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La maison de verre

De
174 pages
Le capitaine Gabriel Lacey du 35e régiment des Dragons légers, officier de cavalerie relevé de ses fonctions, a énormément perdu sur le champ de bataille au cours de la guerre péninsulaire. Cependant, il dispose encore de son sens inné du bien et du mal quand il se retrouve face à une injustice… Cet endroit est connu sous le nom de la Maison de verre, un lieu où tous les membres de la haute société londonienne peuvent voir et faire des choses inconvenantes pour un gentleman ou une lady. C’est un endroit dont le capitaine Lacey n’avait pas connaissance… jusqu’à ce qu’une de ses clientes habituelles soit retrouvée assassinée, flottant dans la Tamise. Il s’agit de l’épouse d’un avocat. Sa double vie, à la Maison de verre, était un secret bien gardé, de Mayfair jusqu’aux facultés de droit et à l’East End. Le capitaine Lacey découvrira jalousie et meurtre. Il se retrouvera alors confronté à ses propres secrets…
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Copyright © 2004 Jennifer Ashley / Ashley Gardner Titre original anglais : The Glass House Copyright © 2014 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec Creative Book Services, New York, NY Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Sophie Beaume et Valérie Finet Révision linguistique : Nicolas Whiting Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Carine Paradis Conception de la couverture : Mathieu C. Dandurand Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sylvie Valois ISBN papier 978-2-89733-750-6 ISBN PDF numérique 978-2-89733-751-3 ISBN ePub 978-2-89733-752-0 Première impression : 2014 Dépôt légal : 2014 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC)pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Dimon, HelenKay
[Victoria’s got a secret. Français] Le secret de Victoria (Amours vraies ; 5) Traduction de : Victoria’s got a secret. ISBN 978-2-89733-818-3 I. Beaume, Sophie, 1968- . II. Titre. III. Titre : Victoria’s got a secret. Français. IV. Collection : Amours vraies ; 5.
PS3604.I46V5214 2014 813’.6 C2014-940804-8
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Chapitre1
L ’affaire de la Maison de verre commença de façon plutôt calme un soir de la fin du mois de janvier 1817. Je passais l’après-midi à boire de la bière au Poney cabré, une taverne située avenue Maiden près de Covent Garden, dans une salle banale, bruyante, bondée et surchauffée. Des hommes en sueur se racontaient des histoires et riaient, et une serveuse dénommée Anna Tolliver remplissait les verres et me faisait un clin d’œil quand elle passait. Dehors, la nuit hivernale était noire, et il pleuvait. Mon logement de l’avenue Grimpen devait être sombre et désolé, et Bartholomew n’y était pas. Depuis Noël, Bartholomew, le valet de Lucius Grenville, grand, blond et ressemblant à un Allemand, était temporairement devenu mon domestique, mais ce soir-là, il était retourné à la demeure de Grenville afin d’aider à la préparation d’une soirée. Cette soirée serait l’une des plus somptueuses de la saison, et toutes les personnes qui avaient un nom seraient présentes. J’avais, moi aussi, été invité, et je m’y rendrais, même si je préférais de loin rendre visite à Grenville quand il ne jouait pas son rôle d’hôte. Grenville était le gentilhomme le plus convoité de la société, puisqu’il était l’expert le plus en vue en matière d’art, de musique, de chevaux, de femmes et de tout autre divertissement auquel la haute société londonienne attachait de la valeur. Il était également immensément riche et avait beaucoup de relations, de nombreux ducs et chevaliers de la royauté faisant partie de ses ancêtres. Ses manières, sa façon de s’habiller et ses goûts étaient soigneusement imités. En public, il jouait son rôle d’homme sophistiqué jusqu’au bout et, usant d’un sang-froid glacial et d’un monocle, il pouvait mortifier le plus effronté des aristocrates d’un seul regard. J’étais parvenu à connaître l’homme qui se cachait derrière cette façade, un gentilhomme intelligent, sage, cultivé, qui avait beaucoup voyagé et qui possédait une vive curiosité identique à la mienne. Les gens se demandaient pourquoi il s’était intéressé à moi, un officier de la cavalerie dans la quarantaine n’ayant qu’une demi-solde. Même si je provenais d’une bonne famille, je n’avais aucune fortune, aucune relation, aucune perspective. Je savais que Grenville était gentil avec moi parce qu’il me trouvait intéressant ; je le délivrais de l’ennui dans lequel lui, l’un des hommes les plus fortunés d’Angleterre, tombait fréquemment. Il prenait plaisir à écouter les récits de mes aventures, et il m’avait aidé, l’année précédente, à enquêter sur différents meurtres et événements mystérieux. Je ne pouvais pas critiquer la générosité de Grenville, mais je ne pouvais pas non plus lui rendre la pareille. Sa charité écorchait souvent ma fierté, mais au cours de l’année qui s’était écoulée, j’avais fini par le considérer comme un ami. S’il désirait que je sois présent chez lui, au milieu de la cohue, je lui ferais ce plaisir, et ce, même si je devrais supporter toute la soirée que l’on me regarde, dans mon uniforme, de manière impolie. Donc, je passais un moment agréable dans cette taverne accueillante et bruyante avant de devoir faire le trajet jusqu’à Mayfair pour affronter l’élite londonienne. Les hommes présents avaient fini par m’accepter comme un client régulier et, désormais, ils me saluaient chaleureusement et plaisantaient avec moi. La jolie Anne Tolliver m’adressait des sourires, mais je savais qu’elle avait un mari aux bras costauds et au tempérament revêche ; je les ignorais donc. Je compris que quelque chose clochait quand je quittai la taverne pour rentrer chez moi afin de me préparer pour la soirée. Il était vingt heures, la pluie tombait encore, et la nuit était
devenue froide de manière brutale. Un fiacre patientait à une station, de la fumée blanche s’échappant des narines des chevaux tandis que le cocher se réchauffait en prenant une gorgée de ce qui se trouvait dans sa flasque. Je marchais aussi vite que je le pouvais sur les pavés glissants, tentant de conserver en moi la chaleur de la bière et du feu jusqu’à ce que j’arrive chez moi. Mon logement était devenu moins sinistre depuis l’arrivée de Bartholomew. Il voulait se former en tant que domestique, m’avait-il dit, après quoi il m’avait supplié de l’embaucher. Un valet se trouvait au sommet de la hiérarchie du personnel de maison et disposait fréquemment de ses propres domestiques. Grenville me l’avait prêté, payant son salaire, et j’avais désormais une personne qui préparait mon savon à raser, brossait mes costumes, lustrait mes bottes et me faisait la conversation pendant que nous mangions le steak et les pommes de terre bouillies qu’il allait chercher pour notre dîner au pub tout près de chez moi. Je soupçonnais que Grenville avait deux raisons de m’envoyer Bartholomew : premièrement, Grenville avait pitié de moi, et deuxièmement, il voulait garder un œil sur moi. Grâce à Bartholomew, qui lui rendait des comptes, Grenville était certain de ne manquer aucune situation intrigante dans laquelle je pourrais atterrir. Mon logement se situait au-dessus d’une boulangerie dans le minuscule cul-de-sac de l’avenue Grimpen. La boulangerie était un endroit joyeux où l’on trouvait des pains chauds à la levure et du café et où l’on plaisantait. Mme Beltan louait les pièces au-dessus de son commerce à bas prix, mais j’avais découvert qu’elle était une propriétaire honnête. Le magasin, dont les fenêtres étaient sombres et vides, était fermé à cette heure-ci, Mme Beltan se trouvant chez elle avec sa sœur. Quand je tendis la main pour déverrouiller la porte extérieure qui menait à l’escalier, une voix retentit depuis l’obscurité. — Heureux de vous voir, capitaine. Je reconnus la voix stridente de Milton Pomeroy, qui avait jadis été mon sergent et qui était désormais l’un des fameux agents de police de la rue Bow. La lumière provenant des fenêtres de la maison opposée illuminait ses cheveux blond clair, son chapeau cabossé, son costume sombre sur ses larges épaules et son visage rond affichant une bonne mine. Au cours de la e guerre de la péninsule, Pomeroy avait été mon sergent dans le 35 régiment des Dragons légers. Dans la vie civile, il avait conservé sa voix puissante et son attitude brusque de sergent, ainsi que son caractère des plus impitoyables dans la poursuite de l’ennemi. Désormais, l’ennemi n’était plus constitué de Français, mais bien de voleurs à la tire, de cambrioleurs, d’assassins, de prostituées et d’autres habitants de Londres appartenant à la classe ouvrière. — Quelle soirée pluvieuse ! dit-il jovialement. Pas comme dans la péninsule, hein ? Le climat de la péninsule était aussi bien chaud que froid, mais il était généralement sec, et les étés pouvaient en effet être agréables. Ce soir-là en particulier, j’aspirais à ces jours estivaux sous un soleil accablant. — En effet, sergent, dis-je. — Eh bien, je ne suis pas venu pour bavarder à propos du temps, mais bien pour vous parler de cette petite actrice qui vit au-dessus de chez vous. Je haussai les sourcils. — Mademoiselle Simmons ? Marianne Simmons, une jeune femme blonde avec un visage trompeusement enfantin et de grands yeux bleus, gagnait tout juste de quoi vivre en jouant dans de petites pièces au théâtre de l’avenue Drury. Elle vivait dans les pièces au-dessus de mon logement et économisait sur
son maigre revenu en se servant dans mes provisions de bougies, de charbon, de tabac à priser et d’autres denrées. Je la laissais faire, sachant que sans cela, elle pourrait bien mourir de faim. — Oui, c’est bien elle. L’avez-vous vue ? — Pas depuis quelques semaines, répondis-je. Marianne disparaissait souvent pendant de longues périodes. Un jour, j’avais tenté de lui demander où elle allait pendant ces séjours à l’extérieur, mais elle m’avait simplement fixé froidement et m’avait dit que cela ne me regardait pas. J’espérais qu’elle n’avait rien fait de stupide, comme voler un gentilhomme. Une personne comme Marianne, sans amis et sans relations, pouvait très facilement être pendue ou déportée pour un crime aussi insignifiant que le vol d’un mouchoir. — Dans ce cas, monsieur, poursuivit Pomeroy, pouvez-vous m’accompagner et jeter un œil au corps repêché dans le fleuve ? Il pourrait très bien s’agir du sien. Je me figeai, mon sang se glaçant dans mes veines. — Mon Dieu. Je m’étais dit que l’absence de Marianne signifiait qu’elle avait trouvé un protecteur, du moins temporairement. Par le passé, elle avait toujours fini par revenir, proclamant son habituel dégoût des hommes et me demandant si elle pouvait partager mon souper. — Sortie de la Tamise il y a moins d’une demi-heure par un batelier, dit Pomeroy d’une voix enjouée. Elle ressemble à votre actrice, donc j’ai pensé à venir vous chercher pour en avoir le cœur net. — Il n’y a rien qui puisse révéler son identité ? — Rien, c’est ce qu’a dit l’homme de la Tamise. Elle n’est pas morte depuis longtemps. Quelques heures ou un peu plus, à mon avis. L’officier de la patrouille de la Tamise a fait appeler un magistrat, et ce dernier m’a envoyé sur place. Tout en expliquant cela, Pomeroy me conduisit jusqu’à la rue Strand, quittant l’avenue Grimpen et descendant la rue Russel. Ma canne résonnait sur les pavés tandis que je faisais mon possible pour suivre les grands pas de Pomeroy et pour freiner mon inquiétude croissante. Je doutais que Marianne ait pu vouloir se suicider ; elle avait toujours une attitude déterminée face à la vie, même si cette dernière ne lui avait pas donné de bonnes cartes en main. Ce n’était pas une brillante actrice, mais les hommes aimaient ses cheveux clairs, son visage en cœur et ses grands yeux bleus. Néanmoins, des accidents pouvaient survenir, et des gens tombaient dans le fleuve et se noyaient bien trop souvent. Je n’aurais jamais souhaité qu’il arrive malheur à Marianne. Même si nous étions différents et qu’elle m’avait dit franchement que je ne l’intéresserais jamais parce que je n’avais pas d’argent, je ne lui souhaitais certainement pas une mort horrible. Je m’interrogeais également, s’il s’avérait que la femme morte était Marianne, sur la façon dont j’annoncerais cette nouvelle à Grenville. Nous marchâmes en direction de l’est sur la rue Strand et arrivâmes sur la rue Fleet en passant par l’une des arches piétonnes de Temple Bar. La route faisait une courbe avec le fleuve qui coulait quelques rues plus loin, même si les hauts immeubles la cachaient complètement. C’était le lieu de prédilection des avocats et des journalistes, ces derniers n’étant pas mes personnages favoris. Par chance, nous n’en rencontrâmes aucun ce soir-là. Je supposai qu’ils s’étaient réfugiés dans des pubs, comme celui que je venais de quitter, ayant fini leur travail de la journée. Pourtant, je continuai à ouvrir l’œil au cas où j’apercevrais un certain journaliste à l’air affamé dénommé Billings ; il m’avait ridiculisé dans les journaux, l’été
