La mariée du désert - Un orageux face-à-face - Contrat séduction

De
Publié par

La mariée du désert, Olivia Gates

Devenir la femme de Shaheen Aal Shalaan ? Johara en rêve depuis toujours. Pourtant, elle sait que ce rêve ne se réalisera jamais. Elle aime Shaheen, de toute son âme et de tout son cœur, certes, mais elle n’a pas le droit de le détourner de son destin. En tant que prince héritier du royaume de Zohayd, il doit en effet épouser une femme de son rang, une femme que son père choisira pour lui et qui lui permettra ainsi d’accéder au trône. Alors, si elle ne veut pas compromettre l’avenir de Shaheen et celui du royaume, il ne lui reste qu’une solution : fuir le plus loin possible, et disparaître de la vie de celui qu’elle aime…


Un orageux face-à-face, Stacy Connelly

Contrairement à ce que tout le monde semble penser, ce n’est pas parce qu’elle le déteste qu’Allison se montre froide et distante avec Zach Wilder. Au contraire, il lui a suffi d’un regard, de quelques paroles échangées, pour comprendre que Zach était un homme différent des autres, un homme capable de la faire chavirer. Un homme capable de lui briser le cœur, aussi. Car c’est bien là le problème : si attentionné, si séduisant soit-il, il est évident que Zach n’a pas la moindre intention de renoncer à sa vie de célibataire endurci, et qu’il ne songe qu’à sa carrière tandis qu’elle rêve de fonder une famille…

Contrat séduction, Anna DePalo

Les termes du marché sont clairs : en échange d'une interview exclusive de Nick Whittaker, Kayla doit s'engager à ne plus le prendre pour cible dans ses chroniques mondaines. Mais elle hésite : pourquoi renoncerait-elle à révéler les frasques de ce séducteur ? N’est-ce pas tout ce qu’il mérite ?
Publié le : mardi 1 mai 2012
Lecture(s) : 21
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280233842
Nombre de pages : 480
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
- 1 -
Johara Nazaryan était venue voir le seul homme qu'elle ait jamais aimé… avant qu'il n'épouse une autre femme. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, car en elle se mêlaient l'excitation, la crainte et la détresse. Elle parcourut du regard la foule assemblée en l'honneur de Shaheen Aal Shalaan, mais il n'était pas là. Tremblante, elle prit une profonde inspiration et recula un peu plus dans l'ombre, espérant ne pas attirer l'attention. Elle n'était pas mécontente d'avoir encore un peu de temps pour se calmer. Elle n'arrivait toujours pas à croire qu'elle s'était enîn décidée à tout faire pour le revoir au bout de douze ans… Bien sûr, elle avait cherché, le plus souvent possible, à savoir ce qu'il devenait pendant toutes ces années ; elle s'était arrangée pour l'entrapercevoir quand l'occasion s'était présentée, mais cette fois-ci, c'était décidé : elle s'approcherait de lui et lui dirait : « Shaheen ! Cela faisait longtemps… » Shaheen…Aux yeux du monde entier, il était le prince du Zohayd, le royaume du désert. C'était le plus jeune des trois îls du roi Atef Aal Shalaan et de sa défunte épouse, la reine Salwa. Il était aussi devenu, au cours des six dernières années, l'un des hommes d'affaires les plus puissants et les plus respectés de la planète. Pour elle, il serait toujours le garçon de quatorze ans qui lui avait sauvé la vie, il y avait une vingtaine d'années. Elle avait alors six ans et venait d'arriver au Zohayd, pour vivre au palais royal avec sa famille. Son père, qui était un Américain d'origine arménienne, avait été nommé premier assistant du
8
La mariée du désert
