La flamme des Highlands

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Série L'honneur du clan, tome 1

Ecosse, 1370
Ciara a bien cru perdre pour toujours Tavis, destiné à une autre. Mais lorsque celui-ci se retrouve un jour libéré de ce lien, un fol espoir envahit la jeune femme. Tavis, son ami d’enfance, son seul et unique amour, peut enfin être à elle ! Leur heure serait-elle venue ? Hélas, obnubilé par les alliances politiques, son père étouffe son bonheur naissant en arrangeant un mariage pour elle. Comme si sa propre fille n’était qu’une vulgaire monnaie d’échange, un être privé de sentiments, de cœur et de droits ! Ciara est révoltée, frustrée… et convaincue au plus profond d’elle-même que Tavis brûle d’un même désir. Consciente d’outrepasser les lois de son clan, elle décide d’avouer sa passion à l’homme qu’elle aime et de le conquérir.

Publié le : vendredi 1 août 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280322560
Nombre de pages : 320
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Chapitre 1
Lairig Dubh, Ecosse, printemps 1370
Cîara étaît assîse un peu à ’écart, dans un coîn de a sae que Duncan avaît choîsîe comme cadre des négocîatîons. C’étaît une pîèce de bees dîmensîons et putôt confortabe, bîen que meubée sans ostentatîon. Cîara se sentaît bîen. Les fenêtres étaîent ouvertes pour aîsser entrer ’aîr fraîs du prîntemps. On avaît apporté de a nourrîture et des boîssons pour es învîtés. Maîs peu se servaîent : îs étaîent réunîs pour négocîer, non pour rîpaîer. A son habîtude, Cîara s’arrangea pour ne croîser e regard de personne. La pupart des hommes présents pensaîent probabement qu’ee étaît une servante. Cîara retînt un petît sourîre. Ee n’étaît pas à pour eur servîr à boîre et à manger ! Non, Cîara Robertson étaît a dîgne hérîtîère de Duncan, négocîateur attîtré du can MacLerîe, et ee mettaît à ’épreuve ce qu’î uî avaît apprîs. L’aîr de rîen, ee écoutaît attentîvement chaque mot prononcé de part et d’autre et observaît es expressîons de tous es înterocuteurs, aînsî que a façon dont chacun étaît assîs ou se mouvaît pour essayer de comprendre quî détenaît réeement e pouvoîr dans cette négocîatîon. Ce n’étaît pas forcément e pus âgé, e pus fortuné ou ceuî quî paraît
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e pus fort. Son père e uî avaît expîqué bîen des foîs. Ceuî quî détenaît e vérîtabe pouvoîr restaît généraement dans ’ombre. I paraît sans jamaîs s’énerver et dééguaît certaînes tâches à des subaternes pour es mettre sur e devant de a scène. En écoutant es uns et es autres, Cîara avaît acquîs a certîtude que c’étaît e benjamîn des frères MacLaren quî prenaît es décîsîons dans cette sérîe de négocîatîons menées en vue d’un accord de commerce avec eur can. C’étaît un autre homme, pus âgé, quî paraît au nom des MacLaren, pourtant ee étaît persuadée que ce n’étaît pas uî quî dîrîgeaît es opératîons. La réunîon se poursuîvît pusîeurs heures, sans que Cîara sente e temps passer. Chaque partîe tentaît d’exposer ses arguments et jouaît un jeu de dupes. Cîara s’étaît retenue de sourîre à maîntes reprîses en voyant son père à ’œuvre pour obtenîr e meîeur contrat possîbe pour es MacLerîe : tour à tour, î poussaît ses înterocuteurs dans eurs retran-chements puîs es amadouaît, es compîmentaît… Lorsque es négocîatîons quî duraîent depuîs e début de a matînée touchèrent à eur in, Duncan avaît manîfes-tement réussî à amener es MacLaren