//img.uscri.be/pth/1c5408d7f1255b187b0c4047aceb631a9c54a3cd
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 5,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

La malédiction du loup

De
288 pages
La rage au cœur, Sayre regarde Cian s’éloigner et sent ses yeux se remplir de larmes. Une fois encore, elle va devoir passer la nuit seule. Car, bien qu’il la protège jalousement et adopte une attitude menaçante envers tous ceux qui veulent l’approcher, Cian, le loup magnifique à qui elle est destinée, garde ses distances avec elle. Comme s’il craignait de la perdre à jamais en scellant leurs destinées. Comme si, en la prenant pour compagne, il risquait d’attirer sur elle la malédiction qui pèse depuis des siècles sur ses ancêtres d’Irlande…
Voir plus Voir moins
couverture
pagetitre

Prologue

Si c’était ça, tomber amoureuse, Sayre Murphy s’en serait bien passée. Elle était peut-être jeune et inexpérimentée, mais elle était parfaitement capable de savoir quand elle en avait assez !

Le dos droit, les poings serrés, elle faisait face à l’homme le plus arrogant, le plus désirable et le plus exaspérant qu’elle ait jamais rencontré. Un homme qui s’obstinait à la traiter comme une enfant. De toute évidence, il ne la considérerait jamais comme une adulte capable de faire ses propres choix. C’était une attitude archaïque qui découlait logiquement de sa personnalité d’alpha et qu’elle ne supportait plus.

Quelle importance si elle n’avait que dix-huit ans ? Elle n’était plus une enfant ! Quelques semaines plus tôt, elle s’était battue aux côtés des siens pour défendre leur territoire. La bataille avait été sanglante et elle avait tué plus d’un ennemi. S’il ne la voyait pas comme une adulte après cela, il ne le ferait jamais !

— J’en ai assez de cette situation, déclara-t-elle le plus calmement possible. Il faut que ça cesse. Maintenant.

Le Runner s’approcha d’elle. Ses cheveux noirs avaient des reflets argentés au clair de lune et ses yeux gris étincelaient de fureur.

— Tu ne me donneras jamais d’ordre, grogna-t-il — et son accent irlandais sembla plus prononcé que jamais. Ni aujourd’hui, ni demain, ni jamais. M’as-tu bien compris, fillette ?

— Je ne cherche pas à te contrôler, riposta-t-elle en serrant les poings plus fort. Je ne fais que clarifier ma position. C’est toi qui te comportes comme un crétin jaloux, pas moi !

Le contrôle qu’elle avait sur ses pouvoirs naissants ne tenait plus qu’à un fil.

— Je te protège ! rugit-il d’une voix inhumaine.

Il était à demi loup-garou, et aussi dangereux qu’il était beau. Mais Sayre savait qu’il ne lui ferait jamais de mal, pas même sous le coup de la colère.

Malheureusement, son cœur était beaucoup plus menacé qu’elle-même.

— Je n’ai jamais eu besoin de ta protection.

Elle savait que les mots qu’elle s’apprêtait à prononcer la rendraient vulnérable, mais c’était plus fort qu’elle.

— J’ai juste besoin de toi, murmura-t-elle.

Elle adora la manière dont il fixa sa bouche quand elle se lécha les lèvres. Son regard était celui d’un prédateur qui voulait prendre possession de sa femelle… mais sa part humaine était trop bornée pour qu’il obéisse à son instinct.

— Non, répondit-il d’une voix rauque en secouant la tête. Non.

— Si tu ne prends pas ce qui t’appartient immédiatement, j’en ai fini avec toi, l’avertit-elle.

Elle en avait assez du déséquilibre de leur relation. Elle en avait assez de le voir coucher avec n’importe qui et de ne pas pouvoir parler à un homme sans qu’il ne s’en mêle.

— J’ai des amis, lui rappela-t-elle. De bons amis mâles. Des Lycans qui ne me rejetteront pas si je leur offre mon corps.

Il eut un brusque mouvement de tête, comme si elle lui avait donné un coup de poing en pleine figure. Un muscle se crispa dans sa mâchoire, et sa respiration devint plus sonore. La forêt était étrangement silencieuse, comme si toutes les créatures qui l’habitaient écoutaient leur dispute en retenant leur souffle. Cette tempête se préparait depuis des mois. Il était même surprenant que sa colère et sa frustration ne se soient pas exprimées plus tôt.

— Me menaces-tu de prendre un amant ? demanda-t-il d’une voix qui la fit frémir. De laisser un autre homme te toucher ?

Sayre releva le menton.

— Ce n’est pas une menace, répondit-elle en soutenant son regard. Je t’offre une alternative : soit tu arrêtes de protéger ma virginité comme si j’étais censée la garder pour toujours, soit je me débrouille pour la perdre sans toi.