bijoutier du roi, Nazeeh Salah. Le jour de leur arrivée, pendant que son père s'entretenait avec le roi, elle s'était glissée sur la terrasse et avait imprudemment escaladé la balustrade. Puis elle avait glissé, et s'était retrouvée accrochée à une corniche. Tout le monde s'était précipité en entendant ses cris. Comme il ne pouvait pas l'atteindre, son père lui avait lancé une corde à laquelle il avait fait un nœud coulant. Elle avait essayé de la passer à son poignet, mais quelqu'un qui se trouvait en contrebas lui avait crié de lâcher prise. Alors elle avait baissé les yeux et elle l'avait vu. Il semblait trop loin pour pouvoir l'attraper, et pourtant, alors que ses parents lui criaient de tenir bon, elle avait lâché le bout de rocher auquel elle s'agrippait et s'était laissée tomber, persuadée qu'il la rattraperait quand même. Rapide et précis comme le faucon dont il avait reçu le nom, il avait fondu vers elle, l'avait cueillie en plein vol et l'avait serrée contre lui, entre ses bras rassurants. Elle y repensait encore de temps en temps. Elle savait qu'elle aurait réussi à glisser la corde autour de son poignet, mais elle avait choisi de s'en remettre à ce jeune homme sublime, qui avait levé vers elle ses yeux de braise et qui respirait la force et l'assurance. Depuis ce jour, elle savait que son cœur lui appartiendrait toujours. Pas seulement parce qu'il lui avait sauvé la vie, d'ailleurs… Au îl du temps, elle s'était rendu compte qu'il était la personne la plus incroyable qu'elle ait jamais rencontrée. Il était devenu le meilleur ami de son frère aïné, Aram, et bien plus que cela pour elle. Cependant, en grandissant, elle avait compris que son rêve d'être un jour la femme de Shaheen était un rêve impossible. Shaheen était un prince, elle était îlle d'un serviteur. Même si son père était devenu le bijoutier du roi, qu'il créait de somptueux bijoux pour la famille royale et avait l'immense responsabilité de veiller sur les joyaux de la Fierté du Zohayd qui étaient le plus précieux trésor de la nation, il n'en était pas moins un subalterne, un étranger de basse extraction qui ne devait sa place qu'à son extraordinaire talent. Par ailleurs, même si elle avait été la îlle de la famille la
La mariée du désert
9
plus noble du Zohayd, rien ne permettait de penser qu'elle aurait pu plaire à Shaheen. Il avait toujours été incroyablement gentil avec elle, mais il avait à ses pieds les femmes les plus belles et les plus sophistiquées du royaume. A l'époque, elle n'était ni belle ni élégante… Alors elle s'était contentée d'être près de lui, de l'aimer en secret. Pendant huit merveilleuses années, Shaheen lui avait offert son amitié. Pour être auprès de lui, elle avait choisi de rester avec son père quand ses parents s'étaient séparés. Sa mère, d'origine française, avait quitté le Zohayd pour retourner dans son pays natal, pour travailler dans une maison de haute couture. Johara avait alors douze ans. Puis, tout avait changé : juste avant son quatorzième anni-versaire, Shaheen, qui avait alors vingt-deux ans, s'était brus-quement éloigné d'Aram et d'elle. D'après son frère, Shaheen pensait qu'il devait désormais arrêter de fraterniser avec les « domestiques » pour assumer son rôle de prince du Zohayd. Elle ne pouvait pas croire cela de Shaheen. L'amertume d'Aram avait sans doute une autre origine, mais l'éloignement soudain de Shaheen l'avait tout de même profondément blessée. Après tout, que pouvait-elle espérer d'autre ? Elle ne pouvait que l'aimer sans retour, car un jour, il embrasserait sa destinée et ferait un mariage arrangé. Peut-être s'était-il détourné d'elle par gentillesse, parce qu'il avait deviné ses sentiments et ne voulait pas la faire souffrir davantage ? Quoi qu'il en soit, elle avait alors décidé de partir. Quelques semaines après son quatorzième anniversaire, elle avait quitté le Zohayd pour aller vivre en France avec sa mère, et elle n'y était jamais retournée. Elle avait cultivé cet amour secret, mais dès qu'il en aurait épousé une autre, elle ne se l'autoriserait plus, même dans l'in-timité de son cœur et de ses pensées. Il fallait qu'elle le voie, une dernière fois, avant cette union fatidique. Elle était entrée subrepticement à la soirée d'adieu que l'un de ses associés, Aidan McCormick, avait organisée à New York en son honneur. Si quelqu'un lui demandait ce qu'elle faisait là, elle n'aurait pas de mal à justiîer sa présence : en tant que créatrice de bijoux et de mode ayant fait sensation à Paris et