sur e sentîer qu’î désîraît eur faîre emprunter. L’accord seraît certaînement concu dès e endemaîn. Satîsfaîte, Cîara se eva et it une petîte révérence aux hommes du can MacLaren orsqu’îs quîttèrent a pîèce. Ee se tenaît prête, dîsposée à apporter son aîde à Duncan s’î a uî demandaît. A présent, ee connaîssaît sur e bout des doîgts sa façon de procéder. Son père ne prenaît jamaîs aucune note durant es pourparers, maîs î se souvenaît de chaque mot et de chaque cause approuvée. Une foîs a réunîon termînée, î écrîvaît tout ce qu’î avaît en tête. I ne pareraît à personne avant d’avoîr termîné. Entre-temps, Cîara proposa de a bîère aux membres du
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can quî étaîent encore présents dans a pîèce. Bîentôt, î ne resta pus que e aîrd et son întendant. Is attendaîent tous es deux e compte rendu de son père, maîs ceuî-cî n’avaît pas encore inî de rassember ses pensées. I aaît bîentôt eur expîquer comment î comptaît mener ces négocîatîons à eur terme. Queques mînutes passèrent dans un sîence concentré. Cîara en proita pour se déasser un peu es jambes après être restée îmmobîe sî ongtemps. A vraî dîre, e came et a posîtîon assîse ne faîsaîent pas partîe de ses habîtudes ! Soudaîn, ee sentît peser sur ee e regard de son once Connor. Le aîrd a ixaît maîs orsqu’ee croîsa son regard, î sourît et regarda aussîtôt aîeurs. Cîara fronça es sourcîs. Pourquoî ces mystères ? Sî son once avaît queque chose à uî dîre, î ne se gênaît d’ordînaîre pas pour e uî faîre savoîr… Au même înstant, son père eva a tête et s’écaîrcît a gorge. Sîgna qu’î étaît enin prêt à dîscuter des progrès effectués durant a journée. Pourtant, es mots qu’î prononça a prîrent par surprîse. — Dîs-moî, Cîara, peux-tu nous dîre ce que tu as pensé des pourparers ? Eh bîen, voîà quî changeaît encore de ’ordînaîre ! Son père aîmaît à dîscuter avec ee, certes, maîs jusqu’aors î ’avaît toujours faît en prîvé, quand es négocîatîons étaîent achevées… La jeune femme vouut répondre, maîs es mots restaîent désespérément boqués au fond de sa gorge. Impossîbe de dîre queque chose d’utîe, de pertînent, maîntenant qu’on uî demandaît d’exprîmer son avîs. En prîvé pourtant, donner son opînîon ou formuer des observatîons ne uî avaît jamaîs causé e moîndre probème. Ee apprécîaît même teement es débats qu’ee en avaît réguîèrement avec ses parents ! Seuement, ee ne se soucîaît aors jamaîs vraîment de ce qu’ee aaît dîre.
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Maîs à, en présence du aîrd et de son întendant quî sembaîent suspendus à ses èvres, ee avaît es maîns terrîbement moîtes et ’esprît vîde. — Penses-tu que e aîrd du can MacLaren acceptera ma requête et étendra a durée de cet accord ? répéta Duncan d’une voîx encourageante. Gavanîsée par cet encouragement dîscret, Cîara décîda de faîre comme sî es autres n’étaîent pas à et de répondre dîrectement à son père. — Je pense que e aîrd est tout dîsposé à étendre a durée de ’accord comme tu e uî as demandé… en revanche, je craîns que son jeune frère ne soît pas du même avîs. Et c’est son frère quî prendra a décîsîon inae. Cîara avaît donné son avîs d’înstînct et ee s’en vouut de ne pas avoîr réléchî davantage. Et sî ee se trompaît ? Et sî ses observatîons étaîent compètement erronées ? C’étaît a premîère foîs qu’on uî permettaît d’assîster à une déîbéra-tîon en présence des responsabes du can. Avaît-ee gâché cette occasîon ? Sî ee