Il s’approcha d’elle, et elle retint son souffle.

— Et tu crois que je vais te laisser faire ?

Le cœur de Sayre se serra. Il était si déterminé… Il ne voudrait jamais d’elle. Elle avait demandé à lui parler pour tenter le tout pour le tout, parce que c’était sa dernière chance de préserver sa santé mentale. Elle lui avait offert son corps sans rien demander en échange, dans l’espoir d’être enfin soulagée du désir qui la rendait folle. Il l’avait rejetée. Il refusait de lui donner ce qu’il offrait si généreusement à d’autres, parce que le destin avait décidé de se moquer d’eux. Leur relation n’était qu’une plaisanterie cruelle dont ils faisaient les frais l’un et l’autre.

Mais c’était elle qui payait le prix le plus élevé. Parce qu’il se délivrait de sa frustration dans les bras d’innombrables femmes tout en lui interdisant d’en faire autant. Même si elle ne désirait aucun autre homme — comment l’aurait-elle pu alors qu’elle avait autant envie de lui ? —, elle ne supportait plus sa situation. Elle en avait assez de dormir seule toutes les nuits alors qu’il y avait toujours quelqu’un dans son lit à lui.

— Essaie donc de m’en empêcher, murmura-t-elle.

Abattue par la tristesse, elle n’était même plus capable de crier. Comme la seule présence du Runner lui était devenue intolérable, elle se détourna de lui et s’éloigna. Alors qu’il lui semblait mourir un peu à chaque pas, elle ne jeta pas un regard en arrière, même quand il grogna son prénom. Elle sentit son regard lui brûler la nuque jusqu’à ce que la végétation la dérobe à sa vue. La nature l’avait toujours apaisée, mais elle était trop dévastée, ce soir, pour en tirer le moindre réconfort.

Elle lui laisserait le reste de la nuit pour fulminer et peut-être réfléchir à sa proposition. Mais c’était tout.

Un sanglot lui échappa. Elle posa une main sur son ventre et tenta de reprendre le contrôle de sa respiration. Elle avait assez pleuré à cause de lui. A présent, elle ne pouvait plus qu’espérer qu’il fasse le bon choix. Si seulement il pouvait accepter ce qui les liait, ne serait-ce qu’une nuit, au lieu de s’ingénier à tout gâcher… Mais la possibilité que tout soit fini entre eux la terrifiait.

Mon Dieu…

Avait-elle vraiment cru qu’elle pourrait s’empêcher de pleurer ? Mais ce qu’elle éprouvait à cet instant n’était rien en comparaison de la douleur qui l’attendait.

Quand le soleil se leva sur le Maryland le jour suivant, l’Irlandais avait disparu.

1

Cinq ans plus tard

Le soleil brillait quand Cian Hennessey s’engagea sur la route de montagne qui menait à l’Alley. Il essayait de rester concentré sur ce qu’il avait à faire, mais la dernière nuit qu’il avait passée dans cette clairière pittoresque le hantait. Après la discussion désastreuse qu’il avait eue avec Sayre dans la forêt, il avait compris qu’il devait partir. Il avait attendu que tout le monde soit couché, puis avait entassé dans sa Range Rover toutes les affaires qu’elle pouvait contenir. Il voulait s’éclipser discrètement, mais il était tombé sur Eli Drake, un mercenaire lycan qui venait de réintégrer la meute des Silvercrest après des années de bannissement.

— Tu ne peux pas fuir ton destin, mon pote, lui avait dit Eli. Crois-en mon expérience. Tu as sûrement réussi à te convaincre que c’était la meilleure chose à faire, mais c’est un mensonge. Tu le regretteras amèrement quand la vérité te rattrapera.

Cela s’était produit cinq ans plus tôt. Si Cian avait su à quel point Eli avait raison, il lui aurait accordé plus d’attention. Mais il était sûr d’avoir pris la bonne décision. Il était certain que la voie qu’il avait choisie n’était pas seulement la meilleure : c’était la seule voie possible.

Il avait fini par comprendre qu’il se leurrait complètement. Il n’avait fait que retarder l’inévitable. Mais il connaissait assez la vie pour savoir qu’il ne servait à rien d’imaginer ce qui se serait passé s’il était resté. Ce qui était fait était fait. Il ne pouvait plus qu’ajouter ces souvenirs à la longue liste de ses regrets et tenter de gérer au mieux la situation.

Voilà pourquoi il regagnait le seul endroit où il s’était senti chez lui depuis qu’il avait laissé son enfance derrière lui. Le paysage n’était pas aussi torturé que les falaises déchiquetées près du mont Killian, en Irlande, où il avait grandi, mais il avait sa beauté propre. Et Cian considérait les semi-Lycans qui vivaient là comme sa famille.

