La loi du plaisir

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Quand elle comprend que celui qui vient de lui murmurer des mots torrides n’est pas son fiancé, mais le frère jumeau de ce dernier, Cara est furieuse. Mais, bientôt, le doute s’insinue en elle : épouse-t-elle l’homme qu’il lui faut ? Car jamais auparavant son fiancé n’a fait naître en elle ce feu brûlant, ce désir qui balaie tout ?et par de simples mots…
Publié le : mardi 1 juillet 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280326223
Nombre de pages : 216
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Cara Brantley contempla son reflet dans le miroir du salon d’essayage. Non, ce voile non plus ne convenait pas. Bon sang ! Tant de chichis pour un simple bout de tulle à accrocher à ses cheveux ? Qu’est-ce qui n’allait pas chez elle ? Elle avait essayé des dizaines de robes de mariée. Torturant au passage cette pauvre Elizabeth Gray, la directrice du magasin de robes de mariée sur lequel elle avait jeté son dévolu. Elizabeth avait d’ailleurs fait preuve d’une patience exemplaire malgré les heures et les heures qu’elle avait passées à l’aider à enfiler, puis enlever une ribambelle de modèles. Avec, en fond sonore, les incessantes jérémiades de la mère de Cara ou de ses amies. Heureusement, Cara avait fini par jeter son dévolu sur LA robe. A un prix très élevé. Mais éblouissante. Une robe faite pour elle. Et tout le monde était content. Elizabeth percevrait une marge confortable sur la vente. Quant à sa mère, soulagée d’en finir, elle avait enfin libéré le cameraman : les essayages qu’il venait de filmer pour la vidéo souvenir des préparatifs étaient terminés, il pouvait rentrer chez lui. Tout le monde était content… ou presque. Car avait-elle réellement « su » dès le moment où elle l’avait vue qu’il s’agissait là de « sa » robe ? Eh bien, non. Elle avait fait semblant. Combien de fois lui avait-on répété qu’elle « saurait » dès qu’elle aurait enfilé la bonne tenue. Tout comme on lui avait toujours dit qu’elle « saurait » reconnaître l’amour, le vrai, le jour où celui-ci frapperait à sa porte. Sauf que dans la vraie vie, les choses n’étaient pas aussi simples. Loin de là. Et pourtant, autour d’elle, les bonnes âmes prêtes à la rassurer ne manquaient pas… « Tu as des doutes ? C’est normal ! C’est le stress du mariage. Tu sais, se marier représente une étape cruciale dans une vie. Ton existence en sera bouleversée à jamais… Avoir quelques états d’âme est non seulement normal, mais sain. » Dans ce cas, qu’est-ce qui pouvait bien l’empêcher de trouver le voile qu’il lui fallait ? Soudain, elle entendit un grand éclat de rire dans l’un des salons. Dallas et ses témoins y faisaient leurs propres essayages. En plus du choix de son voile, c’est aussi pour cela que Cara avait tenu à être là aujourd’hui. Pour répondre aux éventuelles questions découlant des essayages, et auxquelles elle n’aurait pas de mal à trouver des réponses. Cela la changerait de ses questions existentielles. Dégrafant le voile de ses cheveux, Cara suivit le rire qui semblait provenir de la pièce voisine de celle où elle avait essayé sa robe. Les vêtements d’une cliente étaient encore accrochés au cintre recouvert de satin couleur ivoire. Cara regarda autour d’elle, mais aucune future mariée en vue. Elle avait déjà dû rejoindre la retoucheuse. — C’est quoi ce rose ? entendit-elle à travers la cloison. Dal, dis-nous que c’est une blague ! — Pourquoi ? demanda la voix de son fiancé. Moi, je n’ai pas peur de porter du rose, Tyrone : il m’en faut beaucoup plus pour me sentir menacé dans ma virilité ! De nouveau, des rires emplirent la pièce. — Le rose te va à merveille, Ty, déclara Marcus, un autre ami de fac de Dallas. Regardez-moi ça : il fait ressortir son teint de pêche ! Le rire de Dallas se mêla à celui de la bande de copains. — Je n’ai pas besoin que l’on me rehausse le teint. Je veux juste que cette séance de prise de mensurations se termine au plus vite. La fameuse bière que Dal nous a promise nous attend… La voix de Ty s’évanouit peu à peu alors qu’il s’éloignait de la cabine d’essayage.
