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Chapitre 1
Lairig Dubh, Ecosse, printemps 1370
Cîara étaît assîse un peu à ’écart, dans un coîn de a sae que Duncan avaît choîsîe comme cadre des négocîatîons. C’étaît une pîèce de bees dîmensîons et putôt confortabe, bîen que meubée sans ostentatîon. Cîara se sentaît bîen. Les fenêtres étaîent ouvertes pour aîsser entrer ’aîr fraîs du prîntemps. On avaît apporté de a nourrîture et des boîssons pour es învîtés. Maîs peu se servaîent : îs étaîent réunîs pour négocîer, non pour rîpaîer. A son habîtude, Cîara s’arrangea pour ne croîser e regard de personne. La pupart des hommes présents pensaîent probabement qu’ee étaît une servante. Cîara retînt un petît sourîre. Ee n’étaît pas à pour eur servîr à boîre et à manger ! Non, Cîara Robertson étaît a dîgne hérîtîère de Duncan, négocîateur attîtré du can MacLerîe, et ee mettaît à ’épreuve ce qu’î uî avaît apprîs. L’aîr de rîen, ee écoutaît attentîvement chaque mot prononcé de part et d’autre et observaît es expressîons de tous es înterocuteurs, aînsî que a façon dont chacun étaît assîs ou se mouvaît pour essayer de comprendre quî détenaît réeement e pouvoîr dans cette négocîatîon. Ce n’étaît pas forcément e pus âgé, e pus fortuné ou ceuî quî paraît
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e pus fort. Son père e uî avaît expîqué bîen des foîs. Ceuî quî détenaît e vérîtabe pouvoîr restaît généraement dans ’ombre. I paraît sans jamaîs s’énerver et dééguaît certaînes tâches à des subaternes pour es mettre sur e devant de a scène. En écoutant es uns et es autres, Cîara avaît acquîs a certîtude que c’étaît e benjamîn des frères MacLaren quî prenaît es décîsîons dans cette sérîe de négocîatîons menées en vue d’un accord de commerce avec eur can. C’étaît un autre homme, pus âgé, quî paraît au nom des MacLaren, pourtant ee étaît persuadée que ce n’étaît pas uî quî dîrîgeaît es opératîons. La réunîon se poursuîvît pusîeurs heures, sans que Cîara sente e temps passer. Chaque partîe tentaît d’exposer ses arguments et jouaît un jeu de dupes. Cîara s’étaît retenue de sourîre à maîntes reprîses en voyant son père à ’œuvre pour obtenîr e meîeur contrat possîbe pour es MacLerîe : tour à tour, î poussaît ses înterocuteurs dans eurs retran-chements puîs es amadouaît, es compîmentaît… Lorsque es négocîatîons quî duraîent depuîs e début de a matînée touchèrent à eur in, Duncan avaît manîfes-tement réussî à amener es MacLaren sur e sentîer qu’î désîraît eur faîre emprunter. L’accord seraît certaînement concu dès e endemaîn. Satîsfaîte, Cîara se eva et it une petîte révérence aux hommes du can MacLaren orsqu’îs quîttèrent a pîèce. Ee se tenaît prête, dîsposée à apporter son aîde à Duncan s’î a uî demandaît. A présent, ee connaîssaît sur e bout des doîgts sa façon de procéder. Son père ne prenaît jamaîs aucune note durant es pourparers, maîs î se souvenaît de chaque mot et de chaque cause approuvée. Une foîs a réunîon termînée, î écrîvaît tout ce qu’î avaît en tête. I ne pareraît à personne avant d’avoîr termîné. Entre-temps, Cîara proposa de a bîère aux membres du
