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La morsure d'Eros

De
640 pages
Le vampire Pâris de Lanfec est de retour à Paris après une longue absence, et la ville est en émoi ! Connue sous le surnom du « Chasseur », la créature compte bien assouvir sa soif de sang et de sensualité auprès de la gent féminine. Or, cette inconstance cache en réalité le besoin impérieux de trouver celle qui saura dompter sa sombre bestialité… Alors qu’il tente de tromper son ennui en se rendant à une énième soirée de débauche, le libertin est foudroyé par la beauté singulière d’une jeune inconnue. La rencontre de Pâris avec l’envoûtante Aphrodite sonnera-t-elle la fin de la chasse ?
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FRÉDÉRIQUE DE KEYSER
La morsure d’Eros
Frédérique DE KEYSER
La morsure d’Eros
Maison d’édition : J’ai lu
© Éditions J’ai lu, 2017 Dépôt légal : février 2017
ISBN numérique : 9782290120743 ISBN du pdf web : 9782290120767
Le livre a été imprimé sous les références : ISBN : 9782290120736
Composition numérique réalisée parFacompo
Présentation de l’éditeur : Le vampire Pâris de Lanfec est de retour à Paris après une longue absence, et la ville est en émoi ! Connue sous le surnom du « Chasseur », la créature compte bien assouvir sa soif de sang et de sensualité auprès de la gent féminine. Or, cette inconstance cache en réalité le besoin impérieux de trouver celle qui saura dompter sa sombre bestialité… Alors qu’il tente de tromper son ennui en se rendant à une énième soirée de débauche, le libertin est foudroyé par la beauté singulière d’une jeune inconnue. La rencontre de Pâris avec l’envoûtante Aphrodite sonnera-t-elle la fin de la chasse ?
Biographie de l’auteur : Férue d’ésotérisme et de spiritualité, Frédérique de Keyser est aussi fascinée par les créatures fantasmagoriques de tous horizons et éprise de la langue française. Ses mots la conduisent vers un genre littéraire où hermétisme, mythes, sentiments et sensualité peuvent s’unir. Elle est aujourd’hui l’auteure de plusieurs romans de genre, notamment de romances paranormales.
Couverture : d’après © Reilika Landen / Arcangel
© Éditions J’ai lu, 2017
Du même auteur aux Éditions J’ai lu
DANS LA COLLECTION CRÉPUSCULE NUMÉRIQUE
Le sommeil des dieux Superbia La panthère de l’amour Elle
Les sensations aident le sentiment.
Pierre CHODERLOS DE LACLOS
Tout ce qui est ne peut être ni contre nature ni hors nature.
Denis DIDEROT
Paris, février 775 De loin, la cité pouvait en imposer, impressionner par ses fastes, charmer par sa vie florissante, éblouir par son raffinement. Mais, pour peu que vous preniez la peine d’en parcourir les méandres, de sillonner les quartiers abandonnés à eux-mêmes ou ceux que la noblesse avait fuis, le masque tombait bien vite. La misère y côtoyait le luxe sans vergogne, conférant aux lieux une touche d’obscénité. La nuit dans laquelle se fondait Pâris de Lanfec ne parvenait pas totalement à dissimuler la triste réalité. S’accordant au sinistre tableau, une bourrasque glacée apporta au jeune homme un peu plus de l’effluve nauséabond remontant de la boue infecte qui souillait la rue. La puanteur n’était pas l’apanage des quartiers populaires ou pauvres ; elle régnait en maître dans la ville, mettant de fait chaque citoyen sur un pied d’égalité olfactive. Se chargeant de rendre cette escapade nocturne plus lugubre encore, le vent fit se heurter les enseignes déjà gémissantes ; leur carillon geignard et discordant accompagnant le rythme de ses pas qui battaient le sol irrégulier et gelé. Au lieu d’éclairer la voie, la maigre lumière dispensée par les lanternes donnait aux ombres qu’elle produisait l’aspect de spectres menaçants. Le pérégrin qu’il était, ainsi enveloppé de ténèbres, n’étant pas le moins inquiétant d’entre eux. Car M. de Lanfec était dangereux. À plus d’un titre. Par sa nature, par son tempérament excessif et tourmenté, mais bien plus encore parce qu’il était blessé. Trahi par une femme. Alors oui, il était un homme redoutable d’une manière générale, mais pour l’heure, représentait surtout une menace pour celle qui l’avait dupé. Peu importait qu’il se fût écoulé une interminable année depuis les faits. Le temps n’avait rien effacé. Remontant la rue du Temps Perdu, il s’immobilisa devant une maison de quatre étages, vestige d’une époque plus prospère du quartier où une seule famille y habitait ; le bâtiment était désormais divisé en petits logements. Son regard glissa sur la façade noircie de l’immeuble, s’élevant jusqu’à la fenêtre qui protégeait sa proie. C’était en tout cas ce qu’elle croyait. Aucune lueur n’y brillait. À cette heure-ci de la nuit, Mlle de Choisy devait dormir. À moins qu’elle ne fût pas encore rentrée chez elle. S’était-elle rendue à l’un de ces « petits soupers » qui s’achevaient généralement – pour ne pas dire systématiquement – par toutes sortes de débauches ? Se trouvait-elle entre les bras de son amant ? À l’idée, très probable, qu’elle se fût vautrée dans le stupre en son absence, qu’en l’instant même son corps exquis fût livré à des mains impies, à des yeux et des lèvres sacrilèges puisque n’étant pas les siens, Pâris eut un haut-le-cœur. Il réprima un grognement alors que des images remontaient à la surface des eaux sombres de sa mémoire, celles de souvenirs d’autant plus amers qu’ils étaient peu nombreux. Pourquoi fallait-il qu’ils fussent si merveilleux ? Si douloureux ? Il avait mis des centaines voire des milliers de lieues entre cette femme et lui, la protégeant de lui et se préservant d’elle. Mais il était de retour. Et il avait suffi d’aussi peu que cette proximité relative pour qu’il succombât à l’emprise qu’elle exerçait sur lui. Son désir inassouvi, celui qu’en dépit de tout il ne pouvait s’interdire de ressentir, n’était pas ce qu’il craignait le plus car il savait qu’elle ne serait pas plus épargnée que lui sur ce plan s’il l’approchait de nouveau. Pas si. Quand. En revanche, cette terrible envie de la meurtrir prenant directement sa source au cœur de la fureur qu’il avait tenté de juguler le terrifiait. Il connaissait les excès auxquels sa nature pouvait le conduire, surtout si sa colère se trouvait exacerbée par la douleur.