10
La mariée du désert
au-delà, au cours des deux dernières années, elle faisait partie des gens que l'on s'attendait à voir à ce genre de réception. Cependant, les questions qu'on pourrait lui poser ne l'in-quiétaient pas vraiment. Le plus difîcile était ailleurs : il lui faudrait trouver le courage d'aborder Shaheen. Elle espérait se rendre compte en le voyant qu'elle l'avait imaginé bien plus beau et charismatique qu'il ne l'était en réalité, et que ses sentiments pour lui n'étaient que des rêves de jeune îlle. Mais elle fut parcourue soudain d'un frisson. Elle se retourna dans un bruissement de taffetas. Shaheen était là. Elle ne l'aperçut pas tout de suite, mais les gens s'écartèrent et elle devina que c'était pour le laisser passer. Puis elle le vit, et tout s'effaça, à part lui. Elle resta îgée, ébahie. A quatorze ans, elle avait l'impression d'être toute petite à côté de lui. Et à présent, alors que même sans talons, elle était très grande, il la dépassait encore largement. Ne s'était-elle donc jamais rendu compte de sa stature ? Non, ce n'était pas le Shaheen qu'elle avait connu. Il avait changé… La dernière fois qu'elle l'avait vu de près, il avait vingt-deux ans. Elle avait vu des photos de lui au cours de toutes ces années, mais ni ces clichés ni ses souvenirs n'étaient à la hauteur de la réalité. Dans son souvenir, il était sublime, divin, mais il était encore plus impressionnant en réalité. Shaheen était un dieu du désert, fait de sa chaleur, de sa dureté, de son mystère et de sa magniîcence… Il portait un costume noir et une chemise qui mettait en valeur ses larges épaules, son torse puissant, son ventre plat, ses hanches étroites et ses cuisses musclées. S'il avait autrefois eu l'agilité d'un jeune faucon, il avait maintenant la puissance du faucon adulte. Il avait toujours été beau, avec sa chevelure d'un brun intense, ses yeux de braise et son teint mat. La douceur juvénile de son visage avait laissé la place à des traits plus anguleux. Il était tout simplement superbe. Cependant, ce fut son expression qui la troubla le plus. Il ne semblait pas heureux. Au contraire, il paraissait profondément
La mariée du désert
11
mécontent, perturbé, perdu, même. Peut-être que personne d'autre ne pouvait le voir, mais elle le sentait. Tout espoir d'éteindre l'amour qui brûlait en elle s'évanouit. Si elle l'avait trouvé serein, satisfait, elle aurait peut-être pu tourner la page, mais maintenant… Il ne l'avait pas vue, et il ne la verrait pas si elle renonçait à son projet. Elle ferait peut-être mieux de s'abstenir… Non, il n'y avait pas depeut-être. L'aborder maintenant aurait de terribles conséquences. S'il avait cet effet dévastateur sur elle alors qu'il n'était même pas conscient de sa présence et qu'il se tenait à près de dix mètres, que se passerait-il lorsqu'ils seraient face à face ? Elle n'était parvenue qu'à une seule chose en le revoyant : attiser la amme de son amour et augmenter son chagrin. Elle allait quitter la réception, quand elle eut soudain l'im-pression d'être retenue par une force immatérielle : le regard de Shaheen. Il plongea ses yeux dans les siens, des yeux de braise, qui l'avaient toujours troublée, même lorsqu'il la regardait avec tendresse. Maintenant qu'ils brillaient d'une lueur intense au moment où il la reconnaissait, elle eut l'impression de sentir leur brûlure sur sa peau. Une douce chaleur l'envahit, ses joues s'empourprèrent… C'était vraiment une erreur d'avoir cherché à le revoir. Elle allait le regretter toute sa vie… Consciente de ne plus pouvoir lui échapper, elle resta là, immobile, comme hypnotisée, tandis qu'il s'approchait d'elle.