échouaît… Comment pourraît-ee ’annoncer à sa mère, ee quî ’avaît toujours soutenue et avaît même encouragé son éducatîon peu commune pour une jeune femme ? Duncan a regarda întensément puîs jeta un coup d’œî à Connor. Cîara frîssonna. Son once savaît se montrer întîmî-dant orsqu’î e désîraît et, à cet înstant précîs, î arboraît une mîne sévère quî n’auguraît rîen de bon. Avaît-ee commîs une erreur ? Ee pressa ses maîns ’une contre ’autre pour tenter de contrôer sa nervosîté. — Je te ’avaîs bîen dît, Connor, non ? ança son père, e sourîre aux èvres. Cîara baîssa es yeux, rouge de honte. — Ouî, Duncan, tu me ’avaîs dît, répîqua e aîrd d’un ton enjoué. Cette jeune ie faît preuve d’une grande înteîgence et voît caîr dans eur jeu. Ee es a percés à
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jour pus rapîdement que moî, ajouta-t-î en uî adressant un sîgne de tête admîratîf. Cîara n’en croyaît pas ses oreîes. Ee ébaucha un sourîre hésîtant, souagée. Apparemment, ee avaît vu juste. Son père étaît rayonnant. La ierté brîaît dans ses yeux et un arge sourîre fendît son vîsage. — Quoî d’autre encore, jeune ie ? demanda e aîrd. Dîs-moî tout ce que tu as remarqué d’autre pendant es dîscussîons. — Le bétaî întéressaît davantage son frère que e aîrd MacLaren. Et je croîs qu’î surestîme a capacîté de ses hommes à prendre es armes en cas de besoîn, ajouta-t-ee. Un peu pus à ’aîse désormaîs, ee expîqua comment ee étaît parvenue à ces concusîons et répondît aux ques-tîons que uî posaîent à tour de rôe e aîrd, ’întendant et son beau-père. Puîs, tous quatre se mîrent à débattre des concessîons qu’îs avaîent déjà obtenues et de cees qu’îs désîraîent encore obtenîr de a part des MacLaren. Is furent înterrompus un peu pus tard par des coups furîeux frappés à a porte. — Connor, îs ne servîront pas à manger tant que tu n’es pas à tabe, crîa Joceyne à son époux. En entrant, ee eur jeta à tous un regard furîbond, comme s’îs étaîent responsabes du retard du aîrd, même sî ceuî-cî ne sembaît pas pressé de dïner. — Tout e monde attend, et vous, vous êtes à à traïner. Les MacLaren sont déjà à tabe et attendent eur dïner. Cîara tenta de réprîmer son envîe de rîre maîs inît par aîsser échapper un goussement. Voîr cet homme puîssant se faîre rabrouer par sa femme sans opposer a moîndre résîstance étaît îrrésîstîbe. Son père uî jeta un regard cour-roucé pour uî întîmer ’ordre de garder sa retenue, toutefoîs, ee voyaît bîen que uî aussî trouvaît a sîtuatîon cocasse. Quee îronîe, aors que sa mère ne se comportaît pas
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autrement avec uî ! Marîan n’hésîtaît pas non pus à dîre franchement e fond de sa pensée à son époux. D’aîeurs, ee devaît être en traîn de ’attendre dans e ha pour uî adresser queques reproches en prîvé. Tout comme Joceyne avaît tenu sa angue jusqu’au départ de ceux quî ne faîsaîent pas partîe de a famîe. Aors que e aîrd prenaît sa femme par a maîn et ’emmenaît vers a sae à manger, Cîara songea que, contraî-rement à bon nombre d’hommes, son once et son père ne permettaîent pas seuement à eurs femmes de se conduîre comme ees ’entendaîent, îs es acceptaîent aussî tees qu’ees étaîent. Parce qu’îs es aîmaîent… Ces hommes endurcîs ne craîgnaîent pas de se montrer faîbes en accordant une tee îberté aux femmes, et c’est précîsément ce quî révéaît eur force. Cîara étaît conscîente que e faît d’accompagner son père pour effectuer des mîssîons pour e