La marque des ténèbres (Tome 1) - L’ange ou le démon

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À dix-sept ans, Eve perd sa virginité dans les bras d’un mystérieux motard, qui disparaît quelques heures plus tard. Cette nuit n’aura pourtant pas été sans conséquence sur la jeune femme car, des années plus tard, elle devient une « Marquée » : elle porte l’empreinte de Caïn, le premier meurtrier de l’humanité. Eve va alors plonger dans un univers dont elle ignorait tout, un monde gouverné par la lutte entre Dieu et Satan, les anges et les démons. Mais Eve doit également faire face au retour de l’énigmatique Alec Caïn, l’inconnu de son adolescence, et aux avances du ténébreux Reed Abel. Succombera-t-elle à l’un des deux frères ennemis ?
Publié le : mercredi 27 janvier 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782290106686
Nombre de pages : 416
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couverture
SYLVIA
DAY

La marque des ténèbres - 1

L’ange
ou le démon

Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Guillaume Le Pennec

Présentation de l’éditeur :
À dix-sept ans, Eve perd sa virginité dans les bras d’un mystérieux motard, qui disparaît quelques heures plus tard. Cette nuit n’aura pourtant pas été sans conséquence sur la jeune femme car, des années plus tard, elle devient une « Marquée » : elle porte l’empreinte de Caïn, le premier meurtrier de l’humanité. Eve va alors plonger dans un univers dont elle ignorait tout, un monde gouverné par la lutte entre Dieu et Satan, les anges et les démons. Mais Eve doit également faire face au retour de l’énigmatique Alec Caïn, l’inconnu de son adolescence, et aux avances du ténébreux Reed Abel. Succombera-t-elle à l’un des deux frères ennemis ?
Biographie de l’auteur :
En tête de liste du New York Times, Sylvia Day est l’auteure best-seller, de renommée internationale, d’une vingtaine de romans primés, vendus dans plus de quarante pays. Numéro un dans vingt-huit pays, ses livres ont été imprimés à des dizaines de millions d’exemplaires. La société Lionsgate a acheté les droits télévisés de la série Crossfire.
Rendez-lui visite sur son site : www.sylviaday.com, sa page Facebook : Facebook.com/AuthorSylviaDay et sur son compte Twitter : @SylDay

Sylvia Day

En tête de liste du New York Times, Sylvia Day est l’auteure best-seller, de renommée internationale, d’une vingtaine de romans primés, vendus dans plus de quarante pays. Numéro un dans vingt-huit pays, ses livres ont été imprimés à des dizaines de millions d’exemplaires. La société Lionsgate a acheté les droits télévisés de la série Crossfire.

 

Rendez-lui visite sur son site : www.SylviaDay.com, sa page Facebook : Facebook.com/AuthorSylviaDay et sur son compte Twitter : @SylDay

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2 – Regarde-moi

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Avec ou sans uniforme…

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Une histoire ne devient pas un roman publié sans qu’un éditeur en tombe amoureux. Un roman publié ne touche pas suffisamment de lecteurs s’il n’est pas défendu par son éditeur. Un auteur ne peut déployer bravement ses ailes sans la sécurité qu’apporte le soutien (et la patience) d’un éditeur.

Toute ma reconnaissance va à Heather Osborn pour son enthousiasme envers la série La marque des ténèbres. Rien au monde ne vaut une éditrice qui partage vos espoirs et vos rêves à propos de vos écrits.

Merci, Heather.

Remerciements

Merci au service artistique de chez Tor, en particulier Seth Lerner. Des mois de travail ont été consacrés à la préparation de la série La marque des ténèbres : affinage de la présentation, modifications des fonds, multiples versions de couvertures… Un tel investissement me va droit au cœur.

À Melissa Frain de chez Tor, Nikki Duncan et Joy Harris pour avoir aimé cet ouvrage et m’avoir souvent incitée à me dépêcher de terminer les deux autres, ce qui m’a permis de rester motivée jusqu’au bout.

À Denise McClain pour ses retours extrêmement réfléchis et utiles.

À Jordan Summers, Shayla Black, Karin Tabke et Sasha White pour leur présence dès que j’avais besoin d’une oreille attentive à l’autre bout du fil. Quelle chance j’ai d’avoir des amies telles que vous !

À Gary Tabke pour avoir répondu à mes questions à propos des méthodologies policières. D’éventuelles erreurs seraient entièrement de mon fait.

À Frauke Spanuth pour sa brillante stratégie marketing et son aide pour la traduction allemande.

À Tina Trevaskis pour son honnêteté et son amitié.

Et à Nikola Tesla pour la radio, les télécommandes et le courant alternatif sans lesquels je n’aurais pas pu vivre tandis que j’écrivais ce livre.