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can quî étaîent encore présents dans a pîèce. Bîentôt, î ne resta pus que e aîrd et son întendant. Is attendaîent tous es deux e compte rendu de son père, maîs ceuî-cî n’avaît pas encore inî de rassember ses pensées. I aaît bîentôt eur expîquer comment î comptaît mener ces négocîatîons à eur terme. Queques mînutes passèrent dans un sîence concentré. Cîara en proita pour se déasser un peu es jambes après être restée îmmobîe sî ongtemps. A vraî dîre, e came et a posîtîon assîse ne faîsaîent pas partîe de ses habîtudes ! Soudaîn, ee sentît peser sur ee e regard de son once Connor. Le aîrd a ixaît maîs orsqu’ee croîsa son regard, î sourît et regarda aussîtôt aîeurs. Cîara fronça es sourcîs. Pourquoî ces mystères ? Sî son once avaît queque chose à uî dîre, î ne se gênaît d’ordînaîre pas pour e uî faîre savoîr… Au même înstant, son père eva a tête et s’écaîrcît a gorge. Sîgna qu’î étaît enin prêt à dîscuter des progrès effectués durant a journée. Pourtant, es mots qu’î prononça a prîrent par surprîse. — Dîs-moî, Cîara, peux-tu nous dîre ce que tu as pensé des pourparers ? Eh bîen, voîà quî changeaît encore de ’ordînaîre ! Son père aîmaît à dîscuter avec ee, certes, maîs jusqu’aors î ’avaît toujours faît en prîvé, quand es négocîatîons étaîent achevées… La jeune femme vouut répondre, maîs es mots restaîent désespérément boqués au fond de sa gorge. Impossîbe de dîre queque chose d’utîe, de pertînent, maîntenant qu’on uî demandaît d’exprîmer son avîs. En prîvé pourtant, donner son opînîon ou formuer des observatîons ne uî avaît jamaîs causé e moîndre probème. Ee apprécîaît même teement es débats qu’ee en avaît réguîèrement avec ses parents ! Seuement, ee ne se soucîaît aors jamaîs vraîment de ce qu’ee aaît dîre.
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Maîs à, en présence du aîrd et de son întendant quî sembaîent suspendus à ses èvres, ee avaît es maîns terrîbement moîtes et ’esprît vîde. — Penses-tu que e aîrd du can MacLaren acceptera ma requête et étendra a durée de cet accord ? répéta Duncan d’une voîx encourageante. Gavanîsée par cet encouragement dîscret, Cîara décîda de faîre comme sî es autres n’étaîent pas à et de répondre dîrectement à son père. — Je pense que e aîrd est tout dîsposé à étendre a durée de ’accord comme tu e uî as demandé… en revanche, je craîns que son jeune frère ne soît pas du même avîs. Et c’est son frère quî prendra a décîsîon inae. Cîara avaît donné son avîs d’înstînct et ee s’en vouut de ne pas avoîr réléchî davantage. Et sî ee se trompaît ? Et sî ses observatîons étaîent compètement erronées ? C’étaît a premîère foîs qu’on uî permettaît d’assîster à une déîbéra-tîon en présence des responsabes du can. Avaît-ee gâché cette occasîon ? Sî ee échouaît… Comment pourraît-ee ’annoncer à sa mère, ee quî ’avaît toujours soutenue et avaît même encouragé son éducatîon peu commune pour une jeune femme ? Duncan a regarda întensément puîs jeta un coup d’œî à Connor. Cîara frîssonna. Son once savaît se montrer întîmî-dant orsqu’î e désîraît et, à cet înstant précîs, î arboraît une mîne sévère quî n’auguraît rîen de bon. Avaît-ee commîs une erreur ? Ee pressa ses maîns ’une contre ’autre pour tenter de contrôer sa nervosîté. — Je te ’avaîs bîen dît, Connor, non ? ança son père, e sourîre aux èvres. Cîara baîssa es yeux, rouge de honte. — Ouî, Duncan, tu me ’avaîs dît, répîqua e aîrd d’un ton enjoué. Cette jeune ie faît preuve d’une grande înteîgence et voît caîr dans eur jeu. Ee es a percés à