précédent, à cause de mon implication dans l’affaire du colonel Westin. Nous descendîmes toute la rue Fleet jusqu’à la rue du Pont-Neuf, puis marchâmes jusqu’au pont Blackfriar et un escalier glissant qui menait à la rive de la Tamise. Alors que nous descendions, quittant les maisons en briques, le vent nous attaqua froidement. Le fleuve se trouvait au bas des marches, froid et immense, léchant doucement les berges et diffusant une odeur de chou pourri. Des lumières flottaient au milieu de la Tamise, celles de péniches et de petites embarcations remontant ou descendant le fleuve pour rejoindre les bateaux amarrés à l’Île aux Chiens, ou encore plus loin à l’est, vers Blackwall et Gravesend. Plusieurs lanternes étaient rassemblées, formant un cercle à dix mètres de l’escalier. — On l’a vue flotter là-bas, disait une voix fluette. J’ai demandé au jeune John de m’aider à la repêcher. Morte comme un crapaud et complètement boursouflée. Alors que Pomeroy et moi avancions dans leur direction en faisant craquer les galets, un homme sur la berge recouverte de gravier se tourna. — Pomeroy. — Thompson, tonna Pomeroy. Voici le capitaine Lacey, l’homme dont je vous ai parlé. Capitaine, Peter Thomson de la patrouille de la Tamise. Je serrai la main d’un grand homme aux cheveux grisonnants et dont le visage creux était orné d’un long nez et d’une bouche mince. Il était emmitouflé dans un manteau qui pendait sur son corps décharné, et ses gants étaient effilochés. Cependant, malgré ses traits émaciés, son regard était intense et clair. La patrouille de la Tamise parcourait le fleuve d’amont en aval, depuis la Cité de Londres jusqu’à Greenwich, fouillant les immenses bateaux marchands qui étaient à quai le long du cours d’eau. Leurs bateliers repêchaient les débris flottant à la surface du fleuve. Soit ils les remettaient à la police en échange d’une récompense, soit ils les revendaient. Quand ils trouvaient des corps, ils envoyaient chercher les officiers de la Tamise, même si je suspectais que les moins scrupuleux d’entre eux vendaient les pauvres victimes noyées aux résurrectionnistes, des hommes répugnants qui récupéraient des corps afin de les vendre à des chirurgiens et des anatomistes pour dissection. Thompson me dit : — Pomeroy m’a dit que la femme pouvait être l’une de vos connaissances. — Peut-être, dis-je, détestant cette possibilité. Puis-je la voir ? — Elle est là-bas. Il désigna, de son doigt recouvert de son gant élimé, le petit rassemblement d’hommes et de lanternes. Je passai devant le batelier, qui sentait la boue et les vêtements non lavés, et je rejoignis le cercle de lumière. Ils avaient allongé la femme sur un morceau de toile. Sa robe, faite de mousseline rose pâle, collait à son corps. Le tissu trempé soulignait ses cuisses, la courbe de sa taille et sa poitrine ronde. Son visage était gris, gonflé par l’eau. Une cascade de cheveux blonds mouillés, recouverts de boue, recouvrait les pierres à côté d’elle. Elle était petite et mince, et son visage avait une beauté enfantine. Ses mains étaient minuscules, recouvertes de gants en lambeaux, et ses pieds étaient encore chaussés de souliers ornés de perles. Même si leurs cheveux et leur stature étaient similaires, il ne s’agissait pas de Marianne Simmons. Je soupirai, quelque peu soulagé. — Je ne la connais pas. — Hum, dit Pomeroy. Je pensais que c’était elle. Bon, d’accord.
Thomson ne dit rien, ne semblant ni déçu ni ravi. Je me mis sur un genou, supportant mon poids sur ma canne. — Elle n’avait pas de réticule, ou alors un autre sac ? — Rien, capitaine, répliqua Thomson. Il se peut que son réticule ait été emporté vers le bas du fleuve. Pas de cartes, rien sur ses vêtements. J’imagine que c’était simplement une courtisane. Je levai l’ourlet de sa robe et en examinai le tissu. — Du travail délicat. C’est une robe de lady. — Elle peut l’avoir volée, suggéra Pomeroy. — Elle lui va trop bien. Je laissai retomber la jupe et parcourus la robe des yeux. — Elle a été faite pour elle. — Ou bien son amant l’a envoyée chez un tailleur, dit Thompson. Je regardai son cou et ses poignets nus. — Pas de bijoux. Si elle avait un protecteur, elle aurait porté des bijoux achetés par lui. — Alors quelqu’un les a volés, dit Pomeroy, poursuivant son argumentaire. Je touchai la gorge de la femme. — Il n’y a pas de traces de contusions ou de violence sur son cou, ni sur ses bras. Je ne pense pas qu’elle portait des bijoux avant de tomber dans le fleuve. Elle n’a pas été volée. Thompson s’abaissa à mes côtés. — Non, dit-il. Mais elle a été tuée. Il tourna la tête de la femme d’un côté. Je reculai, ma main se crispant sur ma canne. Tout l’arrière de la tête de la femme avait été défoncé, son crâne et ses cheveux baignant dans un carnage ensanglanté.