« Le péché est tapi à ta porte ; son désir se porte vers toi, mais tu te dois de le maîtriser. »

Le Seigneur à Caïn, Genèse, IV, 7

 

1

« Le diable se cache dans les détails. »

Evangeline Hollis comprenait désormais le véritable sens de ce dicton, entourée qu’elle était de milliers de serviteurs de Satan. Certains portaient des casquettes aux couleurs des Seahawks de Seattle, d’autres des maillots de l’équipe des Chargers de San Diego. Tous arboraient des décorations évoquant des tatouages tribaux qui révélaient à quelle espèce de créatures maudites ils appartenaient et leur place dans la hiérarchie infernale. Aux yeux d’Evangeline, la scène évoquait carrément un festival de pécheurs. Ils buvaient de la bière, dévoraient des poignées de nachos et agitaient des doigts en mousse géants.

En réalité, il s’agissait d’un match de football américain au stade Qualcomm de San Diego. Une journée à la météo parfaite classique du sud de la Californie : chaude et ensoleillée, la température de vingt-six degrés équilibrée par une brise délicieusement rafraîchissante. Protégés par leur ignorance béate, les mortels se mêlaient aux créatures infernales en profitant simplement d’un après-midi de détente au stade.

Pour Eve, le spectacle avait quelque chose de macabre. Comme si elle observait des loups affamés faisant bronzette au milieu des agneaux. Violence, sang et mort résultaient inévitablement de toute interaction entre les deux camps.

— Arrête de penser à eux.

La voix grave et sensuelle d’Alec Caïn la fit frissonner intérieurement, mais elle se contenta de lui décocher un regard chagriné par-dessus ses lunettes de soleil. Il lui répétait sans cesse de ne pas prêter attention à leurs proies quand ils n’étaient pas en chasse. Comme s’il était facile de faire abstraction de tous les démons, mages, faeries rebelles, loups-garous, dragons et leurs milliers de variantes qui grouillaient alentour.

— Il y a une femme qui donne le sein à son bébé juste à côté d’un incube, maugréa-t-elle.

— Ange…

La façon dont il prononçait ce surnom qu’il lui avait donné lui faisait toujours l’effet d’une caresse. La voix d’Alec aurait pu transformer de bêtes indications d’itinéraire en préliminaires.

— C’est notre jour de congé, tu te souviens ? rappela-t-il.

Elle détourna les yeux avec un soupir. Approchant le mètre quatre-vingt-dix, Alec affichait un torse large et puissant et un ventre sculpté qui se remarquaient même sous son tee-shirt blanc ajusté. Il avait de longues jambes musculeuses mises en valeur par un bermuda Dickies et des biceps si dessinés qu’ils faisaient l’admiration des hommes comme des femmes.

C’était aussi son amant… de temps en temps. Comme toutes les friandises, Alec la comblait délicieusement, mais frayer trop longtemps avec lui déclenchait l’équivalent d’une hyperglycémie carabinée, la laissant hébété et titubante. Il avait également ruiné l’existence qu’elle menait jusque-là. Evangeline avait rêvé d’une carrière d’architecte d’intérieur, pas de chasseuse de primes infernale.

— Si seulement c’était aussi simple, se plaignit-elle. Comment veux-tu que je me sente en vacances si je suis cernée de boulot ? Et puis ils puent même quand je fais mine de les ignorer.

— Moi, je ne sens que ton parfum, ronronna-t-il.

Il se pencha vers elle et blottit son nez contre sa joue.

— Miam !

— Ça me fout les jetons qu’ils soient partout. Hier, je suis allée chez McDonald’s et la personne qui m’a servie au guichet était une faerie. Je n’ai pas pu toucher à mon Big Mac.

— Mais je parie que t’as mangé toutes tes frites.

Abaissant ses lunettes de soleil, Alec la gratifia d’un regard maussade.

— Il y a une différence entre rester vigilante et être parano, commenta-t-il.

— Je suis prudente, pas complètement tarée. Jusqu’à ce que je trouve le moyen de me sortir de cette histoire de marque, je m’en accommode comme je peux.

— Je suis fier de toi.

Eve soupira. Avoir Alec pour mentor était vraiment une très mauvaise idée, et pas seulement parce que la plupart des Marqués y voyaient l’équivalent d’une promotion canapé. En oubliant au passage qu’une vraie promotion canapé impliquait d’échanger ses charmes contre un poste que l’on convoitait. Or personne ne rêvait de recevoir la marque de Caïn.

L’échelle hiérarchique des Marqués démarrait avec les bleus, tout en bas, pour remonter jusqu’à Alec, le Marqué originel et le plus redoutable de tous. Impossible de le surpasser. Impossible de travailler avec lui. C’était l’archétype du solitaire, son incarnation même. Et pourtant Eve se retrouvait au sommet, avec lui, six semaines seulement après son enrôlement, parce qu’il n’avait confiance qu’en lui-même pour la protéger. Eve comptait beaucoup à ses yeux.

