La maîtresse du play-boy (Harlequin Azur)

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La maîtresse du play-boy, Sharon Kendrick

Depuis qu'elle est sa maîtresse, Rebecca vit dans la peur que Xandros ne la quitte. Comment ce play-boy richissime, aussi séduisant qu'insensible, pourrait-il lui offrir davantage que quelques semaines de passion physique ? Ne lui a-t-il pas dit, depuis toujours, qu'il refusait tout engagement ? Malgré tous ses efforts pour le retenir auprès d'elle, en lui faisant croire qu'elle n'éprouve rien pour lui, les craintes de Rebecca se confirment lorsque Xandros rompt brutalement avec elle. Mais, peu après, elle apprend qu'elle est enceinte... et qu'elle attend des jumeaux.

Publié le : mercredi 25 mars 2009
Lecture(s) : 31
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280271950
Nombre de pages : 160
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1.

Ce n’était pas la première fois qu’il était en retard mais c’était la première fois qu’il ne se donnait pas la peine de l’avertir.

A l’extérieur, la pluie donnait à la rue un air de carte postale ancienne, mais Rebecca ne songeait guère à profiter de ce spectacle : elle ne voyait que le carrefour par lequel la voiture était censée arriver.

Elle avait froid et pourtant ses paumes étaient moites, remarqua-t-elle tout en mordillant nerveusement sa lèvre inférieure. Après l’enthousiasme passionné des débuts, ce manque de courtoisie à son égard n’annonçait-il pas la fin de leur relation ? Mais s’agissait-il vraiment d’une relation ? N’était-ce pas un bien grand mot pour qualifier quelques rencontres furtives entre deux personnes vivant sur des continents opposés ?

Le terme « liaison » aurait sans doute mieux convenu à ce qui, de toute façon, n’aurait jamais dû commencer ! Elle avait bien essayé de résister au charme dévastateur de Xandros, à son charisme ensorcelant… en vain. Quelle femme l’aurait pu ? Le plus surprenant n’était-il pas plutôt qu’elle ait pu lui résister aussi longtemps ?

Voilà donc ce qui arrivait à quiconque avait l’imprudence de tomber amoureuse d’Alexandros Pavlidis, que ses amis et ses maîtresses appelaient Xandros. Ce qu’elle éprouvait pour lui était si envahissant que toute sa capacité de réflexion s’en trouvait altérée. Sans cesse, elle se répétait qu’elle ne voulait pas l’aimer, qu’il ne pouvait y avoir d’amour entre eux, qu’ils n’avaient rien partagé à l’exception de quelques étreintes éblouissantes.

A force de se le répéter, elle parvenait parfois à s’en convaincre. Mais il suffisait d’un coup de téléphone, il suffisait qu’elle entende sa belle voix, profonde et envoûtante, pour que ses belles résolutions s’effondrent. Elle était alors incapable de lui dire non !

Des phares puissants percèrent la nuit et Rebecca vit la limousine se profiler au carrefour. Lorsque celle-ci s’immobilisa devant son immeuble, elle se rejeta précipitamment en arrière, ne voulant pas offrir le spectacle pitoyable d’une amoureuse transie guettant anxieusement l’arrivée de son amant !

Elle vérifia rapidement son apparence dans le miroir : elle avait lâché ses cheveux sur ses épaules car c’était ainsi que Xandros les aimait : libres et brillants. Elle avait revêtu une robe d’un mauve très doux. Pas plus que Xandros, elle n’aimait un maquillage trop appuyé ; elle s’était donc contentée d’une touche de rouge à lèvres et d’un peu de mascara.

Mais tous ses efforts ne suffisaient pas à masquer entièrement son anxiété…

La sonnette de la porte d’entrée retentit. Avant d’ouvrir, Rebecca plaqua un sourire sur ses lèvres, mais celui-ci s’éteignit lorsqu’elle découvrit l’homme en uniforme qui se tenait sur le seuil, sa casquette encore ruisselante de pluie. Il lui fallut quelques secondes pour réaliser qu’il s’agissait du chauffeur de Xandros.

— Miss Gibbs ? l’interrogea-t-il poliment comme s’il ne l’avait jamais rencontrée auparavant.

Comme s’il n’avait pas été le témoin silencieux d’embrassades passionnées entre Xandros et elle à l’arrière de la voiture, comme s’il n’avait jamais dû attendre son patron devant chez elle pour le voir revenir, après une heure d’attente, sans cravate et les cheveux en bataille.

— Où est Xandros, questionna-t-elle anxieusement, imaginant déjà quelque affreuse catastrophe. Il ne lui est rien arrivé, n’est-ce pas ?

Impassible et sans doute lassé de rassurer d’innombrables femmes angoissées, le chauffeur ignora sa question.

— Monsieur Alexandros Pavlidis m’a chargé de vous présenter ses excuses ; il a été retenu par une conférence téléphonique et m’a prié de vous conduire jusqu’à lui.

Rebecca eut la désagréable impression d’être un vulgaire colis, facile à livrer et dont il serait ensuite tout aussi facile de se débarrasser ! Etait-ce là tout le prix qu’elle revêtait aux yeux de Xandros ?

Elle hésita un instant sur la réponse la mieux appropriée à faire à un amant qui se permettait de l’envoyer chercher par son chauffeur parce qu’elle ne lui offrait déjà plus l’attrait de la nouveauté. Devait-elle se montrer simplement indifférente et s’installer en souriant à l’arrière de la voiture ? Ou bien lui témoignerait-il davantage de respect si elle priait le chauffeur de l’informer qu’elle avait changé d’avis et ne souhaitait plus sortir pour le dîner ?

Mais le pouvoir de Xandros était puissant et Rebecca redoutait trop qu’un éclat ne hâte une rupture pour laquelle elle ne se sentait pas encore prête. Sans un mot, elle s’empara de son manteau et suivit le chauffeur dans l’escalier.

*  *  *

Un vent glacial fit voleter ses cheveux lorsqu’un chasseur lui ouvrit la porte devant l’hôtel. Secrètement, elle avait espéré que Xandros l’attendrait dans le hall, lui épargnant d’avoir à le traverser seule. Elle redoutait tellement d’être interpellée par un employé lui signifiant que l’ascenseur qu’elle s’apprêtait à emprunter était réservé aux clients !

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