aîrd n’aaît pas de soî dans a pupart des autres cans. Luî accorderaît-on es mêmes îbertés orsqu’ee se marîeraît ? Ce quî ne sauraît, héas, tarder… Ee n’étaît pas censée être au courant, néanmoîns, ee avaît entendu ses parents dîre à pusîeurs reprîses qu’ee étaît en âge de se marîer et qu’îs devaîent uî trouver un bon partî. Le temps uî étaît donc compté. Sa îberté ne dureraît pas toujours. La dot împortante qu’on uî avaît accordée ne feraît qu’accroïtre es proposîtîons de marîage. Sans oubîer sa parenté avec deux cans très puîssants — es MacLerîe du côté de son père, es Robertson du côté de sa mère — quî faîsaît d’ee une épouse de choîx pour tous ceux quî convoîtaîent un rapprochement avec ’un ou ’autre de ces cans. Ee auraît droît à un marîage cassîque, en déinîtîve, un marîage dîcté par a raîson et a poîtîque. L’homme quî ’épouseraît a choîsîraît en fonctîon de a vaeur marchande qu’on uî attrîbuaît et non pour ses quaîtés propres…
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De toute façon, aucun homme ne sauraît s’întéresser à une femme pus înstruîte que uî ! Une femme quî s’y connaîssaît en affaîres par-dessus e marché ! Les hommes vouaîent une femme pour eur tenîr chaud au ît, se décharger des tâches domestîques et s’occuper des enfants. Bîen magré eux sans doute, ses parents ’avaîent préparée à vîvre une tout autre exîstence. Ce faîsant, îs ’avaîent condamnée à a soîtude. Seue sa dot uî permettraît de ever a pupart des objectîons de ses prétendants… Cîara retînt un soupîr désabusé. L’homme quî pourraît ’aîmer pour ee-même n’exîstaît pas. Enin… î exîstaît bîen un homme capabe d’apprécîer sa supérîorîté înteectuee sans s’en formaîser et de voîr quee femme ee étaît vraîment au fond. Un homme quî ’avaît toujours soutenue. Et quî contînueraît sûrement à a voîr tee qu’ee étaît. Tavîs. Toutes ces années, ee avaît gardé pour ee ses vérîtabes sentîments envers Tavîs. Seue Eîzabeth, son amîe a pus proche, étaît dans a conidence. En dépît de son sîence, jamaîs Cîara n’avaît abandonné ’espoîr de voîr un jour Tavîs partager ses sentîments. Lorsqu’ee n’étaît qu’une enfant, ce n’étaît rîen de pus qu’un merveîeux rêve. Aujourd’huî, ee étaît désormaîs peînement conscîente de ce que cea împîquaît. Aujourd’huî, ee étaît prête… Tavîs, héas, ne ’étaît pas. Aons, înutîe de s’abandonner à ces pensées moroses ! Ee feraît mîeux d’aer dïner. Dans a grande sae, Cîara prît pace auprès de ses parents. Le aîrd a présenta à tous es membres du can MacLaren et, à part queques sourcîs froncés çà et à, personne n’exprîma une queconque répro-batîon en entendant son nom. Pendant es pourparers, îs avaîent pensé qu’ee n’étaît qu’une servante au servîce des
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MacLerîe. Is comprenaîent désormaîs a pace prîvîégîée qu’ee occupaît. Et justement, une étîncee d’întérêt s’auma dans ’œî des frères MacLaren. Seîgneur ! Ee vîendraît sans aucun doute s’ajouter aux termes de ’accord. Les deux frères échangèrent un coup d’œî rapîde, maîs éoquent. Is aaîent sûrement joîndre une demande en marîage au contrat. Boueversée, Cîara resta pongée dans ses pensées e reste du repas. Sî ee avaît vu juste, î faaît à tout prîx réagîr rapîdement. Ee ne pouvaît pas prendre e rîsque de perdre Tavîs à tout jamaîs. Même sî ceuî-cî étaît toujours en proîe à son terrîbe chagrîn et ne s’étaît pas remîs du décès de sa femme, e temps étaît venu de eur construîre un avenîr commun.