Les autres Marqués s’imaginaient que travailler pour le premier exécuteur de Dieu était une partie de plaisir. S’il était vrai que les Infernaux ne s’en prenaient pas à Alec à moins d’avoir des envies de suicide, cela ne rendait pas les choses plus faciles. Car les démons s’en prenaient désormais à elle pour nuire à Alec.

Et pour ne rien arranger, Alec était marqué depuis si longtemps qu’il avait oublié à quel point les débuts pouvaient être difficiles et perturbants. Il s’attendait à ce qu’elle sache d’instinct tout un paquet de trucs et ne cachait pas sa frustration quand il constatait que ce n’était pas le cas.

Il serra ses doigts dans les siens.

— Où est passée la fille qui voulait simplement oublier tout ça pendant quelques heures ? demanda-t-il.

— C’était avant qu’elle soit kidnappée et manque être réduite en pièces, répondit Eve en se levant. Je reviens. Il faut que j’aille au petit coin.

Alec l’agrippa par le poignet. Elle haussa un sourcil interrogateur.

— Ange… dit-il en lui embrassant la main. Quand je te dis d’arrêter de penser à eux, ça n’est pas pour t’inciter à vivre dans un monde imaginaire. Je voudrais simplement que tu voies les bonnes choses autour de toi. Tu as vu une mère qui allaitait son enfant mais sans prendre la mesure du miracle qu’une telle scène représente, trop occupée à observer le démon assis à côté d’elle. Ne leur donne pas le pouvoir de te gâcher la journée.

Eve fronça les sourcils en réfléchissant à ses paroles puis hocha la tête. Alec avait vécu avec la marque depuis l’aube des temps sans perdre sa capacité à percevoir les miracles. Elle pouvait au moins essayer.

— Je reviens tout de suite, dit-elle.

Il la lâcha. Eve remonta lentement la rangée des spectateurs jusqu’aux larges marches en béton qu’elle gravit à toute allure. Elle s’émerveillait encore de la vitesse, de la force et de l’agilité dont elle avait hérité avec la marque qui ornait le haut de son bras, comme brûlée au fer rouge. Elle avait toujours été athlétique, mais elle se sentait désormais l’égale de Supergirl. Bon, elle ne pouvait pas voler. Mais elle était capable de sauter incroyablement haut. Capable aussi de voir dans le noir et d’enfoncer des portes verrouillées. Autant de capacités dont elle n’aurait jamais imaginé avoir besoin un jour.

Arrivée dans le hall, elle suivit les panneaux jusqu’aux toilettes les plus proches. La queue remontait presque jusqu’à l’accès aux gradins. Par chance, ce n’était pas une urgence. Elle avait surtout ressenti le besoin de quitter son siège.

Elle attendit donc patiemment, en se balançant d’avant en arrière, les mains dans les poches. De temps à autre, un courant d’air agitait les mèches de sa queue-de-cheval, porteur des effluves de malfaisance et d’âmes pourrissantes, une puanteur âcre qui lui retournait l’estomac. L’odeur se situait à mi-chemin entre la décomposition et la bouse fraîche et elle n’en revenait pas que les Sans-marque – les gens normaux comme elle autrefois – ne sentent rien.

Comment avait-elle pu vivre vingt-huit ans dans l’ignorance la plus totale ? Comment Alec avait-il pu vivre pendant des siècles en étant parfaitement conscient de tout ?

Devant elle, un petit garçon se tortillait sur place, jambes croisées.

— Maman ! Ça urge !

Physiquement, la femme qui l’accompagnait aurait facilement pu passer pour sa sœur. Eve n’en fut pas surprise. Dans le sud de la Californie, beaucoup de femmes ne vieillissaient pas. Elles se transformaient simplement en caricatures plastifiées de leur jeunesse passée. Celle-ci était une blonde décolorée au bronzage parfait, avec des seins trop gros d’une taille pour son corps svelte et des lèvres pulpeuses recouvertes de gloss.

La mère regardait autour d’elle.

— Laisse-moi aller chez les garçons ! supplia l’enfant.

— Je ne peux pas y entrer avec toi.

— Je ferai vite !

Eve estima qu’il devait avoir six ans. Assez grand pour aller faire pipi tout seul. Mais elle comprenait l’inquiétude de la mère. Un enfant avait été tué dans des toilettes publiques près d’Oceanside alors que sa tante l’attendait dehors. Le démon responsable de cette atrocité avait employé la plus vieille ruse du monde : se faire passer pour Dieu.

La maman stressée hésita un long moment avant d’acquiescer sèchement.

— Alors dépêche-toi. Tu pourras te laver les mains ici, chez les filles.

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