant à son grand-père, il ne plaisantait jamais avec l’argent. Comme il l’avait dit, il serait heureux d’offrir une belle dot si elle épousait Nik Cozakis. Pour Spyros, il s’agissait de réunir deux empires gigantesques. Dans une telle situation, même une garce sans charm e devait faire preuve de bon sens et remettre l’offre sur la table, non ? N’avait-elle pas une dette immense envers sa mère, qui s’était tant sacrifiée pour elle ? Olympia plissa les yeux en apercevant son reflet da ns la vitrine. Celui d’une jeune femme de taille moyenne, à la longue chevelure brun acajou rassemblée en une lourde tresse, habillée d’une jupe grise et d’une veste usée. Même en suivant un régime draconien, elle ne parviendrait jamais à être mince. Oui, elle valait son pesant d’or, se dit-elle avec dérision. Quant à Nik Cozakis, il ne refusait jamais d’exploiter une proposition susceptible d’accroître son immense fortune. C’était même sa spécialité.
* * *
Nik était sur le point de remporter un important marché. Tous ses rendez-vous avaient été ajournés et on ne devait le déranger qu’en cas d’extrême urgence. Alors, quand on frappa un coup hésitant à la porte de son bureau, u ne intense exaspération le saisit. Son assistant s’empressa d’aller ouvrir et un échange à voix basse s’ensuivit dans l’entrebâillement. Revenant vers lui, Gerry annonça : — Je suis désolé, monsieur, mais il y a une femme qui demande à vous voir d’urgence. — Pas d’interruption, et surtout pas féminine, décréta Nik d’un ton glacial. — Elle dit qu’elle est la petite-fille de Spyros Manoulis. Mais la réceptionniste n’est pas convaincue de son identité, vu l’apparence de la visiteuse. Olympia Manoulis ? Nik Olympiase figea, en proie à une incrédulité sans nom. Manoulis… Du fond de son subconscient jaillit une é motion empreinte de rage brute.
Comment cette catin osait-elle pénétrer dans l’immeuble et avoir l’effronterie de demander à le voir ? Il se dressa si brusquement que ses collaborateurs sursautèrent et que l’un d’eux lâcha une pile de dossiers. Il alla se poster devant les grandes baies vitrées. Spyros avait juré qu’il ne pardonnerait jamais à sa petite-fille et Spyros le vieux forban était un homme de parole. Nik avait encore pitié de lui en se souvenant de sa honte face au comportement de sa petite-fille. Son seul fils s’était noyé lors d’une course nautique et sa fille était devenue mère célibataire. Le propre père de Nik avait décrété qu ’il y avait du mauvais sang dans cette famille, insinuant par là que son fils l’avait échappé belle. Oui, sans doute, mais Nik ne pouvait s’empêcher de bouillir de rage en se rappelant l’humiliation publique qu’il avait affrontée en apprenant que sa fiancée soi-disant vierge était montée dans sa Ferrari pour s’envoyer en l’ai r avec l’un de ses amis ! C’était écœurant, vil, inexcusable, et il regrettait de ne pas avoir eu l’occasion de punir Olympia Manoulis comme elle l’aurait mérité.
TITRE ORIGINAL :THE COZAKIS BRIDE Traduction française :FRANÇOISE PINTO-MAÏA © 2000, Lynne Graham. © 2017, HarperCollins France pour la traduction française. Le visuel de couverture est reproduit avec l’autorisation de : HARLEQUIN BOOKS S.A. Tous droits réservés. ISBN 978-2-2803-7054-7
HARPERCOLLINS FRANCE 83-85, boulevard Vincent-Auriol, 75646 PARIS CEDEX 13 Service Lectrices — Tél. : 01 45 82 47 47 www.harlequin.fr Ce livre est publié avec l’autorisation de HARLEQUIN BOOKS S.A. Tous droits réservés, y compris le droit de reproduction de tout ou partie de l’ouvrage, sous quelque forme que ce soit. Cette œuvre est une œuvre de fiction. Les noms propres, les personnages, les lieux, les intrigues, sont soit le fruit de l’imagination de l’auteur, soit utilisés dans le cadre d’une œuvre de fiction. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, des entreprises, des événements ou des lieux, serait une pure coïncidence.