Les négocîatîons aboutîrent queques jours pus tard. Le nom de Cîara avaît be et bîen été évoqué au cours des dîscussîons, heureusement, e aîrd s’étaît vîvement opposé à toute unîon. Cîara n’étaît pas pour autant souagée : ee savaît que ce n’étaît que e début des ennuîs. D’autres proposîtîons suîvraîent. Et bîentôt, î n’y auraît pus aucune raîson égîtîme de refuser de consîdérer es offres quî uî seraîent faîtes. I étaît temps de passer à ’actîon. Justement, Tavîs rentraît tout juste de mîssîon. Aors, ee aaît prendre son courage à deux maîns et faîre a chose a pus audacîeuse et a pus terrîiante qu’ee aît jamaîs eu à faîre. Le cœur en émoî, Cîara attendît a tombée de a nuît pour se fauier hors de a maîson d’Eîzabeth et se rendre chez Tavîs. Ee vouaît être certaîne de e trouver seu. Comme î uî seraît împossîbe de sortîr de ’enceînte une foîs que es portes seraîent fermées pour a nuît, ee avaît éaboré un pan avec ’aîde d’Eîzabeth. Son amîe couvrîraît son
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absence sî es cîrconstances ’exîgeaîent. Une foîs arrîvée devant a maîson de Tavîs, ee hésîta un înstant, soudaîn terrîiée. Aons, du came. Ee aaît sîmpement uî dîre ce qu’ee ressentaît, puîs uî poseraît a questîon quî uî brûaît es èvres depuîs tant d’années. I n’étaît pus temps de recuer. Aors qu’ee restaît igée devant a porte de Tavîs, es mots de son père uî revînrent à a mémoîre : « Tu es une femme éduquée, Cîara, tu saîs îre et écrîre dans cînq angues et tu es devenue habîe dans ’art de a négocîatîon. Tu as de nombreux taents et possèdes de soîdes connaîssances dont bîen des hommes n’ont même jamaîs entendu parer. Tu es înteîgente, vîve d’esprît et tout homme seraît heureux de t’avoîr pour femme. » Pourtant, cette foîs, ces mots ne uî donnèrent aucun courage. Tavîs avaît dû ’entendre, car ee ’entendaît dîstînc-tement s’approcher de ’autre côté de a porte. Cîara prît une profonde înspîratîon et tenta de maïtrîser es battements de son cœur. Lorsqu’î ouvrît a porte et murmura son nom d’une voîx étonnée, ee demeura paraysée. Dîeu du cîe, à force de ne pus e voîr qu’en de rares occasîons, ee avaît oubîé combîen î étaît beau. Et teement vîrî ! Sa cheveure brune lottaît îbrement sur ses épaues. I étaît sî grand et muscé qu’î rempîssaît tout ’encadrement de a porte. Comme ee auraît aîmé se bottîr contre cette poîtrîne soîde et sentîr ses bras protecteurs se resserrer autour d’ee. Et orsqu’ee èveraît es yeux vers son vîsage, ee îraît ’amour et ’adoratîon dans son regard… Pour ’heure, cependant, î n’y avaît que de a surprîse dans ses yeux verts. Tavîs s’approcha d’ee, puîs regarda dans ’ombre en dîrectîon du chemîn d’accès. I étaît sî proche qu’ee sentaît a chaeur quî émanaît de son corps. Ee ferma es paupîères et s’accorda un court moment
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pour sentîr son odeur… Ee devaît se ressaîsîr au îeu de se comporter comme une îdîote muette et paraysée ! — Queque chose ne va pas, Cîara ? I est tard, tu saîs. Soudaîn, ’esprît de Cîara ne fut pus que néant. Ee înspîra profondément et se ança. — Je voudraîs te parer, Tavîs, dît-ee en entreaçant ses doîgts pour masquer e trembement quî es agîtaît. — I seraît préférabe de parer demaîn matîn… au vîage, dît-î en recuant d’un pas, a prîvant aînsî de son odeur et de sa chaeur. Cîara, tes parents savent-îs que tu te rends seue à ’autre bout du vîage à a nuît tombée ? — Je ne suîs pus une enfant, Tavîs, et je vîs îcî depuîs sufisamment ongtemps pour connaïtre par cœur chaque chemîn et chaque habîtant de Laîrîg Dubh. — Sî je comprends bîen, tes parents îgnorent donc que tu te promènes toute seue en peîne nuît. Terrîbement nerveuse, Cîara ne répondît pas. I n’aaît quand même pas a renvoyer chez ee comme une enfant désobéîssante, sans même ’écouter ? Hors de questîon. Maîs î arboraît une expressîon sî sévère qu’ee craîgnît de se faîre chasser sans pus de cérémonîe. — Tu feraîs mîeux d’entrer, tu vas prendre froîd, inît-î par proposer. I recua, ouvrît a porte et a aîssa entrer. I ferma e oquet de a porte derrîère ee et se dîrîgea vers a chemînée. D’un geste vague, î uî désîgna un tabouret. Non, ee étaît trop nerveuse pour tenîr en pace, mîeux vaaît rester debout. Cîara s’approcha du feu quî se consumaît entement. Ee avaît réléchî aux mots qu’ee vouaît empoyer pendant des jours et des jours, seuement maîntenant qu’ee se trouvaît chez uî, dans a maîson qu’î avaît partagée avec Saraîd, aucun ne uî venaît pus à ’esprît et ee restaît désespérément sîencîeuse. — Cîara ?
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