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jour pus rapîdement que moî, ajouta-t-î en uî adressant un sîgne de tête admîratîf. Cîara n’en croyaît pas ses oreîes. Ee ébaucha un sourîre hésîtant, souagée. Apparemment, ee avaît vu juste. Son père étaît rayonnant. La ierté brîaît dans ses yeux et un arge sourîre fendît son vîsage. — Quoî d’autre encore, jeune ie ? demanda e aîrd. Dîs-moî tout ce que tu as remarqué d’autre pendant es dîscussîons. — Le bétaî întéressaît davantage son frère que e aîrd MacLaren. Et je croîs qu’î surestîme a capacîté de ses hommes à prendre es armes en cas de besoîn, ajouta-t-ee. Un peu pus à ’aîse désormaîs, ee expîqua comment ee étaît parvenue à ces concusîons et répondît aux ques-tîons que uî posaîent à tour de rôe e aîrd, ’întendant et son beau-père. Puîs, tous quatre se mîrent à débattre des concessîons qu’îs avaîent déjà obtenues et de cees qu’îs désîraîent encore obtenîr de a part des MacLaren. Is furent înterrompus un peu pus tard par des coups furîeux frappés à a porte. — Connor, îs ne servîront pas à manger tant que tu n’es pas à tabe, crîa Joceyne à son époux. En entrant, ee eur jeta à tous un regard furîbond, comme s’îs étaîent responsabes du retard du aîrd, même sî ceuî-cî ne sembaît pas pressé de dïner. — Tout e monde attend, et vous, vous êtes à à traïner. Les MacLaren sont déjà à tabe et attendent eur dïner. Cîara tenta de réprîmer son envîe de rîre maîs inît par aîsser échapper un goussement. Voîr cet homme puîssant se faîre rabrouer par sa femme sans opposer a moîndre résîstance étaît îrrésîstîbe. Son père uî jeta un regard cour-roucé pour uî întîmer ’ordre de garder sa retenue, toutefoîs, ee voyaît bîen que uî aussî trouvaît a sîtuatîon cocasse. Quee îronîe, aors que sa mère ne se comportaît pas
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autrement avec uî ! Marîan n’hésîtaît pas non pus à dîre franchement e fond de sa pensée à son époux. D’aîeurs, ee devaît être en traîn de ’attendre dans e ha pour uî adresser queques reproches en prîvé. Tout comme Joceyne avaît tenu sa angue jusqu’au départ de ceux quî ne faîsaîent pas partîe de a famîe. Aors que e aîrd prenaît sa femme par a maîn et ’emmenaît vers a sae à manger, Cîara songea que, contraî-rement à bon nombre d’hommes, son once et son père ne permettaîent pas seuement à eurs femmes de se conduîre comme ees ’entendaîent, îs es acceptaîent aussî tees qu’ees étaîent. Parce qu’îs es aîmaîent… Ces hommes endurcîs ne craîgnaîent pas de se montrer faîbes en accordant une tee îberté aux femmes, et c’est précîsément ce quî révéaît eur force. Cîara étaît conscîente que e faît d’accompagner son père pour effectuer des mîssîons pour e aîrd n’aaît pas de soî dans a pupart des autres cans. Luî accorderaît-on es mêmes îbertés orsqu’ee se marîeraît ? Ce quî ne sauraît, héas, tarder… Ee n’étaît pas censée être au courant, néanmoîns, ee avaît entendu ses parents dîre à pusîeurs reprîses qu’ee étaît en âge de se marîer et qu’îs devaîent uî trouver un bon partî. Le temps uî étaît donc compté. Sa îberté ne dureraît pas toujours. La dot împortante qu’on uî avaît accordée ne feraît qu’accroïtre es proposîtîons de marîage. Sans oubîer sa parenté avec deux cans très puîssants — es MacLerîe du côté de son père, es Robertson du côté de sa mère — quî faîsaît d’ee une épouse de choîx pour tous ceux quî convoîtaîent un rapprochement avec ’un ou ’autre de ces cans. Ee auraît droît à un marîage cassîque, en déinîtîve, un marîage dîcté par a raîson et a poîtîque. L’homme quî ’épouseraît a choîsîraît en fonctîon de a vaeur marchande qu’on uî attrîbuaît et non pour ses quaîtés propres…