Cara demeura un instant perplexe. Pas très sérieux tout ça… Cela dit, elle pouvait parler. Elle-même avait offert une séance de dégustation de champagne à ses demoiselles d’honneur après les premiers essayages. Quelques secondes plus tard, un cri indigné la fit sursauter. — Quoi ? Tu ne portes pas la même couleur que nous ? s’exclamait Tyrone qui avait dû revenir auprès de Dallas. — C’est le privilège du marié ! répliqua Dal. — Et Austin, alors ? Son costume est rose, peut-être ? Pourquoi je devrais être le seul à me coltiner une allure de mauviette ? — Austin est mon témoin majeur. A ces mots, Cara froissa le voile entre ses mains, et cessa d’écouter les plaintes de Tyrone. Austin… C’était lui la principale cause de tous ses doutes. Austin, le frère jumeau de Dallas. Dallas et Austin Varnell se ressemblaient comme deux gouttes d’eau, mais leurs personnalités étaient diamétralement opposées. A peine quelques secondes d’observation, et on parvenait à les différencier. Celui qui attirait les gens, c’était Dallas. La preuve, il l’avait attirée,elle. Quand elle les avait rencontrés, à l’université, Dallas captait l’attention de tout le monde, sous le regard lointain d’Austin. Dallas avait bien essayé d’intégrer son frère, au prix d’efforts réguliers, mais en vain. Et même, cela n’avait eu pour effet que de souligner un peu plus leurs différences. A l’époque, les gens disaient d’Austin qu’il était ennuyeux, voire déprimant. Et Austin ne pouvait pas ne pas être au courant de ce qui se disait sur lui. C’était lui le raisonnable, celui à qui on confiait les clés de la voiture lors des soirées arrosées, celui qui possédait cette maturité et cette sagesse que la plupart des étudiants impétueux trouvaient ringardes. — Tu réagis comme un vieux ; ou plutôt, comme une vieille fille, s’était exclamé Dallas le jour où Austin lui avait fait remarquer qu’il venait de sécher son troisième cours d’arithmétique d’affilée. Cara s’en souvenait comme si c’était hier. Elle faisait alors partie du même groupe d’étude que les frères Varnell, et c’est par ce biais qu’elle avait fait leur connaissance. Dallas et ses copains voulaient copier une dissertation d’Austin, et Cara s’était interposée en suggérant à ce dernier de refuser. C’était à cet instant précis qu’elle avait capté l’attention de chacun des jumeaux. Austin avait sans doute eu l’impression de rencontrer pour la première fois une personne insensible au charisme de Dallas. De son côté, Dallas avait dû ressentir la même chose. Ce qui n’avait fait qu’aiguiser sa curiosité. Il était tellement beau et avenant que les gens se moquaient de se laisser manipuler par lui : ce qu’ils recherchaient avant tout, c’était sa compagnie, ses attentions. Or, pour la première fois de sa vie, Dallas n’avait pas pu obtenir ce qu’il désirait à l’aide d’un simple sourire. Tout aussi beau que son frère, Austin avait cependant un caractère radicalement différent. Il était aussi réservé que Dallas était exubérant. Quand Austin était celui qui rendait service, Dallas, lui, était celui à qui on rendait service. Responsable, digne de confiance, Austin était un étudiant assidu. Bref, il était tout ce qu’on pouvait espérer, sauf une chose : sexy. Et pourtant… Très vite, Cara l’avait préféré à son jumeau. Auprès d’Austin, elle avait l’impression d’être une adulte, avec tout ce que ce statut impliquait de responsabilités. Même s’il n’était pas facile à aborder. Car elle s’était rapidement rendu compte qu’Austin méprisait toute activité insouciante, et ne souhaitait pas perdre son temps avec ce qu’il considérait comme des frivolités. Et lui et Cara n’avaient manifestement pas la même notion de ce qui était frivole ou pas. Ce qui lui paraissait futile à lui était souvent à son goût à elle. Avec Dallas, il était plus facile d’être spontanée. C’était donc tout naturellement qu’elle avait passé beaucoup de temps avec lui, même si elle le soupçonnait de ne s’intéresser à elle que parce que son frère l’aimait bien. Secrètement, elle avait espéré qu’Austin finirait par protester, mais il était resté en retrait, comme il le faisait toujours. Après la fin de leurs études, la vie les avait tous séparés. Jusqu’à l’année dernière, quand Cara avait de nouveau croisé la route des frères Varnell. Plus précisément celle de Dallas. Devenue décoratrice d’intérieur, elle s’était rendue chez un client. Le destin avait voulu qu’au même moment, Dallas démarche ce client pour le compte du club de football pour lequel il travaillait… Et voilà comment ils s’étaient retrouvés autour d’un café pour parler du bon vieux temps. Puis, ils étaient allés boire quelques verres. Avant de finir autour d’un vrai dîner. Cara avait alors
appris qu’Austin travaillait pour une grosse firme d’investissements pétroliers à risques, ce qui l’avait amusée. Le très sage Austin avait finalement pris un tour aventureux, tandis que Dallas avait visiblement mûri et s’était assagi. Avec l’âge, les choses s’étaient donc naturellement équilibrées entre eux. Cara avait passé une bonne soirée. Alors, quand Dallas l’avait rappelée, elle avait accepté de le revoir. De plus en plus régulièrement. Dallas œuvrait à la recherche de sponsors pour l’équipe de football des Houston Texans. Une carrière qui lui seyait à merveille. Son travail consistait à divertir, offrir des places en tribune présidentielle et autres gratifications aux gros investisseurs du club. Quand Cara sortait avec lui, c’était toujours pour assister à un grand match, un spectacle à guichets fermés ou une soirée mondaine. Des expériences qu’elle n’aurait jamais eu l’occasion de vivre sans être introduite par un initié comme Dallas. Ce qui était très excitant. Enivrant, même. A vrai dire, il ne lui avait pas fallu beaucoup de temps pour ne plus pouvoir se passer de lui. Seule ombre au tableau : elle était loin d’être la seule à éprouver ce sentiment. Dallas et elle n’étaient donc pratiquement jamais seuls. La nuit où ils étaient devenus amants, c’était précisément à la suite d’une dispute à ce sujet. En larmes, elle l’avait accusé de ne pas réellement s’intéresser à elle, et lui avait avoué tout ce qu’elle avait sur le cœur. A son grand étonnement, Dallas avait répondu par de nombreuses promesses, pour finalement se faire pardonner en lui faisant l’amour de façon fougueuse et passionnée. Et il l’avait demandée en mariage. Sans plus de préambule. Entre deux sanglots, elle avait répondu « oui ». Sans plus d’hésitation. En y repensant aujourd’hui, Cara ne pouvait s’empêcher de se demander si ce début tumultueux n’avait pas donné le ton à leur relation. Depuis, c’était comme s’ils s’ingéniaient à reproduire ce schéma : dispute, réconciliation torride, dispute… A vrai dire, Cara ne se reconnaissait plus. Quand s’était-elle transformée en cette femme qui avait constamment besoin d’être rassurée ? Cette nouvelle facette d’elle-même ne lui plaisait pas du tout. Dallas et elle n’étaient plus des enfants, et il lui avait prouvé sa maturité avec une vraie promesse d’engagement. Que lui fallait-il de plus ? Certes, il exerçait un métier très prenant, avec des horaires lourds et à géométrie variable, mais Cara devait se ressaisir, elle le savait. Pendant de longs mois la question de la date du mariage avait été un sujet de disputes entre eux. En fait, Dallas et elle étaient tributaires du calendrier des matchs de l’équipe. Il y avait aussi la période des playoffs, et des recrutements. Le mariage d’hiver dont rêvait Cara s’était peu à peu transformé en mariage de printemps. Il avait donc fallu opter pour d’autres variétés de fleurs pour les bouquets. Et faire une croix sur le velours pour les demoiselles d’honneur… Et voilà que maintenant, on en était à évoquer un mariage estival. En rose. Tout en rose. Et les tons de rose ne se marieraient guère avec des teintes d’automne : autrement dit, il valait mieux pour Dallas que ce report de date soit le dernier. Dallas en était sincèrement désolé, elle n’en doutait pas. Elle le comprenait même. Vraiment. Et puis, vu la ferveur avec laquelle il lui avait fait l’amour, elle aurait pu lui pardonner n’importe quoi. Mais la situation n’était pas si simple… Ils étaient fiancés depuis près d’un an et le mariage n’aurait pas lieu avant plusieurs mois encore. Pour calmer sa mère, qui trépignait en le voyant sans cesse repoussé, il avait bien fallu que Cara l’autorise à venir fourrer son nez dans un certain nombre de détails d’organisation. Cara ferma les yeux. A qui mentait-elle ? Elle savait bien que ce n’était pas vraiment ce qui la perturbait. Non, ce qui la troublait à ce point, c’était ce petit incident, le mois dernier… Elle s’assit dans l’un des gros fauteuils blancs capitonnés du salon d’essayage. Rien qu’à la pensée de ce qui s’était passé, elle sentait le rouge lui monter aux joues. Ce jour-là, cela faisait un moment qu’elle essayait de parler à Dallas du mariage et de leur vie à venir. Vulnérable, émotive, elle éprouvait à cette époque un besoin pressant d’être auprès de lui. Mais, toujours très pris par son travail, il n’avait pas semblé comprendre son besoin de conversations métaphysiques à n’en plus finir, son besoin d’être rassurée, au moins en mots, à défaut d’actions. En avait résulté une dispute spectaculaire, suivie d’une non moins spectaculaire partie de jambes en l’air à l’heure du déjeuner. Après avoir fait l’amour, et avant qu’il retourne travailler,
Cara avait de nouveau provoqué Dallas en lui proposant de l’attendre dans son lit jusqu’à son retour… Complètement nue. Et une lueur de désir avait aussitôt illuminé le regard de son fiancé. Aussi, quand elle avait entendu la porte d’entrée s’ouvrir peu après le départ de Dallas, en avait-elle déduit qu’il s’était ravisé et avait décidé d’annuler le rendez-vous prévu avec son client, pour revenir auprès d’elle, et s’accorder une sieste sulfureuse. C’était donc très naturellement qu’elle s’était levée du lit, toujours entièrement dénudée, pour aller l’accueillir. Ce qu’elle n’avait pas compris tout de suite, c’était que l’homme qui se tenait dans le hall d’entrée n’était pas Dallas. Mais son jumeau. Austin l’avait ainsi regardée se déhancher en descendant l’escalier d’un pas lascif. — Je le savais ! J’en étais sûre ! s’était-elle écriée avant de se jeter dans ses bras. Et c’est seulement les jambes enroulées autour de ses hanches qu’elle avait pris conscience d’être lovée de la plus intime des façons autour d’un costume bleu marine — et non du blouson de sport que Dallas portait quand il était parti. Mais il était alors trop tard pour interrompre leur baiser. Une paire de mains chaudes et rugueuses lui avait empoigné les fesses tandis que des lèvres, les mêmes que celles de Dallas, s’étaient jointes aux siennes d’une façon inconnue. Des lèvres qui n’auraient pas dû se joindre du tout. Et surtout… Elle n’aurait pas dû se perdre, se délecter même de ce baiser. Les baisers de Dal étaient merveilleux. Toujours. Il savait exactement comment engager la langue de Cara dans une danse sensuelle, brûlante… Ses baisers avaient toujours un goût d’excellence, de perfection. Mais Austin… Le baiser d’Austin, tout aussi passionné, avait eu un goût d’inattendu… Un goût à la fois exquis et inquiétant. Un goût, lui aussi… de perfection. Cara avait d’abord été saisie par un frisson glacial… Puis par une irrépressible bouffée de chaleur. Lentement, elle avait écarté son visage de l’homme qui venait peut-être de remettre en question sa définition de la perfection. — Bonjour, Cara, avait alors dit Austin.
TITRE ORIGINAL :UNDRESSED Traduction française :AURE BOUCHARD ® HARLEQUIN est une marque déposée par le Groupe Harlequin ® PASSIONS est une marque déposée par Harlequin S.A. © 2009, Heather W. MacAllister. © 2014, Harlequin S.A. Le visuel de couverture est reproduit avec l’autorisation de : Couple : © xxx Fond : © xx Femme : © xx Réalisation graphique couverture : XX (Harlequin SA) Tous droits réservés. ISBN 978-2280326223
Tous droits réservés, y compris le droit de reproduction de tout ou partie de l’ouvrage, sous quelque forme que ce soit. Ce livre est publié avec l’autorisation de HARLEQUIN BOOKS S.A. Cette œuvre est une œuvre de fiction. Les noms propres, les personnages, les lieux, les intrigues, sont soit le fruit de l’imagination de l’auteur, soit utilisés dans le cadre d’une œuvre de fiction. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, des entreprises, des événements ou des lieux, serait une pure coïncidence. HARLEQUIN, ainsi que H et le logo en forme de losange, appartiennent à Harlequin Enterprises Limited ou à ses filiales, et sont utilisés par d’autres sous licence.
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