Dès qu'il était arrivé chez Aidan, Shaheen avait été submergé par un sentiment de regret qui s'était intensiîé à mesure qu'il approchait de la cacophonie de la réception et de sa gaieté forcée. Il n'aurait pas dû accepter de venir, il aurait dû dire à Aidan qu'il ne s'agissait pas d'une soirée d'adieu pour lui, mais d'un événement funeste. Son associé et ami s'approcha de lui avec un large sourire, qui ne ît qu'ajouter à son supplice. — Hé, Sheen ! cria Aidan pour couvrir la musique. J'ai cru que tu avaisencoredécidé de me faire passer pour un imbécile et que tu étais parti…
12
La mariée du désert
Shaheen se força à sourire. Il détestait qu'on l'appelle Sheen. Ses amis américains le faisaient parce que ce prénom leur était plus familier, et ses amis au Zohayd parce que c'était la première lettre de son prénom en arabe. Il aurait dû les prévenir que ça ne lui plaisait pas. Il regarda son ami, dissimulant son agacement à grand-peine. — Si j'avais su ce que tu préparais, Aidan, jeseraisparti, en effet. — Il faut savoir s'amuser, de temps en temps ! répondit Aidan en lui passant un bras autour des épaules. Shaheen tressaillit. Il aimait bien Aidan, et il savait qu'on manifestait ainsi son affection dans sa culture, mais lui n'aimait pas le contact physique avec autrui, à l’exception des membres de sa famille. Il n'aimait pas non plus que les femmes recherchent sans cesse son contact, comme elles semblaient toutes en avoir envie. Ses aventures étaient purement sexuelles, il n'était pas question d'intimité pour lui. Il avait été très clair là-dessus, avec toutes les femmes qu'il avait connues. Ces unions charnelles, dénuées de profondeur, avaient depuis quelque temps perdu tout attrait à ses yeux. Les femmes qu'il aimait et respectait n'éveillaient aucun désir en lui. Il s'écarta doucement d'Aidan, se dégageant de son étreinte sans lui montrer son malaise. — Si c'estça, s'amuser, je préfère m’ennuyer. L'expression taquine d'Aidan laissa place à une mine perplexe. Cela faisait six ans qu'ils travaillaient ensemble, mais Aidan semblait toujours aussi dérouté par lui… Il était évident qu'il avait organisé cette réception avec les meilleures intentions, et lui montrer que ses efforts avaient été inutiles ne serait pas charitable. — Enîn, ce n'est pas tous les jours que je renonce à ma liberté, ajouta-t-il, alors tout ce tapage est… bienvenu. Le visage d'Aidan s'éclaira et, cherchant visiblement à lui faire plaisir, il s'empressa de répondre : — Tu ne vas pasvraimentperdre ta liberté. J'ai entendu dire que ces mariages arrangés étaient l'exemple même de la… souplesse.
La mariée du désert
13
Il ajouta ce dernier mot avec un clin d'œil, en lui donnant une grande tape dans le dos. Shaheen s'apprêtait à le rembarrer sèchement, mais Aidan se détourna pour accueillir les gens qui s'étaient assemblés autour d'eux. Lui expliquer la situation n'aurait servi à rien, de toute façon : Aidan avait déjà bu quelques verres et n'était plus vraiment lui-même. Autant le laisser se complaire dans son insouciance plutôt que de le ramener à la dure réalité. La vie entière de Shaheen allait être bouleversée. Pas sur le plan professionnel : de ce côté-là, il allait de succès en succès. Mais sa vie personnelle était de plus en plus désastreuse, depuis bien longtemps, maintenant… Il savait précisément quand tout avait commencé : quand il s'était disputé avec Aram. Auparavant, il avait mené une existence tranquille, avec le sentiment que son avenir serait une succession inînie de succès. Mais depuis, ses relations avec autrui, en dehors du plan professionnel, n'avaient fait que se dégrader. Il savait depuis toujours qu'étant prince, il devrait faire un mariage politique, mais il s'était efforcé de ne pas y penser, espérant que l'un de ses frères aïnés ferait un excellent mariage et que lui-même serait libéré de ces contraintes. Le plus âgé des deux, Amjad, le prince héritier, avait fait un mariage d'intérêt, et cela s'était soldé par un désastre. Sa îancée était enceinte d'un autre homme quand ils s'étaient mariés. On n'avait pas tardé à découvrir qu'elle projetait d'assassiner Amjad, de faire passer l'enfant pour le sien, et de conserver sa place à la cour, en tant que mère de l'héritier du trône. Après avoir divorcé, provoquant un scandale qui retentissait encore dans le pays, Amjad avait parcouru le monde pour ses affaires, devenant aussi puissant que tous les hommes inuents du Zohayd réunis. Personne n'avait osé lui demander de se remarier. Il avait déclaré que, quand le temps serait venu pour lui de devenir roi, son frère Harres ou, à défaut, son frère Shaheen, serait son héritier. Or Harres, lui non plus, ne ferait jamais un mariage politique. Il était devenu le meilleur ministre de l'Intérieur que le Zohayd ait jamais eu. A la tête des services de renseignements, il ne pouvait épouser une jeune femme issue de l'une des tribus du