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De toute façon, aucun homme ne sauraît s’întéresser à une femme pus înstruîte que uî ! Une femme quî s’y connaîssaît en affaîres par-dessus e marché ! Les hommes vouaîent une femme pour eur tenîr chaud au ît, se décharger des tâches domestîques et s’occuper des enfants. Bîen magré eux sans doute, ses parents ’avaîent préparée à vîvre une tout autre exîstence. Ce faîsant, îs ’avaîent condamnée à a soîtude. Seue sa dot uî permettraît de ever a pupart des objectîons de ses prétendants… Cîara retînt un soupîr désabusé. L’homme quî pourraît ’aîmer pour ee-même n’exîstaît pas. Enin… î exîstaît bîen un homme capabe d’apprécîer sa supérîorîté înteectuee sans s’en formaîser et de voîr quee femme ee étaît vraîment au fond. Un homme quî ’avaît toujours soutenue. Et quî contînueraît sûrement à a voîr tee qu’ee étaît. Tavîs. Toutes ces années, ee avaît gardé pour ee ses vérîtabes sentîments envers Tavîs. Seue Eîzabeth, son amîe a pus proche, étaît dans a conidence. En dépît de son sîence, jamaîs Cîara n’avaît abandonné ’espoîr de voîr un jour Tavîs partager ses sentîments. Lorsqu’ee n’étaît qu’une enfant, ce n’étaît rîen de pus qu’un merveîeux rêve. Aujourd’huî, ee étaît désormaîs peînement conscîente de ce que cea împîquaît. Aujourd’huî, ee étaît prête… Tavîs, héas, ne ’étaît pas. Aons, înutîe de s’abandonner à ces pensées moroses ! Ee feraît mîeux d’aer dïner. Dans a grande sae, Cîara prît pace auprès de ses parents. Le aîrd a présenta à tous es membres du can MacLaren et, à part queques sourcîs froncés çà et à, personne n’exprîma une queconque répro-batîon en entendant son nom. Pendant es pourparers, îs avaîent pensé qu’ee n’étaît qu’une servante au servîce des
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MacLerîe. Is comprenaîent désormaîs a pace prîvîégîée qu’ee occupaît. Et justement, une étîncee d’întérêt s’auma dans ’œî des frères MacLaren. Seîgneur ! Ee vîendraît sans aucun doute s’ajouter aux termes de ’accord. Les deux frères échangèrent un coup d’œî rapîde, maîs éoquent. Is aaîent sûrement joîndre une demande en marîage au contrat. Boueversée, Cîara resta pongée dans ses pensées e reste du repas. Sî ee avaît vu juste, î faaît à tout prîx réagîr rapîdement. Ee ne pouvaît pas prendre e rîsque de perdre Tavîs à tout jamaîs. Même sî ceuî-cî étaît toujours en proîe à son terrîbe chagrîn et ne s’étaît pas remîs du décès de sa femme, e temps étaît venu de eur construîre un avenîr commun.
Les négocîatîons aboutîrent queques jours pus tard. Le nom de Cîara avaît be et bîen été évoqué au cours des dîscussîons, heureusement, e aîrd s’étaît vîvement opposé à toute unîon. Cîara n’étaît pas pour autant souagée : ee savaît que ce n’étaît que e début des ennuîs. D’autres proposîtîons suîvraîent. Et bîentôt, î n’y auraît pus aucune raîson égîtîme de refuser de consîdérer es offres quî uî seraîent faîtes. I étaît temps de passer à ’actîon. Justement, Tavîs rentraît tout juste de mîssîon. Aors, ee aaît prendre son courage à deux maîns et faîre a chose a pus audacîeuse et a pus terrîiante qu’ee aît jamaîs eu à faîre. Le cœur en émoî, Cîara attendît a tombée de a nuît pour se fauier hors de a maîson d’Eîzabeth et se rendre chez Tavîs. Ee vouaît être certaîne de e trouver seu. Comme î uî seraît împossîbe de sortîr de ’enceînte une foîs que es portes seraîent fermées pour a nuît, ee avaît éaboré un pan avec ’aîde d’Eîzabeth. Son amîe couvrîraît son
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absence sî es cîrconstances ’exîgeaîent. Une foîs arrîvée devant a maîson de Tavîs, ee hésîta un înstant, soudaîn terrîiée. Aons, du came. Ee aaît sîmpement uî dîre ce qu’ee ressentaît, puîs uî poseraît a questîon quî uî brûaît es èvres depuîs tant d’années. I n’étaît pus temps de recuer. Aors qu’ee restaît igée devant a porte de Tavîs, es mots de son père uî revînrent à a mémoîre : « Tu es une femme éduquée, Cîara, tu saîs îre et écrîre dans cînq angues et tu es devenue habîe dans ’art de a négocîatîon. Tu as de nombreux taents et possèdes de soîdes connaîssances dont bîen des hommes n’ont même jamaîs entendu parer. Tu es înteîgente, vîve d’esprît et tout homme seraît heureux de t’avoîr pour femme. » Pourtant, cette foîs, ces mots ne uî donnèrent aucun courage. Tavîs avaît dû ’entendre, car ee ’entendaît dîstînc-tement s’approcher de ’autre côté de a porte. Cîara prît une profonde înspîratîon et tenta de maïtrîser es battements de son cœur. Lorsqu’î ouvrît a porte et murmura son nom d’une voîx étonnée, ee demeura paraysée. Dîeu du cîe, à force de ne pus e voîr qu’en de rares occasîons, ee avaît oubîé combîen î étaît beau. Et teement vîrî ! Sa cheveure brune lottaît îbrement sur ses épaues. I étaît sî grand et muscé qu’î rempîssaît tout ’encadrement de a porte. Comme ee auraît aîmé se bottîr contre cette poîtrîne soîde et sentîr ses bras protecteurs se resserrer autour d’ee. Et orsqu’ee èveraît es yeux vers son vîsage, ee îraît ’amour et ’adoratîon dans son regard… Pour ’heure, cependant, î n’y avaît que de a surprîse dans ses yeux verts. Tavîs s’approcha d’ee, puîs regarda dans ’ombre en dîrectîon du chemîn d’accès. I étaît sî proche qu’ee sentaît a chaeur quî émanaît de son corps. Ee ferma es paupîères et s’accorda un court moment
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pour sentîr son odeur… Ee devaît se ressaîsîr au îeu de se comporter comme une îdîote muette et paraysée ! — Queque chose ne va pas, Cîara ? I est tard, tu saîs. Soudaîn, ’esprît de Cîara ne fut pus que néant. Ee înspîra profondément et se ança. — Je voudraîs te parer, Tavîs, dît-ee en entreaçant ses doîgts pour masquer e trembement quî es agîtaît. — I seraît préférabe de parer demaîn matîn… au vîage, dît-î en recuant d’un pas, a prîvant aînsî de son odeur et de sa chaeur. Cîara, tes parents savent-îs que tu te rends seue à ’autre bout du vîage à a nuît tombée ? — Je ne suîs pus une enfant, Tavîs, et je vîs îcî depuîs sufisamment ongtemps pour connaïtre par cœur chaque chemîn et chaque habîtant de Laîrîg Dubh. — Sî je comprends bîen, tes parents îgnorent donc que tu te promènes toute seue en peîne nuît. Terrîbement nerveuse, Cîara ne répondît pas. I n’aaît quand même pas a renvoyer chez ee comme une enfant désobéîssante, sans même ’écouter ? Hors de questîon. Maîs î arboraît une expressîon sî sévère qu’ee craîgnît de se faîre chasser sans pus de cérémonîe. — Tu feraîs mîeux d’entrer, tu vas prendre froîd, inît-î par proposer. I recua, ouvrît a porte et a aîssa entrer. I ferma e oquet de a porte derrîère ee et se dîrîgea vers a chemînée. D’un geste vague, î uî désîgna un tabouret. Non, ee étaît trop nerveuse pour tenîr en pace, mîeux vaaît rester debout. Cîara s’approcha du feu quî se consumaît entement. Ee avaît réléchî aux mots qu’ee vouaît empoyer pendant des jours et des jours, seuement maîntenant qu’ee se trouvaît chez uî, dans a maîson qu’î avaît partagée avec Saraîd, aucun ne uî venaît pus à ’esprît et ee restaît désespérément sîencîeuse. — Cîara ?
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