Il était beaucoup plus proche d’eux que de toutes les personnes encore vivantes qui partageaient son sang. Sauf qu’il leur avait tourné le dos à cause d’elle — une petite sorcière nommée Sayre Murphy. Il n’avait donné de nouvelles à personne depuis cette nuit fatidique. Il ne leur avait même pas envoyé un email ou un texto. Du coup, il n’avait pas la moindre idée de l’accueil qu’il allait recevoir.

Il y avait peu de chances pour qu’il soit chaleureux.

Il gara l’Audi au bord de la rue principale de l’Alley, coupa le moteur et en sortit. Il glissa la clé dans sa poche en inspirant profondément l’air de la forêt. Il lui était si familier que le poids du regret lui écrasa la poitrine pendant quelques instants.

Mais, si l’odeur était la même, l’Alley avait changé. Il y avait de grandes et de petites différences. Il n’avait pas aidé à repeindre les tables de pique-nique, à paver la route, ni à construire les cabanes impressionnantes qui se dressaient maintenant au bout de la clairière. Tous ses amis avaient apporté des améliorations à leurs cabanes. Il aurait sans doute remarqué d’autres différences si un grand roux n’avait pas attiré son attention en fonçant vers lui.

Le comité d’accueil approchait — et il n’avait rien d’accueillant. S’il interprétait correctement son expression, son ancien partenaire, Brody Carter, était plus d’humeur à lui balancer son poing dans la figure qu’à lui donner l’accolade. Le cœur de Cian se serra.

A quoi t’attendais-tu ? grommela son loup. C’était notre meilleur ami, mais tu as tout gâché en lui tournant le dos. Crétin.

Comme son loup avait raison, il serra les dents et se prépara à recevoir sans riposter ce que Brody lui réservait. Il enfonça ses mains dans ses poches et attendit en songeant que son ancien partenaire semblait encore plus musclé qu’avant son départ. Il avait toujours été massif, mais il était devenu tout à fait impressionnant. Il avait laissé pousser ses cheveux roux et portait une queue-de-cheval. De petites rides au coin de ses yeux prouvaient qu’il était heureux en amour et appréciait sa vie — même s’il le fusillait du regard à cet instant. Cian pouvait difficilement lui en vouloir. Si Brody s’était enfui de l’Alley comme il l’avait fait, il aurait eu du mal à cacher sa fureur.

Derrière les larges épaules de Brody, il vit sa femme, Michaela, apparaître sur le seuil de leur cabane. Ses cheveux noirs étaient toujours longs et bouclés, et elle n’avait rien perdu de sa beauté — c’était visible même à cette distance. Le mariage leur réussissait. Ils avaient eu raison de surmonter tout ce qui s’opposait à leur relation quand ils s’étaient rencontrés.

Pendant les derniers mois qu’il avait passés à l’Alley, Cian avait souvent joué les entremetteurs. A plusieurs reprises, il avait même proclamé qu’il ne commettrait pas les mêmes erreurs que ses amis quand il rencontrerait la femme de sa vie. Au bout du compte, ce n’étaient que des mots. Le bonheur n’avait jamais été au programme pour lui.

Quand il avait rencontré la femme de sa vie, il s’était senti obligé de s’enfuir à toutes jambes sans un regard en arrière. Son destin aurait été plus clément s’il l’avait uni à quelqu’un qui n’appartenait pas aux Silvercrest — quelqu’un qui ne l’aurait pas contraint à abandonner ses amis pour prendre ses distances.

Mais son destin n’avait pas été clément : il l’avait uni à la belle petite Sayre. Cela prouvait que l’univers avait un sens de l’humour particulièrement tordu.

Même s’il essayait de ne pas penser à elle à chaque instant, il ne pouvait pas s’empêcher d’observer les environs en espérant voir son visage familier en forme de cœur et sa cascade de cheveux roux. Mais elle n’était pas là. En fait, l’Alley était étrangement déserte. Comme il avait envoyé un texto à Brody après l’atterrissage pour le prévenir de son arrivée, il avait imaginé que Sayre serait là. Elle devait avoir beaucoup de choses à lui dire sur la manière dont il l’avait abandonnée et laissée sans nouvelles pendant cinq ans. Mais elle n’était pas là. Il s’interdit de paniquer et se répéta qu’elle vivait sans doute à Shadow Peak, la ville des Silvercrest, qui ne se trouvait qu’à quelques kilomètres. Elle était peut-être en route pour l’Alley.

Mais son cœur manqua un battement quand il prit une profonde inspiration. L’air ne contenait pas la moindre trace du parfum envoûtant de Sayre. Un frisson le parcourut. Sayre n’avait pas quitté l’Alley depuis que sa sœur Jillian avait emménagé avec un Runner, Jeremy Burns. Pourquoi n’était-elle plus avec eux ?

Quand Brody s’arrêta à deux mètres de lui, il l’empêcha d’exprimer sa fureur en se lançant dans des explications sèches et concises.

— Je sais que tu vas me dire d’aller me faire voir. Après la manière dont je suis parti, c’est tout à fait normal. Mais j’ai une bonne raison de revenir. Je dois parler à Sayre. Où est-elle ?

— Tu la crois donc avec nous ? s’écria Brody, les yeux étincelants de rage.

Cian fronça les sourcils.

— Où est-elle, si elle n’est pas ici ?

Si elle avait rencontré un homme et vivait avec lui, comment allait-il réussir à garder son sang-froid ?

— Sayre ne vit plus avec les Silvercrest, Cian, répondit Michaela, qui venait de rejoindre son mari.

Ce devait être une ruse pour le punir ou pour protéger la sorcière.

— Je ne veux pas lui rendre la vie plus difficile, Mic, insista Cian en la regardant droit dans les yeux. Je suis revenu parce qu’il faut vraiment que je lui parle.

Michaela, qui était humaine, avait le pouvoir de « lire » les émotions des autres. Il imaginait sans peine ce qu’elle lisait en lui : de la frustration, de la peur, de la culpabilité, de la colère et la douleur permanente d’un désir impossible à assouvir. Elle jeta un coup d’œil inquiet à Brody et s’éclaircit la voix avant de répondre :

— Nous ne te mentons pas, Cian. Je te jure qu’elle n’est pas ici.

Il en perdit la voix. Après avoir dégluti plusieurs fois, il parvint à articuler un mot :

— Pourquoi ?

Brody et Michaela échangèrent un nouveau regard. Ils semblaient ne pas savoir ce qu’ils pouvaient ou devaient lui dire.

— Après ton départ, les choses ont… changé, finit par répondre prudemment Michaela.

— Qu’est-ce qui a changé ? De quoi parles-tu ?

Cian avait pris des nouvelles de la meute par des voies indirectes et savait qu’elle avait prospéré depuis cinq ans, grâce aux efforts des Runners. Quand il était parti, les Silvercrest se remettaient encore de leur guerre contre la meute voisine, les Whiteclaw, mais ils étaient déjà assez puissants pour que personne n’ose s’en prendre à eux. Il ne s’était rien produit depuis lors qui aurait exigé le départ de Sayre. Si elle avait quitté la meute, c’était pour des raisons personnelles, et les airs de comploteurs de ses amis lui tapaient sérieusement sur les nerfs.

— Arrêtez de craindre ma réaction et crachez le morceau, grogna-t-il.

Michaela soupira.

— Sayre n’est plus la même, expliqua-t-elle. Quand tu es parti, elle est… tombée en dépression. En plus de ton départ, qui l’a brisée, elle avait de gros problèmes personnels à gérer. Ses pouvoirs se sont développés à une vitesse anormale. Elle l’a caché le plus longtemps possible pour ne pas nous inquiéter. C’est devenu si difficile pour elle qu’elle a préféré s’isoler. Elle ne vit plus parmi nous depuis quatre ans et demi.

Quatre ans et demi ?

Il essaya d’inspirer, mais ses poumons refusèrent de lui obéir. Il ne voulait pas y croire. Malheureusement, les expressions inquiètes et désolées de ses amis prouvaient qu’ils ne mentaient pas.

— Où est-elle ? parvint-il à articuler.

— Elle vit dans une cabane isolée, à la frontière de la Virginie-Occidentale, répondit Michaela.

— Elle vit complètement seule ? s’écria-t-il. Il n’y a personne pour l’aider si elle a un problème ?

— Elle ne supporte pas la compagnie, même celle de Jillian et de Jeremy, grogna Brody en fronçant les sourcils. Elle ressent leur énergie physique et émotionnelle avec une intensité qui lui est intolérable.

Cian se passa la main dans les cheveux et se mit à faire les cent pas.

Nom de Dieu !

Pendant tout ce temps, il avait cru Sayre en sécurité, entourée par sa famille et ses amis. Et elle était seule au milieu de nulle part !

La rage le gagna. Il serra les poings et fit un pas menaçant vers Brody. Cinq ans plus tôt, il avait laissé un message très simple à son partenaire avant de partir : « Prends soin d’elle. » De toute évidence, Brody ne l’avait pas fait.

— Je te faisais confiance, grogna-t-il en le fusillant du regard.

— Moi aussi, je te faisais confiance, répliqua Brody. Ça ne t’a pas empêché de t’enfuir comme un lâche.

Cian faisait de son mieux pour contrôler sa rage, mais il allait perdre cette bataille. Il devait repartir au plus vite.

— Expliquez-moi comment on va à sa cabane, grogna-t-il. Tout de suite.

Brody secoua la tête avec un air dégoûté.