14
La mariée du désert
pays, sous peine de mettre en péril sa crédibilité. Ainsi, s'il décidait un jour de se marier — ce qui semblait peu probable, vu qu'il n'avait montré de préférence pour aucune des nombreuses jeunes femmes avec lesquelles il était sorti —, Harres serait libre de choisir son épouse. Il incombait donc à Shaheen de faire un mariage qui redon-nerait de la vitalité aux pactes chancelants entre les différentes tribus. Il était le dernier îls du roi « de sang pur », né d'une reine zohaydienne. Haidar et Jalal, ses demi-frères, étaient les îls de la reine actuelle, Sondoss, qui était azmaharienne, et ils n'étaient pas considérés comme assez purs pour que leur mariage permette de resserrer les liens avec une autre tribu. Depuis des années maintenant, Shaheen savait qu'il n'échap-perait pas à son destin, mais au lieu de se faire à l'idée, il la repoussait un peu plus chaque jour. Il avait l'impression que son arrêt de mort était suspendu au-dessus de sa tête. Quelques jours plus tôt, la veille de son trente-quatrième anniversaire, il avait décidé de mettre un terme à cette attente oppressante et de se soumettre. Il avait annoncé à son père qu'il capitulait et lui avait dit de commencer à dresser la liste des épouses potentielles. Le lendemain, tous les médias du Zohayd annonçaient qu'il cherchait une îancée. Il était l'un des princes les plus riches du monde, et son intention de se marier avait fait sensation, même si l'identité de la future mariée demeurait encore inconnue. Et il était là, à endurer la fête que son associé avait organisée en son honneur, pour célébrer ce que lui considérait comme une terrible infortune. Il jeta un coup d'œil à sa montre. Il n'était arrivé que depuis quelques minutes. Il avait déjà serré la main de dizaines de personnes et s'était forcé à sourire à tous les gens éméchés et faussement ravis qui étaient venus le féliciter. Cela sufîsait. Il allait s'excuser auprès d'Aidan et fuir ce cauchemar. De toute façon, Aidan aurait probablement trop bu pour déplorer son départ. Sur le point de s'en aller, il se retourna et remarqua soudain une femme, à l'autre bout de la pièce. Il en eut le soufe coupé.
La mariée du désert
15
Il avait l'impression de la connaïtre… La terre lui sembla s'ar-rêter de tourner lorsqu'il croisa son magniîque regard noir. Il resta là à la regarder îxement quelques instants. Tous ses sens étaient en éveil, et un sentiment d'exaltation l'envahit, pour la première fois depuis plus de dix ans. Mû par une force invisible, il avança dans sa direction, comme hypnotisé. A ce moment précis, la musique s'arrêta brusquement. La foule s'écarta sur son passage, percevant peut-être la puissance de son désir. Enîn, il s'arrêta, à quelques mètres d'elle, laissant sufîsam-ment de distance entre eux pour pouvoir l'observer tout à loisir, de la tête aux pieds, la dévorer du regard. Ses cheveux dorés aux reets bronze tombaient en une cascade brillante sur des épaules à la peau crémeuse, sa robe bustier chocolat, de la même couleur que ses yeux, mettait en valeur une poitrine généreuse, une taille îne et ses hanches arrondies. Son visage était d'une beauté exquise, avec des yeux qui trahissaient intelligence et sensibilité. Son nez était délicat, et ses lèvres pulpeuses, faites pour la passion… Et ce n'était qu'une impression d'ensemble… Il lui aurait fallu des heures, des jours entiers pour détailler chaque parcelle de sa beauté. — Dites quelque chose, murmura-t-il d'une voix rauque. Elle frissonna, visiblement aussi troublée que lui, brûlant du même désir. — Je… Un sentiment d'allégresse l'envahit. — Oui… Dites-moi quelque chose, pour que je sois bien sûr que vous êtes réellement là. — Je… Je ne… Elle s'interrompit, visiblement consternée. Ses sourcils étaient légèrement froncés, ce qui ne faisait qu'accroïtre sa beauté. Les quelques mots hésitants qu'il avait entendus de sa bouche lui avaient sufî pour savoir que son timbre de velours n'avait d'égal que la perfection de ses traits. — Shaheen, je… De nouveau, elle s'interrompit, et il eut l'impression que son propre cœur s'arrêtait de battre. Il se sentait comme étourdi,
16
La mariée du désert
n'arrivant pas à croire qu'elle venait de prononcer son nom… Il lui posa un doigt sous le menton pour qu'elle relève le visage, et plongea ses yeux dans les siens. — Tu sais qui je suis ? lui demanda-t-il dans un murmure.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi